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Presse aidant … La riposte sécuritaire du Président Hollande.

18 Novembre 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Un examen comparatif des éditoriaux des deux journaux, ‘’Le Monde’’ et Les Echos’’, est très intéressant. Par leur ‘’Une’’ les journaux se distinguent : « Après les attentats, la riposte politique » pour les Echos qui paru mardi matin et « Le virage sécuritaire » pour Le Monde sorti mardi en début d’après-midi. Moi, en panachant les deux titres pour celui de ce billet, je n'ai pas encore vraiment tranché. Rappelons aussi que les deux journaux sont parus après le discours du président devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, dans une ambiance d’union nationale, mais avant la séance, houleuse voire scandaleuse pour certains élus de droite, de questions au gouvernement à l’assemblée nationale.

En fin de billet la vidéo du discours de Hollande au congrès.

 

La comparaison des deux éditoriaux met en évidence des limites aux propositions présidentielles mais pas les mêmes selon les journaux. Question de tendances, de différences de ligne. Mais c’est ça la démocratie et l’honneur de notre nation.

 

La chronique de Cécile Cornudet dans les Echos. Le virage sécuritaire

« Si le discours du Bourget avait en janvier 2012 installé François Hollande en maître de la sinuosité politique ménageant les multiples courants du PS de la gauche, celui de Versailles se situe à l’exact opposé. François Hollande dit des mots qu’il évitait il y a dix mois encore après les attentats de "Charlie’’ – ’' La France est en guerre contre le djihadisme terroriste’’ - . Il cible l’ennemi – ‘’ignoble, lâches assassins’’ -. Assume le tournant –"le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de responsabilité’" Et présente un ensemble de propositions qui le situe sans ambiguïté du côté de la gauche sécuritaire. Il bouge (Saisie du Conseil de sécurité de l’ONU, rencontre avec Barack Obama et Vladimir Poutine, prolongation de l’état d’urgence, révision de le Constitution) et il tranche. Deux verbes qui ne lui étaient jamais accolés.

Il va aussi très clairement sur le terrain de la droite, reprenant sa phraséologie et certaines de ses idées fixes, comme la déchéance de nationalité. Tous les sujets peuvent être abordés de face, signifie-t-il, y compris le sujet migratoire dont le FN fait sa priorité. La gauche de la gauche s’inquiétait depuis les attentats de vendredi d’un possible virage à droite ? Dans les mots et l’intention du moins François Hollande l’emprunte quand même. Deux objectifs à ce tournant "Protéger les Français’’ comme il l’a dit plusieurs fois. Dût-ce donc en prenant ses amis à revers. La répétition des attentats l’obligeait à hausser le temps pour être crédible sur la sécurité : François Hollande va plus loin encore, comme s’il voulait incarner l’unité nationale à lui tout seul, au moment où la droite la lui refuse.

 L’exercice serait guidé par l’intérêt général, sa chère ‘’jeunesse’’ étant désormais prise pour cible, s’il n’y avait aussi chez lui le souci de piéger, voire d’étouffer l’adversaire. François Hollande s’en réfère aux travaux de la commission Balladur pour justifier sa révision constitutionnelle. Il semble ouvert aux propositions de la droite sur le fichier S mais demande au Conseil d’Etat un avis qui ne devrait guère aller dans leur sens.  Et lorsqu’il annonce une hausse des effectifs de police, c’est pour revenir au niveau de 2007, insiste-t-il, histoire de souligner la responsabilité de son prédécesseur dans la diminution des forces de l’ordre. Derrière le chef de l’Etat se voulant à la hauteur de l’événement se cache aussi le tacticien politique. Le virage a ses limites.»

 

Editorial du Monde : La sécurité à tout prix ?

 « Trois jours après les terribles attentats qui ont endeuillé et traumatisé le pays, le président de la République se devait d'être à la hauteur du défi lancé à la France par le djihadisme terroriste. Devant le Congrès réuni à Versailles, lundi 16  novembre, il l'a été, indéniablement. Toute hésitation dans la riposte à ces " actes de guerre " lui était interdite. C'est donc avec une détermination froide, martiale, " impitoyable " qu'il s'est engagé à " mettre toute la puissance de l'Etat au service de la protection de nos concitoyens" et à "éradiquer le terrorisme". A l'unisson des parlementaires, debout, entonnant une solennelle Marseillaise.

Sur  le front intérieur, l'arsenal annoncé par François Hollande est sans précédent. Il est demandé au Parlement, dès cette semaine, de prolonger l'état d'urgence pour trois mois. Il est annoncé un renforcement substantiel des moyens de la justice et des forces de sécurité : 5 000 emplois supplémentaires de policiers, 2 500 pour l'administration pénitentiaire, 1 000 pour les contrôles aux frontières, annulation de toutes les suppressions de postes programmées dans les forces armées.

A quoi s'ajoute une batterie de mesures inédites : déchéance de la nationalité pour des binationaux condamnés pour un acte de terrorisme, interdiction à un binational de revenir en France s'il représente un risque terroriste, sauf s'il se soumet à un dispositif de contrôle draconien. Enfin, le chef de l'Etat entend modifier la Constitution pour permettre à l'Etat de " gérer l'état de crise " et de faire face à cette " guerre d'un autre type " que constitue le djihadisme.

Même s'il invoque avec insistance les valeurs de la République et le respect des libertés, même s'il se place sous l'égide de la Déclaration de 1789, qui met " la sûretéet " la résistance à l'oppression " au premier rang des droits de l'homme, c'est un vigoureux tournant sécuritaire qu'opère François Hollande. Sans hésiter à reprendre à son compte des propositions de la droite, voire de l'extrême droite, et sans s'arrêter à d'éventuelles crispations à gauche. A ses yeux, nécessité fait loi et la fermeté n'interdit pas l'habileté politique.

De même, sur le front extérieur, le chef de l'Etat a confirmé sa volonté de poursuivre et d'amplifier les frappes aériennes contre l'Etat islamique en Irak et en Syrie, désigné comme le commanditaire des attentats de Paris. Mais il n'a pas hésité à modifier sérieusement son attitude dans ce dossier. Depuis trois ans, il avait posé à la résolution du conflit syrien un préalable absolu : le départ de Bachar Al-Assad, coupable à ses yeux d'avoir massacré plus de 250 000 de ses concitoyens.

Il accepte désormais de coopérer avec la Russie de Vladimir Poutine, principal soutien du régime syrien. Moscou s'est imposé comme un acteur incontournable de cette crise et s'emploie depuis des semaines à former une coalition "unique" contre l'Etat islamique. Pour sortir de son isolement, François Hollande en accepte désormais le principe, comme le lui recommandaient avec insistance bon nombre de responsables français, notamment à droite.

Reste à convaincre. Cela suppose efficacité et clarté. Sur la première exigence, François Hollande a multiplié les injonctions : l'ensemble des mesures annoncées, a-t-il martelé, doivent être engagées dans les prochains jours ou dans les plus brefs délais. Certes. Mais l'on sait bien que tout cela prendra du temps, soit du fait des nécessaires procédures parlementaires, soit du fait des délais de recrutement et de formation des personnels annoncés.

Quant à la clarté, le moins qu'on puisse dire est qu'elle est loin d'être assurée, à ce stade, pour la révision constitutionnelle annoncée. Faire de l'état d'urgence une arme permanente au service du pouvoir exécutif peut conduire à remettre en cause des libertés fondamentales. Or, celles-ci figurent au premier rang des droits de l'homme, au même titre que la sûreté. La sécurité est une exigence. Pas à n'importe quel prix. »

 

(A suivre) 

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