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Idées et débat… Les premiers pas d’un exécutif qui peine à préciser sa feuille de route

13 Juillet 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #Idées-débats

Dubitatif ! Voila un mois que les français ont donné une large majorité au président Macron et à son 1er collaborateur. Oui je sais ce n’est pas sympa comme formule mais les balbutiements des derniers jours obligent quelque peu, même si, paradoxalement je suis moins sévère avec Philippe qu’avec Macron,  ce qui était d’ailleurs déjà le cas il y a dix ans pour le couple Sarkozy Fillon.

Dix ans passés..... j’avais alors choisi un titre très proche (Premiers pas) pour mon 1er billet sur ce blog. Au bout de dix ans je m’étais promis de ne plus parler de politique et ce d’autant que je me suis un peu perdu ces temps ci : le social démocrate que je reste, ne sait plus trop à quelle branche familiale se raccrocher. Pour la présidentielle j’ai voté Macron, plus par rejet des autres ou dépit que par conviction ; par traitrise même devrais-je dire car au 1er tour j’ai lâchement, mais nécessairement, largué Hamon dans l’isoloir pour éviter à tout prix un face à face, populiste et souverainiste, Le Pen-Mélenchon. Pour les législatives je me suis un peu ressaisi en votant socialiste au 1er tour et blanc au second tour, le candidat LREM étant, chez moi, nullement menacé par la candidate mélenchoniste.

Dubitatif ! Je suis paumé dans ce flot d’informations où les annonces d’aujourd’hui contredisent celles de la semaine dernière, faites pourtant lors d’un discours de politique générale, largement adoptées par une majorité plurielle de néophytes et de politiciens recasés, tous plus ou moins dépassés et finalement, comme moi,  potentiellement abstentionnistes même quand ils font sans broncher ce qu’on leur demande de faire. Et moi je n’en suis pas trop fier.....

 

Pour ne pas trop noircir le tableau je vais commencer par un point positif. J’ai, plusieurs fois écrit sur ce blog, que la mesure que je reprochais le plus à la gouvernance Hollande (au-delà des frondeurs infantiles et du président qui ne devait pas dire n’importe quoi aux journalistes) c’est l’abandon de l’écotaxe. Dans le cadre de ma profession (ingénierie du BTP) je sais les dégâts que provoquent les poids lourds sur les structures de chaussées et le coût des travaux de réfection à la charge des contribuables. J’ai par exemple constaté l’impact du trafic PL sur la RN 10 reliant Poitiers à Bordeaux, alors que l’autoroute A 10, sensiblement parallèle mais payant, était très peu emprunté par les camions, à l’exception de ceux dont la destination régionale leur imposait ce passage. C’est dire que les ‘’monstres’’ étrangers qui ne font que traverser la France pour rejoindre ou revenir de la péninsule ibérique abiment nos routes sans participer à leur entretien. On peut dire que jusqu’au début des années 2000 le transport routier avait un axe gratuit de Poitiers jusqu’à la frontière espagnole, soit plus de 400 km. puisque la RN 10 entre Bordeaux et Bayonne était aussi gratuite.

Imaginée lors du Grenelle de l'environnement en 2008, votée à la quasi-unanimité par les parlementaires en 2009, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, l'écotaxe poids lourds visait, selon le principe du pollueur-payeur, à inciter au report du fret routier vers le rail et les fleuves, tout en assurant une meilleure couverture des coûts du réseau hexagonal par les transports de marchandises. Elle devait s'appliquer aux 800 000 poids lourds français et étrangers circulant sur 15 000 km de routes nationales et secondaires. Devant la fronde des "bonnets rouges" bretons, le dispositif a été abandonné fin 2013. En février  2017, la Cour des comptes a déploré un "gâchis" qui a fait perdre à l'Etat et aux départements chaque année près de 10 milliards d'euros de recettes.

Dans un entretien donné aux Echos, mercredi 5 juillet, Elisabeth Borne, la ministre chargée des transports auprès de Nicolas Hulot, annonçait que "les flux de camions qui transitent par nos territoires doivent eux aussi contribuer au financement de nos infrastructures". Elle a aussitôt étouffé l'incendie que ne manquerait pas de rallumer un retour de l'ancienne écotaxe, assurant : "Ce ne serait pas une bonne idée de la relancer en l'état." Alors quelle forme pourrait prendre cette nouvelle contribution ? La ministre envisage "des réponses qui tiennent compte de la spécificité des différents territoires", plutôt qu'"une réponse inventée à Paris qui s'applique partout". Plusieurs fédérations de transporteurs routiers ont déjà prévenu que "sous quelque forme que ce soit", l'écotaxe demeure "une ligne rouge pour la profession"Voila une bonne façon de revenir sur le sujet, d’autant que plusieurs régions sont demandeuses, notamment l’Alsace qui voit son territoire envahi de camions  provenant de l’autre côté de la frontière, un axe parallèle mais payant à la route française gratuite. J’espère quand même qu’à moyen terme ces mesures seront généralisées et impacteront notamment la Bretagne.

Voilà pour un projet que je trouve positif.

 

Pour ce qui concerne la poursuite de réforme de la loi travail je reste sur la réserve avec une police d’assurance qui s’appelle la CFDT. Je sais que ce, mon, syndicat saura fixer la ligne à ne pas franchir et je lui fais confiance. Je vois que F.O. est plus conciliante que pour la loi El Khomri ; c’est bon signe.

 

Lors de son discours de politique général le 5 juillet dernier le Premier ministre a annoncé un plan d’économie de 15 à 20 milliards d’euros sur 2018 et des promesses de baisses d’impôts reportées à plus tard. L’effort budgétaire pour tenir l’objectif de déficit inférieur à 3% risque de peser sur l’activité. On est finalement très proche de ce seuil de ‘’confiance’’ aux yeux de Bruxelles et peut-être plus encore de Berlin et en se rappelant que fin 2011 le déficit budgétaire de la France s"élevait à 5.2% il ne faut, peut-être pas, conserver, à court terme, sur ce sujet, une attitude fétichiste. Mais pour ce qui me concerne j’ai surtout retenu que la mesure d’augmentation de la CSG certes accompagnée d’une baisse de cotisations sociales serait immédiate alors que la suppression de la taxe d’habitation serait reportée à la fin du quinquennat.

C’est peut-être la plus grosse surprise de cette déclaration de politique générale, le premier ministre s'est montré d'une grande prudence sur la mise en œuvre de l'exonération de la taxe d'habitation, qui devait être étendue à 80 % des ménages en trois ans, d'ici à 2020. Il évoque désormais une "concertation" et un calendrier "d'ici à la fin du quinquennat ". La preuve que le gouvernement commence cette fois à se heurter à l'épreuve du réel.

Du coup les répercutions que j’avais évaluées pour ma famille (un couple de retraité et nos trois enfants adultes salariés deux dans le secteur privé et une enseignante) passaient de deux gagnants un neutre et un perdant ce qui était a priori acceptable, devenait pour les trois ou quatre années à venir à quatre perdants.

Finalement, et malgré un vote confiance sans appel (les députés LR et le PS d’étant majoritairement abstenus). Les émissions politiques donnèrent rapidement une tendance beaucoup plus critique que le vote des députés ce que confirmèrent les premiers sondages. Dans un très récents entretien publié par Ouest France le Président Macron apportait une correction. « J’ai décidé qu'on n'attendrait pas. " Accusé de vouloir renier certaines de ses promesses de campagne, en reportant notamment à 2019 les réformes de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et de la taxe d'habitation, comme l'a suggéré le premier ministre, dans son discours de politique générale le 4  juillet, Emmanuel Macron a décidé de mettre lui-même les points sur les " i ". Pas question de laisser penser qu'il serait un François Hollande bis, alors que les études d'opinion montrent des premiers signes de défiance.

Dans cet entretien le président de la République assure qu'il ne temporisera pas. Au contraire, il va " maintenir le rythme " des réformes pour " conforter la confiance des Français et des investisseurs ". " Nous devons baisser la dépense publique de plus de trois points de PIB durant ce quinquennat. Et l'on baissera d'un point de PIB, soit 20  milliards d'euros, la fiscalité des ménages et des entreprises. Ce sont, avec le respect des engagements pris, les ancres de note politique ", martèle M. Macron, qui sait, pour l'avoir vécu lors du précédent quinquennat, que les premiers pas d'un gouvernement sont déterminants dans la perception de sa réussite. Le Premier ministre, beau joueur, assume les erreurs de communication de la semaine dernière, même si tout le monde sait que le discours de politique générale avait été fait en proche concertation avec Macron. Philippe a donc confirmé que l’exonération de Taxe d’habitation serait réalisée à partir de 2018, pour un tiers  et sera étalée sur trois ans. Un flottement programmatique qui interpelle et qui m’incite à rester vigilant avant de m’enthousiasmer pour le nouveau Président même si je souhaite qu’il réussisse pleinement à réformer ce pays irréformable. Il l’a dit lui-même lors de son discours au Congrès à Versailles.

Puisque j’évoque Versailles j’avoue que je n’apprécie pas trop son style monarchiste ou jupitérien. Oui je sais que ça plait aux français….. Alors, pourquoi pas ? Mais moi j’ai vraiment l’impression qu’il nous prend pour des c…. et pour ce qui concerne ses salamalecs à Poutine et Trump.... ou son faux parler franc les yeux dans les yeux et même ses bras de force ou autres gamineries de petit soldat je ne trouve pas qu'il en sorte forcément grandi..... Enfin tant que ça reste de la com ....!

 

Reprise du billet le 15 juillet sur un point nettement plus positif qui rehausse le  bilan très provisoire de l'exécutif. Un sujet important qui fut oublié, faute de com. ou plutôt par excès de com. pour le show Macron Trump la conseil des ministres Franco-Allemand relaté ainsi par Les Echos (Henri Gibier) : Le même jour le Conseil des ministre Franco- Allemand réussissait l'objectif inverse, moins de com. et plus de substance. Plusieurs propositions ont émergées des entretiens entre Angela Merkel et Emmanuel Macron : la chancelière allemande s'est montrée très ouverte à l'idée française d'un ministre européen des Finances, les deux chefs de l'exécutif ont affirmé leur volonté  de développer un ''avion combat commun''  plus quelques autres projets militaires. Ils veulent investir ensemble dans le numérique et envisage un programme de recherche conjoint, dans les domaines du climat, de l'énergie et du système terrestre. Ce qui est autrement nourrissant qu'un repas gastronomique , fut-il signé Ducasse.

Ouf ! Je peux quand même finir ce billet, comme je l'avais commencé, sur une note positive et ne pas trop manifester une déception d'avoir du voter Macron..... Mais franchement pouvais-je faire autre chose face à Le Pen et aux autres, tristement guignolesques, du 1er tour.

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