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Trop politique… Delphine, dernier espoir socialiste en Deux-Sèvres : C’est possible !

13 Juin 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #trop poli-tique

Les résultats du 1er tour des élections législatives en Deux Sèvres ne sont guère différents de ce qui s’est passé dans l’ensemble du pays ; juste plus sévère pour le Parti Socialiste dans la mesure où dans les trois circonscriptions les sortants étaient socialistes. Deux d'entre eux, Geneviève Gaillard et Jean Grellier ne se représentaient, seule Delphine Batho repartait au combat.

Au 1er tour de l’élection présidentielle le département avait été plus généreux que la France pour Macron avec 27.0% (Fr 24.0%). Il était sensiblement au même niveau pour Mélenchon avec 19.4% (Fr. 19.6%), montrait une légère perte pour Fillon, 18.7% (Fr 20.0%), et affichait une différence plus sensible pour Le Pen 18.0% (Fr 21.3%) et un sévère statu quo pour Hamon 7.0% (Fr 6.4%). En Deux-Sèvres l’abstention était limitée à 18.7% pour 22.2% pour l’ensemble du pays.

 

Voyons maintenant les résultats par circonscription :

1ère circonscription : Le niortais et environs. La députée sortante Geneviève Gaillard (PS) avait obtenu 42.4% au 1er tour de 2012.

Résultats de 2017 (Abstention : 48.1%)

Guillaume Chiche (REM) : 40.6%. Nathalie Seguin (FI) : 16.8%. Marc Thébault ((UDI-LR) : 9.7%. Coralie Denoues (DVD) : 7.3 %. Elodie Truong (PS) : 9.7%. Mme Gendry (FN) 6.9%. Alain Piveteau (DVG) : 4.8%.... etc….. 5 autres candidats.

Pour cette circonscription, où je vis et où j’ai longtemps milité pour le PS et notamment comme proche de Geneviève Gaillard je reprends ci après l’analyse d’Yves Revert l’excellent journaliste de la Nouvelle République :

« Contre lui, ses adversaires auront tout essayé. Apparatchik passé par les cabinets politiques, Parisien parachuté (alors qu'il est né et a grandi à Niort). Jusqu'à cet écho du Canard Enchaîné expliquant que Guillaume Chiche était un faux candidat de la société civile puisqu'il devait son investiture à Stéphane Séjourné, conseiller politique élyséen, passé tout comme lui par le cabinet de Jean-Paul Huchon à la Région Ile-de-France… Aucune de ces piques n'aura atteint son but : à 31 ans, le candidat La République En Marche ! sur la 1re circonscription, avec 40,59 % des voix, a réussi dimanche son entrée fracassante sur la scène politique locale.

Ce n'est pas faute que Marc Thébault, premier adjoint au maire de Niort investi par l'UDI avec l'appui de Les Républicains, ait tenté de lui couper l'herbe sous le pied. Sa tactique : se présenter comme le candidat Macron-bis mais 100 % local. Son élimination au premier tour est aussi la défaite du maire de Niort, dont il était l'homme-lige. D'autant que sur la seule ville de Niort, avec 13,73 %, Marc Thébault ne fait guère mieux que sur l'ensemble de la circonscription (11,37 %). Sa concurrente à droite, Coralie Dénoues (7,25 %) ne s'est pas contentée de faire de la figuration (*). A gauche aussi, le scénario s'avère inédit. Nathalie Seguin (France insoumise) se qualifie pour le second tour (15,85 %). Elle capitalise sur la percée de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle mais pas seulement : dès les législatives de 2012, la militante communiste, déjà candidate, avait réussi à s'ancrer électoralement. Sa qualification dimanche pour le second tour est aussi le fruit de l'atomisation du reste de la gauche. La candidate socialiste Élodie Truong (8,7 %) ne démérite pas dans le contexte actuel, sachant qu'elle a été une des rares à ne pas mettre son drapeau dans sa poche. Mais au final, l'électorat de gauche, hors France Insoumise, a trouvé à s'égailler entre de multiples offres : la candidature En Marche !, celle du PS, le collectif Champ Libre.

Ce dernier, qui prétendait rassembler la sensibilité écolo-sociale en court-circuitant les partis traditionnels, a raté son pari avec moins de 5 % des voix, malgré l'appui de la députée socialiste sortante Geneviève Gaillard. Si on additionne les voix du PS et de Champ Libre, on atteint 13,53 % : la qualification pour le second tour n'était pas tout à fait hors de portée.

(*) On pourrait ajouter que sans candidature dissidente, la droite (Thébault + Dénoues = 21.0 %) aurait privé Nathalie Seguin de second tour. A un degré moindre la présence d’un candidat ex-socialiste soutenu par EELV, Alain Piveteau suppléant de Geneviève Gaillard (par ailleurs tous deux mes amis) lors de la dernière mandature, a privé Elodie Truong, qui n’a en rien démérité, d’un score plus honorable, d’au moins 13.5% et ce, sans compter les électeurs socialistes (j’en connais) qui devant cette situation incompréhensible et très décevante, ont préféré rester à la maison. Pour le second tour, et même s’il n’aura manifestement pas besoin de ma voix, je voterai très probablement pour Guillaume Chiche, (ou blanc ?).

2ème circonscription : Parthenay - Saint Maixent – Melle et le sud Deux Sèvres. La députée sortante Delphine Batho avec 53.2% fut élue dès le 1er tour en 2012.

Résultats de 2017 : (Abstention 47,8%)

Christine Heintz (REM) : 31.6%. Delphine Batho (PS) : 29.7%. Séverine Vachon (LR-UDI) : 12.7%. Charbonneau (FN) : 11.1 %. Yannick Maillou (LI) : 10.6%. Laurence Réau (EELV) : 2.6%.... etc … 2 autres candidats

Je reprends ci-après l’analyse d’Edouard Daniel journaliste de la Nouvelle République

« En cinq ans, Delphine Batho est passée de vainqueur haut la main dès le premier tour (53,18 %) au statut de challenger en difficulté (29,79 %).

Par rapport à nombre de ses camarades socialistes, la députée sortante a limité la casse dans la deuxième circonscription en finissant à 905 voix d'écart de Christine Heintz (31,60 %), parlant même « de résultat exceptionnel ». La candidate de La République En Marche, elle, a réalisé ses meilleurs scores au nord et au sud-ouest du territoire, dont à La Crèche (38,48 %), Parthenay (38,01 %), Frontenay-Rohan-Rohan (37,27 %) ou à Saint-Maixent (32,48 %).

Delphine Batho n'a pu contenir cette vague macroniste que dans le Mellois, notamment à Melle (49,35 %) et à Celles-sur-Belle (37,10 %). C'est dire la performance « satisfaisante » de Christine Heintz, encore inconnue du paysage politique il y a trois semaines. Agée de 56 ans et résidant à Salles, la principale du collège Camille-Claudel de Civray (Vienne) reconnaît avoir « profité de l'élan suscité par Emmanuel Macron avec l'envie d'installer de nouveaux visages ». Sans doute a-t-elle aussi pu compter sur les voix d'électeurs de la droite et du centre, au détriment de Séverine Vachon (12,73 %). Cette dernière, investie par Les Républicains et l'UDI et voulant « s'inscrire dans la démarche du président », a même terminé troisième à Beauvoir-sur-Niort (23,64 %), ville où elle est pourtant élue.

Ne voulant pas connaître le même sort dans six jours, Delphine Batho espère changer la donne. « Emmanuel Macron est assuré de disposer d'une majorité absolue écrasante. Face à cela, il faut que les idées de progrès social, d'écologie et de solidarité continuent d'être représentées à l'Assemblée nationale », assure-t-elle. Un discours en opposition avec celui de Christine Heintz, qui veut casser l'image d'une éventuelle élue « godillote » : « Quand on vote une loi, le texte est longtemps discuté, débattu et l'on peut soumettre des amendements pour le modifier ».

Dans cet entre-deux tours, le report des voix pourrait donc s'avérer décisif. Depuis hier, Delphine Batho a obtenu le soutien de nombreux maires et de deux candidats de gauche : l'écologiste Laurence Réau (2,56 %), qui déclarait, via un communiqué, que « l'Assemblée nationale ne doit pas être d'une seule couleur avec des députés au service de l'exécutif », et l'insoumis Yannick Maillou (10,59 %), qui indiquait sur Twitter : « Ne donnons pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron ». De son côté, Christine Heintz souhaite « convaincre les électeurs dont les candidats ne sont pas présents au second tour » à voter pour elle.

La pêche aux abstentionnistes, qui représentent tout de même 46.023 électeurs (47,75 %), n'est par ailleurs pas à négliger. Pour capter ces réserves de voix, les deux candidates enchaîneront les réunions publiques et les apéros citoyens ainsi que les marchés de la circonscription d'ici vendredi. « Chaque voix va compter », assurent-elles. Avec un écart aussi serré, c'est une évidence. »

Delphine Batho engrange en ce début de semaine, entre deux tours, de nombreux soutiens, dont celui de Roger Belot ex-président de la MAIF et président de la chambre française de l’économie sociale et solidaire. Par ailleurs plusieurs maires ont rejoint son comité de soutien qui compte désormais 95 maires et anciens maires.

Il y a aussi, comme souvent en politique, des mauvais coups : Ségolène Royal a déclaré sur une chaine d’info qu’elle espérait pouvoir travailler avec le président Macron et le gouvernement. La preuve étant que, dans les Deux-Sèvres, elle a voté pour la candidate LREM qui est une très bonne candidate. Sans plus de commentaire ! Oui c’est bien cette circonscription où elle fut députée depuis 1988 et qu’elle a laissé à Delphine Batho en 2007.

Rappelons aussi que Delphine a subi les foudres du Président Hollande qui a mis fin en juillet 2013 à ses fonctions en tant que ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, suite à une interview dans laquelle elle qualifiait « mauvais » le budget 2014 de son ministère et avouait « sa déception à l'égard du gouvernement ». Elle s’en explique dans un livre dont le titre « insoumise » devrait lui permettre un assez bon report des voix du candidat FI.

 

3ème circonscription : Nord Deux Sèvres. Bressuire Thouars Le député sortant Jean Grellier (PS) avait obtenu 47.8% au 1er tour de 2012.

Résultats de 2017 : (Abstention 49.5%)

Jean-Marie Fievet (REM) : 40.2%. Véronique Schaaf-Gauthier (LR UDI) : 19,1 %. Marc Bonneau (PS) : 11.7%. Lucie Chameron (FN) : 10.9%. Philippe Cochard (LI) : 10.1%. Boivin (EELV) : 3.5%.... etc … 4 autres candidats

Je reprends ci-après l’analyse (extraits) de Dominique Hérault journaliste de la Nouvelle République

« Jean Grellier n’aura pas de successeur socialiste dans la 3ème circonscription avec un duel au second tour Fievet (LREM) Schaff-Gauthier (LR-UDI) avec un avantage solide pour le macroniste.

Avec 11.75% des voix (et un exceptionnel 21.6% à Cerizay), Marc Bonneau se classe troisième et bute au pied du podium.

Relégué à la 5ème place, la France Insoumise perd du terrain même si à Thouars Philippe Cochard réussit l’exploit de se classer deuxième avec 17.6% devant Véronique Schaff-Gauthier.

Le Front national n’a pas réussi à faire des législatives, son 3ème tour de la présidentielle. Lucie Chaumeron trébuche au seuil de 11%.

Avec plus de 40% des voix, le sapeur pompier bocain Fievet se qualifie avec une nette avance face à l’ancienne sous-préfète de Bressuire Véronique Schaff-Gauthier qui n’arrive même pas à atteindre la moitié des voix de son rival Marcheur. »

On doit aussi rappeler que le nord Deux Sèvres est traditionnellement une terre de droite où Jean Grellier avait réussi par sa personnalité, son talent à se faire une place. C’est sans doute un moindre mal que cette circonscription se donne à la République en marche.

 

Pour conclure ce billet il me faut bien reconnaître que c’est sur la circonscription niortaise, terre des mutuelles, que le Parti Socialiste a le plus déçu malgré les efforts très méritoires d’Elodie Truong. J’ai quelques bons amis qui doivent aujourd’hui se poser des questions quant à leur choix de "Champ libre". Ce qui ne veut pas dire que cette orientation ne soit pas intéressante pour une la reconquête de la mairie de Niort en 2020. Sauf que cette expérience prématurée et maladroite a surtout profité à la candidate insoumise et communiste.

 

En attendant, il faut se battre pour que Delphine Batho soit élue dimanche prochain dans la deuxième circonscription. Quelle magnifique responsable du groupe socialiste et divers gauches elle ferait !

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