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Brèves de lettres………………… Qui c’est ?

24 Juillet 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #Brèves de trève

C’est un jeu fort intéressant et instructif auquel j’ai participé sur Facebook. L’un de mes amis que je nomme provisoirement  professeur J.P a adressé à ses contacts des interviews fictifs en demandant de découvrir qui était le mystérieux personnage interrogé. Pendant la première quinzaine de juin, prof J.P nous a proposé une dizaine d’énigmes et je dois bien reconnaître que  je n’ai pas été mauvais comme détective mais je vais jouer le modeste façon Brassens dans « Les ricochets »: …. Moi dans ce temps-là, je ne dis pas cela en bombant le torse, l’air avantageux, j’étais à ce petit jeu de première force. Aussi avant de fanfaronner ou de me confesser je vais présenter prof J.P. ou, comme il se définit lui-même, le voyageur temporel qui interviewe de grands écrivains dont la plupart ne sont  plus de ce monde.

En fait je connais bien l’auteur de ces interviews puisque je lui ai déjà consacré six  billets de blog dont quatre dans la rubrique « A livres ouverts » et deux autres dans la rubrique « L’invité ». Et au moment où je me prépare à mettre fin à ce blog, je dois avouer que cette rencontre fut une richesse pour le blog et une source de connaissances pour ce qui me concerne. Le petit jeu de Facebook n’est donc qu’une variante des précédents interviews ce qui explique que j’ai pu avoir quelques réussites à ce jeu.

Pour tisser un lien avec mes anciens billets et présenter Prof J.P. (*) je vais utiliser sa méthode et l’interviewer: Une question par billet et dans l’ordre de parution.

(*) C’est aussi la raison pour laquelle je ne le nomme pas, car les réponses que je lui prête n’engagent que moi. En suivant les liens le lecteur saura qui est cet auteur talentueux auquel je rends hommage dans ce billet quelque peu farfelu.

 

« Ne regrettez vous-pas que François Villon n’ait pas voulu dire qui était la dame blanche.» Oui bien sûr mais un bon journaliste doit respecter les secrets de celui qu’il interroge et à plus forte raison dans le cadre d’« interviews d’outre tombe »

 

« Quelques jours après ce premier billet vous m’avez offert en bonus, les interviews inédits d’Oscar Wilde pour ses « impressions d’Amérique » et de Charles Dickens pour son roman « La maison d’Apre-vent » : Wilde n’apprécie  guère les villes américaines, les bruits du modernisme, les grandes distances à parcourir et le public inculte. Quant à Dickens il déteste le fog et trouve que Londres est une noble et répugnante cité. De bien déprimants voyageurs ces grands écrivains ? J’interroge, relance éventuellement puis transcris mais je ne me permets pas d’analyser leurs réponses. N’’oublions pas quand même que ça se passe  en seconde partie du 19ème siècle. Je me réjouis qu’aujourd’hui les conditions de transport du voyageur temporel soient moins désagréables

 

« Deux mois plus tard vous me faisiez encore cadeau de deux nouvelles interviews ; de Balzac cette fois. Encore des voyages et peut-être des à priori touristiques : d’abord entre la province et le Paris de la restauration avec le ‘’Cabinet des antiques’’: Le marquis d’Escrignion, cette admirable ruine qui avait toute la majesté des grandes choses détruites. Puis un voyage en Norvège avec ‘’Séraphita’’: Ne dirait-on pas que la nature s’est plu à dessiner par d’ineffaçables hiéroglyphes le symbole de la vie norvégienne, en donnant à ces côtes la configuration des arêtes d’un immense poisson. Descriptions explicites mais peu flatteuses ? No comment !  S’il vous plait, respectons les points de vue d’Honoré de Balzac.

 

« Quelques mois plus tard, fin novembre 2012, je découvrais votre livre en ligne « 50 interviews de Jules Verne » ; un vrai régal !  J’y ai consacré du temps et  un long billet où je vous questionnais et vous m’avez fait le grand plaisir de répondre. Je m’étonnais notamment de trouver autant d’anglicismes chez Jules Verne ce que je n’avais pas vraiment  perçu lors de mes lectures d’enfance et d’adolescence. Il me semble que Jules Verne fut le premier à avoir mélangé les deux langues et j’ai voulu montrer que l’abus d’anglicisme n’est pas une tendance récente mais qu’il existait déjà il y a 150 ans. J’y ai recours comme tout le monde. Je vais sortir un roman intitulé ‘’ Vinyles Vintage’’ et je n’allais pas l’appeler ‘’disques de chevet’’ ou ‘’33 tours millésimés ‘’ ça n’aurait pas collé à l’époque.’’»    

 

En février 2013 je découvrais enfin  « Vinyles Vintage » une fiction rock où l’on retrouve Jérôme âgé de 17 ans faisant un séjour linguistique à Londres et c’est là qu’il fait ses premières interviews : Syd Barret, John Lennon, Paul McCartney, Mick Jagger, Bob Dylan, Donovan, Jim Morisson,  Jimi Hendrix …. etc… excusez du peu ! …«  Vous dites que vous n’aimiez pas au réveil l’odeur entêtante du bacon au breakfast mais vous ne dites pas ce que vous preniez à la place pour rencontrer et obtenir les confidences de toutes ces rock-stars. Je vous ferai la même réponse que mon grand père à Wilson Churchill quand celui-ci lui demanda sa recette du coq au vin : Vous ne le saurez pas. »

 

Enfin à l’automne 2013 je pouvais me procurer le « Bob Dylan. Dictionnaire » que j’ai adoré d’autant plus que, plus jeune, je n’étais pas spécialement un fan de Dylan et que je redécouvrais grâce aux superbes adaptations de Francis Cabrel. Il n’y a pas d’interview dans ce livre, c’est donc hors sujet pour ce billet mais il est tellement riche que je devais le mentionner. Une question quand même me turlupine : Jérôme aviez vous envisagé que Dylan puisse avoir le prix Nobel de littérature ? Je ne suis pas devin même si dans ce livre je revendique un objectif pédagogique, implicite mais très accentué : inciter les gens à s’intéresser aux sources de Dylan. Rimbaud, Balzac Villon, Kerouac, Lord Byron (‘’Ballad in plain D’’) Edgar Poe (dans ‘’Mister Tambourine Man’’ par exemple)….»,

 

Voilà pour poser le décors et pour expliquer pourquoi j’étais quelque peu rodé à cet exercice de recherche, d’amusement, de compréhension des interviews fictifs ou d’outre-tombe de Prof. J.P. Parmi celles qui furent transmises sur Facebook j’en reporte partiellement trois ci-après (Trois énigmes dont, of course, j’ai trouvé la réponse et je vais expliquer comment j’ai fait. Confession !)

 

1ère énigme (extraits)

....[..].;.. Vous aimez le port d’Amsterdam ? Il n’y a pas trop de marins qui y chantent ?...

On y voit venir des vaisseaux qui vous apportent abondamment tout ce que produisent les Indes et tout ce qu’il y a de rare en Europe.

En revanche, vous fuyez l’Italie comme la peste ?

Je ne sais comment vous pouvez tant aimer l’air d’Italie, avec lequel on respire si souvent la peste, et où toujours la chaleur du jour est insupportable, la fraîcheur du soir malsaine, et où l’obscurité de la nuit cause des larcins et des meurtres.

Certaines passions vous semblent irrésistibles, irrépressibles ?

Tous les mouvements de nos passions ne sont pas toujours en notre pouvoir. Il arrive quelquefois que les meilleurs hommes commettent de très grandes fautes.

Il faut alors compter sur l’indulgence des souverains ?

C’est l’action la plus glorieuse et la plus auguste que puissent faire les princes, que de pardonner.

Ce fut l’énigme que j’ai trouvée le plus facilement. Ce jour-là je devais faire quelques courses et je n’ai découvert ce texte qu’en fin de matinée. Il y avait déjà quelques réponses ou commentaires qui m’ont mis sur la piste des philosophes modernes ou des lumières. Une info complémentaire (17ème siècle) me menait plutôt à Descartes et un petit tour sur wikipedia confirmait qu’il avait vécu à Amsterdam. Bingo !

 

5ème énigme (extraits)

Monsieur, à Bourg-la-Reine, vous êtes allé  à la messe ?

Oui, pour me désennuyer, ou pour m’ennuyer encore davantage (je ne sais pas bien lequel je dois dire).

Avez-vous eu droit à un sermon ?

Non. De bonne fortune pour nous, le curé était ignorant, et ne prêcha point. ......[....].....

A Orléans, vous avez vu la statue de Jeanne d’Arc ?

Je vis la Pucelle ; mais, ma foi, ce fut sans plaisir : je ne lui trouvai ni l’air, ni la taille, ni le visage d’une amazone.

Il y a deux ans le roi a fait arrêter l’un de ses conseillers ?

« Feriunt summos fulmina montes »…[....]...

Là j’ai un peu flirté avec des recherches faciles mais peut-être inélégantes vis-à-vis des autres joueurs. D’abord j’étais parti sur une mauvaise piste car je connais un peu Bourg la Reine. J’ai certes vite écarté Evariste Galois le plus connu des réginaburguins toutefois plus matheux que lettré. Puis je tentais le coup avec Léon Blois en raison d’indices concordants  (La guerre, Jeanne d’Arc, il vécut et est mort à Bourg la Reine) . Mauvaise pioche. Des commentaires arrivaient dont une info  (un auteur du 17ème siècle) et les réponses recalées citaient : Racine, La Bruyère….etc..  Pensant alors à Corneille Il fallait que je me dépêche et pour cela en passer  par l’EPO  (épreuve piste ouverte…. sur Google ).  Je recopiais la phrase « Je vis la pucelle mais ma foi ce fut sans plaisir ». Bingo à nouveau. ! C’était le voyage de Jean de La Fontaine. (Il n’y avait ni querelle d’animaux ni morale dans le texte. Comment pouvais-je trouver ça sans anti-sèches ?) Je fus une nouvelle fois reconnu vainqueur. J’en étais bien content sans la moindre place à la mauvaise conscience.. Après tout un bon détective utilise toutes les informations disponibles pour arriver au but.

 

8ème énigme (extraits)

...[..].. L’art de la conversation, c’est un art qui s’est perdu ?

On ne cause plus, on n’a plus de conversation, on ne sait plus conter seulement une petite méchanceté gaiement ; mais on sait en faire.

Vous souffrez d’avoir peu d’idées, du moins c’est vous qui le dites ?

Je me déplais à moi-même, en voyant le petit cercle d’idées et de phrases sur lequel je tourne....[....]....

Vous voyez de la sottise partout ?

Il y a deux espèces de sots : ceux qui ne doutent de rien et ceux qui doutent de tout.

Vous fuyez comme la peste les importuns ?

Ceux qui ne savent pas rester chez eux sont toujours des ennuyés et, par conséquent, des ennuyeux.

J’ai trouvé que cet interview était très beau, très riche et là j’ai fait un blocage. Les premières réponses recalées proposaient Maupassant, Flaubert, Baudelaire et effectivement ça sentait la fin du 19ème siècle. Je savais que je ne trouverai pas….. Alors j’ai délibérément repris la méthode testée avec La Fontaine. Car  Il y avait beaucoup de belles maximes dans ce texte. Avec cet ADN, Google devait m’apporter une réponse. J’ai essayé avec «  Il y a deux espèces de sots, ceux qui ne doutent de rien et ceux qui doutent de tout ». Bingo du premier coup !  Le prince de Ligne. Ca je ne risquais pas de trouver !

 

C’est Emmanuel, un sympathique concurrent,  qui m’a donné l’idée de ce billet en faisant le commentaire suivant : « Oui, mais là je demande un contrôle anti-dopage. »

 

J’espère que l’ami Jérôme Pintoux continuera à nous régaler avec ses interviews fictifs.

« Je te promets que dorénavant, si je trouve la réponse grâce à Google, je ne la diffuserai plus sur le réseau et donc accessible  à l’ensemble des participants. Seulement à toi. Promis,  juré….

Et encore mille mercis Jérôme pour ses interviews énigmatiques.»

 

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Pintoux 31/07/2017 18:43

Merci, Daniel. Tu m'as incité à reprendre ma série d'interviews mystérieuses...

Pintoux 31/07/2017 16:26

Je crois avoir trouvé de qui il s'agit !

Daniel 31/07/2017 17:04

Bravo Jérôme , c'est bien toi. Tu as gagné !