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Ciné-cure……Robert Redford, l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux

9 Mars 2016 , Rédigé par niduab Publié dans #ciné-cure

Je poursuis mon parcours dans la filmographie de Robert Redford avec pour guide de voyage la très intéressante interview que proposait « Studio magazine » en mars 1998, un numéro que j’avais eu la bonne idée de conserver. Dans mon précédent billet je me suis arrêté à l’année 1980 juste avant de découvrir un Redford réalisateur ; un réalisateur au talent reconnu dès son premier film « Des gens comme les autres » qui obtint trois Oscars lors de la 53ème cérémonie : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario adapté. Mais avant de poursuivre cette analyse il me semble nécessaire d’évoquer l’Institut Sundance qui devint ensuite le festival Sundance. Extraits de l’enquête de Juliette Michaud, dans le Studio magazine de mars 1998, qui est intitulée ''Redford fait son cinéma'' :

« ….c’est en 1962, grâce à sa femme qui est originaire de la région que Robert Redford met les pieds pour la première fois sur ce qui deviendra Sundance. Il est tout de suite séduit par la beauté grandiose de ce lieu pratiquement vierge de toute présence humaine. Il acquiert deux hectares pour 500 dollars sur lesquels il construit lui-même sa maison. A l’époque, il est loin de savoir que sept ans plus tard, le succès de Butch Cassidy et le Kid fera de lui l’un des ténors d’Hollywood. Avec le cachet que lui vaut ce premier succès il acquiert cette fois toute la vallée qui entoure son terrain. Non par mégalomanie mais tout simplement parce que le lieu allait être saccagé par un gigantesque projet immobilier et, en reconnaissance au personnage qu’il a interprété, il donne à ce paradis le nom de Sundance….. Ce n’est qu’en 1980 que Redford entrevoit ce qu’il pourrait faire de Sundance. Avec son premier film comme réalisateur il témoigne de son point de vue singulier sur le cinéma. Un regard en marge du système et surtout qu’il a envie de partager avec d’autres. Bien sûr, Robert Redford n’a pas inventé le cinéma indépendant, mais pour la première fois, il va lui offrir une structure ‘’officielle’’ pour prendre son essor. …. C’es là que depuis 1981 se déroulent des stages du Sundance Institute, dirigés par une équipe de vétérans de la profession……. La liste des ‘’ anciens élèves’’ est impressionnante et témoigne du rôle essentiel joué par l’Institut au sein du cinéma américain (Les frères Cohen, Soderberg, Tarantino, Dicillo, Palcy, Mangold, Singer, Burn, etc…). En 1985, Redford poursuit sa lancée et crée un Festival du film indépendant. Pour offrir un tremplin supplémentaire aux jeunes cinéastes de l’Institut, mais bien plus encore pour permettre au cinéma d’auteur américain de se trouver un véritable rendez-vous……. Le Festival est devenu depuis le passage obligé de tous ceux qui veulent tenter leur chance…... Vérité flatteuse mais qui, étrangement n’est pas sans effets pervers…. Le système rattrape Sundance. Conscient du problème, Robert Redford en minimise néanmoins le danger « Que le succès attire les studios n’a rien de nouveau. Cela ne signifie pas pour autant que l’on soit vendu à Hollywood, bien au contraire.» Redford avait raison Sundance a gardé son originalité même si, de temps à autres, un film primé dans ce festival peut-être ensuite honoré aux Oscars et dans de nombreux festivals. Ce fut le cas en 2012 pour Les bêtes du sud sauvage de Benh Zeiltin.»

En mars 1981 sortait « Des gens comme les autres » le premier film réalisé par Robert Redford avec au casting Donald Sutherland, Mary Tyler Moore et Timothy Hutton mais sans l'acteur Redford : C’est l'histoire dramatique du deuil d’un fils, d’un frère, qui ne se fait  pas et qui entraîne toute une famille dans une chute inéluctable due essentiellement à la personnalité destructive de la mère. Un beau film, très dur que je n’ai vu qu'une dizaine d’années plus tard en vidéo. Le film fut richement récompensé aux Oscars et aux Golden globes. Lien vidéo.

En 1984 « Le meilleur » de Barry Levinson avec Robert Redford, Robert Duvall, Glen Close et Kim Bassinger. Le film, tiré d’une histoire réelle est une fable sur la réussite et l'échec en Amérique. Robert Redford joue un champion de base-ball vieillissant confronté à ses démons du passé et faisant face au présent. Un film sur le base-ball : non merci ! Je ne l'ai pas vu et d'ailleurs à cette époque vivant au Cameroun je ne suivais pas vraiment l’actualité du cinéma.

En avril 1986 sortait en France « Out of Africa » le chef d’œuvre des chefs d’œuvres que j’ai vu en salle. L’ai-je vu en France à mon retour au cours de l’été 86, où en Afrique s’il est sorti à Yaoundé avant l’été ? Je ne me souviens plus, mais j’ai le DVD à la maison et j’ai du revoir ce film une bonne dizaine de fois ; je le connais par cœur….et sans compter que je suis allé sur les lieux du tournage. C’est vraiment un film éblouissant, tiré du roman de Karen Blixen Une ferme africaine, et réalisé par Sydney Pollack avec Meryl Streep, Robert Redford et Klauss Maria Brandauer. Le film aux huit Oscars mais pas un pour Redford. Voyons ce qu’il disait de ce film dans l’interview de Studio Magazine : « J’ai eu le sentiment d’être utilisé comme un symbole et je n’étais pas à l’aise…. Et quand le journaliste l’interroge sur ses partenaires féminines il évoque ce film avec Meryl Streep….. J’ai aimé travaillé avec toutes, j’ai eu de bonnes relations avec toutes… C’est peut-être plus facile d’être proche quand on a travaillé plusieurs fois ensemble. Avec Natalie Wood j’ai fait deux films, trois avec Jane Fonda… En même temps, parfois on ne fait qu’un seul film et c’est parfait, comme avec Meryl Streep sur Out of Africa. C’est une actrice tellement formidable….. Et comme on lui demande si elle l’a impressionné, il complète ….Ce n’est pas le mot. Mais quel talent ! Elle a une discipline incroyable. Elle a tout le temps la maîtrise de son jeu et elle peut tout jouer. Elle ne m’impressionne pas, mais je l’admire. Oui ! ». Lien vidéo.

En 1986 « L’affaire Chelsea Deardon » d’Ivan Reitman avec Redford et Debra Winger. Ce film serait un thriller dans le milieu des galeries d’art. Je n’en parle pas car je ne l’ai jamais vu.

En mai 1988 je pouvais voir mon premier film réalisé par Robert Redford. Je n’avais pas encore vu en vidéo sa première réalisation ‘’oscarisée’’. « Milagro » qui aura aussi un Oscar, pour la musique de Dave Grusin, est un très beau film, bien pensant, militant, écologique mais c’est surtout un très beau film. C’est histoire d’un petit village du Nouveau-Mexique qui se révolte contre l'implantation d'un parc de loisirs. Pour le casting Redford a fait appel à des acteurs confirmés pour tenir le plus souvent des rôles secondaires (Christopher Walken, Mélanie Griffith, Richard Bradford) et pour les rôles principaux des artistes d’origines hispaniques parfois connus dans d’autres arts (Chick Vénéra, Ruben Blades, Sonia Braga, Julie Carmen etc..). Un coup de maître de Robert Redford. Lien vidéo. 

1/ Des gens comme les autres  2/ Out of Africa   3/ Milagro1/ Des gens comme les autres  2/ Out of Africa   3/ Milagro1/ Des gens comme les autres  2/ Out of Africa   3/ Milagro

1/ Des gens comme les autres 2/ Out of Africa 3/ Milagro

On s’aperçoit que depuis les années 80 Robert Redford alterne des films qu’il réalise et films Hollywoodiens où il tient son rôle d’acteur et pour ceux-la, il y a incontestablement une nécessité de gagner de l’argent pour financer ses projets. Ce qui ne veut pas dire que tous les films hollywoodiens furent des navets, loin de là même, et que toutes ses réalisations furent des chefs d’œuvres.

Pour son 25ème film comme acteur Robert Redford tournait pour la septième fois (et ça sera la dernière) avec Sydney Pollack pour « Havana » sorti en France en février 1991. A la fin des années cinquante, Jack Weil, un joueur de poker professionnel, se rend à la Havane pour y disputer une très importante partie. En chemin, il rencontre Roberta une jeune femme engagée aux côtés des forces révolutionnaire de Fidel Castro. Le personnage de Roberta est interprété par Lena Olin. Un bon film. Lien vidéo.

« Les experts » un thriller-espionnage de Phil Alden Robinson avec casting époustouflant : Robert Redford, mais aussi Ben Kinsgley, Dan Aykroyd, Sidney Poitier, River Phoenix, etc… Pour certains, les jeunes de cette époque ce fut un film culte, pour moi déjà trop vieux et surtout ne l’ayant pas vue à sa sortie mais en vidéo  quelques années plus tard, c’est juste un bon film, divertissant. Le problème est que ce film est sorti début janvier 1993 et qu’une semaine plus tard sortait Au milieu coule une rivière la nouvelle réalisation de Robert Redford, le film que beaucoup, dont moi, attendaient. 

« Au milieu coule une rivière » un film que Robert Redford a mis des années avant de réussir à convaincre Norman Maclean de lui céder les droits d'adaptation de son livre ‘’ La rivière du 6ème jour ‘’. Peut-être que ce temps lent lui aura permis d’offrir le rôle principal à Brad Pitt. Le tournage s’est déroulé dans le Montana et la beauté des images a permis au film d’obtenir l’Oscar de la meilleure photographie. Au début du XXe siècle dans le Montana un pasteur rigoriste inculque à ses deux jeunes enfants sa passion pour la pêche à la mouche. Une distraction qui saura toujours réunir Norman et Paul, que les choix de vie ont tendance à séparer. Brad Pitt, le rebelle interprète Paul le cadet, l’ainé Norman est joué par Craig Sheffer et le père par Tom Skerrit. Voici ce que Redford pensait de Brad Pitt : « On sent chez lui, une qualité rare. C’est quelqu’un qui s’interroge sur la place qu’il doit occuper dans ce métier. Il risque de souffrir, comme moi, parce qu’on va faire plus attention à son look qu’à ce qu’il est réellement. Mais je le connais, il va se battre ! » Un film magnifique. A voir et à revoir. Lien vidéo.

« Proposition indécente » Un film d’Adrian Lyne avec Robert Redford (dans un rôle peu moral, encore que…) Demi Moore et Woody Harrelson ; film sorti en France en mai 1993 et qui se télescope avec les deux précédents ce qui devrait être un handicap ! Et pourtant il a fait 1.3 million d’entrées et malgré (ou à cause ?) d’un titre provoquant ? Je n’étais pas dans ce 1.3 millions de voyeurs, mais je l’ai vu quelques années plus tard. Le synopsis: un milliardaire (Robert Redford) fait à un jeune couple d’amoureux, très amoureux, mais aussi très fauché et sans travail, une proposition pour le moins indécente. Un million de dollars en échange d'une nuit d’amour avec la très jolie jeune femme. Ca ne se refuse pas mais ….D’ailleurs je ne me souviens pas comment ça se termine. Il faudrait que je me repasse le DVD. Lien vidéo.

1/ Havana  2/ Au milieu coulait une rivière  3/ Proposition indécente. 1/ Havana  2/ Au milieu coulait une rivière  3/ Proposition indécente. 1/ Havana  2/ Au milieu coulait une rivière  3/ Proposition indécente.

1/ Havana 2/ Au milieu coulait une rivière 3/ Proposition indécente.

Début 1995 Redford nous proposait son quatrième film « Quiz Show » avec John Turturro et Ralph Fiennes. Ce film est basé des faits réels à savoir un scandale de trucages de jeux télévisés pour obtenir les meilleurs taux d’audience. Bien sûr je suis allé voir ce film la semaine de sa sortie mais j’ai été très déçu et je n’ai jamais cherché à le revoir.

Je passe rapidement sur « Personnel et confidentiel » un film de Jon Avnet que je n’ai pas vu. Il s’agirait d’une comédie romantique dans le milieu de la télévision avec Michelle Pfeiffer au côté de Robert Redford.

En septembre 1998 sortait enfin le film dont on parlait depuis des mois « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » de Redford et pour la première fois avec Robert Redford dans le rôle principal. Le chef d’œuvre redfordien par excellence, pour moi sur la plus haute marche du podium devant « Out of Africa » et « Butch Cassidy et le Kid ». Je laisse parler Redford puisque c’est la dernière et principal parie de son interview par Studio magazine ; « …. La rumeur d’une belle histoire d’amour se déroulant dans l’Ouest s’est répandue à Hollywood. On m’a appelé en me disant qu’il y avait un projet qui était fait pour moi. J’ai été tout de suite emballé par cette histoire, par ces personnages, par cette façon de parler de l’Ouest aujourd’hui, au quotidien loin de toute la mythologie, et cette façon de montrer des gens qui y vivent, qui y travaillent ….. J’ai rencontré l’homme qui a servi de modèle à Nicholas Evans pour écrire le roman. J’ai travaillé avec lui sur les détails les comportements…. Mais vous savez c’est une manière de parler. Personne ne murmure à l’oreille des chevaux. C’est un euphémisme pour dire qu’au lieu de dresser les chevaux par la force on essaie d’établir avec eux un rapport de confiance. C’est aussi une jolie métaphore des rapports humains….. Ca me faisait un peu peur de devoir être à la fois acteur et réalisateur ; je n’étais pas sûr de pouvoir concilier les deux. Si j’avais du faire un choix c’est l’acteur que j’aurai retenu parce que c’est un personnage très inhabituel dans le cinéma d’aujourd’hui. Je comprenais son mode de vie et son fonctionnement, je comprenais les valeurs dont il se réclamait. Je pouvais y mettre mes propres expériences, mes propres envies, mes propres nostalgies….. ». Dans ce film Redford est accompagné par Kristin Scott Thomas, Sam Neil, Scarlet Johansson et Chris Cooper. Lien vidéo.

En avril 2001 sortait le cinquième film de Redford réalisateur, « La légende de Bagger Vance » avec au casting Matt Damon, Will Smith et Charlize Theron. C’est sans doute plus pour ce casting que pour le thème à savoir un tournoi de golf et même si le film fut traité avec beaucoup d’humanité dans le contexte de la grande dépression des années 30… mais voilà je n’ai pas accroché et ce qui est plus grave je ne m’en souviens plus trop.

Je vais être plus succinct avec la suite de la filmographie de Robert Redford, le meilleur étant passé.

En 2001 «Le dernier château » de Rod Lurie qui traite de l’emprisonnement d’un général joué par Redford. Je n’ai pas vu ce film.

Janvier 2002 « Spy Game » de Tony Scott avec Redford et Brad Pitt. Je ne pouvais louper ce film d’espionnage, qui est assez réussi et que j’ai revu récemment à la télévision, avec plaisir. Lien vidéo.

1 & 2 /L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux  3/ Spy game1 & 2 /L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux  3/ Spy game1 & 2 /L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux  3/ Spy game

1 & 2 /L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux 3/ Spy game

En novembre 2004 « L’enlèvement » un thriller de Pieter Jan Brugge, avec  Robert Redford et Willem Dafoe : Je n’ai pas vu ce film.

En janvier 2005 « Une vie inachevée » de Lasse Hallström, un film sympa avec Robert Redford, Morgan Freeman et Jennifer Lopez et un grizzly Le film a été tourné dans l’Ouest du Canada, c’est dire si la nature est présente à l’écran. Ca ne vaut pas pas ‘’l’homme qui murmurait’’ mais c’est chouette quand même. Lien vidéo.

En novembre 2007 « Lions et agneaux » réalisé par Robert Redford. Un film engagé et critique vis-à-vis de la guerre en Afghanistan, avec différents points de vue selon le sénateur (Tom Cruise), La journaliste (Meryl Streep) et le professeur d’université (Robert Redford) et en parallèle deux étudiants qui se sont engagés en Afghanistan mourant sous la mitraille. Je suis sorti dubitatif de la séance. Il me faudrait revoir ce film. Lien vidéo.

En septembre 2011 « La conspiration » réalisé par Redford et qui fut présenté au festival de Deauville avant de sortir directement en DVD en novembre 2011. J’ai vu cette vidéo et j’ai bien aimé. C’est l’histoire du procès de Mary Suratt (Robin Wright) et de son fils qui furent accusés d’avoir participé à l’assassinat du Président Lincoln en aidant son meurtrier. Elle fut condamnée et pendue.

En mai 2013 sortait en salle le dernier film réalisé, à ce jour, par Robert Redford il s’agit de « Sous surveillance » avec Redford, lui-même mais aussi Shia LaBoeuf, Julie Christie, Susan Sarandon, Nick Nolte. Les critiques furent partagées et moi aussi.

En octobre 2013, je suis allé voir « All Is lost » et je dois bien avouer que c’est surtout pour voir le deuxième film de J.C Chandor qui m’avait enthousiasmé avec son premier film Margin Call. … et puis l’acteur était Robert Redford : nostalgie. L’histoire d’un navigateur solitaire qui subit une terrible tempête et diverses avaries avant de finir dans le radeau de survie. Un film avec un seul acteur et pas de dialogue. Redford à 77 ans y est magnifique. Lien vidéo.

J’apprécie de finir ce billet sur la carrière de Robert Redford sur ce très beau film un peu particulier. All is not lost. 

1/ Une vie inachevée   2/ Lions et agneaux  3/ All is lost. 1/ Une vie inachevée   2/ Lions et agneaux  3/ All is lost. 1/ Une vie inachevée   2/ Lions et agneaux  3/ All is lost.

1/ Une vie inachevée 2/ Lions et agneaux 3/ All is lost.

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