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Presse aidant ...... Ansi allait le Monde en Octobre 2015.

1 Novembre 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Ma traditionnelle revue mensuelle des éditoriaux traitant de géopolitique du journal ‘’Le Monde’’. Comme dans la précédente revue j’ai choisi quatre articles que je reporte ci-après, délaissant nécessairement de par la restriction des choix certains billets très intéressants dont je fournis toutefois un lien permettant de les trouver.

 

Editorial du mardi 6 octobre : Palestine, vers une nouvelle intifada ?.

« Il y a quelques jours, dans le nord de la Cisjordanie occupée, près de Naplouse, un jeune Palestinien, sourd de naissance, est tué par l'armée israélienne, sa voiture criblée de balles. Une erreur. Sans doute n'avait-il pas entendu les avertissements des soldats. A la fin de la semaine dernière, sur la même route, au même endroit, des Palestiniens ouvrent le feu sur une voiture. Elle transporte une famille de colons israéliens. Les parents sont tués devant leurs quatre enfants. Samedi 3 octobre, dans la Vieille Ville de Jérusalem, deux Israéliens sont assassinés à coups de couteau par un Palestinien.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a promis une "  offensive très dure contre le terrorisme palestinien  ". L'armée multiplie patrouilles et incursions dans les villes arabes de Cisjordanie. La Vieille Ville de Jérusalem a été bouclée.

Depuis plusieurs mois, elle est le théâtre de provocations réciproques entre extrémistes juifs et jeunes Palestiniens. Elles tournent autour d'un espace politiquement et religieusement explosif : l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, qui domine le mur des Lamentations, un des sites les plus sacrés du judaïsme.

On connaît ces enchaînements de violence entre Israéliens et Palestiniens. On sait à quoi ils mènent : à toujours plus de violence. L'histoire se répète – mêmes causes, mêmes effets. C'est un film tragique éternellement rejoué. "  Une troisième intifada est en cours  ", écrivait, ce lundi, l'éditorial du quotidien Haaretz (gauche). On sait exactement dans quelles circonstances ces bouffées de violence surviennent : dans le vide politique que laisse l'absence totale de négociations entre les deux parties.

Usé, largement discrédité chez les Palestiniens de Cisjordanie, le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n'exerce pas le moindre contrôle sur les auteurs de ces attentats – pas plus qu'il ne les condamne, d'ailleurs.

M. Abbas a choisi la voie du dialogue pour aller vers la solution dite des deux Etats : un Etat palestinien aux côtés d'Israël. Mais les Israéliens sous la conduite de M. Nétanyahou, à la tête d'une coalition de droite et d'ultra-droite, n'ont cessé de miner sa légitimité. A aucun moment, le premier ministre n'a envisagé de donner un coup d'arrêt aux implantations en Cisjordanie – une politique de faits accomplis qui est la négation même d'un dialogue vers la solution des deux Etats.

M. Nétanyahou, réélu en mars pour un troisième mandat, porte une responsabilité écrasante dans la détérioration de la situation. Roi du faux surplace, il pratique une politique constante de grignotage et de mitage du territoire palestinien : "  Des années d'inaction diplomatique, de confiscations de terres, de démolitions de maisons  ", écrit encore Haaretz, vont conduire à cette nouvelle irruption de violence. On y est. Et, pour l'heure, les Palestiniens en sont les premières victimes : une vingtaine d'entre eux ont déjà été tués cette année "  par erreur  ", cependant que le statu quo politique ne va pas manquer de produire une radicalisation dans certaines franges de la population de Cisjordanie.

Américains, Européens et Russes, censés parrainer, avec l'ONU, le dialogue israélo-palestinien, sont eux aussi largement coupables d'inaction et d'invraisemblable indifférence. Ils ne pourront pas dire qu'ils n'ont pas vu venir les signes précurseurs d'un nouveau drame proche-oriental.» 

 

Editorial du dimanche 6 octobre : Le Nobel un succès pour la démocratie tunisienne:

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/libre/20151011/index.html

Editorial du mardi 13 octobre : Erdogan, ou la politique du pire.

« A quelques jours des élections générales du 1er  novembre, la Turquie est en deuil. Elle enterre les jeunes gens victimes de l'attentat perpétré, lors d'une manifestation, samedi 10  octobre à Ankara – le plus meurtrier dans l'histoire du pays  : 97 morts et des centaines de blessés selon un décompte officiel  ; 128 morts et plus de 500 blessés selon une association de médecins. Membre clé de l'OTAN dans une région en proie au chaos, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan franchit un pas de plus sur la voie de la déstabilisation.

Qui  ? La question n'a, pour l'heure, pas de réponse. Appelées à se réunir par le Parti démocratique des peuples (le HDP, prokurde, centre gauche), avec le soutien des sociaux-démocrates du CHP et de quelques syndicats, une dizaine de milliers de personnes, pour la plupart des jeunes, participaient à cette manifestation. Elles réclamaient, notamment, l'arrêt des combats entre l'armée et le parti kurde autonomiste armé, le PKK.

Elles étaient réunies au cœur de la capitale, lorsque deux bombes ont explosé dans le cortège. Selon les autorités, il s'agit d'un double attentat-suicide, chaque kamikaze portant un engin bourré de TNT et de milliers de minibilles en acier. La presse favorable au président Erdogan incrimine, pêle-mêle, sans grand souci d'exactitude, le PKK, l'Iran ou l'organisation djihadiste Etat islamique (EI). Nombre d'observateurs penchent pour la piste de cellules dormantes de l'Etat islamique, désireuses de frapper les Kurdes (qui combattent l'EI en Syrie) ou de déstabiliser la Turquie.

Mais l'attentat intervient dans un climat de polarisation politique et d'exacerbation des tensions intérieures dont le parti du président, l'AKP (islamo-conservateur), est entièrement responsable. Depuis qu'il a, pour la première fois en douze ans, perdu les élections générales, le 7  juin, l'AKP joue avec le feu. M.  Erdogan voulait une majorité forte pour pouvoir changer la Constitution et doter la Turquie d'un régime présidentiel. L'AKP n'a pas dépassé les 40  % des suffrages, du fait de la percée du parti HDP.

Depuis, tout se passe comme si l'AKP, se refusant à un gouvernement de coalition et appelant à un nouveau scrutin, était prêt à tout pour l'emporter. Le régime n'a eu de cesse de se venger du HDP. Les partisans de l'AKP ont saccagé, mis à sac et brûlé les locaux du HDP dans le pays. M.  Erdogan, qui devrait rester neutre, fait campagne en agitant un étonnant cocktail d'ultranationalisme et d'islam politique. Il a saisi le premier accrochage avec le PKK pour rompre une trêve de plus de deux ans et relancer les combats avec les Kurdes de Turquie. Comme s'il comptait sur cette guerre pour récupérer une partie de l'électorat laïque et nationaliste.

Cette reprise de la guerre intérieure a lieu sur fond d'échec de la politique syrienne de M.  Erdogan – d'abord complice des islamistes, puis décidant tardivement de participer à la lutte contre l'EI. La Turquie, qui accueille plus de 2  millions de réfugiés syriens, donne la priorité à la lutte contre les Kurdes, au moment où elle devrait favoriser l'option exactement inverse  : négocier avec ceux qui sont en première ligne contre les djihadistes.

Dans un contexte extérieur difficile, M.  Erdogan devrait jouer l'apaisement intérieur. Il fait le choix de la division et de la crispation, pour gagner à tout prix. Au risque de plonger son pays dans une périlleuse spirale de violences. »

 

Editorial du mercredi 14 octobre : Europe : le danger Cameron

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151014/html/1218350.html

 

Editorial du vendredi 18 octobre : Migrants : ne pas tout céder à M. Erdogan.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151018/html/1218949.html

 

Editorial du mardi 20 octobre : Syrie : le droit et les frappes françaises..

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151020/html/1219037.html

 

Editorial du mercredi 21 octobre : Protéger le droit d’asile.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151021/html/1219114.html

 

Editorial du jeudi 22 octobre : Au Canada les défis du jeune Trudeau.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151022/html/1219281.html

 

Editorial du vendredi 23 octobre : Israéliens et palestiniens dans le piège du religieux.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151023/html/1219450.html

 

Editorial du samedi 24 octobre : Afghanistan et l’horizon indépassable de la guerre.  

« Donc, l'armée américaine restera en Afghanistan. Ainsi en a décidé Barack Obama à la mi-octobre. A regret, ô combien ! C'est un aveu de semi-échec. Le président démocrate aurait tellement voulu tenir sa promesse : achever ses deux mandats en ayant retiré les Etats-Unis et d'Afghanistan et d'Irak. Après tout, il a été élu en formulant explicitement cette ambition, qui correspond aux vœux des Américains.

Le surgissement de l'Etat islamique en Irak a conduit la Maison Blanche à dépêcher pas moins de 3  000 soldats dans ce pays, d'où l'essentiel des troupes américaines était reparti. Le retour en force des talibans en Afghanistan, a expliqué M. Obama, amène Washington à laisser 9  800 hommes sur place, en principe au moins jusqu'en  2017 – à vrai dire, personne ne sait jusqu'à quand. Impossible de dissimuler le sentiment de gâchis et de désespoir que suscite cet engagement militaire sans cesse renouvelé dans un pays qui est en guerre depuis trente-six ans à peu près sans interruption.

A la guerre menée par les Soviétiques à partir de 1979 s'ajoute celle poursuivie par l'OTAN – surtout les Etats-Unis – à partir de 2001 pour chasser de Kaboul un pouvoir taliban qui abritait Al-Qaida, responsable des attentats de septembre de la même année sur le territoire américain.

Mais les tonnes de bombes déversées sur ce pays depuis lors n'ont pas brisé une insurrection talibane qui, renaissant de ses cendres à chaque épisode de cette tragédie, se regroupant dans ses bases arrière pakistanaises, menace toujours le pouvoir central à coups de voitures piégées, d'attentats et d'actions de guérilla. Aujourd'hui plus que jamais.

Si les Américains s'en vont, redoute M. Obama, l'Afghanistan pourrait bien connaître le sort de l'Irak – une décomposition de l'Etat dans de multiples guerres ethnico-religieuses. En cet automne 2015, loin d'avoir été vaincus, les talibans sont partout dans le nord, mais aussi dans le sud du pays, cependant qu'Al-Qaida y rétablit des bases et que l'Etat islamique y fait son apparition. Comment qualifier cette situation après quatorze ans de guerre otanienne ? Le résultat d'une tragique malédiction afghane ? Un désastre condamnant le principe d'une intervention occidentale menée en dépit de tout bon sens  ?

Les Etats-Unis font valoir qu'il y a pour la première fois à Kaboul un président, Ashraf Ghani, avec lequel ils peuvent travailler en confiance. Mais, pour autant, les talibans ne seront pas défaits sur le terrain  : ils font la guerre comme un mode de vie. Le plus probable est que le maintien des forces américaines n'assurera que… le maintien du statu quo. La guerre ne prendra fin que si les Etats-Unis – mais aussi la Chine, qui investit massivement au Pakistan – arrivent à exercer une pression maximale sur le pouvoir civil et militaire à Islamabad.

Obsédé par le fantasme dépassé d'une agression venant de l'Inde, l'état-major pakistanais nourrit l'insurrection talibane pour avoir la main sur Kaboul et disposer de l'Afghanistan à des fins de "  profondeur stratégique  " face à l'armée indienne. Cette neutralisation du Pakistan est la condition pour qu'une négociation réussie puisse enfin s'engager entre Kaboul et les talibans.

L'ensemble représente une véritable stratégie, une vision régionale de l'affaire, sans laquelle la perpétuation de la présence militaire américaine en Afghanistan ne servira pas à grand-chose»

 

Editorial du mardi 27 octobre : La Pologne, nouveau défi pour l’Europe.

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151027/html/1219800.html

 

Editorial du jeudi 29 octobre : Côte d’Ivoire : les deux défis d’Alassame Ouatara.

« Alassane Ouattara aura finalement remporté son pari : se faire élire pour un second mandat, dès le premier tour, le 25  octobre, de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Il avait annoncé "  un coup KO  ". Le président sortant l'a fait. En Afrique, une victoire au premier tour n'est pas nécessairement un bon signe démocratique. Surtout avec un score "  à la soviétique  " de 83,6  %, tel que celui obtenu par Alassane Ouattara.

Dans la Guinée voisine, la victoire au premier tour d'Alpha Condé, il y a peu, soulève ainsi de nombreuses interrogations quant à la transparence du scrutin. Sans parler des tripatouillages constitutionnels au Burundi, qui provoquèrent des violences ou de celles que l'on pourrait voir au Congo-Brazzaville, les présidents en place de ces deux pays ayant pour objectif d'obtenir à tout prix leur reconduction. Sans oublier, non plus, ces présidents à vie qui réduisent leur opposition au silence par la force ou grâce à des systèmes politiques viciés, comme au Tchad ou au Cameroun. Rien de cela en Côte d'Ivoire.

La réélection au premier tour du chef de l'Etat sortant intervient à l'issue d'un vote apaisé, reconnu, endossé par les observateurs sur place et l'ensemble de la communauté diplomatique internationale. Même si la logistique ne fut pas sans reproche le jour du vote. Mais l'on passe beaucoup de choses au président Ouattara, et personne n'insistera sur les manquements de ce scrutin. Fort de son score et d'un taux de participation honorable (près de 55  %), le président sort crédibilisé de ce scrutin.

Il faut se rappeler, en effet, que la seule élection réellement pluraliste organisée en Côte d'Ivoire depuis l'indépendance fut celle de 2010 ; or elle se termina dans un bain de sang et une quasi-guerre civile. Est-ce pour autant une véritable élection de sortie de crise  ? Car l'autre gagnant de ce vote est le camp des pro-Gbagbo, l'ancien chef de l'Etat, qui dort aujourd'hui dans une prison de La  Haye dans l'attente de son procès pour crimes contre l'humanité commis lors des violences, post-électorales justement, de 2010.

Les radicaux du Front populaire ivoirien (FPI) aux yeux desquels c'est "  Gbagbo ou rien  "avaient appelé au boycott du scrutin. Il est difficile d'évaluer leur poids exact dans l'électorat, mais ils ne manqueront pas de s'attribuer les 46  % d'abstentionnistes. Et le fait est qu'ils représentent, jusqu'à présent, une part non négligeable de l'opinion publique, en rupture totale avec le pouvoir en place. Ils incarnent le premier défi qu'Alassane Ouattara va désormais devoir relever  : réconcilier le monde politique ivoirien, ce qu'il s'est refusé à faire durant son premier mandat, tout comme les pro-Gbagbo d'ailleurs. Cela doit passer, notamment, par la justice. Une justice qui ne soit pas seulement celle des vainqueurs par les armes de 2010, mais qui soit également capable de s'intéresser aux exactions commises, à cette époque, par les amis de M. Ouattara.

L'autre défi du prochain quinquennat est économique. La "  locomotive d'Afrique de l'Ouest  " est repartie sur de bons rails. Mais la population ne profite pas encore des fruits de la croissance retrouvée et attend que cette richesse soit mieux redistribuée. Sans quoi le risque est grand d'alimenter les frustrations, en particulier celles d'une jeunesse désœuvrée. Un nouveau mandat ne sera donc pas de trop. Mais Alassane Ouattara a dorénavant les cartes en main pour répondre à toutes ces attentes. »

 

Editorial du samedi 31 octobre : Xi Jinping veut des enfants,

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20151031/html/1220325.html

 

 

( A suivre) 

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