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Idées et débat ….Inquiétudes pour l’euro et l’Europe. (Suite)

18 Février 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #Idées-débats

Ce billet prolonge à celui du 9 février; il a d’ailleurs pratiquement le même titre sauf que j’ai supprimé le point d’interrogation. En conclusion de ce billet, ajouté après le show ’’trumpiste ‘’ de Marine Le Pen sur France 2, j’attendais de grands débats télévisés permettant de souligner le danger du programme économique du FN. J’ai trouvé des informations dans les journaux économiques, très peu lus (euphémisme) par les milieux populaires. Mais rien à la télévision : a titre d’exemple l’émission « C dans l’air » à consacré cette semaine trois émissions à ‘’Fillon’’, plus une à ‘’Trump’’ et hier soir au secteur bancaire que j’ai suivi avec intérêt mais sans la moindre évocation à ‘’Une éventuelle sortie de l’euro’’. Marine Le Pen peut vraiment dormir tranquille …. Et moi cauchemarder ! Pour les lecteurs qui partagent mes inquiétudes voici quelques extraits d’articles de presse.

 

Extraits du dossier intitulé « L’extravagant programme de Marine Le Pen » de l’hebdomadaire ‘’Challenge’’, de la semaine dernière :

« Folie monétaire : La sortie de l’euro : [….]. Quel serait l’impact financier du retour au franc ? Une dévaluation entraînerait immédiatement une hausse proportionnelle de notre dette extérieure libellée en euros, qui s’élève déjà à 325% du PIB (pour l’État et le secteur privé) soit 6300 milliards. Du coup le FN brandit la parade de la lex monetae, qui autorise un pays à redénominer sa dette dans la monnaie de son choix. [.....] L’essentiel de la dette publique étant sous contrat français, l’État rembourserait ainsi les préteurs français en francs et leur ferait payer le coût de la dévaluation. Mais il perdrait alors la confiance et aurait le plus grand mal à revenir emprunter sur les marchés. Pour le chef économiste de Natixis, Patrick Artus, la Lex monetae est inapplicable : ‘’Peu importe la nationalité des contrats, il est impossible de rompre unilatéralement un contrat en changeant de devise. Les agences de notation attribueraient la note D pour défaut de paiement.’’. Il n’y aurait donc pas d’autre choix que de rembourser dans une monnaie dépréciée.

Pour l’État, la dette vis-à-vis des investisseurs étrangers représente 60% du PIB, le reste de la dette publique étant détenue par Les Français. En retenant des taux d’intérêt à 2%, Patrick Artus estime qu’une dévaluation de 30% coûterait au contribuable 7 milliards en plus par an. Quant à la dette privée, elle relève, en grande partie, du droit étranger. ‘’De grandes entreprises, comme la SNCF ou EDF, et les banques emprunte majoritairement sous contrat étranger pour financer des activités situées surtout en France.’’ Pointe l’économiste Paul-Adrien Hypolite. ‘’Elles vont donc rembourser une dette plus élevée avec des recettes dévaluée’’. Le secteur privé étant endetté à hauteur de 265% du PIB, les entreprises, avec des taux d’intérêt à 3%, supporteraient 50 milliards de charges annuelles supplémentaires. Quel que soit le scénario retenu, la sortie de l’euro aboutirait à une hausse de la prime de risque exigée par les prêteurs étrangers, et donc des taux payés par l’État et les banques. De quoi freiner l’investissement des entreprises et des ménages. Pour sortir de ce cercle vicieux, le FN autoriserait le financement de la dette par la Banque de France. C’est la fameuse ‘’planche à billets’’, qui se traduirait par une inflation galopante, amputerait le pouvoir d’achat et ruinerait les épargnants. [….] David Bensoussan »

 

Extraits du dossier « Sortie de l’euro : les cinq questions que se posent les investisseurs » dans le journal ‘’Les Échos’’ du mardi 14 février 2017.

Une sortie de la monnaie unique, thème cher au Front national, commence à inquiéter les marchés financiers. Ce scénario peu probable aurait de très lourdes conséquences, même si l’euro n’a pas rempli toutes ses promesses. […..] L’euro est, de par sa construction, une devise de compromis qui ne peut pas satisfaire tous les pays : trop élevé pour les uns, il détériore leur compétitivité et leurs exportations, alors que d’autres pays le jugent parfois trop faible, avec pour conséquence d’alimenter dangereusement l’inflation. L’euro a grandement facilité les échanges commerciaux entre les pays qui l’ont adopté, tout en devenant aussi la deuxième devise dans le monde. Gage de confiance et de stabilité, la création de la monnaie unique s’est accompagnée d’une convergence des taux d’emprunt des États membres. [….] La crise de 2008 a ébranlé cette convergence. Mais des mécanismes de contrôle et de sauvetage ont été mis en place et surtout l’action de la BCE a rétabli le calme sur les taux, y compris pour les entreprises. [….]

Remplacer l’euro par le franc ne redonnera pas les pleins pouvoirs à Paris pour sur sa politique monétaire. La France peut choisir d’arrimer ce nouveau franc à l’euro ou, si la monnaie unique venait effectivement à disparaître, à un panier de devises européennes. L’avantage de cette solution serait de conserver une forme de stabilité monétaire. Mais ce faisant, la France resterait soumise aux décisions de la <banque centrale européenne ou, en tout cas, à une certaines règles nécessaires pour que le franc ne s’éloigne pas trop de la parité fixée avec les autres monnaies. L’État serait contraint, en outre, de puiser dans ses réserves de change pour défendre cette parité en cas d’attaques spéculatives, comme ce fut le cas dans les années 90 du temps de SME.

Mais si la France décide de se dégager de toutes les contraintes, qu’il s’agisse de taux de change ou d’obligations d’orthodoxie budgétaire, elle s’expose à une vive réaction des marchés. S’ils perdent confiance dans la devise ou dans la politique monétaire française, ils exigeront des taux d’intérêt très élevés. Avec, pour conséquence, une augmentation de la dette et de son coût de financement.

Si les créanciers sont d’accord il serait possible de rembourser en francs une dette contractée en euro. Mais comme le franc le franc devrait valoir beaucoup moins que l’euro, difficile d’imaginer des investisseurs étrangers (soit 60% des créanciers) accepter1 franc pour 1 euro. Les agences de notation ont déjà signalé que ce serait assimilable à un défaut : c'est-à-dire à une modification des termes du contrat défavorable au prêteur. Même si une partie de la dette bénéficie de clauses qui prévoient qui prévoient la consultation des investisseurs dans ce type de situation, in fine, ce sont les tribunaux français qui jugeront car toute la dette de l’État, ou presque est en droit français. Ce qui signifie aussi que l’État peut changer les règles du jeu en modifiant la loi. Les investisseurs attaqueront en justice et multiplieront les contentieux, mais la bataille sera longue et périlleuse. Or pendant ce temps, l’État sera coupé des marchés financiers alors même qu’il a absolument besoin de lever des fonds pour continuer à fonctionner. Ensuite, s’il revient sur les marchés, le coût pour emprunter sera plus élevé qu’avant. Le gouverneur de la Banque de France a parlé d’au moins 30 milliards par an.

Pour les entreprises, la situation devrait être plus difficile car les banques françaises ne pourront pas se substituer complètement aux marchés pour leur prêter. Les groupes français sont ceux qui ont le plus recours au marché de la dette dans la zone euro. Même si 60% des obligations d’entreprises tricolores sont en droit français, elles pourraient préférer honorer leurs remboursements en euros car il vaut mieux ce prix que de se lancer dans des contentieux et perdre l’accès aux marchés.

Enfin rappelons que la Banque de France ne peut pas financer l’État. Une loi de 1973, lui interdit, excluant formellement le recours à la ‘’planche à billet ’’ qui génère une forte inflation et floue les investisseur. Pour éviter un tel cas de figure, la loi assure en outre l’indépendance de la Banque de France. [….] .

 

Dans ‘’ Les Échos’’ du 15 février un complément d’analyse avec l’’article « Pourquoi sortir de l’euro coûterait 30 milliards à la France? » (Extraits)

« Le gouverneur de la Banque de France a assuré sur France Inter qu’un retour au franc alourdirait les intérêts de la dette française de 30 milliards d’euros par an. Un million d’emplois seraient menacés.

Le chiffre est dissuasif. Selon une estimation du gouverneur de la Banque de France, le coût pour l'État d'un retour au franc, prôné par Marine Le Pen, serait d'au moins 30 milliards d'euros, soit le budget de la Défense. Comment arrive-t-on à ce chiffre? Est-ce qu'il se situe dans la fourchette haute ou basse ? Cette estimation se fonde sur l'écart de taux France-Allemagne, avant l'adoption de l'euro sur une période longue. Entre 1986 et 1992 (traité de Maastricht), le ''spread'' France-Allemagne est en moyenne de 1,9%. En 2016, il est en moyenne de 0,4%. Se concentrer sur le ''spread'' et non le taux permet d'annuler l'effet lié à l'environnement de taux, actuellement artificiellement bas mais très élevés à la fin des années 80.

Cela veut dire qu'en adoptant l'euro, les taux d'intérêt de la France ont convergé vers ceux de l'Allemagne, lui permettant donc de se financer moins cher de l'ordre de 1,5 point de pourcentage. Concrètement, quand la France se finance à 2% avec le franc, le taux tombe à 0,5% grâce à la monnaie unique. En sortant de la zone euro et en revenant au franc, le taux auquel se financerait la France pourrait donc faire le chemin inverse et remonter de 1,5 point de pourcentage. La dette publique française atteint actuellement 2.160 milliards d'euros avec une maturité moyenne de 7 ans.

Idées et débat ….Inquiétudes pour l’euro et l’Europe. (Suite)

L'Etat peut-il rembourser en francs une dette contractée en euros ?

Comme une partie de la dette est refinancée chaque année, au bout de 7 ans, le taux du stock aura augmenté de 1,5 point de pourcentage, ce qui fait un montant d'intérêts en plus d'environ 30 milliards par an.

Le coût pourrait même être bien plus élevé en fonction de l'ampleur du choc sur les marchés. Les investisseurs pourraient demander à la France une prime de risque nettement au-dessus du 1,9 % de 1986-92. Par ailleurs, le montant de 30 milliards ne prend pas en compte le coût supplémentaire lié à la dévaluation du franc qu'entend opérer le FN ou qui aurait probablement lieu de toute façon. Enfin une fois la période de 7 ans écoulée, il y a fort à parier que la dette de l'État sera nettement supérieure aux 2.160 milliards actuels.

En outre, cela aura aussi un coût pour les ménages et les entreprises. En effet, les taux qui s'appliquent à la dette privée dépendent du taux de la dette française. Par exemple,  la baisse des taux du crédit immobiliers'explique en partie par la baisse du taux des emprunts d'État français, utilisés par les banques comme ressource. Aujourd'hui la dette privée s'élève à 2.700 milliards d'euros. Le supplément d'intérêt à payer serait alors de 40,5 milliards d'euros.

Idées et débat ….Inquiétudes pour l’euro et l’Europe. (Suite)

Quel pourrait-être les conséquences de la sortie de l’euro sur l'économie en général. ?

En 2011 la sortie de l'euro faisait déjà partie du programme de Marine Le Pen. A l'époque, l'Institut Montaigne s'était penché sur ses implications. Il en ressort qu'un retour au franc provoquerait un séisme économique et social.

Dans le détail, le retour au franc détruirait entre 6% et 19% de la richesse nationale à horizon de dix ans, selon l'étude menée par le think-tank libéral à cette époque. Et cela se traduirait à long terme par la destruction de plus d'un million d'emplois. La dévaluation de 20% de la monnaie augmenterait mécaniquement le poids de la dette par rapport au PIB. L'État serait alors contraint de réduire ses dépenses ou d'augmenter les impôts. Les Français dépenseraient moins, alimentant ainsi le cercle vicieux entre récession, chômage, et moindre consommation.

Enfin, petit détail qui a son importance : pour revenir au franc il serait nécessaire de refrapper la monnaie. Le think-tank estimait à environ 2 milliards d'euros le coût des pièces des nouveaux billets de banque.»

 

A suivre

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