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Philo Bath ...... Les grands stratèges et politiciens de la Grèce antique.

21 Avril 2018 , Rédigé par niduab Publié dans #Philo bath

Après avoir fait, au cours de l'été 2015, six billets consacrés aux grands philosophes de la Grèce antique, j'ai proposé en octobre 2016 un billet concernant les grands rhéteurs. Pour ce  billet j'avais encore abondamment emprunté, comme je l'avais fait pour les philosophes, à un remarquable et passionnant livre trouvé, quelques années plus tôt , un peu par hasard et en version française, dans une librairie d’Athènes. Un livre de Papadogeorgos  Georgos titré « Hommes illustres de la Grèce Antique, leur vie, leur œuvre ». J'ai adoré ce livre et il me paraissait évident que la plupart des ces illustres louangeurs du discours pouvaient presque tous être qualifiés  de philosophes, qu'ils soient classés dans ce livre dans la catégorie rhéteurs, écrivains ou historiens et peut-être même quelques stratèges-politiciens. La seule chose qui me manque en abordant ce nouveau billet, et ce fut déjà le cas pour les grands rhéteurs, c'est de ne pas pouvoir profiter des riches informations de Diogène Laerce, comme j'ai pu le faire pour les philosophes. J'ai quand même faire quelques recherches sur internet, au moins par Wikipédia, mais l'essentiel des éléments qui suivent sont tirés du livre de Papadogeorgos  Georgos complétées par quelques chapitres du volume 7 de "Histoire et civilisations", notamment pour le portrait de Périclès. Les illustres présentés furent  dirigeants d'Athènes entre 530 et 430 av. J-C du temps des guerres médiques ; tous ne furent pas porteurs de valeurs morales ou philosophiques (Aristide le juste et Périclès font même figure d'exception) mais ils furent tous de grands stratèges au service de leur patrie. 

 

Aristide le Juste (540-468 av. J-C) fils de Lysimaque et originaire d'un quartier sud d'Athènes, fut un homme politique célèbre et un stratège grec. Il n'admettait pas le mensonge, la duperie et l'hypocrisie. Réel patriote, totalement désintéressé dans ses activités politiques, il était surtout un grand patriote, fervent défenseur de la cité athénienne. Il fut l'un des dix stratèges de la bataille de Marathon en 490 av. J-C et mit tous son prestige au service de la victoire. Il jugea notamment nécessaire de démissionner de son rôle de stratège et à convaincre huit autres d'en faire de même afin de laisser le commandement à un seul général, Miltiade, qui avait déjà combattu les Perses et était de toute évidence le plus expérimenté pour remporter la victoireCette attitude fit qu'il fut élu l'année suivante chef du parti conservateur ce qui l'amena à partager le pouvoir avec le chef des démocrates Thémistocle. Mais de profondes divergences les séparaient, Thémistocle ayant un projet de faire d'Athènes une grande puissance maritime, Aristide donnant la priorité au renforcement de l'armée de terre et à l'agriculture. Suite à ce désaccord Aristide fut exilé à Egine en 482 av. J-C. Mais trois ans plus tard alors que Thermistocle avait achevé de mettre en place son programme politique, il rappela Aristide qui put rentrer de son exil. Fin septembre 480  av. J-C une nouvelle bataille opposait les Athéniens et les Perses de Xeres. Aristide prit part à la bataille en acceptant de combattre sous les ordres de Thermistocle.

Il se distingua ensuite à la bataille de Platées en 479 et 478 av. J-C en tant que commandant de la flotte athénienne. Puis lors de la création de la ligue délienne au printemps 477 av. J-C les alliés grecs lui confièrent de fixer entièrement librement la somme que chaque ville devait verser aux caisses de la ligue. Il s'exécuta de manière si équitable que ses décisions étaient appliquées sans contestation. Rendant hommage à sa vertu, les athéniens lui firent des obsèques sur fonds publics.

Quelques citations d’Aristide le juste : Rien n’est plus cher à l’homme que sa terre natale.

La Grèce se trouve au centre du monde, l’Attique au centre de la Grèce, Athènes au centre de l’Attique et au centre d’Athènes se trouve l’Acropole.

La vertu ne se perd pas même après la mort.

 

Miltiade. (550-489 av. J-C) le vainqueur de la bataille de Marathon  qui sauva non seulement Athènes mais aussi, selon les historiens, la Grèce entière. Lors du débarquement des Perses un dilemme se posa. Fallait-il que les Athéniens attendent l'ennemi, pour le combattre du haut des murailles de la ville ou devaient-ils aller lui livrer bataille sur place à Marathon? Miltiade soutint avec ferveur ce choix car la plaine de marathon était assez étroite et coincée entres collines et la mer.  Cette résolution et son énergie permirent aux Athéniens de remporter la victoire à Marathon.

L'année suivante en 489 av. J-C les Athéniens envoyèrent Miltiade libérer

les Cyclades de la domination Perse. L'opération menée à Paros se solda par un échec et le stratège fut blessé. Ses adversaires démocrates, en particulier Xanthippe  le père de Périclès, jouant sur la colère du peuple, trouvait là un prétexte pour l'accuser de trahison. Miltiade pour obtenir une flotte de 70 navires avait promis la victoire et de rentrer avec quantité d'or importante pour punir Paros de s'être alliée aux Perses. Lors du procès, il  fut condamné à une lourde amende qu'il était incapable de payer, il fut emprisonné et mourut peu de temps après. Il semble qu'un riche ami de la famille paya l'amende afin que Cimon, fils de Miltiade puisse récupérer les droits politiques qui lui avaient été enlevés.  

 

Thémistocle (525-459 av. J-C) a la mort de Miltiade la scène politique était désormais libre pour Thémistocle qui pouvait mettre en application les projets visant à transformer Athènes pour en faire la première cité grecque. Il parvint donc à convaincre les Athéniens de transférer leur base navale de phalère au Pirée qui était un excellent port naturel, mais aussi de mettre leur argent à disposition des mines de métal qui servaient à la construction de navires de guerres. Avisé et clairvoyant il fut le premier à comprendre qu'Athènes ne pourrait faire face aux Perses qu'en augmentant sa puissance navale. 

Mais les Perses menaçaient à nouveau  aussi un congrès des différentes cités grecques se réunit sur à Corinthe à la fin de l'automne 481 av. J-C  Pour une fois, les intérêts immédiats de Sparte et d'Athènes se confondaient. La bataille à terre de Thermopyles, menée surtout par les spartiates et en mer grâce à la flotte athénienne dans le détroit de Salamine furent les moments important de cette guerre qui permit de repousser une nouvelle fois les Perses. En 478 av. J-C Thémistocle lançait la reconstruction des défenses d'Athènes en entourant la ville de murailles Le Pirée fut aussi doté  de fortifications.

Doué, hardi, éloquent, avide de gloire et de richesses, fougueux, vaniteux et ambitieux, Thémistocle montrait une absence de scrupules, mais avait toutes les qualités d'un grand homme d'État, avec la capacité de voir à long terme, et le courage de défendre et d'imposer ses idées. Mais Thémistocle aimait aussi le luxe, et son orgueil tyrannique irritait beaucoup ses compatriotes : Aristide l'accusa de détournement d'argent public ; Thémistocle entra en conflit avec Cimon, fils de Miltiade, sur la stratégie à employer pour assurer l'hégémonie athénienne, Thémistocle estimant que la principale menace désormais viendrait de Sparte et non plus des Perses.

Il fut obligé de quitter Athènes et trouva refuge d'abord à Argos  où il fomenta des révoltes contre Sparte. En danger de mort, il se réfugia auprès du roi de Perse Artaxeres le fils de Xerxès. Celui-ci lui confia le gouvernement de cités grecques d'Asie Mineure, qu'il gèra jusqu'à sa mort à Magnésie  à 65 ans. Plutarque racontait qu’Artaxéres lui avait demandé de diriger une nouvelle expédition Perse pour enfin battre les Grecs et qu'il préféra se donner la mort. Thémistocle fut plus un grand militaire qu'un grand politique.  

Citation de Thémistocle : Il y a une mesure en toutes choses et savoir la saisir à propos est la première des sciences. 

 

 Cimon, fils de Miltiade. (506-449 av. J-C) était le fils de Miltiade   et de Hégésipylé, fille de roi de Thrace. Il appartenait à l'une des plus grandes familles aristocratiques d'Athènes. Il se distingua par sa bravoure lors de la bataille de Salamine. Sa notoriété s'accrut à la mort d'Aristide, il fut choisi pour lui succéder à la tête du parti conservateur. C'est Aristide qui le premier a remarqué les talents politiques de Cimon. Il obtint le titre de général dès 478 av. J-C puis de 476 à 463 av. J-C il prit le commandement des forces de la ligue de Délos. En 475 av. J-C il régna sur Skyros. Fin stratège, il élargit la ligue délienne en y rattachant Eton et Skyros. Il s'empara ensuite de Karystos et de Naxosen 469 av. J-C mais la plus grande victoire militaire de Cimon fut remportée lors de la bataille navale contre la flotte Perse à l'embouchure du fleuve Eurymédon en 466 av. J-C.

Cependant comme la plupart des grands dirigeants d'Athènes  de cette époque Cimon ne fut pas non plus épargné par la l'animosité populaire et dut s'exiler pendant cinq ans. Mais bien qu'il ait été son adversaire politique Périclès le rappela à Athènes en louant son caractère valeureux et son patriotisme. Cimon dirigea alors une dernière campagne contre les Perses qui lui permit de reprendre Chypre. Lors de cette bataille il tomba malade et mourut ce qui fit dire à Plutarque "Même mort Cimon parvenait à vaincre". Il fut enterré à Athènes avec les plus grands honneurs et il demeure un exemple de patriotisme, de vertu, de détermination avisée et d'ingéniosité stratégique.  

 

Périclès (495-429 av. J.C) fut le plus grand des politicien de la Grèce antique durant plus de 30 ans et le chef d'état de la cité athénienne durant les années de son essor. Il était le fils du stratège Xanthippe qui avait combattu les Perses à Mycale en 479 av. J-C, et d'Agariste nièce de Clisthène le fondateur de la démocratie athénienne. Sa famille noble et aisée se chargea de lui donner une éducation exceptionnelle. Il fut instruit par les philosophes Zénon et Anaxagore dont l'influence sur  son caractère moral et intellectuel fut particulièrement grande.

En 463 av. J-C, à l'âge de 27 ans il fit ses premiers pas en politique sous le drapeau du parti démocrate dont il devint le chef, après l'assassinat de d'Ephialtès,  décidé à poursuivre la même ligne politique en l'amplifiant.

L'influence que Périclès exerça sur toute une génération fut essentielle pour le succès de la démocratie à Athènes. Par ses mesures législative il obtint une plus grande participation sociale et une plus grande égalité de tous les citoyens en introduisant certains mécanismes destinés à "populariser" l'action et la participation politique. En effet ses réformes tiennent compte de la participation sociale des plus humbles et de l'égalité de tous les citoyens en consolidant le principe du vote majoritaire pour toute prise de décision politique de l'Assemblée. Il introduit aussi un instrument visant à supprimer l'exclusivité des aristocrates sur le terrain politique; la misthophorie, sorte de compensation économique pour ceux que les missions publiques ou le vote aux assemblées obligeraient à délaisser leurs occupations quotidiennes. De cette manière, il obtenait l'implication des classes populaires non seulement dans les travaux de politique intérieure, comme la promulgation des lois, mais aussi en politique extérieure, dans le contrôle des magistrats et des institutions de l'Etat, ainsi que dans  l'administration de la justice. Périclès Fut sans aucun doute le stratège le plus influent du régime démocratique d'Athènes...

[....]  Il incarnait comme nul autre l'ambivalence de la démocratie athénienne. Membre de la famille aristocratique des Alcméonides, il fondait néanmoins son pouvoir sur son extraordinaire prestige populaire, tiré de ses réforme démocratiques ainsi que sur son grand charisme et ses dons d'orateur. Nul doute que c'est à la splendeur de sa démocratie qu'Athènes doit d'être  devenue le centre politique, culturel et économique de la Grèce. Mais il ne faut pas oublier la face sombre d'un système qui exploitait durement ses partenaire et ses alliés.

Périclès ne parvint pas cependant à empêcher la guerre du Péloponnèse qui commence en 431 av. J-C. et va s'étendre sur 17 ans opposant la ligue de Délos menée par Athènes et la ligue du Péloponnèse sous l'hégémonie de Sparte. Périclès ne connut que les deux premières années de ce conflit où il perdit deux fils en 429 av. J-C.  Athènes fut aussi touchée cette année là à une épidémie de peste dont il fut l'une des victimes. La mort de Périclès fut une perte énorme pour Athènes La guerre du Péloponnèse se termina 15 ans plus tard par la victoire de Sparte et l'effondrement de l'empire athénien, marquant ainsi la fin de l'âge d'or de la Grèce antique.

 Quelques citations de Périclès : Sachant qu'il n'est point de bonheur sans liberté, ni liberté sans courage, il ne faut pas reculer devant les dangers de la guerre.

Je crois que si une cité dans son ensemble connaît la prospérité, elle peut beaucoup mieux servir ses citoyens lorsqu'ils sont heureux chacun de leur côté, mais que la cité dans son ensemble est en déclin.

Il faut aimer ce qui est beau, mais savoir rester simple et philosopher sans être nonchalant.

 

 

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