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Philo bath…. Philosophes de la Grèce antique (2) : Les présocratiques

17 Juillet 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Philo bath

Je poursuis mon petit bonhomme de chemin avec les philosophes de la Grèce Antique ; comme je l’ai indiqué dans un précédent billet mon été sera grec, du moins en grande partie. Jusqu’où cela me mènera t-‘il ?

Le thème ‘’des Présocratiques’’ est un gros morceau même si j’ai déjà élagué le sujet avec ‘’Les sept sages‘’ bien évidement présocratiques eux aussi. Ils sont avant tout les initiateurs de la philosophie, ceux qui commencèrent à s’émanciper de ce qui constituait, alors, l’essentiel de la culture grecque, la mythologie chère à Homère.

Ce qui a le plus étonné le béotien que je suis c’est l'éparpillement géographique, dans le monde grec d’alors, les colonies du contour méditerranéen, de ces penseurs et des écoles qui se formèrent. Même si cette période dura près de deux siècles et que ces intellectuels aimaient voyager et débattre, il n’en demeure pas moins que les moyens de communication et de transport étaient assez limités en ces temps là.

 

L’école Ionienne considérait le monde comme une série successive d’altération de la matière. Ce fut aussi l’apport des sciences dans la réflexion des hommes avec leurs logiques et leur rationalité. Voyons d’abord ceux de Millet, ville de la colonie grecque de Turquie du sud-ouest (près de l’actuelle Balat). Il y eut d’abord le premier des sept sages Thalès.

L’un de ses disciples Anaximandre de Millet (610-547 av. J.C) poursuivit son œuvre. Il étudia les mathématiques et l’astronomie  Il réalisa d’ailleurs une horloge solaire, une sphère solaire et une carte du monde connu. Il rédigea le plus ancien ouvrage de ce type ‘’De la nature’’ qui fut malheureusement détruit. Seul un paragraphe fut conservé, où il exprimait son opinion sur l’infini. « L’infini est inaltérable, il ne peut se perdre. On assiste bien entendu à des changements et à des chocs entre les éléments de la nature, mais tout ce qui se perd aujourd’hui se récréera demain. »

Anaximène de Milet (550-480 av. J.C.) est le troisième des sages de Millet après Thales et Anaximandre. D'après les fragments sauvegardés de son œuvre on sait qu’il considérait que l’air est la substance fondamentale du monde. Il était plus proche des thèses de Thales sur l’importance de l’eau que de celles d’Anaximandre sur l’infini « Tout vient de l’air et y retourne »

Leucippe de Millet (Ve siècle av. J.C.) Il n’est d’ailleurs pas certain qu’il soit originaire de Millet, certains pensent qu’il venait d’Ebée ou d’Abdère. Il se rendit aussi à Elée où il fut disciple de Zénon puis aboutit à Abdère où il s’installa définitivement et où il fonda une école.La principale contribution de Leucippe à la philosophie, c’est la notion de causabilité : « Tout s’incline devant une nécessité et est assigné par le destin » et « Rien n’est fait par hasard, tout se produit pour une raison précise ou par besoin » 

Héraclite d’Ephèse (VIe siècle av. J.C) est considéré comme l’un des principaux philosophes présocratiques. Pour lui la genèse est le résultat de la lutte des éléments de la nature. C’est de cette lutte que nait l’harmonie. « Tout s’écroule, rien n’est stable. » «  La réalité est multiple et unique à la fois » « On ne se baigne jamais deux fois dans les eaux du même fleuve. »

Démocrite d’Abdère (470- 360 av. J.C.) Pour lui la matière est indivisible et constituée d’éléments invisibles, les atomes qui sont reliés les uns aux autres par divers moyens répondant à des règles mécaniques et forment les êtres divers qui nous sont connus. Démocrite fut un grand voyageur : il s’instruisit à la philosophie à Millet, puis se rendit en Perse et Inde pour étudier l’astronomie. Il fut plus un contemporain de Socrate qu’un présocratique. « Le monde est une scène, la vie un passage. Tu es venu, tu as vu et tu repars. » « Se vaincre soi-même est la meilleure victoire » » Lorsqu’on dépasse la mesure les choses les plus agréables peuvent devenir désagréables » « Une vie sans fête est telle une longue route sans auberge »

D’autres noms sont rattachés à l’école Ionienne comme Diogène d’Apollonie (Ve siècle av. J.C.) Il semble que sa pensée soit influencée par Anaxagore et par Leucippe. Diogène d'Apollonie (proche de Millet)  est le philosophe qui pose une méthode du fondement : « Au commencement de tout propos, il faut, me semble-t-il, fonder le principe d'une manière absolument certaine »

Anaxagore (500-428 av. J.-C). dit de Clazomènes en Ionie (près d'Izmir), Il fut le premier philosophe à s’établir à Athènes, où il eut Périclès et Euripide pour élèves. Pour lui Être et matière ne se produisent ni ne se créent, mais se transforment. Anaxagore refuse le concept du « non-être » et de ses productions. Il fut à l'origine de la formule : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau »,

Ce qu’a laissé l’école en résultats positifs : peu de choses ! Ce qu’elle a ébauché et légué comme esprit, méthode, pensée : beaucoup ! L’Ionie a fondé une science qui est devenue notre science occidentale, notre civilisation intellectuelle. Elle est la première réalisation du miracle grec et elle en est la clef.

Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.
Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.
Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.

Dans l'ordre: Thalès, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, Héraclite, Démocrite, Diogène et Anaxagore.

L’Ecole Eléatique : les représentants de cette école étaient originaires d’Elée, dans le sud de l’Italie, et ils pensaient que l’être est à la base de tout. Ils introduisirent dans le monde cette idée, qui ne devait plus disparaître, que l'Être, considéré en lui-même, est un, éternel, indestructible, immuable. Pour les Eléates, rien ne naît de rien et rien ne retourne à rien.

Xénophane (570-475 av. J.C) né à Colophon (en Ionie - Turquie actuelle), est un philosophe  poète et scientifique grec. Exilé de Colophon tombé sous la domination perse  il a émigré en Sicile puis s’est rendu  à Élée.

« Selon lui, toutes choses proviennent de quatre principes ; les mondes sont infinis et immuables. Les nuages résultent de la condensation dans l'espace des vapeurs élevées par le soleil. Dieu est une substance sphérique ; il n'a aucune ressemblance avec l'homme. Le Tout voit, le Tout entend, mais il ne respire pas. Il est en même temps toutes choses, intelligence, pensée, éternité. Xénophane a le premier proclamé que tout ce qui est engendré est périssable, et que l'âme est un souffle. Il enseignait encore que la pluralité est inférieure à l'intelligence. Une de ses maximes était qu'il faut fréquenter les tyrans ou le moins possible, ou le plus agréablement qu'on peut. » (Diogène de Laerte).  Xénophane a ouvert par ailleurs un nouveau, et très important thème de réflexion en constatant que « si Dieu n’avait pas créé le miel, les hommes trouveraient les figues bien plus sucrées. »

Parménide d’Elée (540 – 450 av. J.C.). Il semble qu’au début il ait porté intérêt à la politique mais l’un des pythagoriciens, Aminias, le convainquit d’abandonner la politique pour se lancer dans l’étude scientifique. Il ne devint pas pythagoricien car l’enseignement de Xénophane lui plaisait davantage et fut l’un des principaux représentants de la philosophique présocratique. Dans son poème intitulé ‘’De la nature’’ (lui aussi) il affirme que le mouvement n’est qu’illusion et que l’univers est unique, continu et immobile. Il rédigea également la loi de la contradiction et il dénonça la possibilité de la preuve logique. « Le critère doit être la logique, car les sensations sont trompeuses.»

Zénon d’Elée «(Ve siècle av. J.C) fut le disciple de Parménide et est considéré comme l'inventeur de la dialectique. Il est l'auteur de célèbres paradoxes et de fameuses ‘’questions’’ qui révélaient le caractère impénétrable de l’école éléatique car il s’agissait d’un jeu de dialectique. «Celui qui a su se faire un bon gendre a su gagner un fils et celui qui n’y est pas parvenu a également perdu sa fille. » « La vie qui est en harmonie avec la nature est semblable à une vie vertueuse, car la vertu est le but final vers lequel la nature nous conduit. »

Empédocle d'Agrigente (500-430 av. J.C.), autre disciple de Parménide était philosophe, ingénieur et médecin. Il affirmait que le monde est soutenu par deux principes opposés, l'amour et la haine. Il fut ensuite selon ses écrits retrouvés référencé éléatique ou pythagoricien: « Ainsi de l'Un sort le Multiple. »

Dans l'ordre Xénophane,  Parménide, Zénon d'Elée et EmpédocleDans l'ordre Xénophane,  Parménide, Zénon d'Elée et Empédocle
Dans l'ordre Xénophane,  Parménide, Zénon d'Elée et EmpédocleDans l'ordre Xénophane,  Parménide, Zénon d'Elée et Empédocle

Dans l'ordre Xénophane, Parménide, Zénon d'Elée et Empédocle

Ecole pythagoricienne est une école philosophique de l’Antiquité fondée par Pythagore. Elle dura pendant  neuf ou dix générations, c’est dire que la plupart de ces érudits ne peuvent pas être classés parmi les présocratiques. Elle est aussi une confrérie tant religieuse que scientifique et le dogme du secret entre initiés y était très fort

Pythagore de Samos (580-495 av. J.C.). Grand philosophe et mathématicien, il naquit à Samos (une île grecque de la mer Égée, proche de l'Asie Mineure et située à 70 kilomètres au Sud-ouest de Smyrne, aujourd'hui Izmir en Turquie). On raconte qu’il fut le premier à s’attribuer le nom de ‘’philosophe’’, c'est-à-dire ami de la sagesse. Il fut un grand voyageur dont un très long séjour en Egypte ensuite à Babylone, puis la Crête et d’autres régions de Grèce avant de revenir à Samos dont il fut banni par le tyran Polycrate. C’est un homme mur qui vers 535 av. J.C. s’installa à Crotone (en Italie méridionale) où il fonda sa propre école. Cette école était une sorte de confrérie dont le but était de former des sages et des hommes honnêtes qui pourraient se charger de gouverner les cités. On y dispensait l’enseignement des mathématiques,  la médecine et de la religion ; on y organisait également certains rituels. Afin que la fondation pythagoricienne puisse atteindre ses buts, il convenait de se débarrasser de toutes les faiblesses des sens et respecter des règles d’ascétisme. Contrairement aux ioniens disciples de Thales qui  étudiaient avant tout la nature, en s’appuyant certes sur les mathématiques, les pythagoriciens sont d’abord des mathématiciens, une discipline qui expliquait selon eux les débuts de l’univers. Quelques citations attribuées à Pythagore : « Mieux vaut être esclave  des tyrans plutôt que de ses passions » « Aucun homme n’est libre s’il ne sait pas se contrôler » « Il est impossible de tout expliquer à tout le monde » « Ne dis pas peu de choses en beaucoup de mots, mais dis beaucoup de choses en peu de mots »

Alcméon de Crotone (entre Ve et VI e siècle av. J.C) fut selon Diogène de Laerte, un disciple de Pythagore. Quoiqu'il ait surtout cultivé la médecine, il a cependant quelquefois abordé la physique, par exemple lorsqu'il dit : « La plupart des choses humaines sont doubles. »

Hippasus de Métaponte (entre Ve et IVe siècle av. J.C.) était aussi pythagoricien. Il enseignait que le monde est soumis à des transformations périodiques dont la durée est déterminée.

Archytas Le Tarentin  (430- 350 av. J.C.), qui semble être le plus connu des successeurs de Pythagore, mais il ne peut guère être référencé comme présocratique puisqu’il fut l’ami de Platon. Ce mathématicien, ingénieur philosophe, stratège et politicien était originaire de Tarente en Italie du sud.

 

Les sophistes : Ce terme désignait  à l'origine un orateur et un professeur d'éloquence de la Grèce antique, dont la culture et la maîtrise du discours en faisait un personnage prestigieux dès le Ve siècle av. J.-C. en particulier dans le contexte de la démocratie athénienne, et contre lequel la philosophie va en partie se développer. Leurs détracteurs, dont le plus célèbre fut Platon, estiment que n'ayant en vue que la persuasion d'un auditoire, que ce soit dans les assemblées politiques ou lors des procès en justice, les sophistes développent des raisonnements dont le but est uniquement l'efficacité persuasive et non la vérité, et qui à ce titre contiennent souvent des vices logiques, bien qu'ils paraissent à première vue cohérents. Les sophistes ne s’embarrassaient pas de considérations quant à l'éthique,  à la justice ou à la vérité. Les premiers sophistes eurent pour détracteurs Socrate et Pluton, c’est dire qu’ils sont au mieux leurs contemporains mais qu’ils sont difficilement classables comme présocratiques. Parmi ceux qui furent à la fois reconnus et contemporains de Socrate, citons Protagoras d’Abdère et Gorcias de Léontinum.

Protagoras d’Abdère  (480- 410 av. J.C.), qui fut l’un des sophistes les plus importants et sans doute le chef de file de la sophistique. Il naquit à Abdère en Thrace. Dès le début de son enseignement il se rendit dans toutes les villes de Grèce et même dans le sud de l’Italie. Mais sa ville préférée restait Athènes où il créa des liens étroits avec les personnalités importantes notamment Périclès qui lui confia l’éducation de ses enfants. En 410, son livre intitulé « Sur les Dieux » lui valut d’être accusé d’irrespect et d’athéisme par les conservateurs. Ses livres furent brulés dans l’agora. L’idée centrale de la pensée philosophique de Protagoras fut rapportée par Platon : « L’homme est la mesure de toutes choses, de tout ce qui existe et de tout ce qui n’existe pas ». Il convient de souligner que le but majeur et l’objectif de son enseignement était d’« éduquer les jeunes et de leur enseigner la vertu. »

Gorgias de Léontinum  (483- 376 av. J.C.), naquit en Sicile. Il s’initia dès son plus jeune âge à la philosophie d’Empédocle d'Agrigente et à la rhétorique, pour laquelle Tislas de Syracuse fut son maître. En 427 av. J.C. il se rendit à Athènes comme ambassadeur accompagné du rhéteur Tislas, afin de demander de l’aide militaire contre les puissants Syracusains. Tous les deux se relayèrent dans l’agora d’Athènes et provoquèrent l’admiration de la foule. Jamais jusqu’alors les athéniens n’avaient entendu des rhéteurs aussi envoutants. Le but des deux compagnons fut atteint, Athènes se rangea aux côtés de Léontinum.  Ensuite Gorgias voyagea partout en Grèce et sa réputation fut rapidement immense. Deux traités de rhétorique de Gorgias ont été sauvegardés. Il s’agit d’abord d’« Eloge à Hélène » dans lequel il s’essaie sur la nature de la parole et la persuasion, puis d'« Apologie de Palamède » où il soutient un homme menteur et fourbe. Gorgias fut encensé par ses contemporains pour son talent de magistrat, la beauté de ses paroles. Il est le fondateur de la prose de l’Attique, pour laquelle il disait qu’ « elle doit être proche de la poésie »

Dans l'ordre : Pythagore, Alcméon, Hyppasus, Protagoras et Gorgias. Dans l'ordre : Pythagore, Alcméon, Hyppasus, Protagoras et Gorgias. Dans l'ordre : Pythagore, Alcméon, Hyppasus, Protagoras et Gorgias.
Dans l'ordre : Pythagore, Alcméon, Hyppasus, Protagoras et Gorgias. Dans l'ordre : Pythagore, Alcméon, Hyppasus, Protagoras et Gorgias. Dans l'ordre : Pythagore, Alcméon, Hyppasus, Protagoras et Gorgias.

Dans l'ordre : Pythagore, Alcméon, Hyppasus, Protagoras et Gorgias.

Sources : Comme pour le précédent billet, les parties en bleu ou vert proviennent du livre de Papadogeorgos Georgos « Hommes illustres de la Grèce Antique » ou des écrits de Diogène Laërce un biographe et poète du IIIe siècle auteur d'un un ouvrage exceptionnel, « Les vies des plus illustres philosophes de l’Antiquité ». Il y a aussi de très nombreuses informations sur internet en cherchant ‘’Diogène Laërce’’, sans oublier Wikipedia.

A suivre car je vais poursuivre mes devoirs de vacances pendant tout l’été. On n’a pas fini de parler de la Grèce !

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