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Idées débat…. Wolfgang Schaüble, jusqu’où ?... Un mois plus tard !

13 Août 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Idées-débats

Il y a pile poil un mois,  je publiais un billet interrogatif sur les intentions de Monsieur Schaüble, ministre des finances allemand, concernant le maintien de la Grèce dans la zone euro. L’affaire faisait alors grand bruit dans la presse internationale et pour faire ce billet j’avais pioché des  articles ou extraits dans divers journaux. Où en est-on aujourd’hui, un mois plus tard et à la veille d’une réunion de l’Euro-groupe pour valider le plan d’aide à la Grèce ?

Il semblerait que l’adhésion de l’Allemagne ne soit pas gagné. C’est du moins ce que laisse à penser deux articles-alertes parus ce jour. D’abord un article dans ‘’Les Echos’’ ce matin signé par Catherine Chatignoux et Renaud Honoré  puis cet après midi dans ‘’Le Monde’’ le point de vue de Romano Prodi ancien Président du Conseil Italien.

 

 « Les Echos daté du 13 août 2015.» :

« L’Allemagne exprime des doutes sur le plan d’aide conclu avec la Grèce.  Berlin n’est pas convaincu et le feu vert de l’Euro-groupe est plus qu’incertain :

« L’approbation du nouveau plan d’aide à la Grèce suscite de fortes réserves à Berlin, au point que l’issue de l’Euro-groupe prévu vendredi sur le sujet est incertaine. Le gouvernement d’Aléxis Tsípras a pourtant donné des gages importants en échange de cette nouvelle aide de 85 milliards d’euros sur trois ans (« Les Echos » d’hier) : un vaste programme de réformes doublé de nouvelles restrictions budgétaires. Si les  objectifs des comptes publics ont été revus à la baisse (– 0,25 % de déficit primaire demandé en 2015, + 0,5 % l’an prochain), cela n’exonérera pas le gouvernement grec de nouvelles économies puisque, rien que pour cette année, les créanciers ont calculé que ce déficit aurait atteint1,5 % sans mesure additionnelle. « Les concessions faites par Aléxis Tsípras en un mois de temps sont considérables », assure une source européenne. Cela ne convainc cependant pas Angela Merkel, dont le porte-parole, Steffen Seibert, n’a pas voulu dire mercredi si l’Allemagne allait donner son accord à ces propositions négociées entre Athènes et le quartet (BCE, FMI, Commission européenne et le MES, le fonds de secours européen). « En Allemagne, beaucoup ont du mal à croire que les Grecs aient pu si radicalement changer leur approche », décrypte un  proche du dossier

Selon plusieurs sources, outre des interrogations liées au sérieux de la réforme des retraites et du programme de privatisation, c’est l’incertitude sur la présence à long terme du FMI dans ce nouveau plan d’aide – le Fonds doit se décider plus tard dans l’année –qui inquiéterait Berlin. « Le fait que le FMI ait malgré tout été là lors des négociations doit rassurer les Allemands sur le niveau d’exigence demandé à Athènes », veut croire un diplomate européen. Mais d’autres sources pointent la grande hésitation du FMI à participer au financement du nouveau plan d’aide. Plusieurs solutions s’offrent donc aux ministres des Finances de la zone euro, qui se retrouvent vendredi à Bruxelles. Ils peuvent donner  leur feu vert immédiat au plan d’aide à la Grèce, ce qui permettrait à Athènes de toucher une première tranche d’aide avant le 20 août, date d’un remboursement de 3,5 milliards à la BCE. Cela demandera l’approbation préalable de plusieurs Parlements nationaux, dont le Bundestag. Au cas où ces procédures parlementaires prendraient trop de temps, les Européens pourraient accorder un prêt-relais de précaution à la Grèce, sans remettre en question l’accord négocié. Troisième possibilité, Berlin et d’autres capitales réclament des changements notables à l’accord, voire exigent d’avoir la certitude de la participation du FMI, et le prêt-relais pourrait alors s’étaler sur plusieurs semaines et s’accompagner d’une relance des négociations avec la Grèce. « Cette dernière solution présente le risque de fragiliser la dynamique positive enclenchée par Aléxis Tsípras », s’inquiète une source européenne. Le Premier ministre grec, dont les Allemands ont loué par ailleurs le  nouvel état d’esprit, plus coopératif, a tout fait pour que l’accord sur le prêt de 85 milliards soit finalisé en fin de semaine et qu’une première tranche soit accordée à son pays à temps pour rembourser le FMI, le 20 août, et soulager ses banques fragilisées par le contrôle des changes. Il a obtenu du Parlement qu’il vote en urgence d’ici à jeudi soir les 400 pages du projet de loi, qui porte une quarantaine de nouvelles réformes structurelles de libéralisation de l’économie. Une remise en question du texte par l’Allemagne provoquerait immanquablement la colère du parti Syriza et mettrait le Premier ministre en difficulté. Catherine Chatignoux et Renaud Honoré  » 

 

« Le Monde daté du 14 août 2015 » 

« Ne laissons pas l'Allemagne dénaturer le projet européen. Le ministre allemand des finances semble souhaiter une réduction des pouvoirs économiques de la Commission européenne. Rome et Paris doivent répondre à cette attaque »

« La crise grecque se rappelle à nous alors qu'un troisième  plan d'aide vient d'être conclu. Pourtant, l'Allemagne continue de renâcler et d'offrir aux observateurs l'image d'une Europe divisée sur ce qu'il convient de faire.

Après le compromis du 13  juillet entre la Grèce et ses partenaires de la zone euro, on se réjouissait d'avoir évité le pire. Hélas, la méfiance persiste. Le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, aurait en effet proposé, au cours d'une réunion de l'Eurogroupe, de réduire les pouvoirs de la Commission européenne et de confier les principales décisions de politique économique à une autorité indépendante.

Jean-Claude Juncker n'a réagi que timidement à cette proposition. En tant qu'ancien président de la Commission européenne, j'estime avoir le devoir politique et moral de prendre position pour m'y opposer.

Ma première objection est de nature juridique, car cette proposition contrevient à l'article  17 du traité de l'Union européenne (UE) qui garantit les pouvoirs de la Commission européenne en disposant que " les membres de la Commission ne sollicitent ni n'acceptent d'instructions d'aucun gouvernement". Et pourtant, le projet de M. Schäuble  semble bien s'approcher d'une redéfinition des compétences de la Commission afin de les restreindre. Au-delà de cette question juridique, je suis particulièrement inquiet du virage politique que nous sommes en train de prendre.

L'ancien ministre des affaires étrangères allemand Joschka Fischer l'a également relevé en écrivant récemment que l'Allemagne est en train de transformer l'eurozone  en une sphère d'influence. L'ancienne solidarité européenne est désormais considérée comme "maladivement euro-romantique'' et l'Europe allemande est maintenant sur le point de prévaloir sur l'aspiration d'une Allemagne européenne.

Il faut donc réagir avec fermeté, sinon l'eurozone  arrivera rapidement au point de rupture. Je m'attendais à ce que les autres pays de l'UE réagissent et prennent conscience des conséquences de cette nouvelle attitude allemande.

La déclaration conjointe des responsables français et italien de la politique européenne Harlem Désir et Sandro Gozi (Le Monde du 31  juillet) est en ce sens salutaire, mais nous devons agir beaucoup plus fermement pour empêcher l'abandon d'un principe fort qui a guidé et contribué depuis toujours à la construction de l'Union européenne. On ne peut pas affaiblir la Commission européenne, car cela conduirait à la désintégration de l'Union. Il est urgent de convoquer une réunion extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement, des responsables des institutions de l'UE et des partis européens, pour discuter du futur de l'Europe et de notre destin commun.

Il ne s'agirait pas de discuter des aspects techniques ou de mesures d'urgence à prendre, mais des raisons d'être de l'Union et de ce qu'elles peuvent offrir à nos peuples. Parlons enfin de politique. Dans le monde et aux yeux des citoyens européens, l'UE ne cesse de perdre de son prestige. Sans changer de cap, nous sommes condamnés à l'insignifiance.

C'est pourquoi il est nécessaire que l'Allemagne indique clairement quelles orientations elle entend prendre. Pour leur part, les autres Etats membres, en commençant par la France et l'Italie, doivent également préciser quel projet ils défendent. L'Allemagne doit décider si elle veut affronter les défis de la mondialisation seule (en s'appuyant sur quelques pays satellites) ou si elle veut poursuivre la politique d'intégration européenne qui lui a permis de retrouver son unité nationale et de parvenir à une position économique toujours plus forte.

En parallèle à un tel sommet politique, des débats parlementaires et citoyens doivent être organisés dans les Etats membres. Il est inadmissible que l'institution la plus innovatrice du XXe  siècle, la Commission européenne, puisse être victime d'un tel populisme. Nous ne pouvons pas attendre le résultat du référendum britannique ou les prochaines élections de chacun des 28 pays de l'Union. La clarification, " c'est maintenant  ! ".

Seul un appel conjoint de la France et de l'Italie pourrait imposer la convocation d'un tel sommet. Mais avant même de réunir nos partenaires, il faut rappeler qu'aucun transfert de souveraineté ne peut être fait vers des institutions où les décisions ne seraient pas prises à la majorité et sous le contrôle du Parlement de Strasbourg, comme le prévoient les textes fondateurs de l'UE. La légitimité démocratique du projet européen est à ce prix.. Romano Prodi »

 

A suivre …. Sans compter que ce nouveau plan ne va, sans doute pas,  passer comme une lettre à la poste au parlement Grec. 

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