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Idées-débats ....... Point de vue de Régis Paranque dans le journal Les Echos.

10 Décembre 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #Idées-débats

Avec ce billet je sors quelque peu de mes réserves habituelles à savoir une certaine prudence à emprunter et reproduire un éditorial, article ou point de vue trouvé et apprécié dans un journal et que je classe généralement dans l’une des rubriques suivantes : « Presse aidant », «  L’invité » ou « Idées et débats ». Je laisse généralement un peu de temps, ne serait-ce que ces idées et ces analyses, si elles sont justes comme je le crois, doivent rester pertinentes quelques jours, semaines ou mois plus tard.

Le point de vue que je présente ce matin, je ne lui ai laissé qu’une nuit de vieillissement puisque je l’ai reçu sur mon ordinateur, hier soir vers 22h30, avec le journal « Les Echos », celui que l’on trouve en kiosque ce matin. Je ne connais pas l’auteur, Régis Paranque, autrement que par l’info qui suit le billet.

Je me suis souvent interrogé sur ce sujet et j’ai même questionné quelques amis économistes, sans avoir obtenu de réponse « quantifiée » ; je regarde assez souvent l’émission "C dans l’air", surtout  lors des débats économiques et, sauf oubli de ma part, je ne pense pas avoir eu d’info développée à ce sujet.

Après quelques heures d’hésitation, je me lance donc et publie sur mon modeste blog (30 à 50 visiteurs/jour (*) ce point de vue qui mérite d’être connu et éventuellement débattu.

Pourquoi la France respecte quasiment les 3 % de déficit

« Il est sans doute temps de rappeler à certains de nos amis européens que le « French bashing » a ses limites, particulièrement en ce qui concerne nos dépenses publiques et le déficit budgétaire. Sans doute, notre déficit est-il plus près de 4 % du PIB que des fatidiques 3 % auquel nous devrions être théoriquement rendus. Mais nos seules dépenses militaires, grâce auxquelles nous assurons, seuls, ou presque, la défense de l’Europe, sont supérieures en pourcentage du PIB de 0,6 % à celle du budget militaire allemand. Encore faut-il préciser que les avions allemands, y compris humanitaires, ont plus de difficultés à décoller – quand ils décollent – que nos Rafale.

Nous combattons en Afrique et au Moyen-Orient pour la défense de l’Europe ; au- delà de l’aspect prosaïque du montant des dépenses que nous  consacrons à ce combat, il est peut-être d’une élémentaire dignité, par simple respect au moins de la mémoire des jeunes Français qui y sacrifient leur vie, de rappeler que ce combat comporte son cortège de morts et de blessés. En somme, nous combattons, nous sacrifions des vies, nous payons cash, et nous aurions encore tort. La double, voire, la triple peine au total ! Que l’on ait, au moins, la décence de cesser de dénoncer en comptable et sans autre considération les crédits que nous consacrons à cet effort au service de la démocratie et de la civilisation.

M. le commissaire Oettinger reprochait dernièrement, dans « Les Echos », à notre pays – non sans une certaine acrimonie – d’être trop dépensier et de ne pas respecter ses engagements budgétaires. Avec notre armée et notre force de dissuasion, nous les respectons sans doute au-delà de nos capacités physiques elles mêmes. L’Allemagne, avec de faibles crédits militaires, que déplorait récemment la ministre allemande de la Défense, avec des équipements publics délabrés en matière de transports et autres, parvient, certes aisément, à équilibrer son budget. Ajoutons qu’à côté des faibles dépenses que l’Allemagne consacre à sa défense celles qu’y consacrent les autres pays de la zone euro font tomber  le différentiel avec la France à moins d’un point du PIB. De la sorte, la France n’est pas loin de respecter le sacro-saint niveau de 3 %, si l’on défalque de son déficit, comme il serait juste et normal de le faire, ce différentiel.

Sans doute, objectera-t-on, la Grande-Bretagne consacre à peu près le même pourcentage de son PIB à la défense, et même, depuis peu, semble t-il – soyons beau joueur –, un pourcentage très légèrement supérieur au nôtre de l’ordre de 0,1 % à 0,2 %.Mais, outre le fait qu’elle n’est pas membre de la zone euro, la Grande-Bretagne s’autorise un déficit de l’ordre de 5 % (près de 6 %, il y a encore peu de temps). Il faut par ailleurs reconnaître que son Parlement aidant, elle est fort peu engagée dans les combats actuels conduits contre la barbarie djihadiste. Ajoutons que l’usage de sa force de dissuasion demeure conditionnée, au contraire de la France, par l’autorisation préalable des Etats-Unis.

Tout cela serait presque secondaire si nos censeurs européens consentaient à se départir de l’hypocrisie avec laquelle ils s’autorisent à ignorer les spécificités françaises. Spécificités dont l’auteur de ces lignes, néanmoins européen convaincu, est fier, qu’il s’agisse de défense, des performances industrielles, scientifiques et humaines qui y sont associées, comme de l’exception culturelle et du modèle social. »

Régis Paranque est inspecteur général des finances honoraire, ancien collaborateur de Pierre Bérégovoy.

Bravo et merci pour cette mise au point ! 

(A suivre)

(*) Info du 12 décembre : Je note avec satisfaction que sur les deux derniers jours il y a eu 245 visiteurs dont 102 pour ce seul billet et 1/3 provenant par Face book. Mais aucun commentaire, ça c'est un peu décevant.

Le 31 décembre il y avait eu 162 visiteurs pour ce billet dont 56 par Face book 

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m v. 16/12/2014 18:52

Article fort intéressant et instructif. Angéla devrait le lire attentivement avant d'affirmer que notre pays ne fait pas assez d'efforts pour respecter le seuil des 3% exigé par les traités européens.

DADA 14/12/2014 15:22

Comme quoi Régis n'a pas toujours tort et sait compter.
Non seulement notre surplus de dépenses militaires par rapport à la moyenne de l'UE devrait être déduit de notre déficit mais nos partenaires devraient nous en rembourser une partie.

daniel 14/12/2014 15:51

Merci pour ce commentaire que je partage complètement.