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Histoire de rôles........ Christophe Colomb, la découverte du Nouveau Monde

14 Février 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #Histoire de rôles

Le destin de Christophe Colomb né en 1451 près de Gêne, fut très tôt lié à la mer. Selon la biographie de son fils Fernando il se mit au service de René d’Anjou en 1472 et reçut à 21 ans le commandement d’un navire corsaire. En 1476 il s’installa à Lisbonne et commerçait dans différentes zones de l’Atlantique, des Canaries au sud, à Madère à l’Ouest jusqu’au nord des îles britanniques et poussant probablement jusqu’en Islande. En 1479 il épousa Filippa, fille de Bartolomeu Perestrelo, ancien gouverneur de Porto Santo, île de l’archipel de Madère. Colomb reçut de sa belle mère l’ensemble des cartes et documents de son défunt mari. Colomb vécut, en famille, plusieurs années à Madère, où il commença à concevoir son projet d’atteindre les Indes par la route occidentale. « Colomb alla vivre dans l’île de Porto Santo pour la seule raison qu’il voulait naviguer, y laissant sa femme, et parce que cette île, ainsi que la proche Madère, était de découverte récente, il commençait alors à y avoir un grand concours de vaisseaux pour la coloniser, et avait chaque jour des nouvelles fraîches des découvertes que l’on venait de faire » Son projet il alla, tout naturellement le présenter au Royaume du Portugal vers 1485, mais un groupe d'experts, choisi par le Roi Jean II, le rejeta sans appel.

Suite à ce refus il se rendit en Castille, « débarquant au port de Palos, proche de Hueva où il avait des amis et de la famille à laquelle il voulait laisser son fils Diégo ». Et puis à Palos de la Frontera, il y avait le monastère de la Rabida, où étudiait son fils aîné fils Fernando et où il avait des amis moines « Il y trouva un moine cordial, Fraï Juan Pérez qui écouta avec sympathie sa merveilleuse histoire ». Les moines qui s’adonnaient à l’astronomie l’accueillir chaleureusement et lui suggérèrent d’aller à Cordoue et demander audience à la Reine Isabelle. Il s’y rendit fin janvier 1486, mais « le Roi et la Reine étaient à Madrid et il fut reçu le 20 janvier par Alonso de Quintanilla, Contador major, c'est-à-dire chef trésorier et comptable du roi et de la reine. Mais en cet hiver 1486, le trésor était complètement à sec. Le royaume dépensait tout ce qu’il avait dans la croisade contre les Maures. Quintanilla devait-être à ce moment-là fort inquiet de l’état du trésor royal et lorsqu’il il entendit Colomb lui soumettre dans un langage si convaincant les merveilleuses possibilités qu’offrait un voyage vers l’Ouest, on ne s’étonnera pas qu’il se soit arrangé pour lui faire ouvrir les portes de Mendoza, cardinal d’Espagne, le troisième personnage le plus important du royaume….Ayant obtenu accès auprès de cet homme puissant Christophe Colomb était sûr d’être entendu par le Roi et la Reine ». Cette rencontre eut lieu fin avril ou début mai, mais les souverains ne pouvaient, au mieux, que le renvoyer la commission des experts qui siégeait à Salamanque et qui était dirigé par Fraï Hernando de Talavera, par ailleurs « confesseur de la reine et homme à tout faire de la couronne ; celui dont la fidélité, l’esprit de sacrifice, l’intelligence et l’expérience étaient attestés depuis des années.» La commission de Salamanque rejeta le projet estimant qu’il ne s’appuyait que sur des suppositions et des données fausses. Le collège des experts savait non seulement que la terre était ronde mais avait une certaine idée de sa circonférence, que ce soit par les mesures d’Ératosthène ou les calculs plus récents de mathématiciens comme Pierre d'Ailly, les évaluations les plus basses pour atteindre la Chine étaient deux fois plus supérieures à celles retenues par Colomb.

Malgré ces refus Colomb cherchait d’autres appuis en Espagne, mais la conjecture était peu favorable. La monarchie et les puissants de Castille concentraient leurs efforts sur les campagnes contre les irréductibles Maures du royaume de Grenade.

Afin de garder Colomb en Espagne et d'éviter qu’il propose son projet à un autre monarque, le roi et la reine lui attribuèrent, en 1489, une petite rente et certaines facilités en Espagne. Christophe Colomb las du traitement qu'il recevait de la part de la royauté espagnole, commençait à prendre des dispositions pour un voyage à la cour du Roi de France.

C’est alors qu’intervint un nouveau personnage Don Luis de Santangel. « Il était un l’un des hommes les plus influents du royaume. Esccribano de Racion du Roi Ferdinand d’Aragon, sorte de ministre des finances, il était naturellement un ‘’converso‘’ (un juif baptisé, un nouveau chrétien). Il trouvait le projet de Colomb d’autant plus intéressant que le traité d’Alcàçovas interdisait aux Rois Catholiques toute expansion maritime méridionale par le chemin du levant ; ils étaient très contrariés du succès des explorations portugaises, de leur progression vers l’océan Indien. Si le projet de Colomb réussissait, il ouvrirait des opportunités exceptionnelles aux ambitions expansionnistes des Castillans. Santangel réussit à convaincre la reine Isabelle, mais Colomb rappelé à la cour ne lâchait rien sur ses prétentions, notamment son désir de prétendre au titre d’Amiral perpétuel de la mer Océane. Sur ce plan là, Santangel sut encore convaincre la Reine. « Le projet est digne d’intérêt. Sur ce point vous êtes d’accord. Pourquoi barguigner sur des privilèges et sur des honneurs ? S’il vous rapporte les Indes, pourquoi ne pas le faire, Amiral ? S’il ne ramène rien, il n’y a pas de mal. Voyez comme il est avantageux. Soyez raisonnable : accepter ses revendications, puisqu’elles sont soumises au succès de son expédition. Et s’il réussit, laissez-le obtenir ce qu’il mérite, puisque vous récolterez beaucoup plus. »

Le 2 janvier 1492, les Rois catholiques achevèrent la prise de Grenade et entrèrent dans la ville. Le 17 avril furent signées les Capitulations de Santa Fe, un contrat entre la Couronne et Colomb par lequel le couple royal se réservait la propriété des terres qui seraient découvertes en échange du soutien économique apporté au projet. D’autre part, Isabelle et Ferdinand cédaient aux prétentions du Génois et lui accordaient le titre de vice-roi à vie et gouverneur de toutes les terres qu’il découvrirait, celui d’Amiral héréditaire de la mer Océane , ainsi que 10% des trésors qui seraient découverts et un huitième des recettes provenant du traffic et des commerces.

Le 3 août 1492, Christophe Colomb appareilla à Palos de la Frontera avec 89 marins répartis sur deux caravelles, la Pinta et la Nina, et une nef, la Santa Maria. Il fit une escale aux Canaries afin de changer le gréement de la Pinta et de se réapprovisionner, avant de reprendre la mer.

Trente-trois jours plus tard, le 12 octobre il apercevait la terre :

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Christophe Colomb regagnait la Castille, le port de Palos le 15 mars 1493. Durant le voyage de retour il écrivit une lettre aux souverains de Castille et d’Aragon ; Il en fit aussi une copie à Luis Santagel à qui il devait d’avoir pu faire ce voyage.

 

« Lettre à Luis de Santangel

Seigneur,

Parce que je sais que vous aurez plaisir de la grande victoire que Notre Seigneur m’a donnée en mon voyage je vous écris cette lettre par laquelle vous saurez comment, en trente jours, je suis arrivé aux Indes […..] comment j’y ai trouvé quantité d’îles peuplées de gens en nombre et comment d’elles toutes j’ai pris possession pour leurs Altesses. [….]

Quand j’arrivai à la Juana [Cuba], j’en suivi la côte vers le ponant [l’Ouest] et la trouvai si grande que je pensai que c’était la terre ferme, la province de Catay [La Chine], j’allai de l’avant sur ledit chemin, convaincu de ne pouvoir manquer les grandes villes ou cités. Après nombre de lieues, n’apercevant aucun changement sur cette côte […] j’envoyai deux hommes par les terres s’enquérir d’un roi ou de grandes cités. Ils marchèrent trois jours et trouvèrent une infinité de petits villages et des gens innombrables, mais sans nul signe de gouvernement […] J’entendais assez bien d’autres Indiens que j’avais pris tout d’abord pour comprendre que toute cette terre était une île. [….]

A dix-huit lieues vers l’Orient, il y avait une autre île que je nommai bientôt l’Hispaniola [Haiti]. Les gens de cette île et de toutes les autres que j’ai découvertes ou dont j’ai eu connaissance vont tout nu, hommes et femmes, comme leur mère les enfantent, quoique quelques femmes se couvrent un seul endroit avec une feuille ou un fichu de coton qu’à cet effet elles font. Ils n’ont ni fer, ni acier, ni armes. [ ….] Ils ne font profession d’aucune secte ou idolâtrie, mais croient tous que les forces et le bien sont dans le ciel. Ils croyaient aussi fermement que j’en venais avec mes navires et mes gens ? [….] Aussitôt que j’arrivai aux Indes, je pris par force quelques-uns des habitants pour qu’ils puissent apprendre de nous et me renseigner sur tout ce que recélaient ces régions. Ce fut ainsi que, par la suite, nous nous entendîmes tant par paroles que par signes [….] Et là j’ai fait construire enceinte et forteresse [….] J’y ai laissé des gens en nombre suffisant pour semblable cas, avec des armes, de l’artillerie et des provisions pour plus d’un an [ ….] ; et cela en grande amitié avec le roi de cette terre, tant qu’il se glorifiait de m’appeler son frère et de me tenir comme tel [….]

Je n’ai pas rencontré comme beaucoup le pensaient, d’hommes monstrueux dans ces îles ; tout au contraire, ce sont des gens de gentil commerce. [….] Ainsi, je n’ai pas trouvé de monstres et n’en ai pas eu connaissance, si ce n’est d’une île Quaris, la seconde à l’entrée des Indes, peuplée de gens que l’on tient dans toutes les îles pour très féroces. [….] Leurs Altesses peuvent voir que je leur donnerai de l’or, autant qu’Elles en auront besoin et si faible que soit le secours qu’Elles m’accorderont ; dès maintenant, des épices et du coton. [….]

Quoique de ces terres d’autres aient parlé ou écrit, ce n’était que par conjectures, sans pouvoir alléguer les avoir vues, mais je comprenais bien ce que la plupart entendaient et jugeaient plus pour fable que pour autre chose. C’est ainsi donc que Notre Rédempteur a donné cette victoire à nos très illustres Roi et Reine et à leurs royaumes rendus fameux par un si haut fait dont toute la chrétienté doit avoir joie et qu’elle doit célébrer à grandes fêtes, rendant à beaucoup de ferventes prières solennelles grâces à la Sainte Trinité pour une telle exaltation que sera la réunion de tant de peuples à notre sainte foi et ensuite pour les biens temporels qui en reviendront non seulement à l’Espagne mais à toute la Chrétienté, recevant ainsi consolation et profit.

Fait sur la caravelle, au large des îles Canaries, le 15 février 19493, l’amiral.»

 

Sources :

Pour la première partie du texte : En caractères noirs, divers extraits ivoire paragraphes tirés du volume 22 de « Histoire & civilisations, complétées d’informations de wikipedia et même du film, en caractères violets ‘'1492’’ de Riddley Scott. Un film remarquable et ce notamment dans sa première partie, consacré, comme ce billet, au premier voyage de Christophe Colomb.

En caractères bleus des extraits du livre «Christophe Colomb» de Salvador de Madariaga, édition Presse Pocket de 1991.

En caractères verts, extraits de la lettre à Luis de Santangel : page 39 du Hors série Le Point référence : Ces voyages qui ont changé le monde.

Remarque : on peut trouver sur internet une version intégrale de la lettre aux Rois Chrétiens, à l’adresse suivante : http://www.deslettres.fr/lettre-de-christophe-colomb-aux-rois-catholiques-trente-trois-jours-apres-avoir-quitte-cadix-je-suis-entre-dans-la-mer-des-indes-ou-jai-trouve-plusieurs-iles-remplies-dhabitants/

 

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