Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Moments choisis …. De rares éclaircies entre bourrasques d’un hiver déboussolant

13 Mars 2016 , Rédigé par niduab Publié dans #Les moments de la vie

Qu’il est long cet hiver 2015/2016 et rien à voir avec le fait que c'était une année bissextile. Un hiver trop doux, trop pluvieux, trop venteux, trop ennuyeux. Un hiver qui, pour ce qui nous concerne, parait d’autant plus long que cette année nous n’avons pas retenu et préparé un voyage pour un pays ensoleillé. Ces dernières années nous avons pu découvrir Cuba, Cap Vert, Mexique Costa Rica, Sénégal…. Février est le bon mois : d’abord c’est moins cher (et beaucoup moins cher que les sports d’hiver) et puis on est au cœur de l’hiver à mi-temps des fêtes de fin d’année et du renouveau printanier. Généralement on n’a pas trop d’activités, de contraintes ou d’obligations à cette époque, pas de travaux de jardin, très peu de travaux intérieurs et rarement la garde des petits-enfants pendant les vacances d’hiver et si, comme l’an dernier, c’est le cas on aménage le calendrier en partant en première semaine de février.

Alors, me direz-vous, pourquoi ne sommes nous partis pas cette année ? Pas pour raisons financières ces courts séjours sont généralement sur les catalogues, les moins chers de l’année. C’est plutôt par lassitude de devoir partager ces voyages organisés avec des inconnus plus vacanciers que voyageurs ; des inconnus qui, de plus en plus, au fil du temps, nous ressemblent de moins en moins. D’abord nous constatons être maintenant, le plus souvent parmi les plus vieux, quand je ne suis pas le plus vieux ! Et puis j’en ai marre de devoir, trop souvent, supporter des propos qui me révoltent ; ceux qu’on définit, maintenant, pudiquement de décomplexés.

On est donc resté chez nous avec nos après-midi ‘'des chiffres et des lettres’’ et ‘'C dans l’air’’ et des regrets…. car finalement c’est tellement sympa de découvrir un pays, ses splendeurs et de voir vivre des peuples qui ont beaucoup plus de soucis, de difficultés, de malheurs même, que nous autres, pauvres retraités français vivant dans la cinquième puissance mondiale. Et sans compter les intérêts et plaisirs annexes : la préparation du voyage, le retour et les discussions avec les amis, proposer des billets sur le blog, faire un album de photos et de souvenirs et justement avoir longtemps la tête pleine de ces souvenirs. Que d'heures, de jours de semaines, voire plus, de bon temps, en faisant ce type de voyage... Alors ne vaut-il pas mieux supporter un peu quelques crétins, crétines & co-etc, que de se passer de tout ce bon temps ! 

On va se mettre à la recherche de quelque chose pour le printemps, avant ou après les vacances scolaires de nos chers petits parisiens et si on arrive à trouver un chouette voyage, pas trop cher, pour une petite semaine...... Mais ce n’est pas encore gagné et surtout c’est déjà trop tard pour le moral car c’est en février qu'il fallait partir. Qu’on s'en souvienne l’an prochain !

Certes il y eut, quand même, quelques bons moments : par exemple la période de Noël avec les petits enfants (Ah oui mais c’était à Paris !) et puis quand nous sommes allés voir le spectacle Recuerdos, la retirada du petit cousin Guillaume, et  le lendemain, passé à voir nos amis toulousains, des anciens du Maroc et du Cameroun (Ah, oui mais c’était en Midi Pyrénées !). Alors ce n’est que l’hiver en pays niortais qui serait difficile ? …. Non, disons seulement qu’il est …. barbant. Enfin il l’est devenu depuis que mes proches amis ont été congédiés de la mairie il y a deux ans. Mine de rien l’activité politique locale était un élément rassembleur et motivant. Alors que maintenant ce qui se fait et surtout ce qui est défait ne me concernent plus : la démocratie a parlé et à d’autres d’être concernés ; ceux qui se sont trompés de bulletin de vote. Maintenant le samedi matin au bar du marché quand on discute entre potes on parle plus de rugby que de politique et si parfois on aborde des sujets politiques ce n’est plus pour évoquer les affaires de l’hôtel de ville, ni brocarder ceux qui l’occupent aujourd'hui, mais pour parler des problèmes de l’Elysée.

Et pourtant le début de cette période hivernale, au sens météo, n’avait pas, politiquement, trop mal démarré : la Cop 21 s’achevait le 12 décembre 2015 sur un accord historique. Puis au soir du deuxième tour des régionales les résultats étaient plutôt satisfaisants. Certes la droite remportait une victoire sans excès, la gauche évitait la catastrophe promise et le FN n’avait obtenu aucune grande région. Le choix de retirer les listes de gauche dans toutes les régions où le total des voix de gauche et des écologistes au 1er tour était trop faible pour espérer une victoire au deuxième tour et d’appeler au rassemblement républicain était courageux et nécessaire. Les deux grands évènements de début décembre laissaient à penser que l’année 2016 partirait sur de meilleurs bases que les précédentes et puis patatras… Des maladresses de l’exécutif ont été faites tant pour le dossier de la déchéance de nationalité que pour le projet de loi El Khomery. J’ai écrit un billet sur les deux sujets je n’y reviens pas ici. Les lecteurs curieux pourront, en cliquant sur les liens, allez voir ce que je pense des actions de Christiane Taubira et de Martine Aubry.

Puisque j’ai commencé par la politique j’y reste encore un peu pour évoquer une soirée-débat très intéressante à laquelle nous étions invités, Pilou et moi, le jeudi 3 mars au pôle service de la Macif. Organisée par notre députée Geneviève Gaillard, selon les principes des réunions-débats de l’ex-association Citoyens d’abord, elle avait invité le président de la commission Développement durable de l’Assemblée nationale, son collègue, le député socialiste de l’Indre, Jean Paul Chanteguet. Le thème de la réunion était « 2015 la COP 21 : et après ». Précisons que le thème n’a malheureusement rassemblé qu’une poignée de personnes intéressées. Comme il n’y a pas eu de relais de l’information par la presse nous n’étions qu’une petite cinquantaine. Dommage ! Cependant la Nouvelle République en a fait, le lendemain, un bon compte-rendu.

« Devant lui, quelques notes, quelques dates, des faits avérés et des certitudes. Dont une très forte, profondément militante en faveur d'une société qui, dans les décennies à venir voire le plus tôt possible, devra se détourner des énergies fossiles pour en faire émerger d'autres. « Le passage à un monde décarboné n'est pas négociable » dit-il, presque solennellement lui qui a dû batailler un peu et même beaucoup pour assister aux travaux de la récente Cop 21, à Paris. « Parce que jusqu'alors explique-t-il, la gouvernance climatique était l'affaire de l'ONU, véritable chasse gardée des diplomates qui, en plusieurs décennies, n'ont pas fait avancer les choses ». Pour lui, Paris marque un « basculement parce que la Chine et les États-Unis soutiennent désormais le projet qui doit permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % à l'horizon 2030 ». C'est loin 2030 quand il s'agit de l'avenir du climat d'une planète dont on dit qu'au-delà d'une hausse des températures de deux degrés, la situation deviendra peut-être incontrôlable. Jean-Paul Chanteguet acquiesce et répète « qu'il va falloir aller beaucoup plus vite ». Pour apporter un peu d'optimisme au débat, il souligne que la Chine, principal pollueur, ne se contente pas de construire des centrales nucléaires mais consent beaucoup d'efforts en direction de la réduction des émissions de carbone. « L'Europe a été leader dans cette démarche de sensibilisation du monde entier. Aujourd'hui, elle est en train de perdre du terrain », fait-il entendre en même temps qu'il assure que le peuple chinois, exposé à un pic de pollution en 2030, « ira beaucoup plus vite que prévu pour inverser cette prévision ». Bien sûr et il le reconnaît volontiers, la baisse du prix des carburants n'est pas faite pour accentuer le pouvoir de la pédagogie toujours aussi nécessaire autour d'un sujet qui bouscule les habitudes, jusqu'au mode de vie. « Oui, mais, la transition énergétique est désormais portée par les territoires eux-mêmes au travers des collectivités qui les encadrent, par les entreprises, par la société civile », note encore Jean-Paul Chanteguet, convaincu qu'il faudra bientôt pénaliser les énergies fossiles et que demain, entreprises et consommateurs devront changer impérativement leurs comportements. » La Nouvelle République du 5 mars 2015.

Puisque je suis dans un chapître environnemental, il me faut évoquer la perte d'un ami dont c'était le sujet de prédilection, le grand absent de cette réunion-débat. Le 27 janvier nous étions aux obsèques d'Amaury B. qui avait été adjoint au maire de Niort durant deux mandats. Une bien triste cérémonie pour accompagner ce jeune homme de 44 ans mort brutalement.

Nous étions aussi, fin décembre juste avant Noël, en région parisienne, aux obsèques de Paco un cousin de Pilou. Triste circonstance pour revoir des petits-cousins qui étaient adolescents la dernière fois que je les ai vus et qui maintenant sont retraités ou presque.

Moments choisis …. De rares éclaircies entre bourrasques d’un hiver déboussolantMoments choisis …. De rares éclaircies entre bourrasques d’un hiver déboussolantMoments choisis …. De rares éclaircies entre bourrasques d’un hiver déboussolant

Je reviens au tout début de l’hiver au sens météorologique : Le 10 décembre j’ai assisté à une autre manifestation, d’envergure celle là, avec la venue sur ses terres d’origine de Mathias Enard, l’écrivain niortais lauréat du prix Goncourt 2015 avec son dernier ouvrage « Boussole ». Le matin, de ce rassemblement il y avait une très intéressante interview de l’écrivain par la N.R. dont voici quelques extraits :

« Vous voici de retour dans votre ville de Niort ce soirÇa me fait très plaisir. C'est une façon de partager ce prix avec ma ville natale, mes amis d'enfance, ma famille, d'être ensemble. J'ai même reçu des félicitations d'anciens instituteurs et institutrices… Et l'écriture dans tout ça ? Ce sera à partir de janvier. Je vais reprendre ce fameux roman rural en Deux-Sèvres… (..). Ce sera un gros roman dans la veine de mes récits avec l'idée de rassembler différents moments de l'histoire en donnant une vision synchronique de la France rurale… (..)…L'identité était jusqu'à présent très orientale dans vos romans… Ce qui me fascine, au Moyen-Orient, c'est la très grande diversité de cultures, de langues, de religions, de paysages. Plus je fréquente ces régions, plus je me rends compte que leur richesse culturelle est immense.…(…) Alors que tout tend à vouloir opposer Orient et Occident, à créer des frontières… C'est la violence qui nous cache cette diversité et qui crée des frontières. On a tendance à opposer Orient et Occident comme si la frontière entre les deux était une ligne droite. Ce n'est pas ça : ces frontières sont mobiles dans le temps, dans l'espace, avec des endroits de superposition et de mixité. Ces frontières ne présagent pas de la notion de continuité…(…)La question des migrants fait polémique…  C'est une des grandes questions que l'on va continuer à se poser dans les mois et les années à venir. Il est étrange que l'on ne se les soit pas posées avant. Deux millions de Syriens vivent en dehors de leur pays dans des conditions désastreuses. On pensait que c'était loin. Le monde s'est rétréci. Les inégalités de développement amènent à des situations catastrophiques et c'est un vrai défi pour l'Europe : l'accueil des migrants et, surtout, d'essayer de résoudre les problèmes à la base, dans les régions concernées……… »

Le soir près de 500 personnes étaient rassemblées dans la grande salle du Moulin du Roc pour écouter le jeune professeur Enard. La salle pleine devint une sorte d'amphithéâtre improvisé dans lequel on prend simultanément un cours de voyage, un cours de musique, un cours d'orientalisme. Mathias Enard raconte, son parcours de vie, son attirance pour l'Orient découverte dans une brochure de l'Institut des langues orientales…(…)… Des questions dans la salle. L'écrivain répond. Puits de connaissance de ces civilisations…(…) Certains le tutoient, signe d'une ancienne connaissance peut-être. Pendant ce temps, dans le hall, on commence à se bousculer à l'entrée de la salle où va avoir lieu la séance de dédicace. Quelques minutes plus tard, ils sont sans doute près de 300 à attendre quelques mots en ouverture du livre. 

Moi qui ai déjà lu avec plaisir trois de ses livres précédents et notamment La rue des voleurs, j’étais bien embêté avec ce nouveau livre ‘’starisé’’ par le Goncourt que j’ai essayé de lire, que j’avais même lu au 2/3 avant cette soirée mais que je n’ai pu finir tant je l’ai trouvé compliqué, trop culturel, parfois pompeux, (réflexions sur Wagner, génie de la musique, haineux et de mauvaise foi) disparate voire incohérent dans sa structure avec de jolis passages (les palabres avec le gardien du fort de la Palmyre pour que le groupe d'amis puisse passer la nuit enfermé à l’intérieur de la forteresse), d’autres ironiques (Le dessert du diner, un tiramisu mou qui lui rappelle qu’il a mis un caleçon à élastique mou) mais toujours très déstabilisant : suis-je à la hauteur pour comprendre un tel bouquin ?

Je ne pouvais pas faire la queue pendant près d’une heure pour lui dire que j’avais aimé ses précédents livres mais que je ne comprenais rien à « Boussole ». J’étais en quelque sorte déboussolé par ce livre qui me paraissait être plus un essai (non transformé) qu’un roman.

Deux jours plus tard le dimanche 13 décembre nous participions à une marche de l’association du quartier de Goise, la traditionnelle marche du deuxième dimanche du mois. Plusieurs marcheurs étaient présents jeudi soir pour écouter Mathias Enard ; tous avaient trouvé cette présentation très intéressante, mais aucun n’avait encore lu le bouquin sauf un que je ne connaissais pas très bien, Bernard, je crois. Il m’apprit qu’il était un proche de la famille et qu’il connaissait Mathias depuis sa plus tendre enfance. Il l’admirait depuis ses premiers écrits mais acceptait autant mes critiques pour « Boussole » que mon enthousiasme pour « La rue des voleurs » et « Parle-leur de batailles, de rois, et d’éléphants ». J’ai même eu le culot de lui dire que ce récit me semble être une compilation de divers écrits épars sur des thèmes n'ayant peu de choses en commun mais relies entre eux par une histoire à dormir debout.

Et du fond d’un fantasme que j’ai heureusement gardé pour moi, je me suis demandé si je ne pouvais pas faire quelque chose de similaire avec les billets de mon blog auxquels je tiens le plus. Attention je ne vise pas le prix Goncourt, ni même à chercher un auditeur pour une diffusion commerciale. Non ! Ce n’est qu’un modeste blog de griot, dont il est clair pour moi que ses derniers mois sont comptés. Mon blog ne dépassera pas les dix années d’existence ou à la rigueur les 1000 billets ce qui devrait arriver sensiblement au cours de l’été 2017. Avant de fermer le blog j’aimerai créer une sorte de book-recueil personnel avec éventuellement quelques exemplaires pour la famille et les proches. Rassembler les meilleurs billets, ceux auxquels je suis attaché, me débarrasser des nombreuses scories où les billets inutiles totalement dépassés, lier les bons grains par une histoire à trouver dans laquelle j’ajouterai quelques éléments très personnels que je ne pouvais pas mettre sur le net : Pourquoi pas, comme dans « Boussole » au cours d'une une nuit de réflexion et de discussions dans une grande ville accueillante : Non ça ne sera pas à Vienne en Autriche, mais  Grenade en Andalousie ferait incontestablement l’affaire. Je n’en dis pas plus à ce stade, il faut que le projet murisse et Pilou ma chérie andalouse devra m’aider, me soutenir. Il me faudrait aussi reprendre Boussole et le terminer. Il faudra attendre les soirée d'été et comme je sais maintenant comment ce livre est structuré je pourrai facilement zapper les chapîtres cultureux (Ah! le bla-bla sur la grande musique..... que je remplacerais avantageusement par une analyse des grands westerns des années 50 à 70 )

Pour finir ce billet ‘’A moments choisis’’ sur cet hiver déboussolant que pourrais-je ajouter ?

Quelques bons films vus au cinéma : « El Abrazo de la serpiente » un film de Ciro Guerra qui nous a emmené chez les indiens en Amazonie Colombienne.

Par contre le 2 février nous sommes aussi allés voir un ‘’connaissance du monde’’ consacré à l’Amazonie très décevant.

Divers autres films m’ont bien plu en ce début d’année dont le plus intéressant à mon avis est le film d’Alejandro Gonzales Inarritu « The revenant » avec Leornado DiCaprio. Il me faudra prochainement faire un billet ciné-cure sur le talentueux réalisateur qu’est le mexicain Inarritu.

La plus grande déception au cinéma fut « Huit salopards » de Quentin Tarantino.

Mais le meilleur moment culturel de cet hiver fut le concert de Lisa Simone En fait il y en eut deux, en soirée les 11 et 12 janvier. J’ai assisté au premier. Lisa a interprété des chansons de l'album « All is Well » de sa tournée d’été notamment au festival de Jazz de Marciac, auxquelles elle a ajouté quelques chansons qui seront sur son très prochain album qui a été enregistré en décembre. 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article