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Trop poli-tic… En route pour le cimetière des éléphants.

27 Février 2016 , Rédigé par niduab Publié dans #trop poli-tique

 A peine l’épisode de la démission de Christine Taubira est-il passé que la gauche se dispute à nouveau et me voilà reparti pour un deuxième billet politique en deux semaines. Le lecteur qui se rendra sur le précédent remarquera sans doute que je l’avais répertorié dans la rubrique « Idées-débats » c’est signe que je trouvais le sujet digne et légitime. Cette fois je l’ai mis en rubrique « Trop poli-tic  » ce qui signifie que mon analyse sera plus caustique, plus critique, plus coup de gueule ; je pense que j’aurai même du créer une nouvelle rubrique « Têtes à claques »

 

 Dans une tribune publiée mercredi dernier, dans ‘’Le Monde’’, Martine Aubry et 17 cosignataires se livraient à une violente charge contre la politique de l’exécutif « Ce n'est plus simplement l'échec du quinquennat qui se profile mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare….(…) Les valeurs, l'ambition sociale, les droits universels de l'homme, l'équilibre des pouvoirs, que restera-t-il des idéaux du socialisme lorsque l'on aura, jour après jour, sapé ses principes et ses fondements ? Nous n'ignorons rien des difficultés du moment, la crise économique, la montée du terrorisme, le réchauffement climatique, les migrations, la crise agricole… Nous n'ignorons rien des difficultés de l'exercice du pouvoir, nous l'avons montré….. (...). Mais prendre le monde tel qu'il est n'est pas renoncer à le transformer pour le rapprocher sans cesse de ce qu'il devrait être. Encore moins de l'éloigner de toute idée de justice. C'est pourtant ce qui est en train de se passer. Il ne suffit pas de se revendiquer du réformisme social pour en mériter le titre. Il n'y a ni vraie réforme ni social dans nombre de politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des propositions puisées dans le camp d'en face, qui n'ont rien de moderne, et qui sont inefficaces…. (…) Pour sortir de l'impasse, il faut de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique. Elles doivent être porteuses d'émancipation pour chacun et de vivre-ensemble pour tous. C'est ce chemin qu'il faut retrouver ! Celui de la gauche, tout simplement ! »

 Je suis choqué par le ton de cette tribune et même s’il y a dans le projet El Khomri des propositions qui interpellent comme le souligne la CFDT, n’oublions pas que ce n’est, à ce jour, qu’un projet qui peut-être corrigé avant d’être adopté en conseil des ministres et voté au parlement. Et puis la conclusion me scandalise : il faut retrouver le chemin de la gauche. Non ! Il faut trouver le chemin de la réussite, des résultats et si ce chemin passe par des valeurs de gauche, tant mieux, mais l’essentiel, l’urgent c’est de réussir pour enfin faire reculer le chômage et pouvoir, pour l’avenir, le futur proche, équilibrer les comptes publics pour que nos petits-enfants puissent à leur tour choisir leur chemin, leurs priorités qui seront, de toute évidence, plus environnementales.

Je suis consterné par la violence du texte et l’absence de propositions. De plus je suis très déçu par Martine Aubry qui avait eu mon vote lors de la primaire de gauche en octobre 2011. Je pensais alors qu’elle avait, par sa personnalité et ses compétences, un profil de chef d’Etat. Elle me semblait plus à même que François Hollande, l’homme du compromis, à tenir tête à Mme Merkel. Aujourd’hui force est de constater que si Hollande n’a pas fait de miracles sur le plan économique, il s’est plutôt bien comporté dans le domaine diplomatique, alors que Mme Aubry se fourvoie dans d’indignes combats politiciens d’arrière garde. Son combat n’a même pas la noblesse de celui de Taubira qui lors de sa démission a pris soin de ne pas cracher dans la soupe. Martine Aubry a donc choisi la provocation, façon Montebourg et Hamon fin août 2014. N’y aurait-il vraiment rien à attendre de l’aile gauche du PS ?

Ce triste constat, voire mea culpa, ne signifie nullement que je sois devenu un inconditionnel de Hollande et du gouvernement. Des maladresses, des erreurs ont été faites pendant ce quinquennat, mais il y a manière et manière de le dire. Hollande en a reconnu quelques-unes comme l’abandon de la TVA sociale votée à la fin de la présidence Sarkozy, qu’il aurait dû promulguer plutôt que d’infliger aux français un coup de massue fiscal par la hausse des impôts directs.

 En publiant ce réquisitoire on se demande quel est le but de Martine Aubry : A-t- elle l’intention de poser sa candidature pour une primaire de gauche ? '' Je m'engage en parlant du fond (...) ce n'est pas dt tout mon projet ", a-t-elle juré, le lendemain, sur RTL. Alors pourquoi cette charge ? L’un de ses proches, François Lamy, a précisé que ''cela n'a rien à voir avec la constitution d'un club Aubry 2017''. Il n’empêche que la seule présence de Cohn Bendit, dans la liste des signataires, atteste que Martine Aubry est favorable à cette primaire de gauche. Cohn-Bendit qui, comme un bon tiers des signataires, n’est pas socialiste. Et qui plus est, se refuse à l’idée d’être candidat à l’élection présidentielle et s’est même dit prêt à soutenir Alain Juppé au nom de la recomposition nécessaire du paysage politique hexagonal. Incohérence totale ! : ''Je suis libre et indépendant, je signe là où ça me parait juste '', a-t-il déclaré, jeudi matin, sur Europe 1. J’aime bien Danny comme trublion politique mais alors qu’il ne descende pas dans la basse-cour socialiste. D’ailleurs ça ne lui ressemble pas ou, pour être plus prudent, ça ne ressemble pas à l’idée que je me fais de lui. Alors y a-t-il un intérêt ? Une candidature Nicolas Hulot surfant sur les décombres de la gauche ?

Il est clair que cette tribune rassemble des gens convaincus qu’il n’y aura pas de candidat socialiste (et même de gauche) au deuxième tour de la prochaine présidentielle, qu’Hollande soit candidat ou pas. J’ai proposé une hypothèse pour les signataires écologistes ; pour les signataires intellectuels ou économistes non encartés, je ne sais pas trop : peut-être une simple histoire de carnet d’adresses.

Pour les signataires socialistes de la tribune, tous proches de Martine Aubry, c’est le grand combat contre la ligne Valls qui commence : ils se préparent pour les jours d’après la présidentielle quand il faudra mettre la main sur l’appareil PS après implosion. Tout est là et c’était déjà pour cette raison qu’en juin 2015, lors du congrès du PS à Poitiers, Martine Aubry a fini par rallier la motion majoritaire de Cambadelis et ….Valls.

Manuel Valls a bien compris le message et il y a répondu du tac au tac comme le confirme ‘’Le Monde’’ de jeudi. « C'est une remise en cause générale, globale ", constate à juste -titre le premier ministre, qui a vu l'ensemble de son œuvre depuis son arrivée à Matignon étrillée, presque point par point, par l'ancienne première secrétaire du PS et ses alliés dans ce texte particulièrement musclé. Mais il ne pouvait qu'y déceler un épisode supplémentaire de la confrontation entre anciens et modernes, entre une gauche " du XIXe  siècle ", qu'il fustige, et celle " du XXIe  siècle ", qu'il aspire à incarner. " Cette tribune a un avantage : cela oblige tout le monde à clarifier et à assumer. Il faut que tout le monde assume ", estime M. Valls.

Le chef du gouvernement, bien sûr, ne prend pas totalement l'affaire à la légère…(…) Mais, surtout, il en souligne l'ambition destructrice, et fort peu constructive politiquement : " Il n'y a pas un début de proposition. Je suis chef du gouvernement, je n'écris pas des tribunes de proclamation ", assure le premier ministre, en cela fidèle à la doctrine vallsienne traditionnelle d'une confrontation permanente, à gauche, entre réel et idéal, entre Clemenceau et Jaurès.

Certes, les amis politiques de M. Valls ont parfaitement mesuré l'impact dévastateur du texte de Mme  Aubry et de ses associés. " C'est affligeant. On est à peine un an avant la présidentielle et on passe encore notre temps à se taper dessus entre socialistes, plutôt qu'à taper sur la droite et le FN, déplore l'un d'eux. (…) Tout ça va mal finir. » "

 

« C’est pas seulement à Paris que le crime fleurit nous aussi, au village, on a de beaux assassinats…..» Georges Brassens (l’Assassinat)

 

 Nous avons eu aussi notre affaire politique régionale à la une des journaux avec le lundi 22 février ce gros titre ‘’accusateur’’ d’Alain Rousset le Président de la nouvelle grande région Aquitaine-Poitou-Charentes Limousin : « en ex-Poitou-Charentes il y a eu des dérives » et en sous-titre : 132 millions de règlement en attente, des emprunts potentiellement toxiques, une faible capacité de désendettement. »

Dans cette interview en page 2 on relève que le président relativise un peu le problème sans être trop tendre avec le président sortant de l’ex-Poitou-Charentes qu’il venait de nommer vice-président aux finances de la grande région.

Voici quelques extraits de cette interview

«  A.R : Ce sont des factures en attente de règlements. Ca existe dans d’autres collectivités qui ont parfois eu les yeux plus gros que le ventre. Dès que nous avons été au courant du problème nous avons engagé le règlement de ces factures. En gros, il y a 132 millions d’euros : 62 millions en investissement et 70 millions en fonctionnement. 132 millions d’euros reportés d’une année sur l’autres Il faut distinguer les factures remontées en fin d’année, parce que la loi nous contraignait à arrêter les paiements un mois plus tôt, compte tenu la fusion des régions. Mais il y avait aussi des factures qui étaient échues et qui n’avaient pas été réglées avant. »

Dans la suite de l’interview Alain Rousset affirme qu’il n’y a pas de problème de trésorerie « En deux semaines on a payé 46 millions euros donc le tiers. Dans deux ou trois semaines tout sera réglé.» Il indique aussi que les discussions techniques qui eurent lieu en 2015 n’ont pas entraîné des relations de confiance entre son équipe de direction et une partie de l’équipe du Poitou-Charentes. Mais alors pourquoi a-t-il nommé en début d’année l’ancien président de Poitou-Charentes comme vice-président aux finances de la grande région ? Est-ce pour mieux communiquer aujourd’hui et asseoir son autorité ? «Je pense qu’il est préoccupé, c’est le moins qu’on puisse dire. La question c’est de savoir s’il était totalement au courant. J’ai d’ailleurs décidé de relever de ses fonctions le directeur des finances tout comme est parti le précédent directeur général des services…….. »

La Nouvelle République a aussi contacté Jean- François Macaire ancien président de la région Poitou-Charentes : Il se déclare surpris par l’ampleur des décalages de paiement « C’était un décalage qui existait depuis un certains nombre d’années et qui n’avait jamais posé problème…(…). 2014 avait été difficile, 2015 encore plus. D’où ce décalage de 10 semaines de trésorerie » Il affiche sa volonté d’en assumer la responsabilité politique. « Mon rôle va aussi être de traiter cette question-là. Ce serait trop facile de dire qu’il y a un problème et que maintenant je me barre. Je suis en train de travailler à des propositions pour revenir à un rythme de paiement normal, calqué sur celui de l’Aquitaine. »

Par la presse du mardi 23 février (Courrier de l’Ouest et Nouvelle République) nous apprenions que Jean François Macaire avait démissionné la veille de sa délégation aux finances tout en conservant son siège de vice-président. (Pour l’instant aurait précisé laconiquement Alain Rousset selon la N.R.). Le président de la nouvelle grande région a toutefois tenu à dédramatiser « Les choses sont critiquables mais ce n’est pas catastrophique. Parler de gravité serait excessif. On n’est pas en cessation de paiement. N.R. (….) Le Poitou-Charentes avait sans doute les yeux plus gros que le ventre avant d’ajouter Il n’y avait là rien d’illégal. Seulement, payer avec retard permettait de présenter un budget un peu plus sympa. »

 

( A suivre. ) 

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