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Presse aidant .......Ainsi allait le Monde en juin 2014.

1 Juillet 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

lComme chaque mois, depuis début 2014, je poursuis ma revue mensuelle des éditos du journal le Monde, en ne retenant que ceux qui traitent de la situation internationale.

 

Editorial du 4 juin. Obama et le climat : encore un effort , Mister President !

Mardi 3 juin, Barack Obama n'est pas arrivé en Europe les mains vides. La veille, en effet, le président américain a pris une initiative sans précédent dans la lutte contre le réchauffement climatique : il a rendu public son projet de réglementation destiné à réduire de 30 % les émissions de CO2 des centrales électriques américaines d'ici à 2030, par rapport à leur niveau de 2005.

Haussant le ton face à la puissante industrie du charbon, M. Obama a décidé d'agir par décrets et directives : autrement dit par la voie administrative. Il entend ainsi contourner le Congrès, et en particulier le Sénat, où le projet de loi contre le réchauffement climatique est bloqué depuis quatre ans. Au risque de déclencher les cris d'orfraie des républicains, qui dénoncent cet abus de pouvoir.

Echaudés depuis la conférence de Copenhague de 2009, où M. Obama leur avait tourné le dos pour s'allier avec la Chine et l'Inde et repousser un traité international, les Européens espéraient ce geste depuis longtemps.

Mais il a fallu attendre que passe l'élection présidentielle de 2012 – et que l'économie américaine donne des signes de rétablissement – pour que le président des Etats-Unis ose se réengager sur le dossier du climat. Dès son deuxième discours d'investiture, il a lié la question du changement climatique à l'intérêt national américain. Et, dans son discours de West Point, le 28 mai, il en a fait une composante du nouveau " leadership par l'exemple " qu'il entend développer.

Cette fois-ci, la volonté politique semble donc bien présente. Les circonstances, il est vrai, ont changé. La révolution énergétique pousse les Etats-Unis à s'émanciper du charbon, le principal pollueur. De même, en cinq ans, les Etats-Unis ont réduit leur dépendance énergétique grâce à la fracturation hydraulique et à l'exploitation des gaz de schiste.

Parallèlement, la multiplication d'événements climatologiques extrêmes – sécheresse, incendies, ouragans – a fait prendre conscience aux Américains du péril que l'imprévisibilité du climat fait peser sur leur économie. L'année 2012 a ainsi enregistré le record absolu de chaleur aux Etats-Unis, et les événements climatiques, selon la Maison Blanche, ont coûté 100 milliards de dollars à l'économie.

Les Européens ont pourtant quelques raisons de se montrer circonspects. Les normes envisagées par l'Agence pour la protection de l'environnement ne seront pas finalisées avant un an et font la part belle à l'initiative locale des Etats. Il faudra donc analyser, dans le détail, si elles permettront effectivement aux Etats-Unis de respecter leur objectif immédiat de réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020.

En outre, si l'initiative de M. Obama marque un pas significatif, elle ne transforme pas les Etats-Unis en héros de la négociation climatique. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour que le deuxième pays pollueur de la planète – après la Chine – agisse à la hauteur de ses responsabilités dans le réchauffement en cours. Les autres pays ne s'y tromperont pas au moment de signer – ou pas – le premier accord mondial sur le climat, à Paris, en décembre 2015.

 

Editorial du 13juin : Le Mondial dans un Brésil désenchanté.

Etrange Brésil. Le pays dit du " futebol " a perdu en 1950 la Coupe du monde chez lui, dans son enceinte mythique du Maracana, et remporté cinq fois le trophée à l'étranger par la suite dans une atmosphère de liesse. Maintenant que le Mondial frappe à sa porte, les Brésiliens semblent regarder ailleurs.

Certes, la fête qui commencera ce jeudi 12 juin aura bien lieu et le Mondial tiendra sûrement toutes ses promesses. Mais, pour l'heure, cela a surtout été l'occasion de braquer les projecteurs sur un pays désabusé et remuant, morose et désireux d'un avenir meilleur.

Au cours de la cérémonie d'ouverture de jeudi soir, à Sao Paulo, la présidente Dilma Rousseff devait siéger dans la loge d'honneur d'Itaquerao, le stade symbole des retards du pays dans la préparation du Mondial. L'occasion pour l'héritière de Luiz Inacio Lula da Silva d'affirmer son style et son autorité aux yeux du monde ? Pas sûr. Aux dernières nouvelles, la présidente ne devait pas prendre la parole. Par crainte d'un concert de sifflets de réprobation...

Les vieux démons brésiliens refont surface au moment du coup d'envoi. Ce jeudi s'annonçait déjà riche en manifestations et grèves, retards dans les infrastructures ou poussées de violences. Avec cette impression que seule l'équipe nationale pourrait être en mesure de sauver l'ambiance générale.

Etrange Brésil. Il y a encore quelques années, le pays faisait figure de premier de la classe parmi les émergents. Des millions de personnes sont sorties de la pauvreté, le taux d'analphabétisme est passé à moins de 9 % chez les plus de 15 ans et le real n'avait jamais été aussi fort. Lula a pleuré le jour où le Brésil fut choisi en 2007 pour organiser sa deuxième Coupe du monde. La consécration de son œuvre, pensait-il.

Sept ans plus tard, le pays semble épuisé. La croissance a atteint 2,3 % en 2013 — troisième année d'affilée de croissance modérée. Elle vient de ralentir au premier trimestre, à 0,2 %, à peine mieux que la vieille Europe. Sur le terrain politique, la bataille paraît d'ores et déjà perdue. Jamais dans l'histoire du pays une telle vague de mécontentement ne s'était exprimée contre l'organisation d'un Mondial.

La Coupe est devenue le symbole de la gabegie de l'Etat. Ce qui passe mal dans un Brésil dont les inégalités structurelles repartent à la hausse et où les exigences des nouvelles classes moyennes se font plus pressantes.

" Une Coupe pour qui ? ", est une des phrases les plus taguées sur les murs des douze villes hôtes.

 

Editorial du 17 juin ; Irak : Téhéran et Washington, même combat.

En Irak, la République islamique d'Iran et son vieil ennemi, le Grand Satan américain, poursuivent le même objectif : consolider le régime, repousser l'assaut des djihadistes sunnites. L'histoire est familière de ces contingences conjoncturelles qui peuvent rapprocher des adversaires de trente ans et – parfois – faire bouger les lignes dans le bon sens.

Avec une belle unanimité, la Maison Blanche et la direction iranienne ont réagi de la même manière à l'avancée des forces de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL) en Irak. Américains et Iraniens sont prêts à aider le gouvernement du premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, à se défendre face à l'offensive de l'EIIL.

La théocratie de Téhéran, marraine du chiisme (la branche minoritaire de l'islam), est naturellement proche de M. Maliki, dont le gouvernement est l'émanation de la communauté chiite d'Irak, majoritaire chez les Arabes du pays. La sécurité rapprochée de M. Maliki est assurée par des milices chiites, véritables armées privées, entraînées par l'Iran.

Au lendemain de la prise de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, par l'EIIL, la semaine dernière, les Etats-Unis annonçaient le déplacement d'un porte-avions dans la région, de manière à pouvoir fournir un appui aérien à l'armée irakienne. Partis d'Irak en 2011, les Etats-Unis veulent enrayer le démembrement du pays et empêcher l'installation d'un " Djihadistan " au cœur du Proche-Orient.

Cette communauté d'intérêts stratégiques peut-elle faciliter la négociation en cours sur le nucléaire iranien ? Elle reprenait, lundi 16 juin, à Vienne. Les participants se sont donné jusqu'au 20 juillet pour parvenir à un accord en deux volets : la garantie que le programme nucléaire de Téhéran n'a pas de débouché militaire ; la levée des sanctions économiques et financières contre l'Iran.

Pour l'heure, la négociation est bloquée – totalement. Elle n'en concerne pas moins la situation générale dans la région. Car un accord sur cette question nucléaire permettrait une normalisation progressive des relations entre les Etats-Unis et la République islamique.

Ce rétablissement serait un facteur d'apaisement, notamment en Syrie. Il ferait bouger cette ligne de fracture qui voit s'installer une sorte de guerre froide entre Washington et Moscou : la première soutenant plutôt la rébellion sunnite contre le régime de Bachar Al-Assad ; la seconde épaulant l'Iran dans la défense de ce dernier.

Ce serait une première fissure dans l'enchevêtrement de conflits dont le Proche-Orient est le théâtre – et, notamment, dans cette atroce guerre de religion entre sunnites et chiites qui traverse l'Irak et la Syrie (et, à un moindre degré, le Liban).

Les Etats-Unis et l'Iran le savent : il n'y aura pas de stabilisation durable en Irak sans stabilisation en Syrie. Il faut agir sur les deux terrains, parce que c'est le même front.

 

J’aurais pu aussi reprendre les éditos suivants, dont je recommande la lecture:

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/07/hollande-diplomate-mission-reussie_4434077_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/11/le-djihadistan-nouvel-etat-islamiste-au-proche-orient_4435890_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/20/espagne-un-nouveau-roi-face-a-l-adversite_4442346_3232.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/21/chaos-en-irak-n-accablons-pas-barack-obama_4442890_3232.html

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/06/28/m-juncker-et-le-defi-de-l-innovation_4447207_3208.html

 

 ( A suivre)

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