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Presse aidant…. Macron, ça marche ou pas ?

13 Septembre 2016 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Il faut bien reconnaitre que la presse ne fut guère surprise par la démission du gouvernement d’Emmanuel Macron. Nous avons été gâté avec les très nombreux articles, le plus souvent à la ‘’Une’’ sur le jeune homme pressé qui fait vendre. Quand je pense qu’il a quelques jours un procès été fait au président Hollande qui avait, parait-il, plus d’échanges avec les journalistes qu’avec ses ministres. Manifestement ce n’était pas vraiment des échanges ; il n'y avait qu'un bavard.

Moi, bêtement, je croyais que Macron était plutôt de gauche certes une gauche non socialiste et très, très modérée, mais il avait eu des responsabilités auprès de François Hollande dès la campagne de 2012. Quand, au meeting du Bourget, le futur président avait dit que son ennemi était la finance, il l’a entendu, comme moi ! Moi ça ne m’a pas empêché de voter pour Hollande et Macron, sans doute, aussi.

Je vais essayer de comprendre ce type pour qui je serai peut-être obligé de voter pour éviter que Sarko revienne ou pire encore que Madame Le Pen débarque …  Et Juppé ? Heu… là je ne suis pas sûr.

J’ai beaucoup de journaux à disposition pour essayer d’y voir clair. Mais avant je propose une petite analyse fantaisiste du patronyme ; y-a-t-il des mots homonymes voire des noms célèbres ? Eh bien oui !

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Macron

1/ Le macron est un diacritique, autrement dit un signe sur une lettre qui permet soit de modifier le son, soit de différencier ce mot de ses homonymes. Les accents, les trémas, les cédilles sont des signes diacritiques, des macrons. On commencerait peut-être à comprendre certaines confusions au sein de l’exécutif.

2/ Le macron fut un temps chez les scientifiques une unité de longueur astronomique qui ensuite s’est appelée le parsec et qui correspondait à 3.2616 années-lumière. Cette unité est certes aujourd’hui obsolète mais il est intéressant de voir qu’elle permettait d’évaluer des parcours inimaginables, des rêves de grandeurs. Cette analogie distanciée est énorme.

3/ Enfin, il y eut un personnage historique qui s’appelait …. Macron (Quintus Naevius Cordus Sutorius Macro) (né vers 21 av. J.-C  et mort en 38). Il devint préfet du prétoire romain en 31 après la déchéance de Séjan sur décision de l’empereur Tibère. Mais selon Tacite, Macron aurait été aussi, en 37, l'assassin de Tibère dans le cadre d’une conspiration qui allait amener Caligula au pouvoir. Macron n’en fut pas récompensé car devenu encombrant, il fut invité à se suicider sur ordre de Caligula nouveau tyran au pouvoir. Ca fait froid dans le dos ! Mais bien sûr cela n’a rien à voir avec ce qui se passe en politique française de nos jours. Quand je pense que certains ont croqué des caricatures de César et Brutus ; ils avaient tout faux ! Il fallait penser à la relation Tibère-Macron ; mais qui donc s'inspire de Caligula ?

Le lecteur aura sans doute compris que ce facetieux laïus d’introduction traduit dans le fond ce que je pense, un peu, du personnage.

Maintenant il me faut passer à la revue de presse avec de très sérieux extraits d’éditoriaux ou de tribunes de journaux respectables. Pour chaque extrait j'ai souligné la phrase la plus particulièrement pertinente du texte.....  à mon humble avis.

Commençons par l’éditorial du Monde du 1er septembre « Le symptôme Macron » (Extraits) :  « C’était au mois d'avril. Dans une vie antérieure. Le ministre de l'économie venait de donner un énième signe d'impatience et d'émancipation. La création de son mouvement, En marche  !, valait constat d'échec du gouvernement et de faillite de la gauche. L'affront au président de la République, qui l'avait choisi, choyé et promu, était stupéfiant. Quelques jours plus tard, François Hollande avait cru le laver d'un mot : '' Il sait ce qu'il me doit...la loyauté ''. En prenant l'initiative de démissionner du gouvernement, Emmanuel Macron vient de lui répondre. A l'évidence, il estime ne plus rien lui devoir. Sans préjuger de la suite qu'il lui donnera, le geste est cruellement symptomatique du marasme où sont aujourd'hui plongés le chef de l'Etat, la gauche qui gouverne, le pays même…. ( )... C'est également pointer l'obsolescence des partis politiques, à commencer par le Parti socialiste, astre mort à ses yeux, incapable de porter des idées neuves et de mobiliser les énergies collectives…. ( )… Bref, Macron est le symptôme d'un " vieux monde qui se meurt ", comme disait Gramci. Un vieux monde bloqué, qui le sait mais n'a plus ni l'imagination ni l'énergie de se réinventer. Un vieux monde assez vermoulu pour qu'une jeune ambition, certes très supérieure à la moyenne, crée une impression ou une illusion de renouveau. L'ancien ministre est-il pour autant porteur d'un "nouveau monde’’ qui tarde à naître, le remède aux maux qu'il dénonce ? Pour l'heure, tout permet d'en douter. Ni son bilan à Bercy, somme toute modeste, ni les idées générales qu'il a jusqu'à présent développées ne dessinent des réponses originales ou un projet charpenté. Il assure que tout cela est en chantier et sera présenté dans les deux mois. Fort bien. On demande à voir. D'autre part, l'espace politique dans lequel Emmanuel Macron se situe et qu'il entend incarner relève en France du fantasme : la grande alliance des  progressistes contre les conservateurs de tout bord. Le seul problème est que, outre son enracinement dans l'histoire du pays, ce clivage entre gauche et droite est structuré par l'élection présidentielle et nos modes de scrutin qui imposent cette bipolarisation. Le centriste François Bayrou a tenté de sortir de ce carcan. Sans succès. Enfin, avec quelles forces, quelles troupes, quels moyens M. Macron entend-il mener son entreprise ? Son aventure personnelle lui garantit la liberté, pas la puissance. Ses talents de communicateur lui permettent de prendre la lumière. Pas encore d'éclairer les Français. Sur tout cela, il devra sortir du flou. Sauf à n'apparaître, ce qui serait un comble, que comme le digne héritier de François Hollande »

En complément à cet éditorial, le lecteur pourra lire dans cette édition du Monde un article très détaillé de Cédric Pietralunga et David Revault d'Allonnes dont le titre est « Itinéraire d’un enfant gâté »   http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20160901/html/1250793.html

Éditorial de Laurent Joffrin dans Libération du 31 août (Extraits) : « Solitaire : … ( ) .. Il fallait un talent certain pour passer en moins de deux ans du statut de conseiller important mais inconnu à celui de pré-candidat présidentiel. Macron doit cette ascension météorique à l’espoir de renouveau qu’il a fait naître dans une partie de l’opinion, qui veut des têtes nouvelles et de nouveaux comportements … ( )… Mais il doit aussi à François Hollande qui a mis sur orbite cet ovni politique qui l’abandonne dans la difficulté. Ce sera le premier obstacle sur la route solitaire d’Emmanuel Macron. Si le Président se présente malgré son actuelle infortune, un Macron candidat endosserait, qu’il le veuille ou non, le costume de Brutus, un rôle que les électeurs goûtent rarement... ( )…. Si le Président renonce à se présenter, la voie sera libre, mais elle restera étroite… ( )… Quand on se place au dessus du système – louable ambition – on risque de se retrouver dans les nuages. On passe de Brutus à Nimbus…… »

Éditorial de Cécile Cornudet dans Les Echos du 31 août : « Le pari fou (Extraits): Il l’a fait ! Pas encore trente-neuf ans, novice en politique, pas d’implantation locale, des réseaux faiblards, pas d’idées connues hors économie, pas de place définie sur l’échiquierni gauche, ni droite – et une affection qui semblait réelle pour François Hollande. Emmanuel Macron a fait ce que personne d’autre n’avait fait avant lui. Quitter son ministère, tuer le père et se mettre en mesure de le défier pour l’élection présidentielle. Le tout huit mois avant le scrutin. Sur le papier, l’ambition est pure folie. Ses chances de l’emporter sont infinitésimales. Emmanuel Macron est un visage neuf qui sait prendre la lumière. Un ministre au bilan mitigé. Un ‘’enfant’’ politique tout ébaudi de l’électricité qu’il provoque….( )…. Emmanuel Macron a l’audace démesuré de ceux qui croient en leur destin, mais il a aussi mieux que quiconque compris le rejet des Français pour la politique. Sa vraie victoire est d’avoir été une voix qui porte (un peu) quand les français n’écoute plus…( )… D’avoir incarné un mince espoir quand la politique n’en offre plus. Cet espoir est virtuel….( )… peut-il être réel ? C’est toute la question. Peut-on être un candidat crédible à la présidentielle sans entrer dans le moule ? Comment bâtit-on un projet, suscite-t-on des soutiens, collecte-t-on des fonds et obtient-on 500 signatures ’’autrement’’ ? Et quasi seul ? Le défi est herculéen. Même si en une seule journée, Emmanuel Macron a montré qu’il avait vu juste sur un point. L’attente pour ‘’autre chose’’ est immense. »

Tribune de Frédéric Saint-Clair sur Figarovox 31 août : « La démission risqué d’Emmanuel Macron (La dernière partie de la tribune): On perçoit dans sa décision de démissionner, un défaut de connaissance des stratégies de pouvoir propres à l'élite politico-médiatique. Posons-nous cette question: Comment est-il devenu la coqueluche du Tout-Paris? En trois temps: 1. Le pouvoir. 2. Le contraste. 3. Le rêve. Le pouvoir est celui né d'une position politique dominante, et qui, de tout temps, fascine ; surtout les média qui aiment à mettre le pouvoir en scène, à le starifier. Le contraste est marqué par le décalage sans cesse réaffirmé entre son appartenance à un gouvernement socialiste qui tente, tant bien que mal, de résister aux sirènes libérales pour faire œuvre sociale et sa position sociale-libérale. Macron, dans un tel gouvernement, est constamment du côté de l'interdit, du côté du tabou. Il franchit régulièrement la ligne rouge. Il transgresse et cela créé une émulation ; cela favorise toutes les anticipations. On en arrive ainsi au troisième élément, le rêve, né de la position singulière d'un jeune et talentueux héros stendhalien aux allures aristocratiques à qui tout est permis car tout semble lui réussir. La France a besoin de rêver. Elle aime les personnages romanesques auxquels elle peut s'identifier. Les médias s'empressent alors de créer les statues dont ils savent qu'elles ne dureront qu'un temps, car, une fois la passion envolée, l'idole sera sacrifiée. Souvent à la moindre erreur. Souvent de façon aussi aveugle et unilatérale qu'elle avait été encensée quelques temps auparavant. Emmanuel Macron aurait dû se méfier, et ne pas perdre de vue que le Tout-Paris ne représente la France que sur le papier glacé. Dès qu'il ne sera plus ministre de l'Économie, dès qu'il sera descendu du piédestal où François Hollande l'a invité à grimper, dès qu'il aura à la fois pris ses distances avec la gauche du PS, mais aussi avec sa composante sociale-démocrate, dès qu'il sera entré en concurrence avec la multiplicité des candidats, c'est à dire la foule des individus engagés en politique et qui estiment que leurs idées sont meilleures que celles des autres, dès que sa position de pouvoir n'incitera plus les médias à se tourner constamment vers lui, dès qu'il aura perdu cette aura que lui conférait le fait d'être ministre de l'Économie à 38 ans, pour n'être plus qu'un homme politique comme tant d'autres, dès qu'il faudra que ses idées séduisent, et non plus seulement l'image que lui confère son statut privilégié, dès qu'il faudra que sa parole porte plus haut que celle, à la fois de la classe politique, mais aussi des intellectuels et surtout plus haut que les conversations de bistrot qui auront tôt fait de dénigrer les propositions qu'il aura mis tant de temps à peaufiner, dès que la statue aura été renversée, laissant l'homme presque seul au milieu d'une foule immense d'individus préoccupé seulement de leurs petits intérêts mesquins qu'il faudra pourtant convaincre pour être élu, à ce moment-là Emmanuel Macron mesurera ce que ce pas de côté, qui semblait terriblement audacieux et nécessaire, avait en réalité de maladroit et de précoce.

Pour finir ce billet je reviens au journal Le Monde avec un article du 2 septembre que je ne peux pas développer, ce billet étant déjà trop long. Cet article de Nicolas Truong a pour titre et pour thème « Emmanuel Macron, un intellectuel en politique ? La mise en scène de sa formation philosophique et de sa proximité avec Paul Ricœur est critiquée par certains universitaires » Le lecteur pourrait le trouver par le lien suivant : http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20160902/html/1250940.html

 

( A suivre)

Presse aidant…. Macron, ça marche ou pas ?

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argoul 14/09/2016 10:01

Belle moyenne des commentaires des zélites médiatiques, fort zélotes de ceux qui sont au pouvoir... et adorant taper sur ceux qui le snobent. Mais cela ne répond en rien à mon hypothèse : si la conjoncture est si mauvaise que Hollande décide de ne pas se représenter - et s'il met tout son poids (il a grossi depuis 2012) dans la balance pour soutenir Macron... alors quoi ? Les Zélites zéloites se seront encore trompées en horde, comme d'habitude ?