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Mes invités pour un….. Bon anniversaire Monsieur le Président.

7 Mai 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #L'invité

Libération du 6 mai 2014, avec en couverture : « Deux ans après, Hollande cherche président »

Editorial d’Eric Decouty :

« Temps perdu : Bien sûr il serait grotesque de rayer d’un trait de plume le début du quinquennat. Oublier les emplois d’avenir, le mariage pour tous ou la refonte des rythmes scolaire. Mais les deux premières années de François Hollande à l’Elysée resteront marquées par des renoncements et finalement du temps perdu. Plus que son premier ministre ou que sa majorité brinquebalante, le chef de l’Etat est le principal responsable d’une situation qui l’a conduit au plus bas des sondages. Et pour ne pas avoir su dès le lendemain de son élection, endosser l’habit présidentiel, ne pas avoir fixé une ligne politique claire, s’être progressivement coupé d’une large part de son électorat, il a déjà hypothéqué ses chances de réélection. Mais il n’est pas encore dit que ces années ratées gâcheront tout son mandat. La nomination de Manuel Valls à Matignon, après avoir donné un cap à l’action du gouvernement, a posé les bases de la seconde partie du quinquennat. Celles d’une politique de l’offre et de soutien aux entreprises, entièrement assumée malgré l’opposition d’une grande partie de la gauche. Si François Hollande a également engagé la recomposition de son équipe élyséenne, il sait aussi que c’est en remaniant sa propre gouvernance qu’il peut espérer retrouver un peu de crédit dans l’opinion. Plus que de stratèges en communication, c’est d’une cohérence et d’une capacité de décision dont le Président à besoin. En espérant que la croissance et que la baisse du chômage arrivera avant 2017. »

 

Le bloc Notes de Philippe Frémeaux (Alternative Economiques n°335 mai 2014)

« Tour de Magie. Peut-on réussir à baisser les cotisations sociales des entreprises et à réduire les déficits publics tout en relançant la croissance et l’emploi ? Oui répond le gouvernement. Mais le croit-il vraiment ? Car le mix, baisse des charges + austérité budgétaire, n’a pas pour premier objectif de relancer l’emploi, mais de rétablir l’équilibre des échanges commerciaux, tout en allégeant les déficits. De quoi redonner à la France l’autorité qu’elle a perdue en Europe et retrouver ensuite des marges de manœuvre. Le gouvernement a donc choisi d’imposer une dévaluation interne au pays, en réduisant les coûts des entreprises, une réduction assortie d’une austérité budgétaire qui pèse négativement sur la demande. De quoi comprimer les importations et inciter les entreprises à chercher à l’export les clients qui leur font défaut sur le marché intérieur.

Cette politique va être conduite avec modération -- on peut compter sur François Hollande sur ce point –- afin de ne pas plonger le pays dans une récession contre-productive.L’hexagone devrait ainsi éviter de tomber dans le scénario espagnol, où le retour à l’équilibre des comptes extérieurs a été payé d’une forte chute de l’activité venue tarir les recettes fiscales, et donc compromettre l’effort de maîtrise des comptes publics. Reste qu’il va falloir attendre pour obtenir une réelle inversion de la courbe du chômage. Sauf miracle.

 

L’Analyse politique de la rédaction des Echos du 28 avril 2014.

« Hollande et la Gauche : histoire d’un rendez-vous raté.

 S’il y a quelqu’un qui n’est pas surpris, c’est bien lui, François Hollande. Il s’irrite et s’inquiète, bien sûr. Les parlementaires de sa majorité menacent de mettre à terre les textes clefs de son mandat, à commencer aujourd’hui par le programme de stabilité et les économies de 50 milliards d’euros. Il s’inquiète, mais il le savait. François Hollande a dirigé suffisamment longtemps le PS pour connaître les tréfonds de l’âme socialiste française déconnectée du réel. Lorsqu’il entre en campagne en 2011, le candidat le sait si bien qu’il met sur pied une stratégie d’endormissement. Il veut redresser le pays, miser sur l’offre plus que sur la demande, la chose est entendue. Mais il ne le dit pas comme cela. Persuadé que le PS (et l’électorat) ne le suivra pas, François Hollande surfe sur les symboles (taxe à75%) et sur les effets de manches. Il crée un climat, plus qu’il ne dévoile ses intentions. Il dit des mots, redressement, économies, efforts. Pas question d’être pris en flagrant délit de tromperie. Mais il laisse penser l’inverse. Le 22 janvier 2012, il prononce au Bourget un discours chef-d’œuvre en la matière : chacun y entend exactement ce qu’il veut entendre. François Hollande ne s’essaie même pas à la pédagogie. Il pense pouvoir convertir sa gauche malgré elle, en marchant. Une fumée de mots pour l’anesthésier. Une promesse future de « redistribution » pour la faire patienter. Et l’arme de l’impôt – « faire payer les riches » –pour la persuader qu’il est animé de « justice ». Derrière cet écran peint aux couleurs de la gauche, il mène une politique presque en douce, pour redresser les comptes et stimuler l’activité. Dans deux ans, les premiers résultats seront là, veut-il croire, la démonstration sera faite que la voie est la bonne, la gauche sera « durablement installée au pouvoir ». Le plan était presque parfait. Il s’est écroulé. L’arme de l’impôt est très vite devenue inopérante. François Hollande n’avait pas vu qu’avec les hausses décidées à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, la coupe était déjà pleine. Dix-huit mois après son élection, il doit rectifier le tir : il n’y aura plus aucune augmentation d’impôt, promet-il à la fin de l’été dernier. Quid dès lors de la « justice » ? Quelques mois plus tard, la deuxième évidence apparaît. Les résultats ne sont pas là, à commencer par l’inversion tant promise de la courbe du chômage. Le calendrier –- deux ans pour redresser, deux ans pour redistribuer -–n’est pas tenu. La gauche commence à sortir de sa torpeur. La débâcle aux élections municipales achève le processus. Elle agit comme une cellule de dégrisement. Cette fois, la gauche est réveillée, mais de la plus mauvaise façon qui soit,  furieuse, et sceptique comme jamais sur les choix présidentiels. Ainsi François Hollande va-t-il fêter ses deux ans à l’Elysée (le 6 mai). Obligé de mener sa politique pro-entreprises au grand jour, de l’accélérer même, puisque les faux-semblants des deux premières années l’ont empêché de mener des réformes de structure. Et contraint dans le même temps de repenser sa stratégie politique. Comment embarquer la gauche dans une aventure économique qui lui fait perdre son « identité », comme elle dit, et derrière un président impopulaire en qui elle a perdu confiance ? …....(''.....'') 

........Et le président de la République s’est enfin essayé à la pédagogie. « Que serait une politique sociale qui ne serait pas appuyée sur une économie solide et efficace ? Ce serait une illusion, du sable », a-t-il défendu la semaine dernière à Carmaux, sur les terres de Jaurès. Du héraut de la gauche, il retient une leçon : « Le réel et l’idéal vont ensemble. » Manier les mots et le symbole, comme au temps de la campagne. Sauf que l’hypnose ne fonctionne plus. François Hollande doit se livrer à mi-mandat à l’exercice le plus difficile qui soit. Il doit faire la preuve que l’on peut mener une politique « de gauche » en temps de crise économique. Sans argent à redistribuer. Les preuves sont forcément des preuves par défaut. Si la droite était aux commandes, la casse sociale serait terrible, tente-t-il de démontrer….... (‘’....…’’)….

...... La gauche comme bouclier contre le pire. Beau raisonnement, loin du pouvoir d’achat sonnant et trébuchant demandé par les élus. L’emploi comme nouvel horizon social. Belle ambition quand trois millions de chômeurs s’inquiètent de leurs fins de mois, loin pourtant des « conquêtes sociales » dont la gauche jalonne son histoire. Remettre le pays sur pied. Impératif bien compris du couple Hollande-Valls, mais qui peut aussi résonner ainsi : le changement, tel du moins que le conçoit le cœur de la gauche française, est pour plus tard.

Cécile Cornudet. »

 

Le Monde du 6 mai 2014.

« Que reste-il du Changement de Patick Roger.

 LE CHANGEMENT, c'est maintenant. " Mais, au fait, c'était quoi le changement promis ? Les " 60 engagements " de François Hollande passés au crible.

 Il l'avait dit, il l'a fait : Création d'une banque publique d'investissement, doublement du plafond du livret de développement durable, orientation de l'épargne vers les entreprises, réforme des plus-values mobilières, développement de l'économie numérique, autant d'engagements en faveur de la production qui ont été tenus. La loi sur la séparation des activités bancaires a bien été votée mais ses ambitions ont été revues à la baisse.

Pour rétablir l'équilibre des finances, le candidat s'était engagé à revenir sur les " cadeaux fiscaux " accordés sous Nicolas Sarkozy aux plus aisés. Ce fut fait dès le début du quinquennat, en même temps que fut supprimée l'exonération fiscale des heures supplémentaires. Les revenus du capital ont été imposés comme ceux du travail, une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu à 45 % a été créée, le montant des réductions d'impôt des " niches fiscales " a été plafonné à 10 000 euros. Malgré cet effort portant sur les recettes fiscales, pour un total de 33 milliards d'euros, l'objectif de réduction du déficit public à 3 % du PIB en 2013 n'a pas été tenu.

En matière de politique familiale, l'allocation de rentrée scolaire a été augmentée de 25 % comme promis. Le plafond du quotient familial a été abaissé en deux étapes, et concerne au final 13 % des ménages quand le candidat assurait que cela concernerait moins de 5 % des foyers.

La réforme permettant aux salariés ayant 60 ans et ayant cotisé la totalité de leurs annuités de partir à la retraite a été mise en œuvre. En revanche, le chantier de la pénibilité est au point mort.

La loi Duflot sur l'encadrement des loyers a été votée, la loi SRU sur la part de logements sociaux renforcée mais la construction de logements, elle, est au plus bas.

En matière d'emploi des jeunes, les emplois d'avenir et les contrats de génération ont été mis en place, mais la lutte contre la précarité reste un échec. L'accord sur la sécurisation des parcours professionnels a été traduit dans la loi. Le président Hollande entend tenir la promesse du candidat de créer 60 000 postes dans l'éducation nationale en cinq ans.

Le droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels a été adopté.

Le président a dû remiser, faute de majorité qualifiée au Parlement, tous ses projets de loi constitutionnelle. En revanche, sa rémunération et celle des ministres a été baissée de 30 %, la loi contre le cumul des mandats a été votée, ainsi que celle sur l'indépendance de l'audiovisuel public.

Le conseiller territorial créé sous Nicolas Sarkozy a bien été abrogé mais la première phase des lois de décentralisation s'est embourbée. Le chantier redémarre à présent quasiment de zéro.

Il l'avait dit, il ne l'a pas fait : Le candidat promettait de renégocier le traité européen et de réorienter le rôle de la Banque centrale européenne. Il est revenu les mains vides et ses ambitions européennes en berne.

Il voulait engager " une grande réforme fiscale ", fusionner l'impôt sur le revenu et la CSG. Elle a fait pschitt, malgré la tardive tentative de Jean-Marc Ayrault de remettre à plat la fiscalité.

Favoriser la production et l'emploi : le candidat promettait d'engager un mouvement de relocalisation des grandes entreprises françaises. Le chantier est resté en plan. Quant à la mise en place d'une fiscalité différenciée sur les sociétés (35 % pour les grandes, 30 % pour les petites et moyennes, 15 % pour les très petites), elle a été purement et simplement remisée. Il a rendu les armes dans la lutte contre la finance. La taxe sur les transactions financières verra peut-être le jour… un jour.

La réforme de la dépendance est toujours à l'état de promesse. Il disait vouloir lutter contre les discriminations, à commencer par le " délit de faciès ". Beaucoup reste à faire en ce domaine. La grande loi sur la transition énergétique est en attente. Le droit de vote des étrangers aux élections locales a été remisé.

Il ne l'avait pas dit, il l'a fait : Le tournant se situe à l'automne 2012 avec l'adoption du pacte de compétitivité et d'un crédit d'impôt en faveur des entreprises. Ce choix d'une politique de l'offre et d'un abaissement du coût du travail se prolonge avec le pacte de responsabilité annoncé début 2014. Au total, ce sont 41 milliards d'euros de baisse des prélèvements dont auront bénéficié les entreprises. »

 

( A suivre)

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