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Moments de vie ..... Respire !

8 Décembre 2014 , Rédigé par niduab Publié dans #Les moments de la vie

« Il n'y a pas d'endroit où l'on peut respirer plus librement que sur le pont d'un navire » a écrit Elsa Triolet dans son livre « Le premier accroc coûte 200 francs » prix Goncourt 1944. Le titre du livre, qui décrit en quatre nouvelles des moments de vie pendant l’occupation, est lui aussi quelque peu énigmatique. En fait il reprend un message de ''Radio Londres'' qui avertissait la Résistance du débarquement des alliés en Provence le 15 août 1944 ; c’était il y a 70 ans et la France commençait à respirer.

C’est vrai qu’on respire bien sur le pont d’un bateau, c’est ce que je me disais fin octobre dans la baie d’Halong et dans le Delta du Mékong, mais on respire bien partout dès qu’on s’écarte des zones surpeuplées, que ce soit en montagne comme face au Matchu Pitchu ou en forêt amazonienne ou en barque dans le marais poitevin ou en pirogue sur les fleuves guyanais. Respirer, respirer librement on n’aspire qu’à ça!

Nous sommes rentrés à la maison la veille de la Toussaint après un séjour d’une quinzaine de jours au Vietnam et au Cambodge. J’ai abondamment traité du Vietnam sur ce blog avec dix billets étalés sur le mois de novembre. Il me faut encore en faire trois pour parler de notre court passage au Cambodge dans la région d’Angkor, mais j’avais besoin de faire une pause, une respiration. Je devrais, quand même, finir la narration de ce voyage avant la fin de l’année.

 Ces voyages qui nous emmènent en terres tropicales ou équatoriales, nous donnent à chaque fois l’impression de rajeunir de 10 ans. L’ennuyeux c’est que la cure de jouvence ne dure qu’un temps, le temps du voyage, car en rentrant à la maison les bobos et fatigues plus ou moins imaginaires reprennent vite le dessus.

L’an dernier au cours de l’automne je souffrais de troubles respiratoires, des dyspnées récurrentes. J'étais donc allé consulter un pneumologue avant de partir au Pérou : bilan presque parfait ! Juste une allergie modérée. Je n’ai pas eu le moindre problème même à 4500 m d’altitude bien au contraire, mais les désagréments ont réapparu dès notre retour "at home" avant de disparaitre subitement avec l’hiver.  

Rentrant de voyage, le 31 octobre dernier, quand nous sommes arrivés chez nous en début d’après-midi il faisait beau et le thermomètre affichait 28°C : c’était encore l’été ou presque ; une douce transition avec le climat du sud-est asiatique. Deux jours plus tard nous passions à un temps de saison, pluvieux et avec une chute des températures de plus de 10°C. Une évolution brutale qui nous a apporté à chacun un bon rhume, carabiné pour Pilou, et nous a incité à rester calfeutré à la maison. J’en ai profité pour mettre à jour mon blog et à réagir à un bug d'over-blog, lui aussi carabiné.

Bien au chaud à la maison j’eus envie de revoir, aussi, quelques grands films dont l’histoire avait trait au Vietnam ou au Cambodge. D’abord « Indochine » qui passait à la télévision, le très beau film de Régis Wargnier avec Catherine Deneuve, Vincent Perez, Jean Yanne et Linh Dan Pham, Oscar 1993 du meilleur film étranger et plusieurs Césars ; un film qui évoque une tranche de vie en Indochine entre 1920 et 1950.

Notre guide Cambodgien nous avait dit que Régis Warnier et son équipe étaient venus à Angkor en début d’année pour tourner un nouveau film. J’ai vu la bande annonce de ce film « Le temps des aveux » dont l’histoire se déroule lors de la prise du pouvoir par les Khmers rouges ; il sortira très prochainement, le 17 décembre, et il est d’ores et déjà accompagné de très bonnes critiques

J’eus envie de revoir aussi quelques DVD, comme « La Déchirure» de Jérôme Joffé, un film exceptionnel sur le régime des Khmers rouges et « Le Ciel et la terre» d’Oliver Stone sur la guerre au Vietnam et la chute de Saigon. Je fus surpris en voyant ce dernier film de m’apercevoir que Haing S. Ngor, l’acteur cambodgien qui tient le rôle du journaliste Diht Pran dans le film de Joffé et qui reçut grâce à cette interprétation l’Oscar 1985 du meilleur acteur de second rôle, est aussi présent dans le film d’Oliver Stone ! Il est le père de l’héroïne du film, Mama (Joan Chen) qui s’enfuit avec son mari américain (Tommy Lee John) et ses enfants aux Etats-Unis quand les Vietcongs prirent Saigon.

Près de quinze jours après notre retour d’Asie du Sud-est mon esprit était toujours là-bas, que ce soit en écrivant mes billets sur le blog, soit par le cinéma …. Et ce n’était pas fini.  Quelques jours plus tard je me rendais au centre-culturel qui organisait un vide-bibliothèque pour se débarrasser de nombreux vieux bouquins, plus ou moins abimés. Par curiosité je fouillais un peu et je suis tombé sur «Une odyssée Cambodgienne», une autobiographie de Haing S. Ngor. En échange d’un euro symbolique je me suis procuré ce bouquin dont j’ai dévoré les 380 pages en moins de trois soirées. Je ferai un jour prochain un billet sur ce livre d’où j’ai appris que l’auteur-acteur avait eu un parcours similaire à celui de Diht Pran son personnage, dans « La Déchirure». Similaire voire plus tragique pour ce qui concerne la perte de ses proches. Une histoire à couper le souffle.

Puisque je me suis embarqué dans un long chapitre cinéma je vais en profiter pour donner un coup de gueule. Chaque année il y a pléthore de bons films qui sortent les derniers mois pour ne pas dire les dernières semaines ; effet Oscars, effet Césars et autres consécrations annuelles. Le résultat est que l’on ne peut pas tous les voir alors que pour le reste de l’année l’offre est parfois peu attirante. Je crois que 2014 bat tous les records : je suis rarement allé aussi peu au cinéma au cours des trois premiers trimestres mais j’ai aussi, rarement eu autant de bons ou très attendus films sortant en cette fin d’année. Le magazine Studio Ciné Live vient de sortir pour 2014 le top 10 de sa rédaction : 5 de ces films sont sortis ou sortiront au 4ème trimestre (Il y en a un, « Timbuktu » qui ne sortira que le 10 décembre et un autre « Whiplash » le 24 décembre.)

C’est dire qu’en ce mois de novembre je suis allé très souvent au cinéma et que dans l’ensemble je me suis régalé. Je ne vais pas tous les citer et d’ailleurs je publierai fin décembre ou début janvier mon bilan 2014, mais je vais quand même en mentionner trois ou quatre. Ils ont en commun de raconter des histoires de jeunes ou adolescents. Alors que ce genre n’est pas habituellement ma tasse de thé je dois bien avouer que, pour ces 4 films, j’ai été très agréablement surpris.

Il y a tout d’abord « Respire» le deuxième film de Mélanie Laurent. J’avais beaucoup aimé son premier film « Les adoptés » (2011) et ce dernier est de la même veine. C’est l’histoire d’une vraie-fausse amitié entre deux lycéennes mais qui tourne à la manipulation puis au drame.

« La famille Bélier » un film que nous avons vu en avant-première à Niort le 27 novembre, trois semaines avant sa sortie en salles, en présence du réalisateur Eric Larigau. Un vrai bonheur que cette histoire d’émancipation sociale et familiale avec des acteurs magnifiques dont la jeune et éblouissante Louane Emera. Entre rires et larmes on y trouve beaucoup d’humour et de belles interprétations des chansons de Sardou. Un seul défaut : le titre ! Pourquoi n’a-t-on pas retenu celui de la chanson phare « Je vole ».

« Les héritiers » vu hier, est un hommage à la détermination des enseignants qui s’opposent à la fatalité du déterminisme social. Avec Ariane Ascaride dans le rôle du professeur qui choisit sa classe a priori la plus médiocre et la plus difficile pour l’inscrire au concours national de la Résistance et de la Déportation. Avec aussi un jeune acteur Ahmed Dramé, qui fut réellement élève de la classe qui servit de modèle, et qui est aussi coscénariste du film. Admirable !

Enfin pour finir, je mentionne aussi « Mommy » de Xavier Dolan, prix du jury au festival de Cannes. Un film superbe qui raconte l’histoire d’une veuve, en pleine dégringolade sociale qui hérite de la garde de son fils un adolescent impulsif et violent. Le film est projeté en format étroit ce qui surprend le spectateur, mais il est encore plus surpris quand, subitement, l’histoire progressant de façon positive, l’adolescent écarte avec ses mains l’image projetée sur l’écran. Une trouvaille magnifique pour attester qu’il se sent bien, qu’il respire enfin. Ce film est classé, pour la rédaction de Studio Ciné Live, 1er de son Top 10 de 2014 et 4ème du Top 10 de la rédaction de Première.

Est-ce à dire que ce mois de novembre 2014 ne fut consacré qu’au cinéma, vieux films évoquant l’histoire du sud-est asiatique ou sorties récentes sur des thèmes éducatifs. Pas complètement mais pour une large part quand même : une sorte de respiration automnale.

Il a quand même fallu se bouger un peu d’autant qu’entre un rhume qui dure et une resucée hypocondriaque il était devenu urgent de réagir. L’automne avançant à toute vitesse il a bien fallu s’occuper du jardin, tailler les haies, tondre la pelouse, mettre à l’abri les plantes qui craignent les gelées et ramasser les feuilles mortes. D’autant que mon pire ennemi, l’olivier de Bohème qui trône, méprisant, sur le trottoir en face de chez moi, n’a toujours pas été coupé malgré mes demandes réitérées. Cette saloperie d’arbre pollue mon allée et mes poumons. Ptn mais que fait la nouvelle équipe municipale ?

Moments de vie ..... Respire !Moments de vie ..... Respire !

Pour respirer et faire un peu de sport j’ai repris le vélo. Mais en cette période pré-hivernale c’est du vélo d’appartement dont je parle ; je me bats contre moi-même et au moins je suis sûr de gagner. Je me suis d’ailleurs offert un nouveau vélo, l’ancien était bien fatigué et, mécanisme grippé, il me fallait trop forcer sur les pédales. Probablement réparable, il a fini chez Emmaüs.

J’ai aussi goûté un peu à la piscine, pas trop pour cause de gros rhume résistant de Pilou, mais j’ai ainsi pu vérifier que j’étais encore capable de nager plus d'une quinzaine de mêtres en apnée. Question capacité respiratoire ça va encore.

J’ai aussi fait une longue marche en campagne, un dimanche matin, en accompagnant un groupe de marcheurs de notre quartier. J’ai largement tenu la distance, ce qui est d’autant plus méritoire que l’on n’arrête pas de bavarder pendant ces balades : entre politique et rugby (le XV de France avait battu l’Australie la veille), selon les interlocuteurs du moment. Une excellente façon de prendre l’air et de respirer.

Question politique je suis toujours très mal à l’aise avec le bilan de l’exécutif pour lequel j’ai voté. La personnalité de Hollande, la quasi-disparition de mon ami Vincent Peillon, les difficultés de Manuel Valls à faire les réformes nécessaires et à respecter nos engagements vis-à-vis de l’Europe. La France (et l’Italie) pays malade de l’Europe. Où va-t-on ? Hypocondriaque même en politique. En plus ça ne s’arrange pas avec le retour de Sarkozy, rien qu’à l’idée de pouvoir être contraint de voter pour lui au second tour de la prochaine élection présidentielle pour écarter Marine Le Pen, j’en suis malade ! Et il faudra bien si on veut éviter une sortie suicidaire de l’euro, car pour le reste je ne vois pas trop la différence entre les deux. J’en arrive même à espérer, très sincèrement, que Juppé batte le guignol revanchard aux futures primaires de l’UMP pour éviter ce risque dramatique. Respire, Respire ! Hypo quoi au fait ?

Hippopotame… Eh oui ! J’ai tendance à être un peu lourd en ce moment. D’autant que le pire n’est jamais certain ; Ne voit-on pas enfin quelques clignotants verdir? Baisse du pétrole de l’ordre de 40%, rééquilibrage de l’euro par rapport au dollar, taux d’intérêt au plus bas, bons points décernés à la politique économique de la France par l’OCDE et à un degré moindre par le FMI. Je crains cependant que ces bouffées d’oxygène, n’arrivent trop tard pour sauver un quinquennat mal barré. Respiration trop tardive !

Toujours dans le domaine politique, un ami très proche m’a tenu des propos surprenants au sujet de la défaite à Niort de l’équipe municipale sortante lors de l'élection municipale. Alors que j’affirmais que c’était, à l’instar d’autres fiefs de gauche comme Limoges, un phénomène global très politique, à rapprocher surtout du bilan gouvernemental. Lui contestait cette interprétation en ne retenant qu’une seule vraie cause : le cumul des mandats maire-députée, mais tout en reconnaissant le très bon bilan de l’équipe sortante. Il argumentait en s’appuyant sur la première place retrouvée par le PS à Niort lors des élections européennes. J’ai vérifié ensuite et je constate que l’écart n’est guère probant : 20.4% pour l’élection municipale contre 22.2% pour le scrutin européen, avec des taux de participation très différents, ce n’est donc pas très significatif. Je pense que le problème est plus complexe mêlant une désaffection de l’électorat de centre-gauche qui s’est reporté sur une liste de rassemblement fut-elle de droite, l’émergence du FN qui se nourrit aussi de déçus votant traditionnellement à gauche (Eh oui, même à Niort !) et sans oublier la campagne de dénigrement interne au PS qui a manifestement conduit certains, à accompagner quelques socialistes ’’encartés’’ dissidents qui, toute honte bue, ont accepté une place sur la liste de droite ; une campagne de dénigrement rabâchant justement pendant plus d’un an sur le cumul des mandats. J’ai l’intention de développer un de ces jours cette analyse dans un billet spécifique (probablement fin mars 2015).

J’ai reçu un appel téléphonique mi-novembre qui m’a fait très plaisir. C’était un ami, responsable qualité d’une entreprise lointaine, établie dans un D.O.M pour laquelle j’avais effectué une mission de consultant-formation pour les aider à obtenir une certification professionnelle. Un travail qui m’avait conduit à me déplacer trois fois entre septembre 2010 et septembre 2011 dans ce département du bout du monde. Cette formation sur site fut complétée par un contrôle continu des documents et résultats techniques par internet. La société ayant besoin avant la fin de l’année d’établir de nouvelles procédures pour un marché particulier, me consultait à nouveau. Mon interlocuteur avait établi un avant-projet qu’il souhaitait m’envoyer pour lecture et avis. J'acceptais immédiatement cette très courte mission, et ce bien évidemment à titre gracieux, pour le plaisir de me replonger une nouvelle fois (peut-être la dernière) dans mon domaine de compétence. J'ai analysé le document puis l'ai retourné, accompagné de quelques propositions correctives (très peu) ou complémentaires, voire requalificatives sur la base de références normatives. Tout au plus quelques heures de travail et d'échanges mails et téléphoniques  étalées sur 3 ou 4 jours. Cela m'a fait le plus grand bien…. Un petit coup de main pour prendre un grand pied, voilà ce que fut ce petit job inattendu. Une très agréable respiration dans la vie de retraité trop routinière. Merci ! J’apprécie que l’on ne m’oublie pas et surtout qu’on puisse encore penser à moi comme conseiller.

Ce petit job d’analyses eut d’ailleurs un effet déclic pour moi. Soudain (allez savoir pourquoi) je me suis souvenu que mes périodes de dyspnées intempestives, que ce soit à l’automne 2013 ou à l’automne 2014, ont coïncidé avec des changements de médicaments. Vous savez ce genre de trucs dont on gave les sexagénaires pour leur faire baisser le cholestérol, l’acide urique ou réduire la tension, pour corriger quelques excès des temps passés, comme d'avoir eu un trop bel appétit. Je me suis précipité sur les notices d’accompagnement et j’ai constaté, certes tardivement, que mes petits désagréments respiratoires y sont clairement référencés en effets hépatiques indésirables.

Le plus tôt possible je me suis rendu chez mon toubib qui a bien voulu prendre en considération mes observations et réduire illico de moitié mon ordonnance, le tout complété de quelques examens  dont une échographie. Un bilan au final parfaitement rassurant fait qu’en moins de 15 jours je suis redevenu parfaitement à l’aise dans mes baskets et mon ''Marcel''. Je respire !

Et moi qui en voulait à mort au malheureux olivier de Bohème qui me nargue depuis des années …… mais il pollue quand même le salopard.

Je respire d’autant mieux que l’air est plus frais, revivifiant comme sur le pont d'un navire. Ce matin il m’a fallu gratter le pare-brise. C’est dingue en cinq semaines on est passé de l’été à l’hiver.

(A suivre)   

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