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Presse aidant....... Ainsi allait le Monde en septembre 2015.

30 Septembre 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Voici ma traditionnelle revue mensuelle des éditoriaux traitant de géopolitique du journal ‘’Le Monde’’. Ce mois-ci, avec une actualité très, trop riche, il y eut beaucoup de sujets très importants parmi lesquels il est difficile de faire un tri. Aussi pour ne pas être trop long, avec un choix équilibré de quatre articles auxquels j'ajoute, intercalés, les liens pour d'autres éditoriaux également très intéressants.

 

Editorial du vendredi 4 Septembre : Ouvrir les yeux.

«  Il 'appelle Aylan Kurdi, il est âgé de 3 ou 4 ans. Un petit corps sans vie échoué sur une plage turque. C'est un enfant syrien qui fuyait la guerre, avec sa famille. Ils voulaient gagner l'Europe, en l'espèce la Grèce, par la Turquie. Leur embarcation comptait au moins onze personnes à bord. Elle a sombré quelque part au large de l'île de Kos. Le mer a rejeté certains des corps sur une plage turque. Et, un peu à part, tout seul, celui de ce petit bonhomme en tee-shirt rouge et pantalon bleu, qui restera comme l'emblème de cet afflux migratoire sans précédent que nous ne voulons pas voir. Ou pas assez. Le Monde a déjà publié des photos d'enfants morts, notamment lors de l'attaque chimique d'un quartier de Damas par la soldatesque de Bachar Al-Assad en 2013. Nul voyeurisme, nul sensationnalisme, ici. Mais la seule volonté de capter une part de la réalité du moment. Cette photo, celle de l'enfant, témoigne très exactement de qui se passe. Une partie du Proche-Orient s'effondre à nos portes. Des Etats qui étaient des piliers de la région se décomposent – la Syrie et l'Irak, notamment. Les pays voisins immédiats croulent sous une masse de réfugiés qui représentent souvent près du quart de leur population – en Jordanie et au Liban. Ces Etats-là, si l'on n'y prend garde, vont commencer à vaciller à leur tour. Par dizaines de milliers, chaque mois, chaque semaine, Syriens, Irakiens, mais aussi Afghans et autres, fuient. Nos querelles juridiques sur l'exacte nature de ces migrants ont quelque chose d'ubuesque. Aux termes de conventions datant de l'immédiat après-guerre, il y aurait les migrants économiques et les migrants politiques : les premiers fuient la misère, les autres les persécutions politiques et la guerre. Ils n'ont pas les mêmes droits.

Mais l'enfant, lui, l'enfant de la plage, le petit Aylan, où faut-il le ranger ? La vérité est que ce ne sont plus seulement des hommes jeunes en quête d'emploi et d'un avenir meilleur qui forment le flux migratoire de l'heure ; ce sont des familles entières, femmes et enfants compris, qui fuient et la misère et les combats. Il faudra encore des années avant que le mélange de guerres civiles, religieuses et régionales nourrissant le chaos proche-oriental ne s'apaise. L'exode ne fait que commencer, il ne s'arrêtera pas de sitôt. Et l'Union européenne est sa destination naturelle. Peut-être faudra-t-il cette photo pour que l'Europe ouvre les yeux. Et comprenne un peu ce qui arrive. Pas d'angélisme : on ne fait pas de bonne politique sur de l'émotion. Pas de leçon de morale : nos Etats-providence, encore malmenés par la crise de 2008, lourdement endettés, faisant souvent face à un chômage massif, en proie, pour certains, à un malaise identitaire sérieux, sont désemparés face à l'afflux des migrants. Nos démocraties sont naturellement perméables aux mouvances protestataires les plus démagogiques – championnes du "  y a qu'à  " et autres solutions toutes faites. Tout cela est vrai, comme il est exact que l'accueil de populations étrangères pose effectivement nombre de difficultés, qu'il est irresponsable de nier. Mais, enfin, l'Europe est déjà passée par là. La seule France a su, dans les années 1920, alors qu'elle comptait 37  millions d'habitants, recevoir quelque 140  000 Arméniens. On trouvera d'autres exemples.

Tellement décriée, ici et là, notre Union européenne nous a tout de même appris à gérer ensemble des politiques complexes et difficiles. Nos Etats-providence savent faire face à des situations d'urgence. Nos sociétés civiles sont tissées de liens associatifs qui ont fait leurs preuves, dès lors que l'opinion était convaincue de la justesse de telle ou telle cause.

Il ne faut pas se tromper. Dans quelques années, les historiens jugeront les Européens sur la façon dont ils ont accueilli ceux qui fuyaient la mort sous les bombes, l'esclavage sexuel, les persécutions religieuses, les barils de TNT sur leurs quartiers, l'épuration ethnique. Dans les livres d'histoire, le chapitre consacré à ce moment-là s'ouvrira sur une photo : celle du corps d'un petit Syrien, Aylan Kurdi, noyé, rejeté par la mer, un sinistre matin de septembre 2015. Jérôme Fenoglio » 

 

Editorial du dimanche 6 septembre : Syrie, l’urgence de la diplomatie :

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150906/html/1214251.html

 

Editorial du jeudi 10 septembre : Angela Merkel, la fierté de l’Europe.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150910/html/1214591.html

 

Editorial du vendredi 11 septembre : Brésil, une crise salutaire ?

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150911/html/1214776.html

 

Editorial du samedi 12 septembre : Climat : Regarder la réalité en Face.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150912/html/1214989.html

 

Editorial du vendredi 18 septembre: Syrie, le drôle de jeu de Poutine.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150918/html/1215506.html

 

Editorial du samedi 19 septembre: Burkina faso : le mauvais coup des prétoriens.

«C’est un coup d'Etat brutal destiné à remettre en selle l'ancien pouvoir qui a eu lieu, jeudi 17  septembre, au Burkina Faso, pays qui joue un rôle-clé dans l'équilibre général de l'Afrique de l'Ouest. Il a été unanimement condamné par l'ONU, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, les Etats-Unis, l'Union européenne et la France. Lesquels ne devraient pas s'en tenir à une condamnation de pure forme.

Passé quelques heures de flottement, il apparaît que ce sont bien des proches de l'ex-président en exil, Blaise Compaoré, qui ont renversé les autorités de transition. Celles-ci sont arrivées au pouvoir il y a un an. Elles étaient alors portées par un mouvement de protestation populaire contre le souhait de Blaise Compaoré, à l'époque, de changer la Constitution pour se maintenir en place. M. Compaoré était aux commandes depuis vingt-sept ans. Ses partisans aimeraient bien les reprendre. Sans doute les autorités de transition étaient-elles, en partie, engagées dans une forme de dérive. Les dispositions qu'elles avaient prises pour écarter toutes les personnes liées de près ou de loin à l'ex-pouvoir de Blaise Compaoré sont injustifiables. Le Burkina n'était pas dans un état de dictature lorsqu'il était dirigé par Blaise Compaoré : ceux qui ont occupé des fonctions avant les manifestations d'octobre  2014 ne peuvent être " criminalisés " politiquement. Mais les autorités de transition ne peuvent non plus être qualifiées de dictatoriales. Leur comportement ne justifie aucunement que l'on fasse exception à l'indispensable tolérance zéro vis-à-vis de toute prise du pouvoir par des militaires. Tout spécialement lorsque ces derniers constituent la garde rapprochée d'un ex-président désormais en exil. L'Afrique ne doit pas continuer à vivre ainsi au gré des humeurs de quelques prétoriens. Ce qui se joue au Burkina Faso, pays de plus de 18  millions d'habitants, aura des répercussions sur l'ensemble du continent. Sa stabilité est décisive pour son développement, d'abord, mais pas seulement. Frontalier d'une demi-douzaine de pays de l'Afrique de l'Ouest, le Burkina occupe une place importante dans le dispositif mis en place par la France, et nombre de pays africains pour lutter contre le djihadisme, ou l'islamo-gangstérisme, dans l'ensemble de la région sahélienne.

M. Compaoré a donné un bien mauvais exemple. A sa suite, plusieurs pays (Congo-Brazzaville, Rwanda, République démocratique du Congo, notamment) ont été le théâtre d'une dérive politique autoritariste. Leurs présidents ont concocté des projets de réforme constitutionnelle destinés à leur permettre de rester au pouvoir au-delà des limites (généralement deux mandats) fixées par les textes fondamentaux.

Au Burundi, cette question a plongé le pays dans une crise d'une gravité extrême. Au Burkina Faso, la réaction populaire a stoppé ce projet et provoqué le départ du président Compaoré. Quelle sera, un an plus tard, la leçon de Ouagadougou si des militaires peuvent effacer en une nuit les avancées de cet élan démocratique, porté par la jeunesse, dont on sait le rôle-clé qu'elle doit jouer dans une Afrique en pleine transformation ? On connaît la réponse. Une nouvelle vague de désespoir chez les jeunes. Et les plus entreprenants d'entre eux, au péril de leur vie, prendront, par le Sahara puis la Méditerranée, le chemin de l'Europe – plutôt que de contribuer chez eux à la construction nationale. »

 

Editorial du mardi 22 septembre : Le pari réussi d’Alexis Tsypras.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150922/html/1215921.html

 

Editorial du jeudi 24 septembre : L’étrange Europe de Viktor Orban.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150924/html/1216163.html

 

Editorial du vendredi 25 septembre : Migrants, l’Europe a fini par bouger.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150925/html/1216309.html

 

Editorial samedi 26 septembre : La pathologie de nos ‘’amis’’ saoudiens. .

« Une fois de plus, le hadj, le grand pèlerinage des musulmans à La Mecque, premier lieu saint de l'islam, a été endeuillé. Jeudi 24  septembre, c'est une bousculade gigantesque en un endroit où près de deux millions de personnes étaient réunies, en rangs serrés, qui a provoqué le drame  : au moins 717 morts et 863 blessés. Au moment où Riyad s'apprête à mettre à mort un jeune opposant politique, Ali Al-Nimr, cette double actualité pointe toutes les contradictions d'un des grands alliés des Occidentaux, et particulièrement de la France, dans le monde arabe – le royaume d'Arabie saoudite. Gardien des lieux saints de l'islam, La  Mecque et Médine, le pays accueille chaque année des millions de musulmans venus de tous les continents. Le hadj est un moment de pureté, une rencontre aux sources de la troisième religion révélée, instant de joie simple et collective. Facilités de transport aidant, les fidèles sont de plus en plus nombreux à faire le pèlerinage : derrière les communautés évangéliques chrétiennes, l'islam est la religion qui progresse le plus dans le monde. Las, à occurrences répétées, le hadj est le théâtre de drames dus aux failles de l'organisation. Le 11  septembre, c'est une grue s'effondrant sur la grande mosquée de La  Mecque qui tue plus de cent personnes et en blesse des dizaines d'autres. Ce jeudi  24, dans la vallée de Mina, où se déroule le rituel de la lapidation de Satan, la bousculade se produit quand des centaines de milliers de fidèles rencontrent une marée humaine allant en sens inverse. Cet accident terrible vient s'ajouter à une longue liste de tragédies du même genre dont la fréquence paraît s'accélérer ces dernières années.

Or, c'est au nom de son titre de gardienne des lieux saints de l'islam – et de son aptitude à être l'hôte du hadj – que la monarchie saoudienne pratique, impose à ses ressortissants et exporte une des versions les plus régressives de l'islam sunnite – la branche majoritaire du troisième grand monothéisme. On connaît la violence barbare de ce wahhabisme, par ailleurs matrice idéologique du djihadisme qui gangrène et ensanglante une partie du monde  : tortures, flagellations, amputations des membres et exécutions publiques par décapitation et crucifixion. Arguant de sa mission religieuse, le régime écrase la moindre velléité de liberté religieuse. Il étouffe toute dissidence politique. Il anéantit toute esquisse de critique de ce wahhabisme/salafisme qui défigure l'islam. Il opprime la minorité chiite de l'est du pays, la région pétrolière – où, il est vrai, l'Iran révolutionnaire chiite ne manque pas, de temps à autre, d'attiser la subversion au pied des derricks. Parent d'une des figures de la contestation chiite, le jeune Ali Al-Nimr s'est fait prendre dans une manifestation quand il avait 17  ans, en  2012. Il vient d'être condamné pour possession d'une mitrailleuse, attaque des forces de sécurité et vol à main armée. L'appel ayant été rejeté en septembre, il doit être incessamment décapité ou crucifié (certaines versions disent : décapité puis crucifié jusqu'à putréfaction du corps) sur la voie publique.

A Genève, cette même semaine, le royaume – investisseur accueilli à bras ouverts à Londres, Paris, New York et ailleurs – vient de prendre la présidence d'une commission du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Quand les mots n'ont plus aucun sens, on ajoute encore un peu à la barbarie. »

 

Editorial du samedi 27 septembre : Le pape François, premier progressiste.

« Deux ans et demi après son élection, le pape François apparaît comme le premier progressiste de la planète. Dès le début de son pontificat, Jorge Bergoglio a affiché sa volonté de "servir" les plus pauvres, les plus faibles, les migrants et de se mettre à l'écoute de l'autre, même s'il est différent. Le jésuite argentin n'a cessé de fustiger, avec plus de force que ses prédécesseurs, "une vision économique de la société fondée sur le profit égoïste, en dehors des règles de la justice sociale ". Dans son encyclique Laudato si ! ("Loué sois-tu !"), publiée en juin, il a prôné une révolution écologique, invitant à rejeter "l'économie du déchet".

Avec de tels discours, qui rappellent les paroles fortes d'un Gandhi, d'un Martin Luther King ou d'un Nelson Mandela, le pape a imposé sa voix dans le concert des nations. Comme ces immenses figures du XXe  siècle, le pape se veut acteur, par la force de ses paroles. Comme eux, il veut changer le monde. Il l'a redit vendredi, dans son discours à la tribune des Nations unies : il a demandé aux représentants des 193 Etats de la planète de ne pas se contenter des "déclarations à effet tranquillisant sur les consciences". Soyez "efficaces", a exhorté François.Pour ceux qui douteraient encore de son progressisme, le souverain pontife en a donné de nouveaux signes lors de son voyage à Cuba puis aux Etats-Unis, après avoir joué un rôle déterminant dans le rapprochement entre ces deux pays. A Cuba, s'il n'a pas été jusqu'à rencontrer des dissidents, il a critiqué, devant Raul Castro, le régime communiste.

Premier pape à s'exprimer devant le Congrès américain, il a invité les Etats-Unis à être fidèles au rêve de leurs pères fondateurs et a abordé, d'une voix douce et ferme, les sujets qui fâchent : le climat et la politique étrangère, dénonçant entre les lignes les guerres menées par les Etats-Unis, comme en Irak. "Imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers, a-t-il lancé, est la meilleure façon de prendre leur place. C'est quelque chose qu'en tant que peuple vous rejetez." Il a prononcé un vibrant plaidoyer pour l'abolition totale de la peine de mort : "Chaque vie est sacrée, chaque personne humaine est dotée d'une dignité inaliénable, et la société ne peut que bénéficier de la réhabilitation de ceux qui sont reconnus coupables de crimes."

A la tribune des Nations unies, le pape a poursuivi son combat en faveur des plus pauvres, en dénonçant " l'asphyxie " que les institutions financières internationales font subir aux pays pauvres à travers les politiques d'austérité. Tout en créditant l'ONU d'" importants succès " en faveur du droit international, il a invité le FMI et la Banque mondiale à prendre soin du " développement durable des pays " au lieu de soumettre " les populations à des mécanismes de plus grande pauvreté, d'exclusion et de dépendance ". Le pape veut aussi inscrire son Eglise dans la modernité de son siècle. Il se montre intransigeant dans les affaires de pédophilie qui ont sali l'Eglise. Il secoue la curie romaine en pointant ses "quinze maladies". L'Eglise ne change pas de doctrine, elle reste opposée à l'avortement, au mariage homosexuel, mais en octobre, lors du synode sur la famille, le pape tentera d'imprimer une approche plus ouverte, sur les divorcés remariés ou les homosexuels. Comme sur d'autres sujets, il risque de se heurter à de solides résistances. Ce qui ne l'empêchera pas de poursuivre son combat. »

 

Editorial du mardi 29 septembre : En catalogue, l’urgence d’une négociation.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150929/html/1216730.html

 

Editorial du mercredi 30 septembre : Obama-Poutine, les principes et la diplomatie.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20150930/html/1216838.html

 

( A suivre) 

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FRanfan 13/10/2015 11:02

Toujours aussi véhément et précis dans tes commentaires. Tu n'as pas changé d'un iota. Il faut continuer, mon ami.