Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Presse aidant ….Divers éditorialistes politiques pour analyser l’évolution, ces derniers jours, le ‘’Pénélopegate’’

4 Février 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Voilà un billet qui n’était pas prévu, avant-hier, quand je me suis lancé pour mon habituel billet géopolitique mensuel. Je propose donc un nouveau billet ‘’Presse aidant » pour traiter de l’affaire ‘’Pénélopegate’’ qui a et aura longtemps des conséquences importantes pour la vie politique française. Avant de reporter quelques extraits d’éditoriaux de journaux français de ces derniers jours je propose de jeter un coup d’œil sur les titres de la presse étrangère.

 

Le quotidien ‘’LeTemps’’ observe que "dans d’autres pays européens, la pression à sa démission aurait été immédiate’’.

Au Royaume-Uni, The Independant ne semble "pas surpris que François Fillon n'ait pas interrompu sa campagne présidentielle. La fraude étant une habitude dans la politique française ainsi que l'aisance avec laquelle des représentants élus peuvent écarter d'un revers de main des accusations bien étayées, selon lesquelles ils remplissent leurs poches avec de l'argent public, est véritablement stupéfiante".

"Si une telle affaire éclatait au Danemark ou ailleurs en Scandinavie, le candidat serait cuit depuis longtemps, estime le correspondant à Paris de la Radio-télévision danoise. Au Danemark, on a du mal à expliquer aux auditeurs comment ce candidat peut continuer à faire campagne."

"Il n'a pas apporté de réponse convaincante", juge le quotidien autrichien Der Standard . "Fillon va devoir apporter des réponses convaincantes pour remettre sa campagne sur les rails", observe le magazine américain Politico  .

"Il y a quelques soucis en matière de communication au sein de l’équipe Fillon", égratigne Le Soir, journal belge qui parle de "bourdes" à répétition de la part de ses proches. Pour le journal italien  La Repubblica, "François Fillon est maintenant soupçonné de ne pas être mieux que Sarkozy". Il est vu comme "quelqu'un qui a pendant des années bénéficié du système qu'il prétend vouloir combattre".

‘’ Le candidat de l'intégrité, l'honnêteté et la transparence a perdu toute crédibilité.", tranche le journal allemand Die Well : "Toute cette polémique a torpillé sa stratégie", abonde le Spegel. Toujours outre-Rhin, le  Frankfurter Allgemeine Zeitung va même plus loin : "Monsieur Propre n'existe plus", écrit le quotidien en gros titre.

"Ce scandale entache ses aspirations élyséennes", constate en Espagne El Pais. D'ailleurs, le "Penelope Gate a déjà causé des dommages dans la campagne", estime La Repubblica "L'affaire a déjà un impact sur sa popularité", rappelle le Taggespiegel en Allemagne.

Le problème, écrit  Le Temps  c'est que "son image est atteinte tant que les investigations judiciaires se poursuivent" et que les électeurs vont se retrouver "toujours plus nombreux à douter", enclenche de son côté La Repubblica   qui voit déjà un "gagnant" dans cette affaire : "Les populistes de droite, comme Marine Le Pen"

Avec ce scandale, "ses chances s'amenuisent", acquiesce en Allemagne le Spiegel.

’Même si Fillon prouve que sa femme a effectué le travail pour lequel elle était payée, l’affaire, nommée le Penelopegate, pourrait rester un long et lent poison pour sa campagne ‘’.’’ son plan d’austérité pour la France repose sur sa propre réputation de probité’’. Le quotidien espagnol El Mundo juge quant à lui en titre que la campagne de François Fillon '' vacille''  

Pour The New York Time, les révélations du Canard Enchaîné sont d'autant plus destructrices pour l'image de François Fillon que le député de Paris "s'est présenté lui-même comme un homme politique austère et honnête".

 

Voyons maintenant quelques éditoriaux français de ces derniers jours

Editorial (extraits) de Laurent Joffrin dans Libération du 2 février.

« Au début, les incendies sont toujours petits. Une étincelle, quelques flamèches, des braises qui volent au vent. Mais si on ne les éteints pas tout de suite, c’est la fin. Telle est la situation de François Fillon. Deux ou trois députés de son propre camp ont dit tout haut ce que tant d’élus et de responsables murmurent de moins en moins bas. Cramé. Il faut trouver un autre candidat. Francs-tireurs ou éclaireurs ?

Un appel imposant publié ce jeudi matin dans Le Figaro tente de noyer le départ de feu. Une vingtaine de caciques proclame leur fidélité à Fillon : les pompiers font leur devoir. Ceux-là s’accrochent à une stratégie qui n’est pas encore caduque. Persuadé - - apparemment -- de sa propre innocence, François Fillon a demandé à ses troupes de ‘’tenir quinze jours’’. Le temps que la justice se prononce. Le calcul n’est pas absurde : la définition de l’emploi d’assistant parlementaire est suffisamment floue pour laisser une grande marge d’interprétation ; il est difficile, en logique et en pratique, de prouver que quelque chose – un travail en l’occurrence – n’existe pas. Les fillonistes peuvent espérer un classement de l’affaire, fautes de preuves. Ils lanceront ensuite la machine à réhabiliter : la justice a tranché, diront-ils, c’était bien une campagne injuste de la presse et de l’opposition. Il n’y aura pas grand monde pour le croire, mais cela fournit un argumentaire. L’ennui, c’est que le mal est déjà fait, en grande partie. Déjà, les trois quart des Français interrogés dans une enquête réalisée avant les nouvelles révélations du Canard ne croient pas à la version Fillon. Et les récents éléments d’intentions de vote tendent à montrer une baisse sévère de la côte du candidat.

Encore quatre ou cinq sondages de la même eau et l’inquiétude laissera place à la panique. On décrétera que le candidat n’est plus un atout, mais un obstacle. La justice chemine, le temps politique galope.

 

Editorial de Cécile Cornudet dans les Echos du 2 février (extraits) : Voyage au bout de la nuit politique :

Jusqu’où mène la colère ? Ou même de Rage ? Car il ne faut pas s’y tromper c’est bien de cela qu’il s’agit.

Si les parlementaires L.R. sont si prompts à envisager l’après Fillon, c’est qu’ils affrontent depuis six jours la furie des électeurs dans leur circonscription. Elle se porte sur eux, sur les médias, sur la justice, elle porte sur François Fillon et sur la politique dans son ensemble. Amère déception sur le candidat ou le sentiment d’être dépossédé de leur vote à la primaire : 4 millions d’électeurs fulminent sur le terrain et menacent de faire contagion. Dans le contexte de ‘’dégagisme’’ que l’on connaitde fascination pour les nouveaux visages et de volatilité des électeurs, qu’est-ce que ce sentiment peut produire ? Une très grande incertitude sur l’élection présidentielle, à n’en point douter. Février est habituellement le mois de la cristallisation des intentions de vote ; il s’ouvre cette fois-ci sur une déflagration. Le candidat le plus légitime possible, François Fillon, élu il y a juste deux mois par une primaire record, menace d’exploser en plein vol. Dès lors, absolument tout parait possible. Y compris une victoire de Marine Le Pen, même si elle est elle-même empêtrée dans des affaires.

Le monde politique est cul par-dessus tête et risque de le rester plusieurs semaines. A droite, on le sent bien chacun pense que dans un tel climat il a une carte à jouer : les quinquas s’y voient déjà. François Bayrou, lui aussi, semble rêver à un retour. Emmanuel Macron, inconnu il y a deux ans, ne fait plus rire personne. Et même le PS se met depuis trois jours à croire la victoire possible. Benoit Hamon se rapproche d’Emmanuel Macron dans les derniers sondages ; Jean-Luc Mélenchon plonge. La droite vacille, le PS reprend espoir……etc »

 

« Le dénouement est proche ». Une analyse du 3 février de Carole Barjon. L’Obs sur Facebook (extraits)

« Le dénouement est proche. C'est-à-dire la mise à mort. Comme toujours dans ces cas là, ce sont les plus proches qui se chargent du sale boulot. C'est donc le président du Sénat Gérard Larcher, l'un des plus anciens soutiens de François Fillon qui va le "débrancher" dans les heures qui viennent.

Larcher ne confirme pas. Mais depuis le début de l'affaire, il est "hystérique" face à l'irresponsabilité de son champion. Comme la plupart des fidèles du candidat qui n'étaient au courant de rien, il se sent trahi. Bien plus grave, le Fillon Gate compromet désormais les chances de la droite de gagner l'élection présidentielle en mai prochain. Conscient d'être l'un des rares à pouvoir parler "cash" à Fillon, et de disposer du poids politique nécessaire, Larcher s'est décidé mardi soir, après la deuxième salve de révélations du "Canard enchaîné".

Après avoir consulté, mercredi et jeudi, la plupart des ténors du parti, comme François Baroin, Laurent Wauquiez ou Bruno Le Maire pour explorer des pistes pour la suite, il s'est résolu à aller voir très vite l'ancien Premier ministre et lui dire en substance : "François, c'est fini."

Le président du Sénat entend également le prévenir qu'il s'exprimera aussitôt après dans la presse… à moins que Fillon ne veuille s'en charger lui-même. Larcher sait l'extrême difficulté de sa démarche. Car depuis quelques jours, l'ancien Premier ministre est requinqué par son meeting de La Villette et le sondage Ifop indiquant que 58 % des électeurs de droite le soutiennent.

Poussé à "tenir" par quelques proches, comme Bruno Retailleau, Gérard Longuet ou sa conseillère en "com" Anne Méaux, qui soulignent sa "légitimité" de vainqueur de la primaire et la vanité d'un quelconque plan B, Fillon veut croire qu'il peut surmonter le cataclysme qu'il a déclenché. Qu'il lui suffira d'investir le terrain à fond, de multiplier les réunions publiques comme celle de Charleville-Mézières hier soir ou celles programmées en urgence, mardi prochain, chez François Baroin à Troyes ou jeudi prochain à Poitiers avec Jean-Pierre Raffarin. Bref, il n'est pas du tout décidé à décrocher.

L'idéal, dans la tête de tous ceux qui, comme Gérard Larcher, pensent qu'il faut mettre un terme à cette course folle, serait que François Fillon adoube lui-même celui qui serait amené à prendre le relais. Afin que la bienséance et les formes soient respectées et, surtout, que l'unité de la famille des Républicains soit maintenue. Pour Larcher, ce successeur ne pourrait être qu'Alain Juppé qui, pour l'instant, ne répond toujours pas au téléphone. »

 

Editorial du Monde du 4 février. Une campagne dénaturée.

« L’élection présidentielle est le dernier scrutin auquel les Français accordent véritablement de l'importance. Dans tous les autres – législatifs, locaux, plus encore européens –, la montée des niveaux d'abstention depuis une bonne vingtaine d'années témoigne du désintérêt ou de la défiance des citoyens à l'égard des responsables politiques. Seule la présidentielle a, jusqu'à présent, échappé à ce délitement démocratique. Bon an, mal an, quatre Français sur cinq continuent à y participer, jugeant que leur avenir et celui du pays s'y décident, tous les cinq ans.

C'est pourquoi la façon dont s'est engagée l'actuelle campagne est calamiteuse. En l'espace de quelques jours, le débat démocratique s'est trouvé paralysé, éclipsé, asphyxié par les révélations touchant le candidat du parti Les Républicains. François Fillon peut bien jouer les outragés, dénoncer des attaques d'une " violence inouïe " et " sans précédent " contre lui, s'emporter contre ce qu'il qualifie, sans sourciller, de " coup d'Etat institutionnel ", la réalité est malheureusement beaucoup plus triviale.

Il se présentait, y compris pour mieux se démarquer de l'ancien président Nicolas Sarkozy, comme le " candidat de l'honnêteté ". Il se flattait d'être " irréprochable ". Tout démontre qu'il ne l'est pas. Les conditions dans lesquelles il a rémunéré ou fait rémunérer pendant de longues années son épouse Penelope ou deux de ses enfants, les sommes en jeu dont il n'a à aucun moment contesté le montant, son incapacité, jusqu'à présent, à apporter la preuve de la réalité d'un travail effectué par ses proches, font plus qu'entretenir le soupçon qu'il s'agissait d'emplois fictifs financés, dans l'opacité des usages parlementaires, par de l'argent public. Il n'y a rien, là, d'illégal, clame-t-il.

La justice tranchera. Mais, quelle que soit sa conclusion, il restera de cette affaire un délétère parfum de favoritisme, de népotisme et d'avantages indus. Au regard de cet enjeu éthique, le point de savoir si M. Fillon jettera l'éponge ou si ses " amis " l'y contraindront apparaît presque subalterne…… (etc)

……..A force de prendre les Français pour des benêts, à force de donner à voir et à entendre de telles formes d'indifférence ou de mépris à leur égard, à force de s'affranchir de la plus élémentaire probité publique, l'on finira, d'une manière ou d'une autre, par creuser un peu plus leur dégoût de la chose publique et par provoquer leur révolte – légitime. Enfermés dans leur sentiment d'impunité et dans leurs égotismes aveugles, les candidats responsables de cet état de fait ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes. Mais trop tard. »

 

Lettre de campagne (extraits) de Laurent Joffrin du 3 févier (par FaceBook)

« ….. Fillon, quand on le regarde, on voit à travers. Il court partout en criant «Le complot ! Le complot ! Le complot !» comme Toinette dans Molière répétait «Le poumon ! Le poumon ! Le poumon !» Mais personne n’y croit. C’est un martyr imaginaire. Son épouse, plus victime que coupable, vient de lui donner le coup de grâce. Reprenons sa phrase prononcée en 2007 et diffusée jeudi soir sur France 2 devant plus de cinq millions de spectateurs : «Je n’ai jamais été assistante de mon mari ou quoi que ce soit de ce genre.» Comme on ne voit pas pourquoi elle aurait menti, interrogée avec candeur par une journaliste britannique, sans aucune pression ni enjeu, elle ruine la défense de son mari qui maintient dur comme fer qu’elle travaillait pour lui d’arrache-pied.

On se demande même si elle savait vraiment qu’elle était au même moment payée par l’Assemblée. Si ses propos reflètent la vérité, il s’agit bien d’un emploi fictif, et donc d’un enrichissement personnel, puisque l’argent tombait sur le compte familial. Selon les sondages, les trois quarts des Français pensent la même chose. C’est donc bien un candidat fantôme qui bat les estrades, ou bien un de ces personnages de dessin animé qui a franchi la limite du précipice sans s’en apercevoir et qui court dans le vide avant de tomber d’un coup.

Il reste à savoir qui se dévouera pour débrancher l’hologramme. La lecture du Figaro ce matin est édifiante. La droite profonde commence à se révolter, les caciques cherchent un plan B et l’éditorial de Guillaume Tabard se termine par cette phrase : «Gérard Larcher est pressenti pour cette tâche délicate. Ce moment, semble-t-il, approche.»….etc ....»

 

Pour ce qui me concerne et n’étant pas spécialement l’un de ses électeurs du 1er tour je fais le constat amer que cette affaire est grave pour la démocratie et je crains qu’elle profite surtout au FN et à madame Le Pen. Le pire est-il possible ? Une éventuelle catastrophe pour la France et l’Europe !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article