Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Presse aidant…. Ainsi allait le monde en Juillet 2017

31 Juillet 2017 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Voici parmi les éditoriaux traitant de géopolitique du journal ‘’Le Monde’’ les 4 articles que j’ai retenus comme étant les plus marquant du mois de juillet. En fin de billet je fournis le titres d’autres billets très intéressants qui méritent aussi d’être lus.

Éditorial du 7 juillet : Dangereuse escalade au Qatar

« Dans une région qui n'avait nul besoin d'un foyer de tensions supplémentaire, la crise entre le Qatar et l'Arabie saoudite a franchi un nouveau palier, mercredi 5 juillet. Réunis au Caire, les ministres des affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Bahreïn et des Emirats arabes unis ont condamné l'attitude " négative " de Doha, qui a rejeté leurs revendications et menacé l'émirat de nouvelles sanctions.

La crise s'est ouverte il y a un mois, le 5 juin, par la monarchie de Riyad qui, appuyée par les trois pays sus-cités, a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar et coupé toutes les liaisons routières, maritimes et aériennes, accusant le régime de Doha de soutenir le terrorisme. La frontière de l'Arabie saoudite avec le Qatar, seule frontière terrestre du petit émirat gazier, a été fermée. Le Qatar est donc soumis depuis à ce qu'il considère comme un blocus, qu'il contourne partiellement avec l'aide de l'Iran et de la Turquie.

L'Arabie saoudite et ses alliés ont posé à Doha un ultimatum, accompagné d'une liste de treize revendications, dont la fermeture de la télévision Al-Jazira, la fermeture de la base militaire turque et la réduction des relations du Qatar avec l'Iran. Le rejet de ces demandes, ont jugé les ministres au  Caire, traduit " un manque de compréhension de la gravité de la situation " de la part des dirigeants qataris.

Le ministre qatari des affaires étrangères, le cheikh Mohammed Ben Abdulrahman Al-Thani, a affirmé, mercredi à Londres, que son pays continuerait à appeler au dialogue. Il a attribué l'" agression " contre le Qatar aux divergences politiques avec les quatre pays concernés sur les réformes à entreprendre dans les régimes de la région, divergences apparues depuis les soulèvements du " printemps arabe " de 2011 et le rôle d'encouragement qu'y a joué Al-Jazira.

La crise est grave, car elle ajoute à l'instabilité du Moyen-Orient, fracturant le Conseil de coopération du Golfe, unique organisation politique et économique régionale, dont sont membres à la fois Riyad et Doha. Le Koweït, également membre de ce Conseil, a tenté une médiation, jusqu'ici infructueuse. Ce regain de tensions s'inscrit dans le contexte de la rivalité ancienne entre l'Iran et l'Arabie saoudite pour le leadership de la région. Mais elle intervient aussi au moment où, à Riyad, le roi a modifié l'ordre de succession pour accorder au désormais prince héritier Mohammed Ben Salman, dit " MBS ", des pouvoirs croissants.

Enfin, circonstance aggravante, la confusion – c'est un euphémisme – qui règne à Washington n'est pas étrangère à cette dangereuse escalade. La mise en quarantaine du Qatar a été décidée après le passage du président Trump en Arabie saoudite, où il avait clairement exprimé son hostilité à l'Iran. " MBS " s'est-il senti pousser des ailes après cette visite ? C'est possible. Le problème est que le Qatar est aussi un allié des Etats-Unis, qui y a installé son commandement militaire régional, le CentCom, et une base de 10 000 hommes.

L'autre problème est que le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, qui a dénoncé l'offensive contre le Qatar, n'est pas tout à fait sur la même ligne que la Maison Blanche. Il se trouve que Donald Trump et un représentant de l'Arabie saoudite – malheureusement pas le roi, ni " MBS " – seront ensemble à Hambourg vendredi pour le G20. Il est urgent que le président américain s'emploie à éteindre le brasier qu'il a involontairement allumé

 

Éditorial du 18 juillet : La diplomatie créative du président Macron.

« L’art de la politique, disait Frédéric II, roi de Prusse, " n'est pas de faire naître les occasions, mais de savoir en tirer parti ". La diplomatie du président Emmanuel Macron, depuis son entrée en fonctions le 10  mai, est l'exacte application de ce principe.

Les sommets de l'OTAN et du G7, deux semaines à peine après son élection, lui ont fourni l'occasion de faire une irruption remarquée dans le cénacle des grands du camp occidental. Son goût de la mise en scène, un petit jeu de rôle avec le président Donald Trump et l'auréole encore fraîche de sa victoire sur Marine Le Pen, confirmant le recul du populisme en Europe, l'ont aussitôt placé sur le devant de la scène diplomatique.

La suite était plus risquée. Trois occasions se présentaient : l'inauguration de l'exposition " Pierre le Grand " à Versailles ; le centenaire de l'entrée des Etats-Unis au côté de la France dans la première guerre mondiale ; l'anniversaire de la rafle du Vél' d'Hiv. M. Macron a saisi les trois, en invitant successivement le président russe, Vladimir Poutine, à Versailles, le président américain sur les Champs-Elysées pour le défilé du 14-Juillet et le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, pour commémorer avec lui les tragiques journées des 16 et 17 juillet 1942.

Par ces trois initiatives, à l'égard de dirigeants largement impopulaires, voire jugés infréquentables en France et dans nombre d'autres démocraties occidentales, le président Macron a envoyé plusieurs signaux. D'abord, que l'inexpérience peut être compensée par l'audace ; il l'avait montré en se faisant élire, il restait à le traduire dans l'arène diplomatique. Ensuite, que le dialogue est préférable à l'ostracisme, car chacun de ces pays, la Russie, les Etats-Unis, Israël, jouent à des titres divers un rôle-clé dans les différentes crises internationales auxquelles l'Europe est confrontée. Enfin, que la France, puissance diplomatique et militaire, est revenue dans le jeu.

M. Macron a remporté haut la main la première manche de cette offensive. Il l'a fait en appliquant une méthode qui est désormais sa marque de fabrique, mélange d'ancrage dans l'Histoire, de recours à toute la pompe de la République, de déploiement de son charme personnel, quitte à friser la flatterie, et de franchise dans le dialogue. Les trois dirigeants sont repartis satisfaits, voire conquis, si l'on en juge par le Tweet de remerciement du président Trump, véritable vidéoclip de promotion pour la France. Quant aux Français, qui ont à peine daigné se déranger pour manifester, ils semblent avoir compris le sens de ces invitations. L'opportun conseil des ministres franco-allemand à Paris, le 13 juillet, a rappelé l'autre volet de la politique étrangère de M. Macron, la dimension européenne.»

 

Éditorial du 22 juillet. Au Venezuela la tyranie du camp Maduro.

« Le peuple épuisé, un pays exsangue, en proie au chaos et à la misère, sous la botte d'un régime qui a sombré dans le gangstérisme : -combien de temps la tragédie vénézuélienne peut-elle encore durer ? Héritier du " chavisme ", autant dire d'un désastre économique et social de proportions historiques, le président Nicolas Maduro s'accroche au pouvoir, dans une fuite en avant où la violence d'Etat est le lot quotidien des citoyens.

Ceux-ci ont pourtant plébiscité l'opposition au régime dimanche 16 juillet, lors d'un référendum informel et symbolique organisé par le Parlement, contrôlé par les opposants. Depuis sa défaite aux législatives de décembre  2015, le successeur de l'ancien président Hugo Chavez (1999-2013) a repoussé sine die tous les scrutins prévus par la loi. Le pouvoir chaviste, longtemps imbattable dans les urnes, est désormais minoritaire dans l'électorat, mais refuse l'alternance.

Il biaise, cherche des dérivatifs. Ainsi de la convocation d'une Assemblée constituante, qui doit être désignée le 30  juillet, selon un mode de scrutin corporatif, -contraire au suffrage universel et à la Constitution chaviste elle-même. Cette Constituante est destinée à remplacer les institutions qui échappent à l'emprise de l'exécutif, comme le Parlement.

Depuis début avril, les Vénézuéliens disent " basta " à la prétendue " révolution bolivarienne ", qui a ruiné une nation richissime en pétrole. Ce n'est pas la chute des cours du brut qui a précipité l'effondrement de l'économie, c'est la gabegie populiste, l'étatisation des secteurs-clés souvent confiés à des militaires incompétents, la corruption dans des proportions jamais vues auparavant : la moitié de la rente pétrolière des vingt dernières années a disparu sans laisser de trace.

Le " chavisme " masque un Etat mafieux, impliqué dans tous les trafics, de la drogue aux armes. Le pays est une des principales plates-formes d'exportation de stupéfiants vers l'Europe. Dernier pilier du régime, les forces armées détiennent un tiers des ministères et une partie de l'économie. Certains milieux militaires font des affaires juteuses, grâce entre autres au contrôle des changes implanté depuis une quinzaine d'années.

Le sort des Vénézuéliens est moins enviable. Récession, hyperinflation, dévaluation de la monnaie et perte vertigineuse de pouvoir d'achat : l'appauvrissement est général. Le 16 juillet, les 7,5  millions de participants au référendum venaient aussi bien des quartiers des classes moyennes que des banlieues et " barrios " plus pauvres.

Face à cette opposition qui exige des élections libres anticipées, Maduro répond par une répression brutale, l'usage disproportionné de la force, les arrestations de masse et le recours aux tribunaux militaires contre des civils. Depuis mai, la soldatesque du régime a abattu par balles une centaine de manifestants. Deux jeunes gens ont encore été tués lors de manifestations accompagnant, jeudi 20  juillet, une journée de grève -générale dans le pays.

Dans ce face-à-face inégal, les opposants ont besoin de solidarité internationale. Les grands voisins du Venezuela, comme la Colombie, doivent imposer une médiation, puis un retrait ordonné du clan Maduro. Il n'y a pas d'autre solution. Le populisme, version Hugo Chavez, a ravagé un pays, ruiné ses habitants, -déchiré un tissu social déjà fragile. C'est l'alliance de l'incompétence et du banditisme d'Etat sur fond de tyrannie politique. Et rien d'autre.»

 

Éditorial du 27 juillet : La guerre en Syrie n’est pas finie.

« Il n'y aura pas de changement de régime en Syrie. Pour le moment. Tel est le sens de la décision des Etats-Unis, prise le mois dernier et annoncée la semaine dernière, d'interrompre, progressivement, leur aide à ceux des rebelles syriens qu'ils soutiennent encore. S'il est trop tôt pour déclarer la fin de la guerre civile syrienne, celle-ci n'en entre pas moins dans une nouvelle phase marquée par cette réalité : Bachar Al-Assad consolide son emprise sur le pays.

La suspension de l'assistance américaine – armes, entraînement, financement – à l'Armée syrienne libre (ASL), la branche " modérée " de l'opposition syrienne, est dans la logique de la politique suivie par les Etats-Unis depuis quelques années. Comme Barack Obama, Donald Trump n'a pas pour priorité d'en finir avec la tyrannie du régime Al-Assad. L'objectif principal des Etats-Unis est de casser l'organisation dite " Etat Islamique " (EI). Il est en voie d'être assuré, avec la chute, déjà en partie acquise, de Rakka, la " capitale " de l'EI en Syrie – là, Washington maintient son soutien actif aux forces kurdes et arabes syriennes engagées dans la reprise de la ville.

Ailleurs, Trump, plus encore que son prédécesseur, aimerait se désengager de Syrie, autant que faire se peut. Çà et là, il est prêt à appuyer la Russie, l'un des parrains du régime syrien, dans ses efforts pour obtenir des cessez-le-feu locaux entre l'opposition et les forces de Damas, ou des zones de " désescalade " du conflit. C'est le cas dans le sud et le sud-ouest du pays. Cela pourrait concerner demain la région dite " de la Ghouta ", à l'est de Damas.

Ailleurs, grâce au soutien massif de la Russie, de l'Iran et des affidés arabes de la République islamique – milices chiites libanaises et irakiennes –, le régime de Bachar Al-Assad est redevenu maître du pays – de tout l'ouest, notamment des grandes villes, ce qu'on appelle " la Syrie utile ". L'élément-clé de cette situation est connu : l'alliance conclue entre Moscou et Téhéran pour perpétuer le régime syrien.

C'est là que l'affaire se complique pour les Etats-Unis de Donald Trump. Dans la grande bataille opposant l'Iran à l'Arabie saoudite pour la prépondérance régionale, le président américain a choisi le camp opposé à celui de Moscou. M.  Trump est à fond derrière Riyad, le chef de file du monde arabe sunnite, " l'adversaire " stratégique de Téhéran.

Les Etats-Unis sont confrontés à cette question : peuvent-ils laisser l'Iran s'implanter militairement en Syrie, là où le terrain est reconquis sur la rébellion syrienne et sur les djihadistes ? Pas question, répondent en chœur les capitales arabes tout comme Israël. La présence de la Russie en Syrie est une vieille tradition. Celle de l'Iran, par milices chiites interposées, ne sera pas tolérée. A un moment, M.  Trump pourrait avoir à faire un choix difficile : défendre la cause de ses alliés arabes, saoudiens notamment, ou accepter la mainmise iranienne sur la Syrie.

Deuxième question : " le cas Bachar ". Si personne ne pose plus son départ comme une précondition à une éventuelle discussion sur l'avenir politique de la Syrie, personne ne se fait d'illusion non plus. Américains et Russes savent que, si le dictateur dispose du soutien incontestable d'une partie de la population, son maintien à terme entretiendra la colère de la majorité sunnite du pays – source d'un perpétuel renouveau djihadiste. La guerre de Syrie n'est pas finie. »

 

Liste complémentaire :

Editorial du 1er juillet : Hong Kong, recul des libertés

Editorial du 8 juillet : Migrants, la solitude de l’Italie.

Editorial du11 juillet : La guerre contre E.I. n’est pas terminée.

Editorial du 15 juillet : Liu Xiaobo et l’indifférence de l’Occident

Editorial du 19 juillet : Pologne état de droit en danger.

Editorial du 23 juillet : Le poison islamique en Asie du sud-est.

Editorial du 25 juillet : Jérusalem dans une spirale de violence.

Editorial du 26 juillet : Le procès du Bosphore.

Editorial du 28 juillet : Ex – Lybie, Paris ignore l’Europe.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article