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Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae

13 Novembre 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Les moments de la vie

Pour la première fois cette année nous n’avons pas pu faire, fin août, notre traditionnelle tournée des ‘’potes et des popotes’’. Le voyage américain programmé début septembre en fut la raison principale mais il faut bien reconnaître que ça devenait aussi une nécessité dans la mesure où les amis et la famille que nous avions plaisir à retrouver chaque fin d’été sur ce circuit méridional sont, comme nous, des grands-parents et qu’en cette période ils ne sont pas toujours très disponibles.

A la Pentecôte nous avions pris les devants en rendant visite aux montagnards et assimilés entre Corrèze, Cantal, Aveyron et Gard. Il nous restait à aller voir les sudistes, ceux installés entre Toulouse et Nice. Une expédition que nous avons fixée pour les deux premières semaines de novembre, des semaines post-vacances scolaires.

Et puis il y avait une nouvelle voiture à faire rouler, un Renault Captur à roder même si le terme n’est plus techniquement exact ; je devrais d’ailleurs dire roder les conducteurs. Après une quinzaine d’années de Scénic, il était temps de changer et j’ai eu un coup de cœur pour ce cross-over qui me paraissait parfaitement adapté à nos envies d’évasion et de nature ; Seul le nom me paraissait un peu bizarre ; moi, je l’aurai plutôt appelé ‘’Evatur’’. Cela faisait quinze jours que nous avions cette jolie voiture et elle n’avait que 120 km au compteur quand nous avons pris la route, direction Toulouse, pour retrouver nos chers amis Clo et Jp. Une soirée agréable de discussions variées et toujours enrichissantes entre vieux amis qui se connaissent depuis 1983 : c’était à Yaoundé. Leur fille ainée était présente et le lendemain nous irions, en Ariège, voir la cadette. L’occasion de visiter en chemin Mirepoix où je n’étais pas retourné depuis, depuis ….. Si je me souviens bien c’était pour un match de rugby en scolaire quand j’étais pensionnaire au lycée de Foix, probablement au printemps 1961. Une ‘’paille’’ pour reprendre une expression, qui était utilisée alors dans cette région. J’ai beaucoup aimé conduire ‘’Evatur’’ (alias Captur) sur les petites routes ariègeoises, mon pote JP ex-broussard semblait apprécier. En revenant sur Toulouse nous sommes arrêtés à Muret pour embrasser notre nièce Nana. Nous lui avions laissé un message dans l’après midi et nous attendions la réponse qui est arrivée juste à temps, juste avant que je ne dépasse la sortie de Muret. ‘’Evatur’’ est une voiture intelligente qui sait lever le pied quand il faut être patient. Comme il était tard nous ne nous sommes pas attardés chez notre nièce qui était très heureuse de nous faire découvrir sa nouvelle demeure. 

Une seconde soirée sympathique chez nos amis et le lendemain nous prenions la route direction l’Hérault, dans la communauté d’agglomération du Bassin de Thau où nous retrouvions pour une courte pause, un après-midi, une nuit, nos amis Jef et Nicky. Jef est mon plus ancien ami puisque nous étions ensemble en classe en année solaire 1962/63 à Montpellier où adolescent je vivais après le décès de mon père. Dans l’après-midi nous avons fait une balade de bord de mer, de Palavas à La Grande Motte. Le soir, comme presque à chaque fois que nous venons, il y avait des convives que nous ne connaissions pas encore ; des gens de ce village si accueillant. Ils se nommaient France et Berny et surprise ce dernier était un nordiste qui avait fini par se rendre à une sudiste. Comme à chaque fois, le choix de nos amis était excellent car le courant est passé immédiatement : nous avions manifestement les même valeurs ‘’philosophiques’’.

Le lendemain nous reprenions la route pour rejoindre Nice et c’est vers 16 h que nous sommes arrivés chez mon frère. Le soir nous avons été rejoint par mon neveu Giffy, grand spécialiste de mécanique auto qui voulait savoir ce que nous avions acheté comme voiture : un ‘’ Evatur ‘’ ! « C’est quoi ce truc ? ». Quand nous sommes descendus au garage et qu’il vit le ‘’Captur ‘’ il nous a dit « Elle a vraiment une belle gueule » et puis avoir ouvert le capot, fait tourner le moteur, caresser la carrosserie, il a ajouté « C’est un bon choix pour vous deux, même si moi, habituellement je suis plus Citroën que Renault ». Inutile de dire que, fier comme Artaban (de contrôle) je bichais. C’était une journée faste pour le niortais que je suis après le Prix Goncourt pour Mathias Enard et la victoire du trimaran Macif de la Transat Jacques Vabre avec aux commandes François Gabart et Pascal Bidégory. (Là j’en fais peut-être un peu trop car dans le fond je n’en ai rien à foutre…..)

Le lendemain nous allions faire un petit tour vers Beausoleil et Monaco. Pour l’après midi nous avions rancard avec un très grand ami, mon très cher Félix ; Lui aussi un pote depuis la fin années 60, un pote et ami du rugby, d’abord d’une équipe de juniors puis les seniors : Que de souvenirs ! A lui je n’ai pu présenter ‘’Evatur’’ puisqu’il est cloué dans une chambre d’hôpital, en traitement contre une de ces maladies dont on tait le nom. Je ne l’avais pas vu depuis avril et je dois avouer que je l’ai trouvé plutôt en bonne forme. Les médecins aussi, puisqu’il avait eu confirmation d’être en rémission complète et qu’il allait sortir sous dix jours et pouvoir bientôt rejoindre sa Corse natale (ça sera fait lorsque je publierai ce billet.). Pendant plus de deux heures nous avons parlé de tout, et bien sûr de sa guérison, de rugby après le désastre du XV de France à la Coupe du Monde, et des copains qui l’appellent régulièrement. Il nous attend sur son île au prochain printemps avec bien sûr mon frère qui ces derniers mois fut pour lui un vrai père (je crois qu’il a dit une vraie mère, c’est dire !).

Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae SextiaeMoments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae

Le lendemain une journée en famille avec Dolly, ma belle-sœur qui, le midi, m’interrogea à brûle pourpoint sur l’importance des grands travaux que j’avais fait en Afrique. J’étais assez content mais étonné de cet intérêt soudain pour cette période de ma vie professionnelle que j’aurai déjà pu évoquer il y a bien longtemps puisque cela s’est passé entre 1973 et 1986. Enfin mieux vaut tard que jamais ; je lui ai d’ailleurs rétorqué que j’avais déjà traité le sujet à maintes reprises sur mon blog. Trop heureux d’en parler je me lançais tout en constatant qu’elle m’enregistrait ; tiens donc ! J’ai poursuivi mon propos où j’ai expliqué avoir connu des cas très différents d’un pays à l’autre, comme d’avoir participé à la construction d’un magnifique barrage au Maroc, qui a permis de transformer une zone désertique en une zone agricole mais d’avoir aussi contribué au Zaïre à bâtir un ensemble hydraulique démesuré ne correspondant en rien aux besoins de la population. C’est ce qu’on appelle un éléphant blanc. Ce site de barrages (2 barrages), exemple emblématique, a lourdement contribué au creusement de la dette du pays qui s’appelle aujourd’hui le Congo RDC. Ce laïus terminé j’ai demandé à Dolly pourquoi m’avait-elle enregistré. « J’eusse aimé - me répondit-elle- que tu puisses arriver deux jours plus tôt, tu aurais pu m’accompagner à une réunion d’un groupe de chrétiens qui réfléchissaient sur la pertinence des aides et de la coopération avec les pays du tiers monde. Réflexions dirigées par une théologienne de plus de 90 ans ». Je lui avouais que même si on était arrivé plus tôt je ne l’aurais sûrement pas accompagné dans un tel cadre extérieur ; mais je l’autorisais à faire écouter mon enregistrement à toutes les grenouilles de bénitier qu’elle fréquentait : ça ne pouvait pas leur faire de mal.

Le lendemain nous quittions Nice pour une étape de repos à Apt, petite ville du Vaucluse sur le versant nord du massif du Lubéron. Nous avons profité de ce bel après-midi ensoleillé pour aller visiter Roussillon de Provence. 

 

Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
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Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
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Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae
Moments ordonnés et imprévus…. Fatum sur la route d’Aquae Sextiae

« Roussillon est célèbre pour la richesse de ses ocres. De grandes carrières ont été exploitées depuis la fin du XVIIIe siècle et ont employé mille personnes jusqu'en 1930 mais, aujourd'hui, afin de ralentir les dégradations du site, il est même interdit d'en ramasser sous peine d'amende. L’ocre est une roche ferrique composée d'argile pure (kaolinite) colorée par un pigment d'origine minérale, un hydroxyde de fer. Cette argile colorée est amalgamée aux grains de sable quartzique et les ocres se trouvent dans le sol sous forme de sables ocreux composés à plus de 80 % de quartz. Le village arbore des maisons simples aux façades harmonieuses et ensorceleuses, que les visiteurs admirent à travers les ruelles colorées. L'ocre est partout, dans les paysages, sur les façades des maisons, en trompe l'œil au détour d'une rue, mais aussi dans le cœur des hommes que cette aventure industrielle a fait vivre jusqu'au 20ème siècle. L'ocre se retrouve au cœur de la thématique du parcours de l'art qui vous permettra de partir à la découverte de Roussillon qui est classé parmi les plus beaux villages de France et fait partie du périmètre Parc naturel régional du Lubéron. »

Lundi nous reprenions notre route pour la seconde semaine de vacances avec un arrêt en fin de matinée dans un domaine vinicole de Provence où travaille Sonny une autre nièce, puis nous pensions nous arrêter à Martigues chez mon cousin Mick puis  nous arrêter mardi une nouvelle fois chez Jef et Nicky, avant de passer voir, en fin de semaine, d’autres amis sur Toulouse, peut-être ensuite un passage par Villefranche-de-Rouergue et avant un éventuel détour par Aurillac pour aller embrasser ma sœur et sa famille……Un beau circuit tout terrain pour notre ‘’Captur’’. Mais ce programme est tombé à l’eau sur la route des vins de Provence car nous avons eu une mauvaise surprise dans une petite ville située à proximité d’Aix Provence où nous nous étions arrêtés pour déjeuner en compagnie de notre nièce. Nous avions garé la voiture sur le parking municipal qui se trouvait à côté du restaurant. J’ai fait deux erreurs, d’abord de garer la voiture à l’ombre d’un arbre dans un coin du parking non visible de la terrasse du resto et surtout de laisser la voiture se fermer en ‘’main libre’’ et c’est là que nous avons fait connaissance avec le système de brouillage de fermeture utilisés par les voleurs de la région. Quand nous sommes revenus à notre véhicule nous avions une autre définition du mot ‘’capture’’. Dans le coffre nous n’avions plus la valise et plus de micro-ordinateur, d'appareil photo, de tablette…. etc… nous étions à poil ! Fatum cette région gallo-romaine !

Nos vacances se terminaient une semaine plus tôt. Nous sommes allés à la Gendarmerie pour faire la déclaration de vol et c’est là que nous avons entendu parler des brouilleurs de fermeture une spécialité marseillaise qui va se répandre très vite dans tout le pays. Comme nous ne connaissions pas les numéros de série de nos appareils les gendarmes nous ont conseillé de retourner chez nous et faire la déclaration de vol au commissariat de Niort avec tous les éléments. Les voleurs sont difficiles à appréhender mais les objets sont parfois retrouvés. De toute façon nous n’avions plus rien à nous mettre aussi avons-nous pris le chemin du retour.

En route nous avons appelés les amis chez qui nous devions descendre les jours suivants pour les prévenir que rentrions. Ensuite ce fut des appels téléphoniques à différents organismes pour changer des codes informatiques qui pourraient se trouver sur le micro si les voleurs arrivaient à l’ouvrir.

Comme nous pensions arriver sur Toulouse vers 20 h nous avons demandé asile à nos amis Jp et Clo pour portion de nuit. Je voulais passer Bordeaux avant 6 h 30 aussi fallait-il partir au plus tard à 4 h…. Comme je n’ai guère pu dormir plus de trois heures nous somme même partis un peu plus tôt. A 8 h nous étions chez nous : le temps de faire un peu de toilettes, de chercher les factures et autres documents des appareils et nous étions en fin de matinée pour faire notre déposition.

Rien à attendre de notre chère assurance car il n’y avait pas eu d’effraction. Fatum !  

 

( A suivre)

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