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Touche pas à mon rugby…. La chasse aux dodos…

3 Décembre 2015 , Rédigé par niduab Publié dans #Touche pas à mon rugby

C’est bien de rugby dont il va s’agir dans ce billet, et plus précisément du championnat de France, du Top 14. La chasse aux dodos traduit donc la chasse aux bonnes places par les stars internationales qui se sont mises en évidence lors de la coupe du monde pour passer à la caisse en pantouflant plus ou moins dans ce qui est le marché le championnat le plus rémunérateur de la planète.

Je me souviens d’une interview d’Eddie Jones de juin 1914 dans le supplément de juin 1914 : il nous alertait sur l’effet néfaste de la trop forte présence d’anciens internationaux d’Afrique du Sud, de Nouvelle Zélande et d’Australie dans le Top 14, barrant ainsi la place à de jeunes joueurs français et laissant, d’autre part, dans leur pays respectif, la place libre pour les jeunes pousses. Le dernier mondial lui a donné totalement raison.

Pour en revenir au titre de ce billet on peut aussi retenir l’analogie avec le Dodo de La Réunion. Cet oiseau endémique de l’île, qui était de la famille des Columbidés (un cousin du pigeon qui ne pouvait pas voler), n’avait pas de prédateur. Il s’est éteint en moins d’un siècle avec l’arrivée de l’homme. Loin de moi l’idée que la présence de ces supers stars va tuer le rugby en France, Non bien au contraire il n’y a jamais eu autant de spectateurs dans les stades de l’élite et autant de téléspectateurs de chaines spécialisées et payantes. Mais ce business bien accompagné de gourous type Laporte, est en train de faire très, très, mal au XV de France et je ne suis pas sûr que remplacement de Saint André par Noves permettra de sauver les meubles. Moi, à titre très personnel et probablement inutile et utopique je mets fin à mon abonnement ‘’Canal plus + canal Sport’’ que j’avais pris il y a un peu moins de 2 ans, et qui concernait à 80% les matchs de rugby. Dorénavant je ne regarderai plus que les matchs internationaux diffusés sur France 2 (Tournoi des 6 nations, quelques matchs des tournées d’automne et la coupe d’Europe des clubs)

La semaine dernière les Néo-Zélandais Dan Carter (34 ans, 112 sélections), Maa’a Nonu (33 ans 103 sélections) Conrad Smith (34 ans, 90 sélections), et l’Australien Adam Ashley-Cooper (31 ans, 114 sélections) débarquaient en France «….pour doper le Top 14, placé sous le flot de critiques depuis le Mondial. Cette fois, ce ne sont pas des seconds couteaux qui vont repousser les jeunes internationaux français dans les tribunes. Ce sont tout simplement les meilleurs joueurs de la planète que nous accueillons…… Emmanuel Massicard. Editorial de Midi olympique. ».

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Touche pas à mon rugby…. La chasse aux dodos…Touche pas à mon rugby…. La chasse aux dodos…

Doper le Top 14 doux euphémisme pour évoquer le remplissage des caisses des clubs, de la fédération et des chaines de télévision. Je devrais dire seulement euphémisme car ne doutons pas que les bons joueurs français mis de côté pour laisser la place aux « news Harlem globe trotters », seront, eux, tenter par un autre type de dopage pour se tenir à flot.

Et j’aurais pu encore citer Colin Slade (28 ans et 21 sélections chez les All Blacks) qui accompagne Conrad Smith à la sélection Paloise ou Sekope Kepu le pilier droit des Wallabies qui accompagne son compatriote Ashley-Cooper à l’Union Bordeaux-Bègles et encore les Australiens Will Génia au Stade Français, Quade Cooper à Toulon ou les Sud-Africains Bismarck Du Plessis à Montpellier et Duane Vermeulen à Toulon, une myriade de stars qui vient renforcer la cohorte de mercenaires déjà présente. C’est Toulon qui avait donné le tempo et maintenant tous les clubs ont suivi ce grand Barnum de chemin.

Un rapide pointage sur « Rugbyrama de Midi Olympique de la saison 2015/2016 » qui titre en 1ère page ‘’Top 14 centre du Monde ‘’, donne un aperçu effrayant de ce qu’est devenu au fil des ans le championnat français :

En ne retenant que les joueurs sélectionnés en équipes nationales : 21 Springboks, 7 Wallabies, 18 All blacks, 7 Argentins, 22 joueurs des îles du Pacifique Fidji, Samoa ou Tonga. Et je n’ai pas compté pas les joueurs européens, ni quelques joueurs canadiens, américains, uruguayens… etc

Je me dois aussi de signaler qu’il a dans le Top 14, en plus des stars, au moins 80 joueurs de l’hémisphère sud, au casier de sélection vierge ou seulement sélectionnés en équipes de moins de 21 ans et qui, étant souvent plus jeunes que les vieilles gloires, sont peut-être finalement les plus gênants pour les jeunes pousses françaises. Il en a quand même quelques uns qui ont trouvé place dans le XV de France (Kockott, Spedding, Leroux…..).

Ajoutons à cet inventaire une bonne cinquantaine de joueurs d’autres nationalités, majoritairement européens et en faisant l’addition, à la louche, on arrive à un total de 200 joueurs étrangers pour un ensemble d’environ 500 joueurs professionnels dans le top 14. Il nous reste donc un réservoir de 300 bonhommes pour y piocher une élite de 30 joueurs internationaux et je ne rentre pas dans les détails où se cache le diable à savoir la répartition par poste. Je précise enfin que ne rejette nullement les quelques joueurs d’origine étrangères qui respectant les critères définis ont accepté d’être sélectionnés dans le XV de France ; je regrette même que Kockott n’ait pas eu plus de temps de jeu. Mais enfin on ne va pas quand même faire un XV de France sans le moindre joueur d’origine française (Je renvoie à un précédent billet qui me montrait que pour la saison 2013/2014, le classement des meilleurs joueurs du Top 14, poste par poste, était exclusivement des joueurs étrangers.   

Bien sûr tout ça est une question de gros sous et je vais me contenter de reprendre partiellement l’excellent article de Stéphane Colineau dans le JDD de dimanche dernier qui évoquait l’arrivée de Dan Carter & Co.

« "Leur motivation première, c'est le salaire", n'élude pas le président de l'UBB Laurent Marti. A l'exception de Dan Carter, élu meilleur joueur du monde en 2005, 2012 et 2015, tous évoluent dans des sphères similaires : autour de 400.000 euros net par an. Pas plus qu'un international français. Le génial australien Matt Giteau, plus gros salaire du RC Toulon, perçoit, par exemple, 500.000 euros net par an.

Portés par des mécènes (Racing, Stade Français), des partenaires (Pau) ou un modèle économique éprouvé (Toulouse, Toulon), leurs clubs ont largement les moyens de se les offrir. Leur principale contrainte est le salary cap. Pour éviter qu'un milliardaire ne chamboule l'économie de son sport, la Ligue nationale de rugby impose un plafonnement de la masse salariale à 10 M euros bruts (hors charges patronales), presque 11 M euros avec les aménagements liés aux contrats Espoir ou aux internationaux français.

Pour les clubs à la masse salariale modeste (le salaire moyen en Top 14 est de 12.700 euros net), comme Pau ou l'UBB, le salary cap est une aubaine. Il empêche les gros budgets de tout préempter. Même Oyonnax a attiré un champion du monde 2011, Piri Weepu. "Contrairement aux internationaux français, les étrangers acceptent de signer dans des clubs promus ou de bas de tableau si la ville leur plaît et qu'il y a un beau projet", se réjouit le président palois, Bernard Pontneau. Pour Toulon, Clermont, Toulouse ou le Racing, en revanche, le plafonnement de la masse salariale oblige à diversifier les revenus des joueurs. "J'ai l'impression que certains réinventent les mathématiques pour respecter le salary cap", taquine Bernard Pontneau.

Mourad Boudjellal, le président de Toulon, lui-même dans l'embarras, accuse : "Quand on recrute Dan Carter, impossible de respecter le salary cap". Le richissime propriétaire du Racing, Jacky Lorenzetti s'en défend. Pour attirer une star désirée par le Japon, le club francilien a dû néanmoins se montrer créatif. Le Racing lui verse "un tout petit peu plus de 1 M euros annuel, lissé sur trois saisons", détaille Lorenzetti. Un peu plus de la moitié de cette somme lui est payée en salaires, le reste en droits d'image (non soumis aux charges sociales), en partie liés à la promotion de l'Arena 92, le futur écrin du club. Son contrat prévoit entre 15 et 20 interventions par an auprès des partenaires.

Complément non négligeable et hors salary cap, les agents du joueur ont surfé sur sa nouvelle exposition européenne pour renégocier très avantageusement son contrat individuel avec Adidas. L'ouvreur touchera en outre un pourcentage sur les ventes de maillots Adidas à son nom, mais aussi ceux du Racing, qui a pour équipementier l'italien Kappa. De quoi atteindre le 1,5 M euros, "peut-être 1,8 M euros voire 2 M euros", calcule un agent. Lorenzetti répète qu'il a d'abord recruté l'ouvreur pour faire progresser son équipe, "pas une affiche d'Abribus". Reste que ces stars permettent un retour sur investissement.

"Compte tenu des retombées, un All Black peut se révéler moins cher qu'un joueur moyen", explique Bernard Pontneau. A Pau, les ventes de produits dérivés décollent déjà, alors que Conrad Smith n'est pas encore arrivé. Mourad Boudjellal va jusqu'à dire que "Johnny Wilkinson, c'était cadeau. En 5 séminaires, il avait remboursé son contrat." Laurent Marti en est à refréner les ardeurs : "Adam Ashley-Cooper n'arrive que jeudi, mais on a déjà assez de demandes de partenaire pour l'occuper toutes les semaines cette saison. On va limiter ses apparitions."

Confronté pour l'heure à des problèmes de riche, le Top 14 pourrait manger son pain blanc. L'Angleterre, où l'argent ne manque pas et où la livre sterling est puissante, ne cesse d'assouplir son salary cap. Elle tolère deux joueurs au salaire libre, hors plafond. Northampton vient ainsi d'attirer le Toulousain Louis Picamoles. Mathieu Bastareaud a dans ses mains une offre des Wasps supérieure de près de 50% à ce qu'il perçoit à Toulon. Y cédera-t-il? "Il n'a pas pris sa décision", confie un proche. Un agent influent s'inquiète : "Le Top 14 avait pris la main depuis 2007. Le mouvement risque de s'inverser vers l'Angleterre." »

Voilà qui est dit et à moi de constater que la bataille est terminée : Le titre que j’avais choisi en 2007 pour parler rugby sur ce blog, ce titre « Touche pas à mon rugby »  est périmé, mon rugby n’existe plus vraiment, du moins pour l’élite, le Top 14, tué non pas par le professionnalisme, par les excès financiers. Une dernière chance ? Que le mouvement s’inverse et que l’Angleterre devienne la nouvelle pompe à fric.

Il me reste la Fédérale 2 et le Stade Niortais qui y excelle dans la poule 8. En tête avec 7 victoires en 7 matchs : 4 pts d’avance sur le deuxième, Bassin d’Arcachon et 15 points d’avance sur les 3ème et 4ème

Et puis je suivrais du France 2 le XV de France version Noves mais je doute qu’il puisse faire beaucoup de miracle dans le contexte actuel.  Et puis il y a les équipe de France des espoirs et XV de France féminin qu'on peut suivre sur France 4. 

 

(A suivre)

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