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L'éducation du neveu de Didi

23 Novembre 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Didi

C'est avec beaucoup de retard que je me lance dans cette histoire dont je ne suis pas trop fier, encore que .... Car bien évidemment ce neveu de Didi c'est moi, et puis ce parcours cahoteux que je vais raconter très franchement je n'en suis pas le seul responsable...... Didi non plus d'ailleurs ; il est simplement sur ce blog le repère de mes histoires familiales de ma branche paternelle... Et puis quel beau titre que m'a soufflé Did..... Diderot.
Puisque j'évoque la franchise je dois avouer que cet article je ne l'entame que le 15 juin 2020 juste avec l'annonce du dé-confinement plus de 4,5 mois de retard... Eh oui ! Je ne tiens pas à être trop lu.... J'ai un peu honte de mettre mon père en accusation, le pauvre qui est mort depuis 58 ans.
Je rame, je rame, mais allons y... Mes plus souvenirs scolaires les plus loin remontent à la maternelle à Champigny-sur-Marne où mes parents habitaient boulevard (qui est devenu depuis) du Général de Gaulle. Je n'étais pas un enfant très courageux comme en témoigne la photo jointe. Ma maîtresse de maternelle s'appelait mademoiselle Perdu. Mes parents et ma grand-mère maternelle, la tutoyaient, certainement des liens de voisinage où de culte. Elle était très gentille et pendant les récréations je lui donnais souvent la main protectrice ce qui ne m'a pas empêché, lors d'une bousculade de tomber et de me casser le bras. Enfant peu courageux, plutôt chétif et fragile : un gosse mal nourri de l'après guerre ! J'ai conservé mademoiselle Perdu comme institutrice lors de la première classe de l'école primaire; peut-être aussi la deuxième mais je n'en suis pas sûr. 
J'ai connu à 7 ou 8 ans ma première contrariété scolaire. Mes parents quittaient l'appartement de Champigny, qu'ils laissaient d'ailleurs à mon oncle Didi et ma tante Josy, jeunes mariés, après un temps de cohabitation, pour cause de construction d'une maison à Noisy-le-Grand. Durant quelques mois j'ai fini l'année scolaire en me partageant entre grand-parents paternels et grands-parents maternels dont les maisons n'étaient guère éloignées de quelques centaines de mètres en bord de Marne. Je préférais être hébergé chez Ernest et Marie où je retrouvai ma cousine Jacqueline qui était dans une situation semblable et comme nous avions le même âge et que nous étions à la même école nous faisions le trajet ensemble. Il n' y a que le jeudi que je devais aller chez mes grands-parents paternels Marcel et Geneviève pour être sûr d'aller au catéchisme le jeudi après midi. Geneviève surtout car c'est elle qui m'y conduisait. Idem pour le dimanche pour la messe quand mes parents revenaient à Champigny, en bus ou vélo.
L'année scolaire suivante et les suivantes je fus élève en primaire à l'école de Noisy-Le Grand proche de la Mairie. Nous habitions au delà de la Pointe de Gournay.
Pendant ces trois années, je fus l'un des meilleurs élèves de ma classe. Souvent très bien classé à la fin d cours moyen en juin 1957 j'étais l'un des rares élèves admis à renter en sixième au lycée de Nogent sans être contraint à passer l'examen d'entrée.
Et c'est là que ça a commencé à mal tourner !
Quelques jours avant d'entrer au lycée de Nogent qui faisait toutes les classes de la sixième à la terminale, mon père m'a accompagné pour une visite préalable. J'ai appris à prendre l'autobus (nous n'avions pas de voiture à l'époque)  jusqu'au pont de Mulhouse. A repérer le bon autobus et puis il m'a accompagné jusqu'au lycée où nous sommes entrés et puis avons rencontré des personnes de l'administration auxquels il a expliqué qu’il ne pourrait pas m'accompagner le jour de la rentrée parce qu'il allait partir pour Grenoble où il avait trouvé un travail prometteur. Je n'avais appris cette nouvelle que quelques jours plus tôt et je flippai. Ce jour là à Nogent nous avons fait les achats de matériel scolaire y compris les livres.
J'ai fait ma rentrée comme un grand.... angoissé...., et puis j'ai eu la surprise de me trouver dans la même classe que mon cousin Michel (en fait c'était le cousin de ma mère mais comme on avait le même âge ça m'allait.). J'ai un peu patiné durant les premières semaines surtout en anglais et en latin.... Et puis lors d'un week-end où mon père est rentré à la maison il nous annonça qu'on allait déménager entre Noël et jour de l'an. Au moins je n'aurai plus peur de me tromper d'autobus mais je perdrai mon cher cousin.
C'est dans un train de nuit que, le 31 décembre nous avons fait le voyage (je me souviens des vœux avec des inconnus à minuit.) Au petit matin nous arrivions à Grenoble et nous avons passé nos premières journées grenobloises dans un hôtel à côté de la gare. Nous y sommes restés trois ou quatre jours le temps que les meubles arrivent. Nous allions habiter quelques mois près de la place Verdun dans un grand logement où nous avions très froid. Quelques jours plus tard j'allais rentrer dans un nouvel établissement scolaire mais ce n'était plus un lycée mais un collège: plus de latin (Ouf !) mais de l'atelier (berk !), sans doute un choix volontaire de mon père... En classe de sixième on ne travaillait que sur le bois. Ce collège se situait rue Lesdiguières ; de l'autre côté de la rue il y avait le lycée Champollion qui me semblait plus sympathique.
Nous ne sommes pas restés longtemps dans l'appartement froid, juste le temps de l'hiver. Au printemps nous déménagions à nouveau pour un logement à quelques pas de mon collège, au croisement entre la rue Lesdiguières et le boulevard Gambetta. J'ai fait ma 1ère communion en mai et mes deux grands-pères étaient venus en train de Paris. Je ne savais pas que c'était la dernière fois que je voyais Marcel le père mon père.
Dans le fond je n'ai pas été trop perturbé par ces bouleversements de cette année là (1958), je restais un assez bon élève... Et puis la région était sympa: mon père avait enfin pu acheter une voiture, une Peugeot 203.... Et on a parcouru la région le dimanche. En août Je suis parti en colonie de vacances à l'île de Ré, En septembre retour au collège où je rentrai en cinquième sans soucis avec toutefois un court retour vers Nogent pour les obsèques de mon grand-père Marcel.
A la fin de l'année mon père nous annonça que nous allions encore déménager. La société Péchiney le mutait à Tarascon sur Ariège. Bye-bye les Alpes et direction les Pyrénées Rebelote, nous changions de région entre Noel et jour de l'an. Le voyage se fit cette fois-ci en voiture ce qui nous permettait de faire une halte à Montpellier chez la sœur de ma mère. 
Mon père n'avait pas pu m'inscrire dans mon nouvel établissement scolaire. Le jour de la rentrée nous allions tous les deux au Lycée de Foix pour mon inscription et ma rentrée en demi-pension. J'allais devoir prendre un car le matin vers 7 h. et rentrer le soir vers 18 h. C'est là que j'ai commencé à perdre pied. C'était la première que je me trouvais en classe étaient mixte garçon-filles. Les garçons étaient plutôt brutaux (fils d'agriculteurs et fan de rugby) mais ce sont les filles qui me déstabilisaient le plus en particulier celles que je retrouvais dans le car tous les matins et soirs (une vingtaine de kilomètres)... Fatigué je ne travaillais pas beaucoup le soir, même si la télévision n'était pas encore arrivée en Ariège, et pas beaucoup le week-end qui comme à Grenoble était consacré à se balader pour découvrir la région jusqu'à l'Andorre ne serai-ce que pour faire le plein d'essence. Il y eut même les jeudis dans la neige au Saquet ; mon père m'avait inscrit pour aller comme les enfants de cadres de Péchiney pour aller au ski : l'horreur ! Car mes parents n'avaient pas les moyens de m'acheter une tenue adaptée...... Enfin bref j'ai pataugé ma fin de cinquième et je devais redoubler.
Je redoublais donc la cinquième et qui plus est en pensionnat... et finalement ça s'est plutôt bien passé. Je reprenais confiance en mois y compris en castagne le soir en pension et c'est comme ça que je me suis fait des copains malgré mon soi-disant accent de parigot. Mes nouveaux potes m'ont intégré y compris pour le rugby de récréation. Forcément mes notes furent meilleures. A Tarascon dans la cité du Roch nous avions une jolie maison après avoir habité la première année un logement plus sommaire mais avec des voisins réfugiés espagnols très sympathiques. 
A la fin de l'année scolaire mon frère et mois nous allions en juillet à l'île de Ré puis ensuite nous passions deux ou trois semaines dans camping à Andernos avec La famille Cano, les amis espagnols et leur fille la gentille Lydie.
En septembre 1960 je rentrai en quatrième toujours en pensionnat. Je continuais à bien travailler, mes notes étaient correctes. La seule grande différence c'est que rugby se faisait maintenant aussi pendant les heures de sport et plus seulement pendant les récréations (Notre prof de gymnastique jouait dans l'équipe de Foix.). En avril mon père fut malade de la jaunisse ; quand je rentrais à la maison je le trouvais très fatigué. Il fut hospitalisé à Toulouse et quand il est revenu il allait beaucoup mieux. L'été 1961 fut conforme aux précédents : Ile de Ré, puis Andernos avec même une semaine de plus en Charente dans la famille de ma mère. Il fallait tester la nouvelle voiture une Ariane..... Mon père est rentré à la maison très fatigué.
En septembre 1961 je rentrais en troisième et mon frère Serge m'accompagnait au lycée de Foix. Sur un week-end nous sommes allés en famille (Avec un oncle et une tante de mon père venus de Paris) à Lourdes, un voyage très fatigant, dont mon père très pieu attendait peut-être un miracle ; mais j'étais alors trop jeune pour le comprendre. J'étais à nouveau perturbé et ai lycée je faisais le con récupérant presque chaque semaine des heures de colles ce qui me faisait rester en pension le week-end ce qui avait deux avantages : je ne voyais pas mon père être de plus en plus malade et le dimanche après midi les collés pouvaient aller au stade voir un match de 1ère division quand le stade fuxéen recevait.   

 

Billet à poursuivre... doucement mais sûrement maintenant que j'ai démarré. 

 

 

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