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Ciné-cure ... The Commitments, Mississippi Burning, Angel Heart, Midnight Express et d'autres....

13 Mai 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #ciné-cure

Un nouveau billet de la rubrique ‘‘Ciné-cure’’ pour évoquer la filmographie d’un grand réalisateur britannique, Alan Parker. Une filmographie que je ne vais pas explorer dans l’ordre chronologique mais d’abord en fonction de mes goûts car Parker est sans doute l’un des réalisateurs qui a pris le plus de risques dans ses choix et qui a parfois déconcerté ses admirateurs et je dois bien avouer que ce fut assez souvent mon cas.

Dans beaucoup de ses films la musique tient une place prépondérante : il y a des comédies musicales comme ‘‘Bugsy Malone‘’ (1976) et ‘‘Evita’' (1996) ; on aime ou on n’aime pas ; Je n’ai pas souhaité voir‘Evita’'!

Parker a réalisé d’autres films dont le thème principal est la musique notamment ‘‘Fame’’ (1980), ‘‘Pink Floyd the Wall’’ (1982) et‘Les Commitments ‘’ (1991). J’ai vu ‘‘Fame’’, je n’ai pas voulu voir ‘‘Pink Floyd’qui est parait-il un chef d’œuvre, mais je suis fermé à ce genre de musique par contre j’ai adoré '‘The Commitments’’ avec son côté social et sa Soul-music.

Dans presque tous les films de Parker la musique est importante sans pour autant en être toujours le thème moteur.

 « The Commintments » sorti en 1991, est une adaptation d’un roman de Roddy Doyle C’est un véritable tour de force qu’a réussi Alan Parker en découvrant de magnifique jeunes acteurs-musiciens impressionnants et très peu connus.  Ce film  m’a enthousiasmé car je retrouvais les chansons de mes vingt ans, celles de Wilson Pickett et d’Otis Redding. La réalisation est parfaite avec de très belles scènes de concert et une description de la vie courante du Dublin populaire des années 90.

Comme le clame Jimmy Rabbitte (Robert Arkins) le coach du groupe : «Vous ne comprenez pas les gars ! Les Irlandais sont les Blacks de l'Europe ! À Dublin on est les Blacks de l'Irlande et ceux des quartiers nord sont les Blacks de Dublin ! »

À la première du film, qui eut lieu dans à Dublin, la troupe a chanté en direct sur scène "Try a little tenderness" et "Mustang Sally", deux titres issus du film, afin de prouver à tous que c'était bien eux qui chantaient dans le film. Ce film reçut en 1991 le BAFTA Award  du meilleur film.

Pour moi, le meilleur film d’Alan Parker reste quand même «Mississipi Burning» sorti en 1988, avec en tête de casting Gene Hackman (Anderson) et Willem Dafoe. (Ward).  Ward et Anderson, des agents du FBI, sont chargés d’enquêter sur une affaire de disparition de militants des droits civiques. Le film relate des faits qui eurent lieu en juin 1964 dans l’état du Mississippi où trois militants furent assassinés par des policiers locaux membres du Klan.

Ward est un jeune agent du FBI très légaliste alors qu’Anderson, plus âgé et originaire du sud est adepte de méthodes moins conventionnelles mais plus efficaces.

Ce film n’obtint qu’un seul Oscar technique mais de très nombreuses nominations notamment pour Gene Hackman. 

Je n’ai pas parlé de la musique dans «Mississippi Burning» elle est l’œuvre de Trévor Jones qui avait déjà travaillé avec Parker l’année précédente pour « Angel Heart ». Dans ces deux films, le moins qu’on puisse dire c’est que la musique est très réaliste et collait parfaitement à l’ambiance.  

«Angel Heart» est donc sortit en 1987 avec Mickey Rourke (Harry Angel) et Robert De Niro  (Louis Cyphre). Harry Angel est détective privé s’occupant de petites affaires, il est engagé par un homme étrange qui s’appelle Louis Cyfre pour retrouver un chanteur disparu depuis plus de dix ans et qui aurait une dette envers lui.

Ce film est un excellent polar fantastique (on le comprend vite en entendant le nom du personnage interprété par De Niro). Plus l’enquête avance et plus l’atmosphère est oppressante et la musique de Trévor Jones ne fait que renforcer cette impression. Mickey Rourke et Robert De Niro sont prodigieux. Alan Parker prétendit que l'interprétation de Robert De Niro en tant que Louis Cyphre, était si réaliste et terrifiante, qu'en général il préférait l'éviter durant ses scènes, le laissant se diriger lui-même.

Le film qui fit connaître Alan Parker est «Midnight Express» sorti en 1978. Il s'inspire de l'autobiographie Midnight Express de Billy Hayes un jeune touriste en vacances en Turquie qui, pour se faire un peu d’argent, chercha à sortir deux kilos de haschich. Sur le point de monter dans l'avion, il fut soumis à une fouille par des douaniers qui trouvèrent la drogue. Commence alors un cauchemar pour le jeune homme qui fut condamné à 30 ans de prison…..  Ce film obtint deux Oscars, celui du meilleur scénario et celui de la meilleure musique : Le scénario fut préparé par Oliver Stone qui débutait dans le métier et la musique était de Giorgio Moroder. Le film fut aussi nominé comme meilleur film et meilleur réalisateur. Et l’acteur principal Brad Davis reçu le Golden globe de l’espoir masculin. Au générique on trouve aussi John Hurt et Randy Quaid.

A noter que l’expression ‘‘Midnight Express’' est le terme employé par les prisonniers pour désigner l'évasion, ce qui laisse à penser que l’histoire se termine bien. Il n’empêche que ce film est assez dur ; c’est probablement l’un des meilleurs films traitant du monde carcéral. Il y a des scènes très impressionnantes. 

Le premier film de Parker, deux ans avant «Midnight Express», est surtout une curiosité ; il s’agit de «Bugsy Malone» sorti en 1976, je l’ai vu il y a très longtemps, je ne sais pas trop quand et dans quelle circonstance mais je n’avais pas été très emballé. Peut-être trop enfantin, voire une gaminerie surréaliste. Il s'agit d'une comédie musicale, parodie de films de mafia, jouée exclusivement par des enfants, les armes sont des mitraillettes à crème pâtissière. Jodie Foster, âgée de treize ans, y tient son premier grand rôle. La musique du film était composée par un grand compositeur hollywoodien Paul Williams. J’aimerai bien revoir ce film ne serait-ce que pour voir si, plusieurs décennies plus tard, je n’aurais pas un jugement plus jeune. On peut le trouver en DVD.  

Le troisième film de Parker «Fame» sorti en 1980, eût un énorme succès. On suit le parcours de quelques jeunes élèves de la célèbre ‘’Hight School of Music & Art  de New-York’’ qui rêvent tous de gloire, mais malgré beaucoup de travail, rares sont ceux qui après quatre ans de formation parviendront à la célébrité. La musique du film composée par  Michael Gore remporta deux Oscars, celui de la meilleure partition originale et l’oscar de la meilleure chanson  originale.

 

Changement de style avec «Shoot the Moon» un film mélodramatique sorti en 1982, que j’avais beaucoup apprécié avec des acteurs magnifiques, Albert Finney, Diane Keaton, et Karen Allen. Dans ce film Parker n’a pas laissé une place importante à la musique, il n’y a même pas un compositeur de crédité. Le film est accompagné d'une musique jazz au piano, probablement un standard. Ce film raconte une histoire d’amour et de désamour d’un couple marié depuis 15 ans. Il a été dit que c’était un film autobiographique mais de qui ? Du réalisateur ou du scénariste  Bo Godman ? Le film fut assez bien reçu, présenté au Festival de Cannes, il fut aussi nominé pour les Golden Globes. 

Je ne peux pas trop parler de « Pink Floyd. The wall » le cinquième film d’Alan Parker que je n’ai pas vu, pas même des extraits. Je sais par Wikipedia et Allo Ciné  que c’est un film musical réalisé en 1982 fondé  sur un double album du groupe anglais Pink Floyd. Il alterne séquences filmées et séquences animées. Il ne comporte presque aucun dialogue, la bande son reprenant essentiellement les musiques du groupe. Le prétexte du film est la déprime de Pink, une star du rock, interprété par Bob Geldof, qui s’enfermant dans sa chambre d’hôtel durant une tournée se souvient de son passé et commence à mélanger souvenirs réels et fantasmés au point de sombrer dans la folie.

Voici «Birdy» un film devenu culte dès sa sortie en 1984 et qui pour beaucoup de cinéphiles est une des œuvres majeures du cinéma américain des années 80. Il fut d’ailleurs récompensé à Cannes du Grand Prix Spécial du Jury.

Deux amis d'enfance reviennent de la guerre du Viêt Nam marqués à jamais : Birdy (Matthew Modine) entame un long séjour à l'hôpital et ne sort plus de son mutisme. Prostré, isolé, il passe des heures à fixer le ciel et à rêver de pouvoir voler comme un oiseau. De son côté, son ami Al (Nicolas Cage), qui a perdu son visage dans cette guerre, décide alors d'entrer dans son jeu pour l'aider à s'évader...

Les acteurs sont excellents et la réalisation magnifique, trop peut-être car elle démontre que Parker a incontestablement un style unique et c’est peut-être ça qui m’a un peu gêné la première fois que j’ai vu «Birdy» ; j’avais trouvé ça assez pesant. Je l’ai revu il y a trois ou quatre ans en DVD et je l’ai redécouvert plus favorablement. Un dernier mot, la musique est Peter Gabriel. 

Un retour à plus de simplicité avec «Bienvenue au Paradis» sorti en 1990. Un Parker trop sage pour un sujet passionnant, écrivait Jean-Pierre Lavoignat dans Studio Magazine : « …. Certes deux ans après « Mississippi Burning » il a encore choisi un sujet chaud : l’internement aux Etats-Unis, pendant la dernière guerre, des Américains d’origine japonaise après l’attaque de Pearl Harbour. Il n’a pas voulu cependant en faire un réquisitoire, ni un film à thèse qui réveillerait les bons sentiments. Plutôt de s’engager dans la direction de Costa-Gavras, il a préféré regarder vers David Lean, et s’est mis en tête de signer un film romanesque dont il a écrit seul le scénario… » C’est sans doute pour ce côté romanesque que j’ai aimé ce film. « …. La destinée d’un jeune syndicaliste (Dennis Quaid)  pris dans la tourmente de la guerre et de ses retombées et dans les tourments de sa passion pour une jeune Américano-japonaise (Tamlyn Tomita). Il l’épousera mais il n’empêchera pas qu’elle soit internée avec toute sa famille….. ». L’accompagnement musical, classique et peu encombrant est de Randy Edelman. 

Voilà j’ai recollé chronologiquement avec «The Commintments» et il ne me reste plus que quatre films d’Alan Parker à présenter dont le suivant «Aux bons soins du docteur Kellogs» sorti en 1994 et dont je me souviens très bien car c'est un vrai navet. Pour ne pas être trop sévère je préfère reprendre partiellement la savoureuse critique de Denis Parent de studio Magazine : « L’impertinent, le dérangeant Alan Parker nous revient avec une comédie médicale, abstinente et en costumes: On se devait d’exulter. On sait que ce cinéaste éclectique, doué pour l’image, superbe directeur d’acteurs, a un flegme terriblement britannique pour empoigner tous les sujets et en faire ses choses. Or, que la peste nous étouffe, on reste sur notre faim avec ce film censé nous faire ricaner comme des baudets….. Mais au-delà de la brillante satire Parker n’arrive pas à nous emballer. Pourtant avec Anthony Hopkins, Bridget Fonda, Matthew Broderick et John Cusack, il avait des ténors dans sa partition. Mais en poussant trop loin la caricature, il les prive de toute épaisseur humaine alors même qu’il prétend leur faire vivre quelques péripéties dramatiques. Dés lors on sourit au mauvais goût délibéré sans se préoccuper des gesticulations du mégalo de la médecine…. » Tout est dit, et il n’est sans doute pas nécessaire  de préciser que la musique est de Rachel Portman. 

Je poursuis la présentation des derniers films d’Alan Parker avec les critiques de Studio Magazine. Pour «Evita» sorti début 97, il y eut divergence d’appréciations entre Christophe d’Yvoire (très défavorable) et Jean Pierre Lavoignat (plus conciliant). J’ai suivi le premier et je ne suis pas allé voir ce film et pour me justifier c’est donc sa critique que je propose : « On reconnaîtra au moins le mérite à Alan Parker d’avoir ressuscité avec Evita un style qui semblait unanimement banni du cinéma : le pompier. Certes la comédie musicale n’est pas le genre cinématographique le plus facile à manier, certes la vie d’Evita Peron ne pouvait pas être le grand film historique que certains mal renseignés attendaient, mais de là à en faire un interminable clip, il existait sûrement une marge à trouver. …. Alan Parker n’a jamais hésité à faire passer des émotions fortes, mais à l’époque de Midnight Express et de Birdy ses excès se confondaient avec un enthousiasme communicatif et un profond désir de briser des carcans. En 1997, ces mêmes effets ne lui servent qu’à couvrir un manque d’inspiration qui frise le pathétique. Quand à Madona …… »

Je rappelle aussi qu’il s’agit d’une adaptation au cinéma de la comédie musicale Evita de Tim Rice  et Andrew Lloyd Webber et que ce film fut bien récompensé aux Etats-Unis :

Oscars 1997 : meilleure chanson originale  pour "You Must Love Me’"

Golden Globes 1997 : meilleur film musical ou de comédie, meilleure chanson originale pour "You Must Love Me", meilleure actrice dans un film musical ou une comédie pour Madonna. Ce qui mérite bien une petite vidéo. 

En mars 2000 Alan Parker nous proposait un nouveau film, «Les cendres d’Angela», un film auquel j’ai pleinement adhéré, y trouvant un cousinage avec les films de Ken Loach.  Je propose cette fois la critique, un peu trop sévère à mon goût de David Mikanwski, toujours de Studio Magazine. « En 1935, une famille irlandaise est obligée de quitter l’Amérique pour rentrer au pays, ou l’accueil se révèle glacial. Dix ans après « les Commitments «  Parker revient en Irlande pour un film nettement moins joyeux. C’est l’adaptation du best seller de Frank McCourt, qui fut récompensé en 1997 par le Prix Pullitzer. ….. Le sort s’acharne sur cette  pauvre famille et l’accumulation de détails sordides, relaté avec un soin maniaque par le cinéaste peut à la longue avoir un effet inverse….. De quoi faire pleurer Margot ou de gagner une statuette aux Oscars ! Bref c’est un peu too much, même si Parker allège cette succession de malheurs par un certain humour. … ».

Reste l’interprétation irrésistible de Joe Breen (Frank enfant) et de Roger Carlyle et Emily Watson.  La musique est  John Williams. 

En Avril 2003 Alan Parker nous offrait son dernier film qui fut encore un échec, il s’agit «La vie de David Gale». Un échec surtout aux Etats-Unis qui était le pays le plus concerné par le sujet, la peine de mort. En France il fut un peu mieux reçu si on en croit la moyenne des spectateurs (8/10) recensée par ‘’Allo ciné’’. Moi j’ai plutôt aimé même si on était loin de la puissance de «Mississipi Burning». En relisant la critique de Thomas Baurez, de studio Magazine, je reconnais que ses arguments sont assez justes « ….L’intrigue du film uniquement centrée autour de la culpabilité du héros, professeur d’université, occulte les vraies questions. Ce châtiment a-t-il raison d’être ? Est-il dissuasif ? …… En lui donnant la forme d’un thriller, Alan Parker en finit presque à réduire la peine capitale à un prétexte scénaristique censé donner au spectateur sa dose de suspense. Et ce sur ce terrain, le réalisateur ne se refuse rien : fausses pistes, rebondissements, flash back démonstratifs. Tout ça est convenu. La seule consolation nous vient de l’interprétation. Kevin Spacey incarne avec beaucoup de conviction ce condamné à mort. Face à lui Kate Winslet, en journaliste investie allie charme et tempérament. »

Une surprise la musique est composée par la famille Parker : Alex et Jake Parker les fils du réalisateur. 

Alan Parker avait 59 ans lorsque son dernier film est sorti, ce qui est relativement jeune. Le mensuel ‘’Première’’ l’interviewe dans son numéro d’avril 2015, ce qui m’a donné l’idée de faire ce billet.  De cette longue interview je ne retiens que trois questions et les réponses de Parker :

L.H. : Vous n’avez rien réalisé depuis douze ans maintenant. Quand vous regardez votre carrière, estimez-vous avoir la reconnaissance que vous méritez.

A.P. : En vieillissant, on devient plus philosophe à propos de ces choses là. J’ai reçu beaucoup d’éloges au cours de ma vie et j’ai eu mon lot de critiques très dures. Ca va, ça vient comme on dit. Mes films ont été montrés dans quarante ou cinquante pays. Ca faisait beaucoup de gens susceptibles de ne pas aimer mes films….. Ma carrière compte quatorze longs métrages et aucun ne me fait honte. C’est le seul critère qui compte au final.

L.H : Quatorze, c’est peu…

A.P. : C’est assez.

L.H : Quelles sont vos raisons de faire des films, ou de ne plus en faire ?

A.P. : Je dis toujours : « On ne devrait pas être réalisateur si on n’a pas quelque chose à dire. » Ken Loach en est l’exemple ultime. Il se fout éperdument d’être cinéaste. Il a des opinions politiques et le cinéma est le moyen qu’il a trouvé pour les exprimer. Ridley Scott, lui aime tourner. Il se moque de ce qu’il est en train de tourner du moment qu’il tourne. Quand il lit un script, il ne s’intéresse pas au propos mais aux morceaux de cinéma qu’il contient et qu’il va avoir du plaisir à mettre en boîte. La philosophie du film lui importe peu, ça n’existe pas pour lui, alors que rien n’est plus important pour moi. Ce que les gens vont penser, ce dont ils vont discuter en sortant de la salle, c’est ce qui compte le plus à mes yeux.

 

(A suivre) 

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