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Trop poli-tic …. Les copains d’avant…

11 Janvier 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #trop poli-tique

J’emprunte le titre de ce billet à un article de l’Obs de la semaine dernière. Je reprends même, en introduction, une partie de cet article qui raconte la naissance et l’aventure du NPS (Nouveau Parti Socialiste), une aventure dont je fus acteur et dont je garde nostalgiquement de très bons souvenirs mais aussi des regrets quant à l’échec de cette tentative de rénovation et une grande leçon politique qui m’a rappelé une vieille blague : « Comment fait-on entrer quatre éléphants dans une Renault 4cv à toit ouvert’’. C’est simple on en met deux à l’avant et deux à l’arrière ». Eh bien au NPS ce ne fut possible que durant trois ans …. Et encore les derniers temps ça se gâtait. Il y eut certes une tentative avec trois à l’avant…. Mais lil faut croire que la seule possibilité pérenne eut été un seul devant et tous les autres derrière.

Voici , en bleu dans le texte, un extrait de l’article de Cécile Amar : « Ils sont candidats les uns contre les autres et vont s’affronter lors de trois débats télévisés, mais Benoit Hamon, Arnaud Montebourg, et Vincent Peillon ont aussi ont aussi bataillé ensemble. Côte à côte ils ont animé pendant trois ans un courant du Parti socialiste…. (..)… A la Rochelle, en 2002, 400 militants se pressent dans une salle pour écouter les orateurs de ce futur NPS (j’y étais). Le congrès du parti est prévu pour l’année suivante. Le 16 octobre, à la Sorbonne, le lancement est spectaculaire (j’y étais encore…un moment magique !). C’est la ‘’ journée des 1000 ‘’dans un grand amphithéâtre. Et les idées fusent : La VIe République pour Montebourg, la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux de Peillon, une autre politique économique chère à Hamon. Chacun avait un parcours, une filiation différente : Celui que je connaissais le mieux c’est Vincent Peillon, j’étais à ses côtés depuis le congrès de Liévin (novembre 1994) ; c’était un proche de Lionel Jospin, sa plume. Arnaud Montebourg avait fait ses premiers pas au PS dans le courant fabiusien et tout comme Peillon il devint député pour le quinquennat Jospin. Les deux copains furent chargés d’une enquête parlementaire sur les paradis fiscaux. Benoit Hamon a débuté chez les jeunes rocardiens et fut pendant deux ans (1993/95) président du MJS puis, pendant le quinquennat Jospin, attaché au cabinet de Martine Aubry. Le quatrième éléphant de la 4 cv était, au début, Julien Dray qui dirigeait avec Mélenchon le courant de la gauche socialiste, mais Dray fut le premier a quitté le navire NPS. Au meeting de la Mutualité en février 2003, il n’était plus là et rapidement il a rejoint une caravane bien plus confortable, celle de François Hollande. Ce meeting de la mutualité fut aussi un grand moment de NPS. Les conditions météorologiques très hivernales avaient empêché de nombreux militants de se déplacer et pourtant la salle était pleine à craquer. L’équipe dirigeante était alors très unie. J’ai encore vu Vincent et Arnaud, quelques semaines plus tard, dans une salle pleine à Bordeaux. Et pourtant quelques mois plus tard lors du congrès de Dijon c’est Hollande qui l’emportait, haut la main, avec 61.4%. Le NPS, avec 16.9%, fit un score honorable pour une première participation, mais décevant au regard de l’engouement suscité notamment chez les jeunes militants. Petite consolation le NPS devançait la gauche socialiste de Mélenchon (16.3%).

Il me semble que le courant est resté uni derrière ses deux leaders malgré ou grâce aux différences de style entre Montebourg l’avocat et Peillon le prof de philosophie. Et contrairement à ce qu’écrit Cécile Amar je ne pense pas que le NPS ait commencé à se fracturer lors du référendum européen ; bien au contraire, ce référendum a freiné des velléités d’égos. Pour moi c’est au cours de l'été 2005, que ça a commencé à vraiment se gâter, avec la préparation du congrès du Mans….. Et pourtant lors du vote des motions à l'automne 2006  le NPS progressait  avec 23.6%, la motion Hollande perdait du terrain avec 53.6%, la troisième place revenant à Fabius avec 21.2 %. Hollande voulait obtenir une synthèse : Au Mans Peillon et Hamon l’acceptèrent, poussés par Emmanuelli qui en juillet avait rejoint le NPS. Montebourg la refusa et se préparait à créer, avec ses troupes, un nouveau courant. Le plus curieux de cette histoire étant que c’est Montebourg qui, en juillet 2006, a plaidé pour qu’Emmanuelli soit accueilli avec ses amis au NPS. La belle aventure NPS était terminée.

Lors de la primaire interne pour l’élection présidentielle de 2007, Peillon et Montebourg se sont retrouvés pour soutenir Ségolène Royal tandis qu’Hamon choisissait Laurent Fabius.

Pour le congrès de Reims en 2008 Benoit Hamon et ses amis ont proposé une motion qui obtint 18,5%. Montebourg soutenait Martine Aubry qui fit 24.3% et Vincent Peillon retrouvait Manuel Valls sur la motion de Ségolène Royal qui virait en tête avec 29.1%. Pour le poste de 1er secrétaire national Benoit Hamon posa sa candidature face à Martine Aubry et Ségolène Royal. Au 1er tour Hamon fit 22.6%, Martine Aubry 34.5% et Ségolène 42.9%.Au second tour Martine Aubry l’emportait officiellement avec 50.02 %. Un résultat que conteste toujours Ségolène Royal…. Et manifestement il y a des doutes…

Montebourg et Hamon ont continué à faire vivre leur courant et à se positionner sur une ligne de gauche. Vincent Peillon a lancé un mouvement en 2009 nommé ‘’l’espoir à Gauche’’. Il organisa notamment en août 2009 un rassemblement à Marseille où se côtoyaient entre autres Cohn-Bendit, Marielle de Sarnez, J.L. Bennahmias, Robert Hue, Christiane Taubira mais j’y ai aussi rencontré de nombreux socialistes dont Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem, Patrick Mennucci etc… A noter qu’à cette période Vincent Peillon et Manuel Valls avaient amorcé un rapprochement. Je dois aussi rappeler que Valls, sans être NPS, acceptait de participer aux débats du NPS notamment lors des universités d’été du courant à Fouras. Je me souviens d’un jeu de références et citations à Mendes France entre lui et Montebourg.

Pour la primaire citoyenne d’octobre 2011 Montebourg et Valls se présentèrent au 1er tour, avec 17.2% pour Montebourg et 5.6 % pour Valls. Pour le deuxième tour Ils se sont tous les deux désistés pour Hollande. Valls plus spontanément que Montebourg.

Trop poli-tic …. Les copains d’avant…

J’ai quelques fois parlé de Peillon, Montebourg, Hamon et Valls sur ce blog et je vais tenter de retrouver ces billets.

 

Récemment, le 27 novembre 2016 je faisais un billet qui concernait Manuel Valls en y intégrant une tribune qu’il avait publié dans le JDD. Je ne propose pas d’extraits, le lecteur se reportera sur ce billet par le lien suivant : Trop poli-tic…… Allons-nous vers une primaire raisonnable de la gauche socialiste ou vers son implosion

 

Le 21 mai 2015 avec le billet « A livre ouvert …..Les grands garçons » je présentai le livre de Claude Askolovitch. En voici quelques extraits :

Dans le deuxième chapitre « My friend », Askolovitch revient sur l’épisode du remaniement ministériel fin août 2014 et les départs de Montebourg, Hamon et Aurélie Filippeti. « Manuel est un garçon simple. On ne peut pas garder au pouvoir un ministre devenu une bombe à retardement. Il ne se fâche pas contre Arnaud. Comment se fâcher contre Arnaud…..On le perd, simplement, et la vie avancera…

Avec Benoit Hamon, ministre de l’Éducation qui tombe sur un malentendu, il est navré, amical, embêté de cette fatalité de circonstances….

Il ne se fâche, en réalité, que sur la troisième débarquée…. Elle prend pour les autres et pour elle-même, et il lui dit ce qu’il pense : « Vous faites n’importe quoi !... Toi, Arnaud, Benoit, vous tombez tous, les uns après les autres, vous renoncez !.....»

Dans le chapitre sept « L’ennui et le désordre » Claude Askolovitch, revient encore plus en arrière pour dépeindre le parcours de Montebourg. Il évoque notamment une histoire que j’ai bien connu celle du NPS et ses deux chefs Peillon et Montebourg : «…. Ces deux là se sont choisis. Vincent est l’aîné, il a quelque chose d’adulte et de didactique, posé et intellectuel, et une pratique de la chose politicienne qu’Arnaud ne possède pas…… Vincent a de lui-même une haute opinion, pas injustifiée. Arnaud aussi, qui possède en plus l’aisance charmante et l’absence d’inhibition qui manque au philosophe. Belle équipe. Dans quelques années, c’est la pitié de tout ça, Arnaud et Vincent se haïront. La course au pouvoir les aura égarés l’un à l’autre….. »

Le chapitre onze « Être furieux d’avoir raison » poursuit l’analyse de nos garçons qui cherchent, chacun sa voie, et sans ausculter l’hypothèse DSK, puis après sa chute le positionnement de chacun pour la primaire. « …..Manuel est pragmatique. Il rallie Hollande sans barguigner, tirant avantage de son petit score pour faire mouvement… Il veut gouverner et sait que la gauche va gagner….. Montebourg aussi rallie Hollande mais en y mettant le temps. Il n’y croit pas, et puis se force….. Vincent Peillon rassemble depuis des mois des experts et des professeurs pour inventer une politique de gauche dans l’Éducation nationale….. »

 

En juin 2011 j’avais analysé le dernier livre d’Arnaud Montebourg qu’il était venu présenter à Niort. « A livre ouvert …Des idées et des rêves » dont voici un extrait :

« J’ai encore pu m’entretenir un instant avec Arnaud avant d’entrer dans la salle pour lui dire que je soutenais pleinement son orientation à la gauche du PS et je fus surpris de sa réponse : il récusait ce jugement. « Les propositions que je fais sont autre chose qu’un simple gauchissement ». J’ai retrouvé; le lendemain, un article entretien dans « Le Monde » du 22 novembre 2010 où il précisait déjà sa pensée et son positionnement : « Les cent propositions que je fais sont un alliage nouveau. Sur la sécurité je suis chevènementiste, sur l’écologie, je suis vert modéré, sur la finance je suis communiste de philosophie, sur la ré-industrialisation je suis Modem, sur le social je suis aubryiste, sur l’économie je suis transformateur, sur la démocratie je suis mendésiste. Donc je suis indéfinissable »

 

En mars 2013 c’est un livre de Vincent Peillon que j’avais présenté. Il était Ministre de l’Éducation nationale depuis 9 mois et sa réforme rencontrait des oppositions des enseignants et surtout des parents d’élève. J’étais convaincu de la nécessité et de l’urgence de cette réforme et j’ai fais un acte de militant en publiant « A livre ouvert…Refondons l’école pour l’avenir de nos enfants »

 

Fin avril 2010 j’ai fait un billet « Souvenirs en vrac.... Supplément socialiste au livre de la jungle » dans lequel je comparais des informations d’un livre d’Aurélie Marcireau. Extraits : « Quelque chose était cassé avec Jospin y compris par la suite pour Vincent : (« Lionel Jospin je l’idolâtrais ! ….. L’image que j’avais de lui était fausse. Mon admiration tenait beaucoup à ça : le protestantisme intellectuel, l’honnêteté, la rationalité protestante…p. 210 et 221) ».

Schéma identique pour Manuel Valls mais lui vis-à-vis de Rocard qu’il avait longtemps admiré « Il y avait dans le rocardisme une forme d’inefficacité politique à conquérir le pouvoir …. Rocard est très lunatique et ne porte intérêt pour les gens qui ont travaillé pour lui…» (p 136), mais lui est moins critique envers Jospin dont il fut l’un des principaux collaborateurs à Matignon « Jospin est beaucoup plus attentionné » (p. 137)».

Je ne cite que rapidement Benoit Hamon et sa troupe d’ex-jeunes rocardiens qui ont pris un virage à 180 degrés pour occuper maintenant auprès d’Emmanuelli l’aile gauche du parti…..

Des points communs, quand même, entre eux : la rupture avec le mitterrandisme. Montebourg dans son remarquable essai « La machine à trahir » n’est pas tendre avec l’ancien président « qui entendait faire respecter son domaine réservé » 25 ans après l’avoir dénoncé dans « Le coup d’éclat permanent ». Peillon était en 1995 le « nègre » de Jospin et c’est lui qui a proposé la formule du droit d’inventaire. Cette formule fut rejetée plusieurs fois par le candidat avant d’être enfin prononcée au meeting des floralies à Vincennes. C’était le 9 avril 1995 et j’étais à côté de Vincent quand la phrase décisive fut prononcée et, euphorique, mon ami me dit : « Vises un peu la tronche des éléphants. »

Manuel Valls a toujours tenu une ligne originale dans le parti…… C’est un parler vrai qui raisonne bien à mes oreilles de cadre du secteur privé engagé à gauche…. Même si parfois il est quelque peu surprenant ; notamment avec son volte-face lors du référendum interne du PS…. (p.120) : il militait ardemment pour le NON et c’est surtout lui, par ses arguments, qui m’avait convaincu de suivre cette ligne…. je lui ai donc demandé de venir dans les Deux Sèvres pour un débat organisé où il eut en face de lui pour défendre le OUI, Julien Dray…. Rien à dire, a priori, car Il a tenu parfaitement son rôle… sauf que quelques jours plus tard il changeait de position pour se conformer au choix de la majorité du PS…. Il aurait simplement suffi, par respect pour le parti et comme l’ont fait les militants NPS, qu’il ne fasse plus ouvertement campagne pour le NON… mais ce changement de ligne à la dernière minute pour soutenir le OUI, m’a profondément déçu et gêné…. Ça ne faisait vraiment pas sérieux….. »

 

Des anecdotes avec ''les grands garçons’’ selon la terminologie de Claude Askolovitch, j’en ai parsemées un peu partout sur ce blog : dans des billets ‘’trop poli-tic », dans des billets ‘’A livre ouvert’’, de façon plus diffuse dans la rubrique ‘’Souvenirs en vrac’’ et même parfois en camouflage. Ainsi le billet « Ciné-cure… Accords et désaccords» où j’évoque dans le 1er tiers le film de Woody Allen et pour le reste du billet mes accords et désaccords avec Montebourg.

Extrait : « longtemps admiré cet homme ; je me souviens des années 2002- 2006 et de ses discours enflammés où il citait souvent Pierre Mendes France. J’ai dévoré son premier livre « La machine à trahir » où il n’est pas tendre avec Mitterrand. Il a une très haute idée de la fonction présidentielle et il a déjà dit qu’il ne se présenterait plus qu’à une seule élection, la présidence de la république. J’ai longtemps accepté cette perspective (Mon choix pour le 1er tour de la primaire de novembre 2011). Aujourd’hui je ne suis plus du tout sur cette ligne car il m’a trop déconcerté ces derniers mois. De tous les garçons de Claude Askolovitch il est celui qui m’a le plus déçu.

Et pourtant pendant les premiers mois du quinquennat Hollande, j’étais assez satisfait de voir Montebourg soutenir le rapport Gallois et j’approuvais sa démarche volontariste et sa communication en marinière et made in France. Je l’appréciais comme ministre du redressement productif et je souscrivais au portrait qu’en faisait un de ses proches, Paul Allies un autre ancien de NPS : « Montebourg est sur un créneau moderniste, avec quelques classiques républicains, mais pas sur le périmètre habituel de la gauche du PS (…). À la gauche du PS, on prône le primat du social sur l’économie. Arnaud fait l’inverse : pour lui, le social passe par l’économie ». Je trouvais alors qu’il était pleinement dans son projet tel qu’il l’a décrit dans son livre « Des idées et des rêves »

 

Voilà après ce petit tour du passé des ‘’copains d’avant ’’ il ne reste plus qu’à les suivre demain soir lors du 1er épisode de la primaire de gauche en espérant l’ambiance des débats soit sereine. Pour ce qui me concerne mon choix est quasiment déjà acquis à Vincent Peillon que j’ai trouvé magnifique samedi soir dans l’émission ‘’On n’est pas couché’’.

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