Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Trop poli-tic…… Allons nous vers une primaire raisonnable de la gauche socialiste ou vers son implosion ?

27 Novembre 2016 , Rédigé par niduab Publié dans #trop poli-tique

En cette soirée de triomphe de François Fillon dans le cadre du processus de primaire de droite et du centre, incontestable modèle de démarche démocratique et en ces heures de rumeurs d’implosion imminente de l’équipe gouvernementale suite à l’interview du Premier ministre dans le JDD, il me semble urgent de donner mon modeste avis qui, tout au plus, ne sera lu que par une petite centaine de personnes (peut-être deux centaines grâce aux amis).  Je n’ai pas aimé et je regrette cette intervention de Manuel Valls, notamment en ce jour de rassemblement de la droite sur le projet le plus réactionnaire. La prise de position du Premier ministre parait être la dernière touche avant implosion de la gauche de gouvernement !      

Et pourtant ….. Je confesse que je me se sens plus proche de Valls que de Hollande ou de Montebourg et autres…..    

Et pourtant j’avais trouvé en milieu de semaine dans le journal « Les Échos » une tribune de Manuel Valls qui me semble être la feuille de route la plus constructive pour s’opposer à la casse du modèle social français que propose François Fillon.                            

 Et pourtant j’espère toujours que Hollande n’ambitionnera pas un humiliant impossible second mandat.                                              

 Je suis d''autant plus inquiet pour l'avenir de notre pays que je crains, dans le cas d'un second tour opposant la droite et l'extrême droite, que le programme de monsieur Fillon n'entraîne un grand risque de victoire de madame Le Pen quand les français auront un peu mieux bien compris ce qui les attend avec la politique antisociale proposée par la droite.

Je propose ci-après la tribune du Premier ministre, de jeudi dernier, dans les Échos avec en fin de billet, en conclusion, un dernier conseil à Manuel.

Réparer les dégâts de la mondialisation.

« Que montrent avec force le Brexit et l'élection de Donald Trump à la présidence américaine ? Le retour du protectionnisme, de l'isolationnisme, et plus largement, une remise en question de la mondialisation, au cœur même de deux pays qui en étaient pourtant les chantres... . Dans les deux cas, la défiance vis-à-vis de ce qui est vu comme un «système» a été sous-estimée. Et dans les deux cas, la colère et la profonde inquiétude des peuples ont éclaté au grand jour.

La mondialisation a longtemps été la promesse de plus de prospérité, de plus d'emplois. Or, il faut se rendre à l'évidence : cette promesse n'a pas été tenue. Pour beaucoup, et en particulier parmi les classes moyennes et populaires, la mondialisation est synonyme d'insécurités.

Insécurité économique, d'abord, le choc a frappé de plein fouet les territoires industriels comme la Lorraine, le Nord, le Pas-de-Calais. L'insécurité, c'est aussi cette crainte que notre identité soit à terme condamnée, qu'elle disparaisse dans un grand tout uniformisé. Insécurité, enfin, face à la question migratoire : la crise migratoire sans précédent que l'Europe traverse depuis 2015, est vue comme une preuve de l'impuissance des États.

Toutes ces insécurités sont renforcées par un sentiment d'injustice, alors que des normes importantes - conditions de travail, respect de l'environnement - ne sont pas appliquées dans certains pays émergents, soumettant nos industries, notre agriculture à une concurrence déloyale. Sentiment d'injustice, aussi, alors que des mécanismes d'optimisation fiscale, de «délocalisation des profits», permettent à des multinationales d'échapper à l'impôt.

Nous avons, trop longtemps, minimisé l'ensemble de ces questions, fait comme si elles n'existaient pas, laissant le champ libre aux populismes et à leurs solutions démagogiques. Il faut donc avoir ce langage de vérité : la mondialisation fait beaucoup de dégâts. Elle exerce une pression sur les travailleurs. Elle se joue des frontières, qui sont un repère nécessaire pour nos Nations dans une économie ouverte. Elle est aveugle aux considérations environnementales.

A tout cela, il faut apporter des réponses. Nous devons reprendre notre destin en main, nous servir de la mondialisation, pas la subir, ni en sortir ! La mondialisation est un fait. Mais elle n'intègre ni l'homme, ni sa condition. Il faut donc humaniser, orienter, réguler la mondialisation. La mondialisation doit être mise au service des peuples, au service du peuple !

Il nous faut, d'abord, lutter contre l'insécurité économique. C'est la responsabilité première des États. Oui, les politiques nationales comptent ! C'est cela le patriotisme économique et social. Chaque pays a son rôle en matière de compétitivité, d’innovation, de formation – et nous avons fait beaucoup dans ces domaines.

L'Europe a aussi une responsabilité particulière. Elle doit être notre interface dans la mondialisation. Elle est l'échelle à laquelle nous pouvons, collectivement, peser.

Or il faut le reconnaître, l'Europe a beaucoup déçu. Par idéologie ou naïveté, elle n'a pas suffisamment défendu nos intérêts dans le monde.

L'Europe doit, plus encore, protéger nos emplois, nos salariés. Elle doit être plus ferme au plan commercial, défendre nos intérêts agricoles et industriels - je pense à la sidérurgie. Exiger aussi, purement et simplement, la réciprocité, notamment dans l’accès aux marchés publics.

L'Europe doit aussi assumer une vraie politique de croissance, investir, s'endetter s'il le faut, pour permettre à de grands champions européens d'émerger. Cela implique aussi de réorienter la finance vers l'économie réelle, c'est-à-dire le financement de nos entreprises, de nos infrastructures, de nos investissements. Cela suppose de lutter contre les critères technocratiques imposés à nos assureurs, qui les freinent dans leurs investissements.

L'Europe doit en parallèle garantir notre souveraineté industrielle. La France et l’Allemagne peuvent travailler à un dispositif européen de contrôle des investissements stratégiques, en complément des dispositifs nationaux existants. . Nos grands partenaires sur la planète disposent de tels mécanismes.

L'Europe doit enfin agir pour enrayer les distorsions de concurrence... Si l'on doit pour cela taxer les produits importés de pays qui ne voudront pas mettre en œuvre l'accord de Paris, eh bien allons-y !

Faudra-t-il, par ailleurs, instaurer un pacte environnemental au niveau mondial, qui fixerait un socle juridique, avec une valeur contraignante ? Certains vont même jusqu'à proposer une Cour internationale de l'environnement, à l'image de la Cour pénale internationale….. Ces propositions méritent je crois d'être approfondies.

Nous devons tout faire pour lutter contre l'insécurité économique, cette crainte que notre identité se dilue. La mondialisation ne sera jamais au service des peuples si elle ne reconnaît pas leurs choix, leur singularité, leurs valeurs.

Nous, Français, devons assumer totalement notre combat pour l'exception culturelle. Nous plaiderons toujours en faveur du droit d'auteur, ce mécanisme essentiel pour financer la création.  Notre identité, c'est aussi le choix d'un certain niveau de protection sociale. D'autres pays peuvent faire d'autres choix.  Mais à partir du moment où nous avons le grand marché intérieur européen en partage, il faut établir un socle commun de droits sociaux. L'initiative de la Commission Juncker visant à définir un tel socle doit être fortement soutenue, mais il faut y mettre de la substance : salaire minimum européen, réglementation du travail détaché…

Il doit aussi y avoir une convergence en matière de fiscalité, et d'abord en matière d'impôt sur les sociétés. Je propose de lancer une initiative dans ce sens, d'abord avec l'Allemagne et ensuite avec tous ceux qui voudront nous rejoindre.

L'économie numérique soulève des enjeux spécifiques, en matière de fiscalité. Je crois utile de mettre en place, avec nos partenaires qui le souhaiteront, un mécanisme pour taxer les entreprises dans les États où leur chiffre d'affaires est réalisé et au prorata de celui-ci.

L'Europe doit enfin apporter des réponses à l'insécurité face aux flux migratoires. Elle doit pour cela mieux contrôler ses frontières. Maîtriser nos frontières, c'est aussi un enjeu de sécurité, pour lutter contre la menace terroriste. Beaucoup a été fait ces derniers mois, très largement à l'initiative de la France, pour renforcer - voire refonder - Schengen. L'Europe doit également encadrer strictement tous les flux au sein de l'UE. Les individus, les armes à feu, les capitaux.  Des mesures ont été prises. L'urgence, aujourd'hui, c'est leur mise en œuvre rapide.

Il faut enfin combattre l'immigration illégale, en Europe, comme dans chacun de nos pays. Ce n'est que comme cela que nous pourrons accorder l'asile, accueillir dans les meilleures conditions ceux qui fuient les guerres, les persécutions.

Pour peser dans la mondialisation, il faut construire ces nations fortes et cette Europe puissante et protectrice.

Je veux que la nation France ait une stratégie offensive dans la mondialisation. Elle est dans son rôle quand elle est pionnière, et montre le chemin à ses partenaires, pour reposer les règles du jeu. Mais l'Europe doit lui emboîter le pas très vite, se ressaisir. Elle a commencé à le faire. Il faut faire plus, beaucoup plus. Si tous les États membres n'y sont pas prêts, allons-y avec ceux qui le sont ! C'est comme cela que l'Europe fera la démonstration qu'elle sait être réactive, se réformer, conduire les transformations nécessaires.

Je crois profondément que la France doit faire partager sa vision de la mondialisation : une mondialisation au service des peuples, car il y va de l'intérêt de tous les peuples. C'est au fond cela, l'esprit français : être une Nation qui voit plus loin qu'elle- et que ses seuls intérêts et qui sait aussi travailler dans l'intérêt de chacun.

Manuel Valls, Premier ministre.

Pour conclure ce billet, très probablement inutile, j’exhorte Manuel Valls à ne pas se présenter contre Hollande, cette démarche serait suicidaire pour tous. Si Hollande persévère dans sa fuite en avant, laissons-le aller au casse-pipe et commençons à poser les premières pierres d’une nouvelle gauche de gouvernement s’appuyant sur cette tribune, ce texte fondateur qui pourrait même, en gommant les égos (?), amorcer un rapprochement avec certains thèmes chers à Arnaud Montebourg et Benoit Hamon. 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article