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Presse aidant…. Big bang calamiteux et honteux....

28 Mai 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Est-il nécessaire que je dise que je suis complètement atterré par les résultats des élections européennes de dimanche dernier ? Même si, comme beaucoup, je m’y attendais. Ce n’est pas nécessaire mais ça peut être utile de le dire fort, de le gueuler même. Je suis atterré de voir le score calamiteux de la gauche socialistes  (14% pour le PS et 3.5% à Nouvelle Donne de Pierre Larrouturou dont j’ai dit du bien sur ce blog mais dont je regrette aujourd’hui a démarche de division) ; attérré et honteux pour mon pays et pour la république de voir la progression impressionnante du FN qui est arrivé très nettement en tête en France. Au Royaume uni le parti Ukip a fait un score plus élevé que le FN en terminant également en tête du scrutin mais ce résultat n’eut pas un écho aussi retentissant dans le reste de l’Europe que la poussée du FN en France.

J’ai retrouvé tout ce que je ressentais dans divers articles de presse de ce début de semaine y compris dans certains journaux de droite. Voici quelques morceaux choisis qui, dans l’ensemble, reflètent bien mon état d’esprit actuel.

 

Le chaos du président Hollande. Editorial du Monde du 26 mai

« Inutile de chipoter, d'invoquer le taux d'abstention très élevé ou de minimiser l'importance de ce scrutin défouloir : le Front national est le grand vainqueur, en France, des élections européennes.

Après son score sans précédent à la présidentielle de 2012 et la percée du FN aux municipales de mars, Marine Le Pen a atteint son troisième objectif. Avec plus du quart des suffrages exprimés le 25 mai, elle est à la tête du premier parti de France et devance nettement l'UMP comme premier parti de l'opposition. Plus que jamais, le parti d'extrême droite a donc su exploiter à son profit la triple crise qui mine le pays depuis des années.

Crise économique et sociale, marquée par six années de croissance quasi nulle et d'envolée inexorable du chômage. Crise d'une Europe qui a cessé d'offrir un giron protecteur et un horizon prometteur pour devenir le repoussoir de bien des inquiétudes nationales. C'est ce sentiment, certes minoritaire mais très vif, que le Front national exprime.

Crise politique, enfin. A force de macérer, le malaise démocratique, le discrédit des partis politiques traditionnels et l'impuissance des gouvernants à répondre aux craintes des Français ont fini par provoquer un séisme plus profond et plus grave que celui du 21 avril 2002.

Alors, la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle avait été un coup de semonce. Aujourd'hui, le succès de sa fille est un coup de massue qui bouleverse tout le paysage politique. Avec moins de 14 % des suffrages, la déroute du Parti socialiste est sans précédent depuis près d'un demi-siècle dans une élection nationale. Elle n'est pas compensée par les autres listes de gauche : toutes les gauches réunies ont attiré les voix d'à peine plus d'un électeur sur trois.

La claque est presque aussi cinglante pour la droite. Fragilisée par ses divisions autant que par les récentes affaires financières mettant en cause son président, l'UMP apparaît affaiblie, écartelée et incapable d'incarner une opposition convaincante. Quant aux centristes, ils tirent leur épingle du jeu, mais restent une force d'appoint aléatoire.

Pour le pouvoir exécutif, l'heure est donc " grave, très grave ", comme l'a martelé le premier ministre, Manuel Valls. En dépit de la protection des institutions, la sanction des européennes, deux mois après celle des municipales, oblige à poser la question : comment agir, gouverner – et plus encore réformer – quand le chef de l'Etat est aussi affaibli et sa base politique aussi étriquée ? C'est pourtant vital pour empêcher Mme Le Pen de poursuivre sa marche en avant.

En Europe, où elle faisait déjà figure de maillon faible, la France va inévitablement apparaître comme le " mouton noir ", en proie aux délétères – et détestables – pulsions du national-populisme. Cela réduira d'autant la capacité d'influence de François Hollande et ses marges de manœuvre. Calamiteux. »

 

Ligne : Editorial d’Eric Decouty dans Libération du lundi 26 mai.

« Elle avait beau être annoncée la victoire du front national reste un choc qui va ébranler la France et l’Europe entière. Certes, les élections européennes n’ont jamais structuré la politique  intérieure ni auguré des résultats des prochains scrutins. Mais le succès du FN atteste de sa capacité de mobilisation, de son enracinement et de la pérennité de ses thèses xénophobes. Il met aussi la droite traditionnelle embourbée dans les affaires, divisée sur les idées et ses querelles de chefs, face à ses responsabilités : continuer à jouer avec le feu des idées d’extrême droite, comme l’a fait Nicolas Sarkozy en 2012, ou adopter la ligne de démarcation prônée par Alain Juppé. A travers ce choix, beaucoup plus que le sort de Jean-François Copé, qui devrait être scellé dans les prochains jours, c’est la survie de l’UMP qui est en jeu. Le Parti Socialiste aurait tort de se féliciter de cette situation. Après deux années de gouvernement, la popularité famélique du Président et une incapacité récurrente à retrouver son électorat, le PS peut sérieusement redouter de revivre d’ici à trois ans la tragédie politique de 2002. Mais l’onde de choc créée par le parti de Marine Le Pen dépasse largement les frontières nationales. Ses résultats accompagnés par les bons scores d’autres partis europhobes, constituent une menace réelle pour l’idée européenne. Le virus qui contamine la France depuis des années risque de se diffuser dans une Union où la colère contre les politiques de rigueur  se faire plus sourde, où la peur de l’étranger ne cesse de grandir. Seule la capacité des partis démocrates à parler à ce peuple en rupture démocratique peut espérer combattre le mal. »

 

L’onde de Choc. Editorial (incomplet) d’Alexis Brézet dans le Figaro du 26 mai.

« ….( )…. L'idée européenne, telle qu'elle se construit depuis Maastricht, est la grande blessée du scrutin de dimanche. Si l'on ajoute aux abstentionnistes les électeurs qui, dans toute l'Europe, ont voté pour un parti europhobe ou eurosceptique, on constate qu'environ un tiers seulement des citoyens de l'Union ont soutenu positivement par leur bulletin de vote le projet européen. À l'évidence, l'Europe actuelle, qui se fait sans les peuples et parfois contre eux (qu'on se souvienne, en France du référendum de 2005, tenu pour nul et non avenu), ne fait plus recette. Cette Europe qui crée l'euro sans se donner les moyens de le gérer, qui supprime les frontières intérieures sans se doter de la politique ni de l'instrument qui permettront de protéger les frontières extérieures, cette Europe-là non seulement ne fait pas rêver, mais elle est victime, partout ou presque, d'une hostilité grandissante. Si elle veut retrouver le cœur des Européens, un simple rapetassage ne suffira pas: c'est de fond en comble qu'elle doit se réformer.

Ne nous y trompons pas, cependant. Ce qui monte en France comme en Europe - mais en France davantage que dans le reste de l'Europe -, ce n'est pas principalement le rejet de la construction européenne. Ce n'est pas non plus, comme certains voudraient nous le faire croire, la tentation d'on ne sait quel fascisme. Ce n'est pas - en tout cas pas uniquement - un mécontentement matériel causé par les difficultés économiques et le chômage. C'est une angoisse sourde, profonde, collective et personnelle, causée par ce qui est perçu comme l'évidence du déclin historique du continent européen. C'est le sentiment de dépossession culturelle et morale des nations qui craignent d'être passées au laminoir de la mondialisation. C'est le pressentiment que l'avenir des enfants d'Europe sera moins prospère et moins heureux. C'est une colère froide contre toutes les «élites» institutionnelles - dont les eurocrates ne sont qu'un avatar particulièrement caricatural - accusées d'impuissance et, plus grave, d'indifférence aux malheurs des peuples.

Gare! Si elles n'entendent pas l'avertissement des électeurs et des abstentionnistes, si elles ne tirent pas les leçons politiques du séisme de dimanche, si elles reviennent à leurs petites affaires comme si de rien n'était, ces «élites», nationales et européennes, s'exposent à une «réplique» qui pourrait bien ne laisser derrière elle qu'un champ de ruines. »

 

La mosaïque europhobe. Article d’Alain Salles dans le Monde du 27 mai. (complété par le score réalisé par chacun

« Les mouvements d'extrême droite et europhobes qui ont triomphé lors des élections européennes du 25 mai regroupent des familles très diverses, aux origines et aux idéologies souvent très différentes. Le chercheur Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite, propose dans une note de la Fondation Jean-Jaurès, " 50 nuances de droite ", une classification au sein de ce qui est souvent représenté comme " un grand magma eurosceptique, populiste ou extrémiste de droite ".

La première famille est celle des " conservateurs eurosceptiques ". Elle regroupe le UKIP (27,8% en hausse) de Nigel Farage au Royaume Uni, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD : 7% en hausse) ou les Grecs indépendants de Panos Kammenos (3.5% en baisse). Ces formations sont généralement issues de partis de droite traditionnels, dont elles se sont progressivement détachées, le plus souvent sur les questions européennes. Au sein du Parlement européen, ils se retrouvent plutôt dans le groupe de Nigel Farage, l'Europe de la liberté et de la démocratie.

A l'opposé, les partis néo-nazis ou néo-fascistes constituent une extrême droite radicale, au discours ouvertement raciste et antisémite, dont Aube dorée (9% en hausse) en Grèce est devenu la face la plus visible. Le NPD allemand vient de faire élire un député européen, qui a recueilli 1 % des suffrages. Pour Jean-Yves Camus, " les extrêmes droites radicales constituent un phénomène en voie de marginalisation ", sauf en Grèce. On pourrait aussi y ajouter la Hongrie avec Jobbik (14.7% en baisse ouvertement antisémite.

Les partis regroupés au sein de l'Alliance européenne pour la liberté (AEL), qui vont du Front national (FN : 24.8% en hausse) au Parti pour la liberté (PVV : 13.2% en hausse) de Geert Wilders au Pays-Bas en passant par le FPÖ autrichien (19.7% stable) ou le Vlaams Belang belge, (4.1% en baisse) sont au contraire dans une stratégie de normalisation. Ils cherchent à se démarquer " du racisme biologique et de l'antisémitisme ", " références incapacitantes " de l'extrême droite historique. Marine Le Pen peine à séduire les Démocrates suédois (9.7% en hausse)  et tente de se rapprocher des Lituaniens d'Ordre et justice (14.3% en hausse), un parti plutôt souverainiste, dominé par son chef, Rolandas Paksas, " un caméléon politique ", selon Jean-Yves Camus.

Certains partis scandinaves, comme les Vrais Finlandais (12.9% en baisse) ou le Parti populaire danois (26.6% en hausse), sont à la pointe du refus d'une alliance avec Marine Le Pen, en raison de l'antisémitisme de son père.

Pour compléter ce tableau composite, il faut ajouter ce que Jean-Yves Camus appelle " des ovnis politiques trans-idéologiques ", comme en Italie le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo (21.2% en baisse) et même la ligue du nord (6.2%)

Ces familles diverses peuvent se retrouver sur des thèmes communs, comme le montre notre infographie : la bureaucratie bruxelloise, l'euro ou l'immigration. Le rejet de l'euro couvre l'essentiel des partis, à l'exception des Vrais Finlandais, farouches partisans d'un euro fort, qu'ils verraient bien fonctionner sans les pays du Sud. L'immigration est un des principaux thèmes de ces droites, mais la menace islamique, qui obsède le Front national ou le PVV, n'est guère perçue en Pologne (KNP : 7.1% en hausse) ou dans les pays baltes. »

 

Chronique (incomplète) de Jean-Marc Vittori dans Les Echos du 27 mai

Cette fatigue de la crise qui brunit la France et l’Europe.

  « Une claque, sûrement. Un séisme, peut-être. Une surprise, certainement pas. Ce qui s’est passé dimanche dans les urnes européennes était tristement prévisible…( )….. Après sept années de vaches maigres, les Européens n’en peuvent plus de cette Europe en crise. Jusqu’à présent, ils ne l’avaient pas exprimé clairement lors des scrutins nationaux, se contentant de faire basculer le pouvoir du côté de l’opposition parlementaire – sauf en Allemagne, le pays qui se sort le mieux de la crise. Cette fois-ci, ils l’ont dit avec force, en votant massivement pour des partis atypiques lors des élections européennes. Des partis qui ont en commun deux caractéristiques, et seulement deux : le rejet de l’Europe et la peur de l’autre. Et si ce vote protestataire a été particulièrement vigoureux en France, c’est parce que ce pays est à la remorque. En retard sur la réforme, sur la sortie de crise, sur la préparation de l’avenir. Les deux plus vieilles démocraties de l’Union européenne que sont la France et le Royaume-Uni sont aussi les deux grands pays où les partis nationalistes sont arrivés nettement en tête, avec 25% des voix pour le Front national et 28%pour le Parti de l’indépendance du Royaume-Uni – Ukip. Ces partis portent le même message : il faut sortir de l’Europe pour sortir de la crise…( )…..En France la poussée du Front national (poussée relative, car il obtient 1,8 million de voix de moins que Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2012) traduit le sentiment d’échec de la politique économique suivie par la droite puis la gauche – un mol-ajustement des comptes publics à la crise, accompagnée de réformettes qui ne changent rien vraiment, sur fond de croissance anémique…..( )….Dans les pays les plus durement frappés par la crise, c’est l’extrême gauche qui monte – Syriza en Grèce, percée inattendue des « Indignés » en Espagne – ou la gauche (Portugal, Italie).Dans les autres pays, où la crise a fait plus de mal dans les têtes que dans les portefeuilles, c’est l’extrême droite qui grimpe. La peur du déclassement joue ici un rôle central. En particulier en France, pour deux raisons. D’abord, l’attachement au statut (de fonctionnaire, de salarié…) y est viscéral. La crise déstabilise donc en profondeur. Ensuite, le pays commence seulement les efforts déjà accomplis ailleurs – avant la crise pour l’Allemagne, depuis pour l’Europe du Sud. Ces efforts sont pour l’instant à la fois trop tardifs et trop limités pour donner des résultats……Si nous ne trouvons pas les moyens de réparer la maison commune, elle brunira plus encore. »

 

Editorial (incomplet) de Cécile Cornudet dans Les Echos du 27 mai

François Hollande ou le quinquennat bloqué.

« Il n’y a pas eu besoin, cette fois, d’invoquer le 21 avril 2002, comme à chaque fois que le FN progressait dans une élection….( )… Le 25 mai 2014 restera, lui aussi, comme une date de référence. Comme la photo choc d’un Front national qui s’ancre et d’une France exaspérée par l’offre politique traditionnelle…..( )… Le PS au pouvoir n’a que le mot « confiance » à la bouche, confiance économique pour inciter les entreprises à remettre du carburant dans le moteur (emplois, investissements). Deux ans après l’élection de François Hollande à l’Elysée, il n’y a désormais plus de doute sur l’ampleur de la crise de confiance politique et sociale qu’il affronte…( )….Les électeurs socialistes sont les premiers à se détourner des urnes….( )…Sur le plan institutionnel, le scrutin européen et la victoire de Marine Le Pen ne changent rien. François Hollande a été élu pour cinq ans et poursuit son mandat, comme l’a rappelé hier matin Manuel Valls sur France Inter. Mais politiquement, la situation devient intenable, ou presque. Le président est historiquement bas dans les sondages, la majorité n’adhère pas à la politique menée, le désenchantement politique s’est propagé. Comment gouverner ?

Toute initiative semble vouée à l’échec. Le PS promet de réorienter l’Europe et de mettre fin à sa politique d’austérité ? Il a peu de chances d’arriver à ses fins. C’est la droite qui reste majoritaire au Parlement de Strasbourg, faute d’un nombre suffisant de socialistes français, notamment. L’exécutif souligne que la poussée extrémiste n’est pas propre à la France ? Il se défausse, décryptent aussitôt les Français. Manuel Valls appelle les élus de la majorité à« faire bloc »au nom de la République et de l’esprit de responsabilité ? Arguments d’autorité, répondent ces derniers, plus que jamais prêts à en découdre. Des baisses d’impôts sont annoncées pour donner un signal aux catégories populaires ? Les électeurs n’y croient pas ; la majorité y puise l’idée qu’elle peut obtenir plus. Le débat sur le droit de vote des étrangers est remis sur la table pour conforter l’électorat urbain ? L’électorat ouvrier file, lui, chez Marine Le Pen. La liste pourrait se poursuivre.

Le pouvoir est coincé. La gauche ne croit plus en François Hollande. Les Français sont trop rompus aux « signaux » et « gestes » politiques pour ne pas les repousser aussitôt. L’intervention enregistrée de Manuel Valls, dimanche soir, est d’ailleurs éclairante. Le Premier ministre avait soigné la scénographie, et mis des mots durs sur le malaise français. « De la com’ puisque la politique est inchangée », ont aussitôt grincé des députés PS. François Hollande rêverait de pouvoir mener sa politique de redressement, tout en calmant sa majorité à coups de petites concessions ponctuelles. Il n’y arrive pas. Toute concession est vécue comme de la faiblesse, toute fermeté dans le discours comme de l’autisme….( )….Manœuvrer comme jusqu’ici est impossible. Et la ligne, elle, redevient illisible.

Regarder les peuples voisins, eux aussi soumis aux tentations populistes, n’est jamais inutile. Face à la peur partagée de la mondialisation, ils ont semblé rechercher, dimanche, deux types de listes et de leaders. Ceux qui les rassuraient, ou ceux qui leur redonnaient espoir. En Italie, où la crise politique égale au moins la nôtre, Matteo Renzi l’a emporté haut la main sur le populiste Beppe Grillo. Il a su incarner l’espoir. En France, les électeurs ont choisi la protection, version Front national. Manuel Valls, lui, n’a pas perdu espoir. Contrairement à son homologue italien, il était là depuis trop peu de temps pour pouvoir changer

l’état d’esprit en deux mois, explique-t-il, depuis dimanche. Sauf que la situation économique n’est pas la même non plus : l’Italie a suffisamment redressé sa situation financière pour que Matteo Renzi se sente autorisé à lancer une politique de relance. Regardez l’Italie, s’enthousiasment nos députés PS. La France n’en a pas encore les moyens, leur répond l’exécutif. Le dilemme de la gauche se niche ici. Et le chemin de crête dessiné par le Premier ministre pour le résoudre paraît bien étroit. Réformer, mais face à des vents contraires. Tenir, avec des fondations qui vacillent. User de sa popularité, tant qu’elle n’est pas contaminée par celle du chef de l’Etat. Parler, expliquer, quand le pays bruit de fureur. Et espérer qu’enfin, des résultats arrivent, portés par une reprise mondiale et par ce fil indispensable qu’on appelle confiance.»

 

 L’éditorial (partiel) de Franz-Olivier Giesbert dans le Point du 29 mai 2014 : « Merci qui ? »

« La catastrophe annoncée a donc bien eu lieu : les élections européenne ont sacré le Front national première force politique du pays, assez loin devant l’UMP et plus encore devant le PS, faisant brutalement passer la France du bipartisme au tripartisme. C’est la preuve que le mal français a tourné à la névrose. La faute à qui ?  A nous tous. Depuis plus de trois décennies, la gauche et la droite se sont relayées pour faire dégringoler au pays la pente du déclin, sur fond de déficits, d’endettement, de gabegie, d’irresponsabilité, de désindustrialisation et de malheur social. Elles ont mis la France dans le formol où ni sa vanité ni ses dénis ne l’ont empêchée de rancir, de s’aigrir.

Faute d’avoir réformé, donc gouverné, la gauche est à terre où elle va sans doute rester un bon moment. Sa déroute était attendue : une grande partie du pays la vomit, lui reprochant tout et son contraire, son laxisme ou bien l’austérité. Son tournant réaliste est resté sur l’estomac des uns sans convaincre les autres, qui après les paroles, attendent toujours les actes. Les socialistes ont perdu sur tous les tableaux. Ils ne se relèveront pas de sitôt.

La droite aussi ressort en piteux état de ces élections : elle ne s’est pas imposée, comme la logique le commandait ; elle n’a pas su profiter de la débâcle socialiste. A l’évidence, les français n’appellent pas son retour de leur vœux : ses propositions, pourtant pas touts indigentes, les laissant de marbres. C’est sans doute ce qu’il y a de plus déprimant dans les résultats le dimanche soir : l’absence de perspectives. Mais comment pourrait-il en être autrement ? ….( )… »

 

L’éditorial (partiel) de Laurent Joffrin dans le Nouvel Observateur du 29 mai 2014 : « Ça va mal finir….»

« ….Un spectre hante l’Europe : celui de l’identité nationale. Paresseusement, on impute à la stagnation économique et aux difficultés sociales la montée des partis nationalistes qui a marqué le scrutin de dimanche. Mais l’explication par la crise est bien courte. Si elle suffisait, comment comprendre la victoire de l’extrême droite au Danemark, l’un des pays les plus riches et les plus sociaux du monde ? Ou bien les 20% de suffrages remporté par le FPÖ, parti nationaliste d’Autriche, où le taux de chômage est d’à peine 5% ? Toujours des facteurs culturels, plus que les chiffres de l’économie, jouent leur rôle dans le destin des hommes. Partout ou presque, en Europe, une partie croissante du peuple, dans les classes populaire en priorité, se tourne vers l’héritage national, même s’il est souvent incarné par des leaders extrêmes….( ) ….Le nationalisme est le refuge de ceux qu’on abandonne. Attention, danger !..... »

 

 (A suivre)

 

 

 

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Fanfan 29/05/2014 11:32

Salut mon Daniel,
Je suis indigné par la poussée du FN. Je le suis plus encore par tous ces médias déchaînée (et de leurs journalistes) qui font leurs choux gras en mettant sur le devant de ''leur presse'' ce parti raciste et xénophobe. Et que penser des émissions radio ou télé avec leurs animateurs hargneux et boutefeux les Calvi, Roux, Pujadas, Lenglet, baste...la liste est trop longue. Je l'ai déjà dit sur mon blog: d'ici quelques années, les médias et la finance dirigeront le monde. Mais nous n'y seront plus, alors...