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Philo bath…. Philosophes de la Grèce antique (3): Socrate

29 Juillet 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Philo bath

Je continue mes devoirs de vacances (liens 1 et 2) avec les philosophes de la Grèce Antique : Aujourd’hui le plus mythique d’entre eux, Socrate.

Socrate n'ayant jamais rien écrit, sa vie et sa pensée sont connues principalement par des contemporains comme Aristophane, qui ont parfois été ses disciples comme Platon et Xénophon, ainsi que par des sources indirectes, au premier rang desquelles Aristote qui vécu près d’un siècle après lui. Ces sources directes et indirectes ne s'accordent pas toujours ou sont même contradictoires. Ce qu'on appelle la « question socratique » est le problème qui se pose lorsque l'on tente de reconstituer la pensée du Socrate historique. Pour ce qui me concerne je pioche l’essentiel de mes informations dans le livre ‘’ Hommes illustres de la Grèce Antique » de Papadogeorgos  Georgos., complétées par quelques élément trouvés chez Diogène Laerce et plus prosaïquement sur Wikipédia.

 

« Socrate (470-399 av. J.-C.) fut l’un des plus grands penseurs et philosophes de l’Antiquité. Il consacra sa vie à la philosophie éthique et à la quête du bien moral, de la vertu et de la justice. Il utilisait principalement la dialectique, grâce à laquelle il essayait de faire prendre conscience aux hommes de leur ignorance et de les aider à se connaître. Sa contribution à la philosophie fut énorme. Avec Socrate ce ne sont pas les corps célestes, la terre et les nuées qui ont de l’importance, mais l’univers de l’esprit humain.

Socrate naquit à Athènes. Son père était artisan sculpteur et sa mère sage-femme. Jeune homme il exerça lui-même le métier de statuaire avant de l’abandonner pour se consacrer à la philosophie notamment auprès des jeunes, se voulant ‘’accoucheur’’ des esprits. Il était marié avec Xanthippe dont il eut trois enfants et la famille vivait dans la simplicité. Il semble qu’il ait eu quelques modestes revenus pour subvenir aux besoins de sa famille et que son riche ami Criton lui venait en aide.

Socrate ne se mêla pas de politique mais il était un citoyen discipliné, honnête et juste. Il enseignait le respect des lois et montrait lui-même l’exemple, en s’acquittant avec ardeur de ses devoirs de citoyen athénien, y compris militaires durant la guerre du Péloponnèse. Durant le siège de Potidée, il sauva la vie d’Alcibiade, comme le confirme ce dernier dans le ‘’Banquet’’ de Platon, où il rend hommage à la bravoure et à la ténacité de Socrate.

Bien que Socrate n’ait pas eu l’âme d’un politicien, il n’en était pas moins un personnage très célèbre au sein de la ville d’Athènes. Il s’agissait en effet d’un personnage exceptionnel, mystérieux et étrange. Il était assez laid et gros mais sur le plan intellectuel il se distinguait par sa finesse, son intelligence et sa pondération. Platon disait de lui qu’il était ‘’Le plus parfait, le plus sage et le plus juste des grecs’’

Socrate était convaincu qu’il devait faire prendre conscience aux hommes de leur ignorance et les aider à se connaître. La conscience de cette mission grandissait en lui, plus il voyait la morale de la cité athénienne s’ébranler, en dépit de la splendeur externe qu’elle présentait durant l’époque de l’âge d’or de Périclès. Il essayait donc, grâce à son enseignement, de convaincre ses concitoyens athéniens que le principal but de l’homme consiste à rechercher la vérité et le contrôle de soi-même.

La philosophie de Socrate était centrée sur l’homme. Il influença en cela tous les philosophes ultérieurs : le centre de gravité n’était plus la terre, les nuées, et les corps céleste ; le corps central était désormais l’univers qui habitait l’esprit de l’homme.

Il n’était pas rhéteur et n’enseigna donc pas la rhétorique. Il ne dispensait pas de cours contre rémunération et ne se rendit pas non plus de ville en ville, comme les sophistes. Il ne créa pas d’école, mais utilisa le dialogue. Il parvenait par de simples questions, à faire discuter des gens issus de toutes les classes sociales sur des sujets religieux, éthiques, politiques et sociaux. Mais aussi à les faire réfléchir sur leur vie, l’éducation de leurs enfants, la justice, la vertu. Il faisait naitre le dialogue en prétendant  ne pas savoir et chercher à connaître ce qui est juste et ce qui est injuste, courageux et lâche, bon et mauvais, beau et laid. Le simulacre d’ignorance utilisé par Socrate, lors des discussions philosophiques fut appelé ‘’ironie socratique’’

Il ne donnait jamais l’impression de vouloir inculquer quelque chose de précis, car il pensait que si l'homme apprend tout d’abord à se servir de son esprit, c'est-à-dire de sa réflexion logique, il peut ensuite penser et trouver la vérité par lui-même. Cette méthode utilisée par Socrate porte le nom de ‘’maïeutique’’ c'est-à-dire l’art d’accoucher les esprits sans que l’interlocuteur en soit conscient. 

Philo bath…. Philosophes de la Grèce antique (3): Socrate

Il attirait la sympathie de certains, mais la plupart ne l’aimaient pas car ils voyaient principalement en lui un sophiste et le méprisaient pour son dédain et son refus des institutions religieuses et sociales. Ainsi en 399 av. J.-C. trois citoyens athéniens (Méliton, Anytos et Lycon) le traînèrent devant les tribunaux sur l’accusation suivante :

« Socrate est coupable de corrompre la jeunesse et de reconnaître non pas les dieux que la cité reconnaît mais, au lieu de ceux-là, d’introduire des divinités nouvelles. »

Pour ce procès, les disciples de Socrate avaient pris soin de faire assurer sa défense par un grand rhéteur ; c’est Lysias qui organisa sa défense, mais Socrate refusa de l’utiliser. Il décréta qu’il avait lui-même préparé son plaidoyer toute sa vie durant en agissant toujours avec loyauté. Il assura donc sa défense comme il l’entendait, sans figure de rhétorique et parsemé de son habituelle ironie. Il déclara aux juges qu’aucune peine de devait lui être infligée et qu’au contraire la cité avait pour devoir de l’accueillir Prytanée, étant donné qu’il avait consacré sa vie à améliorer des conditions de ses contemporains. Le tribunal le jugea coupable et le condamna à mort. La peine ne fut pas exécutée immédiatement et Socrate passa 30 jours en prison.

Durant cette période nombre de ses disciples, mais pas tous, affluèrent dans les geôles qui avaient revêtues l’aspect d’une école de philosophie. Paisible et serein, Socrate prodiguait à ses disciples ses derniers conseils. Il rejeta la proposition que lui fit Criton de s’évader afin d’échapper à la mort. Il souhaitait rester fidèle aux principes de son enseignement et montrer par son exemple que « les citoyens doivent toujours respecter les lois de la cité.»

En mai 399 av. J.-C.; il but donc la ciguë, paisible et serein, avec une résignation et une tranquillité exceptionnelles.

 

En complément voici quelques paragraphes de Diogène de Laerce

« Lysias avait composé pour lui une apologie ; mais Socrate lui dit après l’avoir lue : « Quoique le discours soit fort beau, mon cher Lysias, il ne me convient point. (En effet c’était un morceau beaucoup plus oratoire que philosophique.) —  Pourquoi donc, reprit Lysias, s’il est beau, ne te convient-il pas ? — Ne peut-il pas se faire, dit Socrate, que de beaux habits et de beaux souliers ne m’aillent pas ? »

Lorsqu’on alla aux voix, il y eut pour la condamnation une majorité de deux cent quatre-vingt-un suffrages. Comme les juges délibéraient sur la peine ou l’amende à lui infliger, il se taxa lui-même à vingt- cinq drachmes ou à cent suivant Eubulide. Les juges s’étant récriés, Socrate dit alors : « Je déclare que le châtiment que j’ai mérité pour ma conduite, c’est d’être nourri au Prytanée. « Aussitôt quatre-vingts voix nouvelles se prononcèrent pour la mort ; en conséquence il fut condamné. On le conduisit en prison et quelques jours après il but la ciguë. Platon nous a conservés, dans le ''Phédon'', les sublimes entretiens qui occupèrent ses derniers moments. 

 Ainsi mourut Socrate. Le repentir suivit de près chez les Athéniens : on ferma les jeux et les gymnases ; les ennemis de Socrate furent exilés, et Mélitus en particulier condamné à mort. On éleva à la mémoire de Socrate une statue d’airain, œuvre de Lysippe, qui fut placée dans le Pompéiurn. Quant à Anytus, les habitants d’Héraclée le proscrivirent le jour même où il était entré dans leur ville. Au reste, Socrate n’est pas le seul qui ait éprouvé ainsi l’inconstance des Athéniens; on en cite beaucoup d’autres : Héraclide rapporte qu’ils traitèrent Homère d’insensé et le condamnèrent à une amende de cinquante drachmes ; ils accusèrent Tyrtée de folie ; ils avaient com mencé par élever une statue d’airain à Astydamas, imitateur d’Eschyle. Euripide, dans le ''Palamède'', leur reproche en ces termes la mort de Socrate :

Vous avez tué, vous avez tué le plus sage des mortels, l’innocent, l’éloquent ami des Muses. »

 

Quelques citations attribuées à Socrate :

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. »

«  Connais-toi, toi-même »

« Tant que je vis, j’apprends »

«  On ne peut utiliser avec assurance ni le cheval dans rênes, ni l’argent sans mesure »

«  On doit embellir les villes avec des statues et les âmes avec des vertus. »

 

Lire aussi sur ce blog un billet de 5 juin 2012 intitulé de ''Procès de Socrate'' qui faisait suite à un voyage à Athènes et à un article du journal Le Monde sur un nouveau procès de Socrate 24 siècles plus tard.

 

(A suivre)

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