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Trop poli-tic…L’histoire repasse t’elle les plats ?

9 Janvier 2016 , Rédigé par niduab Publié dans #trop poli-tique

Certains souhaitent que l’Histoire repasse les plats. C’est ce qu’on entend dire ces temps-ci à 15 mois de la prochaine élection présidentielle : Hier, 9 janvier, jour commémoratif du décès de François Mitterrand, il ya vingt ans, beaucoup dans la presse écrite et autres médias ont joué au petit jeu des ressemblances entre les deux François monarques socialistes de la Vème république. J’y reviendrai succinctement en fin de billet, mais au préalable je reporte, ci-après, l’éditorial de Cécile Cornudet dans le Journal « Les Echos » qui me semble être le commentaire le plus juste, le mieux équilibré de tout ce que j’ai pu lire ou entendre depuis 48 heures. Elle est notamment la seule à souligner que l’absence de cohabitation en fin de mandat, due au quinquennat adopté par référendum en septembre 2000, rend la tache beaucoup plus difficile pour Hollande. Un quinquennat qu’avait toujours refusé d'envisager François Mitterrand malgré les désiderata des congrès socialistes.

Ensuite je vais insérer la vidéo des derniers vœux adressés au Français du Président Mitterrand, ses vœux pour l’année 1995. Il me semble que tout ce qu’a pu dire l’ancien président au cours de sa longue carrière peut être exploité d’une façon où d’une autre, dans un sens ou son contraire par ses prétendus héritiers. Ce dernier message à la nation et aux français est le moins incontestable des testaments. 

 

Le billet de CécileCornudet : François Hollande , sa France unie. 

« Un geste. François Hollande se recueille ce vendredi matin à Jarnac devant la tombe de François Mitterrand, vingt ans après sa mort.

Des mots ‘’Patrie’’, ‘’nation’’, ‘’unité’’,….répète en boucle le chef d’Etat depuis les attentats ayant touché la France

Une décision. La Constitution va être révisée pour déchoir de leur nationalité les terroristes, maintient-il depuis le 16 novembre malgré les hauts cris de la gauche.

 Un geste, des mots, une décision, qui, si on les rapproche, semblent dessiner le chemin que vise François Hollande pour la présidentielle de 2017. Non pas un ‘’trou de souris’’ comme l’avait un temps défini l’Elysée. Plutôt un vol au-dessus des partis, directement inspiré de la ‘’France unie’’ de François Mitterrand pour sa réélection en 1988. François Hollande n’a pas pu bénéficier comme lui d’une cohabitation (1986-1988) faisant oublier le bilan. Il n’a pas face à lui un Chirac, alors jugé libéral et diviseur. Il a autre chose. Une France sous la menace terroriste, un FN qui bouscule le jeu politique, une opinion qui rejette les partis et rêve de concorde. C’est assez pour ouvrir un espace.

Dès les attaques contre Charlie Hebdo, François Hollande en saisie la portée. Il suscite la grande marche du 11 janvier, ouverte par 50 chefs d’Etat venus du monde entier. Déjà le thème s’impose, ‘’l’unité nationale’’.

Le 13 novembre, neuf mois plus tard, les nouveaux attentats montrent combien il manquait pourtant une donnée majeure à l’opération, la sécurité. Les critiques et la division pointent, François Hollande sort alors l’artillerie lourde : l’état d’urgence, et plus encore cette déchéance de nationalité puisée dans les programme de LR et FN. Cette fois l’unité nationale prend chair dans un ‘’symbole’’ transgressif. Le PS hurle, l’opinion approuve, le droite ne peut que suivre ? C’est le schéma idéal…. Jusqu’à un certain point.

François Hollande veut se poser en rassembleur, moins pour recomposer la vie politique, comme le défend de son côté Manuel Valls, que pour retrouver une force dans l’opinion qui poussera la gauche à se ranger derrière lui au moment d’entrer véritablement en campagne. Ne pas désespérer sa gauche : la partie n’est pas gagnée, si l’on en juge par l’interminable polémique qui la secoue sur la déchéance de nationalité. »

Cette vidéo nous interpelle tant les thèmes développés restent cruellement d’actualité et parfaitement en cohérence avec les récents voeux de Hollande. Et pourtant Mitterrand n’était plus en campagne ; il faisait simplement ses adieux aux français, à une France supposée unie.

Hier en fin d’après-midi l’émission de France 5 « C dans l’air » avait choisi pour titre « Mitterrand – Hollande : Programme commun ? Etaient présents autours de Caroline Roux, Jean-Marc Benamou, Roland Cayrol, Christophe Barbier et Raphaëlle Bacqué. La question de l’animatrice pour le premier de tour de table était : « Est-ce que c’est l’héritage de François Mitterrand, apprécié aujourd’hui par deux français sur trois, qui va sauver François Hollande. »

Jean Marc Benamou. « Y a du travail…. Quoique… Quand on regarde la manière dont il a étouffé Nicolas Sarkozy lors de son discours du Congrès, on peut penser qu’il a pris quelques leçons de machiavélisme chez Mitterrand…  mais il manque de matrice politique et Mitterrand avait l’union de la gauche. Quel est le projet politique de François Hollande et qui sont ses alliés ?…. »

Christophe Barbier « Je ne pense pas que François Mitterrand sauvera François Hollande, en tout cas le privera, le dispensera d’un rendez-vous de bilan. Je crois que François Mitterrand va, au contraire être mobilisé par ses adversaires de gauche et que leur critique du quinquennat se fera au nom de Mitterrand. »

Roland Cayrol « C’est ce que veut faire François Hollande et ça se voit même un peu trop. C’est le coup de la France unie qu’il essaye de refaire . Comme François Mitterrand il essaye de se faire une image régalienne au dessus des partis, sur fond de congrès de révision constitutionnelle. Tout ça c’est de l’imitation, plus ou moins réussie de François Mitterrand. Je doute que ce soit suffisant ; c’est très compliqué de refaire l’Histoire 25 ans ou 30 ans après.... »

 Raphaëlle Bacqué : François Hollande est entré en politique au service de François Mitterrand. Il a toujours cherché à s’en inspiré, du moins ses collaborateurs n’ont eu de cesse de le faire remarquer : voyez comme il est mitterrandien, une espèce de parrainage est recherché et c’est de bonne guerre : Chirac a fait de même avec De Gaulle. Ce sont évidemment les deux grandes figures de la cinquième République et elles pèsent sur leurs successeurs. Il manque toutefois à François Hollande la force du verbe qu’avait Mitterrand ? »

De ce long débat qui finalement n’était guère intéressant j’ai remarqué que les quatre intervenants s’accordaient à trouver plus de différences entre les deux présidents que de ressemblances…. Finalement ce fut un débat télévisé pour rien. La période de cohabitation si favorable à François Mitterrand fut à peine mentionnée sans plus d’analyses. Qui peut croire qu'il eut été réélu si l’élection avait eu lieu au bout de cinq ans de mandat, en 1986 ? C’est à peine si, la gauche a pu sauver les meubles aux législatives grâce à l’instauration impromptue et provisoire d'un scrutin proportionnel qui a aussi boosté le FN, en le faisant entrer à l’Assemblée nationale.

Il fut aussi rappelé que Mitterrand disait que le rôle de la gauche est de défendre les salariés modestes et notamment les ouvriers. Il disait aussi que les socialistes devaient rester fidèles à L’union de la gauche et que l’avenir de la France c’est l’Europe. Vaste programme vingt ans plus tard : Les salariés modestes, employés et ouvriers, votent très majoritairement FN ou s’abstiennent. Les élections régionales ont montré que la gauche de la gauche ne pèsent plus très lourd dans la balance : idem pour les verts, aujourd’hui orphelins de Nicolas Hulot et de Daniel Cohn Bendit. Ne vaut-il donc pas mieux aller à la pèche aux abstentionnistes voire aux troupes égarées au FN. (???) Quels reniements sur les valeurs morales faudrait-il accepter pour y arriver ? Grande interrogation !

Il faudra que François Hollande soit un vrai magicien pour qu’il puisse arriver à se faire élire pour un second mandat même si ça reste possible. Mais ça ne reste envisageable que si ....

Si  plus personne au PS, au nom des dogmes, n'ait d'envies suicidaires.

Si le candidat de la droite est Sarkozy et non Juppé. 

Si les Verts, orphelins de Nicolas Hulot et de Cohn Bendit, le soutiennent dès le premier tour.

Si les conditions de candidature sont rendues plus difficiles pour empêcher un trop grand nombre de candidats et notamment Mélenchon.

Ca fait quand même beaucoup de si !..... Et malgré tout je l'espère quand même, par raison du moins pire. Moi l'ancien rocardien tendance Pisani qui est devenu peillonniste à partir des années 94/95, d'abord par curiosité intellectuelle puis par affinité et aujourd'hui..... électron libre, je dois avouer que je n'ai jamais été un inconditionnel de Mitterrand et de Hollande.... Une vraie concordance pour moi entre les deux.

Le court éditorial de Cécile Cornudet pose mieux le problème que l’émission bavarde et peu cohérente de TV5 et ce malgré la compétence des intervenants.

 

 (A suivre )

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