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Idées & débat............Inquiètudes pour l'euro et l'Europe.

9 Février 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #Idées-débats

Les difficultés de François Fillon et la montée du populisme en Europe et notamment du F.N en France font craindre pour l’avenir de l’euro et de l’Europe comme en témoignent quelques articles de presse de ces derniers jours.

 

Élection présidentielle : la spéculation monte encore d’un cran. Extraits d’un article d’Isabelle Court dans ‘’Les Échos’’ du 8 février.

 

« Positionnement tactique ou véritable défiance envers la France ? Une chose est sûre : l’approche de l’élection présidentielle française crée des remous sur le marché de la dette. La preuve en est la vive tension observée ce lundi sur le ‘’spread’’, autrement dit, l’écart de taux entre la France et l’Allemagne, (…) quand Berlin se finance à 10 ans à 0.36%, l’Paris doit emprunter à 1.13%.

La conférence de presse de François Fillon, venu se défendre suite au ‘’Pénélopegate’’ n’a rien arrangé. Au contraire. Les marchés ne font que réévaluer chaque fois, les chances d’un second tour avec Marine le Pen et celle d’une victoire de la candidate, la seule à prôner la sortie de l’euro, comme elle l’a réaffirmée dans son programme le week-end dernier. (…) Les investisseurs, notamment étrangers estiment qu’elle augmente à chaque fois qu’un candidat jugé ‘’pro-marché’’ voit sa cote reculer. La perspective d’un ‘’Frexit’’ fait rejaillir les inquiétudes sur le reste de la zone euro.

 

Chronique d’ Arnaud Leparmentier dans ‘’Le Monde ‘’ du 8 février

 

« Ce serait le tiercé calamiteux : après le Brexit et la victoire de Donald Trump, l'élection de Marine Le Pen. Cette troisième ferait imploser l'Europe fondée sur la réconciliation franco-allemande et l'Alliance atlantique. Hantise des Allemands et début de crainte des marchés financiers : l'écart entre les taux d'intérêt français et allemands à dix ans a doublé en quatre mois pour atteindre 0,78 %. Si Fillon s'effondre pour cause de " Penelopegate " et de programme jugé trop dur, seul restera en lice le jeune Emmanuel Macron pour empêcher l'avènement de l'extrême droite.

Trop longtemps, les Français se sont crus protégés du Front national, par ses origines vichystes et la folie de son programme dans un monde ouvert. Mais la donne a changé. D'abord, l'effort de dédiabolisation poursuivi par Marine Le Pen finit par être efficace auprès des moins avertis. On peut expliquer que, en citant de Gaulle, elle pense Pétain, peu importe la véracité du reproche : il ne porte plus vraiment.

Ensuite, les vents lui sont favorables : comment expliquer que la France court au désastre avec Le Pen, alors qu'elle suit presque naturellement le mouvement enclenché non seulement par Vladimir Poutine et les démocraties illibérales hongroises et polonaises, mais aussi par les anciens phares du monde libre, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ? Trump fait pire que Le Pen sur le plan des valeurs et brise toutes les règles de la mondialisation économique régulée. Avec le Brexit, le Royaume-Uni a violé un tabou d'appartenance. Il donne le sentiment que sortir de l'UE est bénin, même si le cas britannique est spécifique, ce pays n'appartenant ni à l'euro ni à Schengen. Marine Le Pen, surfant sur les difficultés françaises indéniables, prétend faire comme les autres. Tout simplement.

La panique sera complète

L'expérience le montre avec Trump, les populistes tiennent leurs promesses. Pour mieux contrer le FN, il faut donc le prendre au mot. L'alpha et l'oméga du programme de Mme Le Pen tiennent dans son engagement de campagne numéro 1 (sur 144) : " Retrouver notre liberté et la maîtrise de notre destin en restituant au peuple français sa souveraineté (monétaire, législative, territoriale, économique). Pour cela, une négociation sera engagée avec nos partenaires européens suivie d'un référendum sur notre appartenance à l'Union européenne. " La consultation aura lieu six mois après la présidentielle, a précisé Le Pen, qui prône le " rétablissement d'une monnaie nationale adaptée à notre économie ". Traduction : sortir de l'euro et revenir au franc dévalué.

Nous nous concentrerons aujourd'hui uniquement sur cette proposition. Cette sortie de l'euro ne se ferait pas à froid, puisqu'elle suivrait le référendum français. Les marchés financiers vont donc anticiper une dévaluation. Demain vos euros vaudront un tiers de moins, quel beau slogan ! La panique sera complète : dès le printemps, chaque Français doté de jugeote ira ouvrir un compte en banque en zone mark tant qu'il en est temps et entassera des euros sous son matelas comme on le fait avec les dollars en Amérique latine. Résultat mécanique de cette fuite des capitaux, une envolée des taux d'intérêt.

On a déjà connu cela, c'était après les errements de mai 1981. Logiquement, Marine Le Pen imposera un contrôle des changes, comme à l'époque de Jacques Delors. Elle pourrait aussi bloquer les comptes d'assurance-vie des Français, dont la valeur s'effondrera avec la hausse des taux. Michel Sapin a justement fait adopter une loi en ce sens, mais Marine Le Pen a promis de l'abroger. Dans ce cas, seuls les initiés récupéreront leur argent à temps, et tant pis pour les personnes modestes et peu informées qui découvriront, un peu tard, que leur assurance-vie ne vaut plus rien.

Certes, mais dévaluer, c'est bon pour les exportations, assure le FN. C'est exact surtout pour un pays comme la France, qui exporte des produits très sensibles au rapport qualité-prix. Mais il existe deux contreparties violentes : les importations, pétrolières et de produits manufacturés, qui vont se renchérir et saper d'autant le pouvoir d'achat des Français. L'économiste Patrick Artus nous prédit 5 points d'inflation supplémentaires. L'affaire coûte 75 milliards d'euros, que ne compenseront pas les 40 milliards d'euros de pouvoir d'achat que prétend rendre Marine Le Pen aux Français.

Second sujet, les dettes : ce sujet n'existait pas dans les années 1990, la dette étant essentiellement détenue par les résidents. A l'époque, on se dévaluait entre soi. En 2017, Etat, particuliers, entreprises et banques devront rembourser aux non-résidents plus de 300 milliards d'euros brut, nous explique Artus.

Les entreprises tenteront de rembourser en pauvres francs, mais elles se verront saisir leurs biens dès qu'elles mettront le pied à l'étranger. Il en ira de même pour toutes les banques françaises, qui prétendront honorer leurs prêts interbancaires en pauvres francs. Pour les emprunts d'Etat, le FN prétend que la loi décidera que les remboursements se feront en francs. Il peut le faire, mais les agences de notation déclareront la France en faillite, laquelle sera incapable de se financer sur les marchés. Bref, un scénario argentin.

Marine Le Pen croit avoir trouvé la martingale dans sa proposition numéro 43 : " Sortir de la dépendance aux marchés financiers en autorisant à nouveau le financement direct du Trésor par la Banque de France. " Merveilleuse planche à billets. In fine, les Français se retrouveront noyés dans des billets de Monopoly, qu'ils essaieront de convertir en devises, d'investir dans la pierre ou de consommer. A la clé, dévaluation ou inflation. Comme le résume, pour Le Parisien, Benoît Cœuré, numéro deux de la BCE, sortir de l'euro, ce serait faire le choix de l'appauvrissement. »

 

« L’Europe assiégée », extraits de l’éditorial de Dominique Seux, dans ‘’Les Echos’’ du 7 février.

« …(…) .. Le paysage est sombre : à l’extérieur, le Brexit et les déclarations de Donald Trump souhaitant la dislocation de l’Europe et de l’euro constituent des coups de boutoir inédits. Jamais un Etat n’avait décidé de quitter le navire.( ..) …En Europe, plusieurs États, ont une conception ‘’libre-service’’ condamnable de l’Union. Certains pays de l’Est disent oui aux fonds structurels et aux travailleurs détachés, mais tordent le nez sur le reste. Enfin, en France même, qui arrive en tête des sondages ? Marine Le Pen, qui promet la sortie de l’euro, voire de l’Europe…(…)…

Résultat : l’Europe affronte les défis les plus lourds depuis 1957 au moment où, pour la première fois depuis lors, elle n’a pas de projet pour les dix ans à venir. Le sommet de Malte apporte-t-il une éclaircie ? On veut le croire. Vendredi Angla Merkel a donné son accord à une Europe ‘’à plusieurs vitesses’’. Défendue à Paris, cette idée neuve à Berlin, intéresse le Benelux, Rome et Madrid. Tant mieux. Une déclaration est prévue en mars pour le 50e anniversaire du traité de Rome..

La refondation pour donner un nouvel élan a besoin a besoin d’aller au-delà des quelques sujets qui sont sur la table comme l’Europe de la défense. Ce chantier est nécessaire pas suffisant. Car c’est bien à l’architecture elle-même de la zone euro qui doit être approfondie. Il est stupéfiant que l’euro, s’il dispose d’une banque centrale, ne soit doté d’aucun organe politique…..(…)…

 

Très bien, mais encore faut-il que les électeurs lucides concentrent leur vote sur des candidats incontestablement pro-européens et enfin décidés à respecter, les engagements vertueux pris par la France pour convaincre nos partenaires de la zone euro à bâtir cette nouvelle architecture.

 

Je reviens sur ce billet, deux heures plus tard, après avoir regardé le show ‘’trumpiste’’ de Marine Le Pen sur France 2. Je suis sidéré par les résultats du sondage éclair : c’est effrayant ! Pujadas a bien essayé de souligner les incohérences de la candidate sur son projet de sortie de l’euro : dévaluation de la nouvelle monnaie par rapport à l’euromark et l’affirmation que ça ne changerait rien pour les français (???). Et la parité avec le dollar ? Et le coût du pétrole en francs ? Et les conséquences sur la dette ; n’y aurait-il que 10% de cette dette d’impacté (220 milliards de dollars) ? Et les conséquences d’un défaut de paiement notamment sur l’épargne des français ?

J’espère que ces incohérences pointées permettront d’apporter des éclaircissements. Je me réserve la possibilité de revenir sur cette conclusion dans quelques jours (ou plus tard avec un nouveau billet).

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