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Presse aidant...... Cocorico ! Mais ça fait du bien.....

18 Octobre 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Surprise ! Deux français viennent de se voir attribuer, à quelques jours d’intervalle,  un  prix Nobel. Un écrivain, Patrick Modiano, dont je n’ai lu, par hasard, qu’un seul livre « La place de l’étoile » dont d’ailleurs je ne me souviens pas trop, au point que je n’ai pas daigné acheter et donc lire ses deux livres primés « Les boulevards de la ceinture » (Prix de l’Académie française 1972) et « Rue des boutiques obscures »(Prix Goncourt 1978) ; Quel manque de discernement ! Mais je vais essayer de me rattraper, c’est promis. Je n’ai guère fait mieux avec Jean Tirole, un célèbre économiste dont je n’avais jamais entendu parler. J’ai l’air fin quand je raconte que je suis abonné à divers journaux comme «Les Echos » et « Alternatives économiques » et que je regarde « C dans l’air » où je ne l’ai jamais vu où alors je ne m’en souviens plus……. Mais ce n’est pas grave de ne pas savoir, l’essentiel est que ces deux courageux et solitaires résistants au french bashing  soient là et que les suédois le sachent. Cocorico ! Putain que ça fait du bien ! « Le Monde » a consacré à chacun un éditorial et sans empiéter sur ma rubrique mensuelle «  Ainsi allait le Monde » je reporte ci-après ces éditoriaux.

 

Modiano, le pied de nez aux déclinologues  (Samedi11 octobre) « N'en déplaise à tous les déclinologues hexagonaux et aux adeptes du French bashing – ce loisir si prisé consistant à rudoyer à tout bout de champ les Français –, l'attribution du prix Nobel de littérature à Patrick Modiano, jeudi 9  octobre, est une excellente nouvelle. Elle l'est d'abord pour les amoureux de la littérature française. Mais elle est aussi la preuve que celle-ci continue de flamboyer à l'extérieur de ses frontières. Le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, ne s'y est pas trompé, en saluant un prix qui, "  par son rayonnement, est inséparable  " de celui de la littérature française. Surtout, délai inhabituellement court, ce prix survient six ans après la remise du Nobel de littérature à un autre grand écrivain français, Jean-Marie-Gustave Le Clézio. Patrick Modiano est ainsi le quinzième Français à recevoir la prestigieuse récompense. Ce qui fait de ce pays le champion mondial dans cette catégorie – et encore, sachant que le refus par Jean-Paul Sartre de son Nobel, il y a juste cinquante ans, avait ouvert une longue période de "  punition  ", qui ne prit fin qu'en  1985, avec Claude Simon. En France, pourrait-on dire, on n'a pas de pétrole, mais on a des Nobel. Il y a donc dans la décision de l'académie suédoise comme un pied de nez aux apôtres du déclinisme. Nonobstant la récurrente annonce de son déclin, voire de sa mort imminente, sa culture, et singulièrement sa littérature, reste un fleuron français, témoin de sa capacité à maintenir son rang parmi les nations." Mais qui est donc Patrick Modiano  ?  ", a ironisé une chroniqueuse du Guardian, vendredi 10  octobre, exaspérée de voir l'Américain Philip Roth " humilié " par l'académie suédoise, qui ne l'a pas récompensé. "  Si vous êtes en train de consulter la page Wikipedia de Patrick Modiano, levez la main  ", s'est même amusé sur Twitter un rédacteur de NewsweekIl est vrai que Patrick Modiano est mal connu aux Etats-Unis, où seuls trois de ses romans ont à ce jour été publiés, et encore s'agit-il d'une petite maison d'édition universitaire. Et, selon leNew York Times, la traduction de son roman Rue des Boutiques Obscures, qui a obtenu le prix Goncourt en  1978, ne s'est vendue qu'à un peu moins de 2  500 exemplaires.

L'attribution du prix Nobel de littérature à Patrick Modiano devrait toutefois changer la donne. La publication d'autres traductions a été avancée aux prochaines semaines, et des réimpressions ont déjà été commandées. Laissons, ensuite, la fameuse " petite musique " modianesque faire le reste et conquérir les lecteurs anglo-saxons. Surtout, les œuvres de Patrick Modiano sont très largement traduites en espagnol, en allemand ou encore – bien sûr – en suédois.

De manière plus générale, les acquisitions de livres français ne cessent de progresser dans un certain nombre de pays. C'est ainsi que des maisons d'édition indiennes, chinoises ou brésiliennes s'intéressent de près à la littérature française. Et de plus en plus de maisons installées à New Delhi ou à Bombay achètent, de surcroît, les droits pour l'ensemble des éditions en anglais d'un livre ou d'un auteur.

Le monde change, les pôles d'influence évoluent. Mais il semble que la littérature française soit encore loin d'avoir dissipé tous ses charmes.»

Jean Tirole, le Nobel pour un économiste entrepreneur ( Mardi 14 octobre) :

 «  Tant pis pour les sirènes déclinistes et les amateurs de dénigrement national ! En l'espace de quatre jours, l'académie Nobel vient de décerner son prix à deux Français éminents. Après Patrick Modiano pour la littérature, c'est Jean Tirole qui vient de se voir couronné en économie. Le hasard veut que l'écrivain et l'économiste soient d'une timidité aussi spectaculaire que leur talent ! La France, que l'on dit volontiers fâchée avec l'économie, produit donc des économistes de renommée mondiale. On sait que le dernier ouvrage de Thomas Piketty sur l'explosion des inégalités connaît actuellement un succès planétaire. De même, une jeune chercheuse française, Esther Duflo, spécialiste du développement et de la lutte contre la pauvreté, a été recrutée dans l'équipe des experts de Barack Obama. Ancien élève de l'Ecole polytechnique et des Ponts et chaussées, diplômé en mathématiques, Jean Tirole appartient à une autre lignée : celle des ingénieurs économistes français. Ce chercheur brillant a révolutionné l'économie publique moderne. A tel point que ses collègues du monde entier pronostiquaient depuis des années qu'il serait un jour récompensé par le Nobel.

C'est fait, et c'est justice. N'en déplaise aux maniaques des étiquettes qui l'ont rangé parmi les " néolibéraux  ", le nouveau Nobel d'économie n'est pas un avocat de la puissance des marchés, dont il n'a jamais pensé qu'ils s'autorégulent comme par miracle. C'est, au contraire, un théoricien de la régulation publique dans une économie de marché. Eclectique et prolifique, il s'est intéressé au jeu des acteurs, au comportement des agents économiques, aux informations dont chacun dispose sur un marché donné et aux incitations qui peuvent faire évoluer leur comportement. Jean Tirole n'est pas l'ennemi de l'Etat, mais, au contraire, le partisan d'un Etat efficace, toujours garant de l'intérêt général. Et son modèle théorique, qui mêle économie et psychologie, a trouvé des applications très concrètes dans les secteurs de l'énergie, des télécommunications, de l'informatique, des banques ou encore des transports. L'Union européenne, mais aussi les autorités de la concurrence et des Etats du monde entier ont mis en pratique ses acquis théoriques. Autre singularité, et non des moindres en France : Jean Tirole ne s'est pas contenté d'être un chercheur hors norme, il a été, depuis 1991, un remarquable entrepreneur universitaire. Alors qu'il était un des économistes vedettes du MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston, il a décidé de quitter les Etats-Unis pour venir fonder, avec son ami et mentor Jean-Jacques Laffont, l'Ecole d'économie de Toulouse.En deux décennies, il en a fait un pôle d'excellence sans équivalent en Europe et où se pressent des cohortes de jeunes économistes venus du monde entier. A rebours des trop fréquentes frilosités universitaires hexagonales, il y a appliqué avec succès quelques recettes élémentaires du dynamisme des laboratoires américains: en particulier, une gouvernance indépendante, des partenariats et des financements public-privé, et une seule obsession : l'excellence sur la scène mondiale.

Au-delà du théoricien de haut vol, c'est aussi cet innovateur tenace que le prix Nobel a couronné. Et dont bien des responsables publics, en France, ne perdraient rien à s'inspirer.  

 

( A suivre) 

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