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A livres ouverts…..1848, la révolution oubliée et l’apprentissage de la république

5 Mai 2018 , Rédigé par niduab Publié dans #à livre ouvert

L’histoire de la deuxième république m’intéresse particulièrement depuis  longtemps, et j’en parlais récemment à un ami professeur d’histoire. Quelques jours plus tard il me faisait cadeau d’un petit ouvrage de 120 pages dont le titre est « La révolution de 1848 dans les Deux-Sèvres »........et dont il était l’auteur. Je me suis vite lancé dans la lecture de cet ouvrage, mais en constatant que j’avais quand même besoin de rouvrir quelques livres afin de mieux appréhender le parallèle fait entre ce qui s’est passé à Paris et dans les Deux-Sèvres. Dans ce billet je vais surtout évoquer l’année 1848 dans le cadre national et cela sera déjà bien assez long. Je reviendrai ensuite, dans quelques jours ou semaines, sur l’histoire en Deux-Sèvres. Pour ce 1er billet mes principales sources sont « 1848 la révolution oubliée.» de Maurizio Gribaudi et Michèle Riot-Sarccy, et « 1848, ou l’apprentissage de la République » de Maurice Agulhon.  J’ai aussi relu  « La IIe république » de  Louis Girard et effectué quelques recherches sur internet.

A livres ouverts…..1848, la révolution oubliée et l’apprentissage de la républiqueA livres ouverts…..1848, la révolution oubliée et l’apprentissage de la république

En fin d’année 1847 la France est dirigée par un vieillard ; Louis-Philippe d’Orléans est alors âgé de  75 ans.  Il avait été appelé sur le trône à la suite de la révolution  de juillet 1830.  Son premier ministre François Guizot avait pour consigne de ramener un peu d’ordre dans le pays qui subissait des turbulences politiques liées à une crise économique qui perdurait et une grande pauvreté dans les milieux populaires notamment à Paris et dans les grandes villes. Guizot qui était du camp conservateur avait été ministre de la plupart des gouvernements de la monarchie de Juillet ;  en charge de l’instruction publique dans les années 30, puis des affaires étrangères, à partir de 1840, dans le gouvernement de Soult. Ce dernier, à partir de 1845 pour raisons de santé, laissait de facto la conduite des affaires de l’État à Guizot. Le Roi le nomma d'ailleurs président du Conseil des ministres le 18 septembre 1847.

A cette époque la principale revendication de l’opposition républicaine était que l’Assemblée nationale soit élue en élargissant le collège électoral. Lors de la  dernière élection législative, celle du 1er août 1846, les députés étaient élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Le suffrage était alors censitaire et seulement 250 000 Français avaient  droit de vote et parmi eux, seul un sur cinq était éligible. Cette assemblée de 1846 disposait d’une majorité conservatrice avec 290 élus et l’opposition "vaguement" progressiste avait 168 élus. C’est dans cette opposition qu’il y avait quelques républicains qui souhaitaient à minima que soit réduit le niveau du cens, l'impôt qui conditionnait le droit de vote. Mais Guizot  dispose de la confiance du roi et juge inutile de réformer le système censitaire. Le cens fixé à 200 francs, excluait du suffrage, non seulement les classes populaires, mais aussi la petite bourgeoisie comme les artisans et les commerçants.  Répondre positivement aux demandes réformistes eut été pour Guizot faire preuve de fragilité ;  il choisit donc d’interdire toutes manifestations politiques.

L’opposition répondit alors en organisant des banquets. Au second semestre 1847 une cinquantaine de banquets furent faits, répartis dans vingt-huit départements, réunissant plus de 20.000 souscripteurs. Des toasts étaient portés à la «  réforme électorale » mais aussi « à la fin de la corruption » ou à l’ « amélioration du sort des classes laborieuses ». Peu à peu le ton se radicalisait… 

En décembre 1847 quelques officiers de la garde du XIIe arrondissement prirent l’initiative d’un banquet en concertation avec les républicains de la chambre des députés. Le 30 décembre le gouvernement interdisait ce banquet. Les organisateurs s’apprêtaient à céder aux injonctions du pouvoir, mais certains dont Lamartine s'y refusèrent. Le banquet fut alors reporté au 22 février, un dimanche, et dans un quartier moins sujet aux émeutes, les Champs-Élysées. Nouvelle interdiction du gouvernement du 21 février 1848. 

Mis au pied du mur, le comité d’organisation cède et décommande le banquet  Mais il est trop tard ; ouvriers et étudiants qui se mobilisaient depuis plusieurs jours refusent de capituler. Spontanément ils affluent le 22 février vers la place de la Concorde. L’ampleur de la manifestation illégale et son succès dans la population parisienne en font le point de départ de la révolution de 1848. Le lendemain le peuple est toujours dans la rue. Le gouvernement décide de rétablir l’ordre en ayant recours à la garde nationale. Mais ce 23 février celle-ci refuse et fraternise avec la foule en criant «  Vive la réforme ». En début d’après-midi la rue apprend que le roi Louis-Philippe a "accepté" la démission de Guizot. 

Une décision que le peuple veut fêter. Il y a des débordements et la garde nationale se sent menacée ; s'ensuivent des coups de feu, des morts puis des barricades sont montées pour la nuit

La journée du 24 mai fut décisive. Le roi n’a plus de gouvernement, tous les pressentis pour devenir 1er ministre se dérobent et comme par ailleurs il nomme le maréchal Bugeaud, le colonisateur de l'Algérie, à la tête des troupes de Paris, l’information est reçue comme une véritable provocation.   L’heure n’est plus aux négociations. La garde nationale s’est ralliée aux émeutiers ou s’est éloignée des lieux de combats et l’armée n’est plus qu’une observatrice. Louis Philippe et ses fidèles sont désormais les spectateurs impuissants de l’insurrection populaire.

Jeudi 24 février en fin de matinée le roi complètement démoralisé abdique en faveur de son petit-fils le comte de Paris, âgé de 9 ans, et confie la régence à la duchesse d'Orléans puis, sous la pression des révolutionnaires qui ont envahi les Tuileries, il se résout à prendre le chemin de l'exil.

Au début de l'après-midi, la duchesse d'Orléans se rend au Palais Bourbon pour y faire investir son fils et y faire proclamer officiellement la régence, dans l'espoir de sauver la dynastie. La majorité conservatrice est favorable à une régence mais pendant la séance, le Palais-Bourbon est envahi par la foule révolutionnaire qui repousse la solution monarchique. La minorité républicaine se sent soutenue et se met à dresser la liste d’un gouvernement provisoire.

Mais bien vite la nouvelle se répand qu’un autre gouvernement se forme à l’hôtel de ville. Lamartine, Ledru-Rollin et leurs collègues républicains quittent donc en toute hâte le Palais-Bourbon pour l’Hôtel de Ville et c’est là que la liste définitive du gouvernement provisoire de la République, va être dressée. Elle est le résultat d’un compromis entre des tendances hétérogènes. Tous les anciens députés républicains à l’exception de Ledru-Rollin forment le groupe le plus important. On y trouve Dupont de l’Eure, Arago, Lamartine, Crémieux, Marie et Garnier-Pagès plus Marrast ancien rédacteur en chef du journal  Le National soit 7 représentants, des libéraux non socialistes qui deviennent le parti bourgeois. Autour de Ledru–Rollin se rassemblent les démocrates ouverts à l’idée socialiste, comme Flocon le rédacteur de La Réforme, Louis Blanc et l’ouvrier Albert. Ainsi fut arrêtée la liste des onze qui forment le gouvernement provisoire. Il fallait ensuite former une équipe ministérielle ce qui fut fait dans la foulée. Il y avait trois catégories de dirigeants :

D’abord ceux qui sont membres du gouvernement provisoire et en même temps ministres : Lamartine aux affaires étrangères, Crémieux à la Justice, Ledru-Rollin à l’Intérieur, Arago à la Marine, Marie aux Travaux publics, Garnier-Pagès aux Finances et Marrast maire de Paris.

Il y a aussi ceux du gouvernement qui n’ont pas de ministère : Flocon, trop âgé mais surtout Louis Blanc et Albert, tenus à l’écart en raison de leur tendance socialiste.

Enfin, troisième catégorie, quelques ministres qui ne sont pas membres du gouvernement provisoire : Belmont au Commerce, Carnot à l’Instruction publique, le général Bedeau à la guerre ainsi que deux sous-secrétaires d’État, le colonel Charras à la guerre et Victor Schœlcher pour la Marine.

Au cour de cette soirée du 24 février,  en cet hôtel de ville toujours plein à craquer d’une foule chaleureuse et vigilante, quelques décisions de principe sont prises : D’abord on déclare vouloir la République. Puis on affirme qu’elle devra être démocratique et désignée au suffrage universel (masculin). Elle sera généreuse et humaine mais sera-t-elle sociale ? Prudemment on s’engage à s'efforcer de garantir du travail à tous les citoyens, tout en rejetant le remplacement du drapeau tricolore par le drapeau rouge revendication des républicains de la veille, ceux qui tenaient les barricades. Par son talent oratoire Lamartine met la foule de son côté, sans convaincre l’aile gauche dont de nombreux républicains de la veille comme Caussidière, un chef des barricades, qui s'est installé à la direction de préfecture de police en affirmant « la lutte commence ce soir.»

Le gouvernement provisoire va siéger quasiment en permanence, travaillant sans grande méthode, constamment interrompu par des délégations représentant le plus souvent des revendications. Entre les ailes, gauche et droite, du gouvernement, Lamartine et Ledru-Rollin formaient à eux deux le centre. Non qu’ils soient très liés, mais du moins avaient-ils en commun une volonté de conciliation et le souci de ne pas se couper de l’opinion démocratique et ne pas heurter les masses populaires. Favorisés par leur position charnière dans le gouvernement, les deux hommes l’étaient aussi par l’attribution des deux ministères principaux : l’intérieur et la diplomatie.

La révolution était, pour une bonne part, née de la crise industrielle et commerciale et celle-ci se poursuivait, aggravée même par les évènements. Les ressources de l’État, le trésor public, étaient en difficulté et le gouvernement provisoire dut imposer une augmentation de 45 % des impôts directs.

Enfin et surtout le pays était en crise profonde depuis quelques années ce qui se traduisait par un chômage important et  une grande misère populaire. Au sein du gouvernement un compromis, entre les ateliers sociaux gérés par les ouvriers voulu par Louis Blanc et la défense de la propriété défendue par la majorité libérale, est trouvé avec la création des ateliers nationaux.  Ceux-ci devaient permettre, sur Paris, de réduire un peu le chômage et surtout d'éloigner les ouvriers de possibles révoltes. Le bilan de ces mesures ne fut guère probant mais au moins la frange socialiste trouvait une compensation avec la création de la commission du Luxembourg où l'on réfléchit, sous la présidence de Louis Blanc et d'Albert, à une nouvelle organisation du travail en vue d'améliorer le sort des « classes populaires ».  Un décret du 2 mars 1848 ramenait la durée maximale de la journée de travail en usine de 11 à 10 heures à Paris et de 12 à 11 heures en province.

Ces rares et modestes avancées sur l’organisation du travail, obtenues après de difficiles compromis au sein du gouvernement ne doivent pas faire oublier l’unanimité totale sur le sujet de la liberté. En grand-hâte on annule les mesures spectaculaires de répression prises par Guizot à la fin de son "règne" : suspendu le 2 janvier 1848 Michelet remonte triomphalement le 6 mars dans sa chaire du Collège de France. Expulsé vers Bruxelles depuis décembre 1845, Karl Marx regagne  aussi Paris courant mars. Plus généralement, tout le système de contraintes établi en 1835 est tenu pour aboli et à qui, sans formalité, ouvrira un club, lancera un journal. Paris est à l’heure du meeting permanent, de l’effervescence passionnée de lectures et de discussions, de la détente et de la joie. Dès le 4 mars, le gouvernement décide le principe de l’abolition de l’esclavage. Victor Schœlcher est chargé de préparer le décret qui sera publié le 27 avril 1848. L’abolition est annoncée en Martinique le 23 mai, en Guadeloupe le 27 mai et en Guyane le 10 juin. A la Réunion il faudra attendre la fin d’année

Mais à Paris les libertés gagnées ont pour résultat de vite dissiper l’euphorie conciliatrice dès les tous premiers jours. La propagande révolutionnaire qui remonte des clubs effraye l’opinion bourgeoise et suscite des désirs de réaction, mais à l’inverse elle se propage aussi dans le prolétariat parisien avec une tendance au durcissement. A Paris début mars on pouvait considérer que l’influence dominante chez les ouvriers était celle de Louis Blanc et des socialistes. Un mois plus tard l'heure était venue de l'influence des clubs et surtout celle de Blanqui qui venait d’être libéré.  

La révolution a commencé à Paris, dans la rue, aux Tuileries, puis à l’hôtel de ville mais il y a aussi la province qui suit la situation au jour le jour. Dès début mars des commissaires de la République prennent en charge les départements. C’est Ledru-Rollin, qui comme ministre de l’intérieur, eut le principal rôle dans leur désignation, ne voulant que des républicains convaincus, ce qui le conduisit à retenir bien des hommes dont la compétence et l’expérience n’égalaient pas la conviction. Mais il y avait aussi en province des notables en place qui, heureux de l'éviction de Louis-Philippe, et même des orléanistes, rallient la République. Les républicains, censurés sous la monarchie de Juillet, manifestent leur enthousiasme. Les populations de province profitent de la désorganisation suscitée par le changement de régime pour laisser exploser des tensions plus anciennes, et certains règlements de compte ont lieu, sous forme de pillages et destructions, avant que la majorité de la population ne rejoigne la République. Les paysans, oubliés par les réformes, restent en revanche distants vis-à-vis du nouveau régime.

Cependant dans l’ensemble pendant ces semaines de mars et de début avril la République est bien accueillie un peu partout en France et même à Paris et ce dans l’attente de l’élection à venir pour constituer au suffrage universel masculin une assemblée constituante.

C’était en effet le grand problème politique du moment. Chacun a bien compris qu’entre les deux camps, libéral et socialiste, ou si l’on préfère, bourgeois et populaire, qui se partage Paris et même le gouvernement, c’est la province qui arbitrera par son vote. Or il est facile de pressentir que ce vote ne sera pas révolutionnaire, et que l’arbitrage sera rendu, contre le socialisme par une majorité rurale et inculte, ou guidé par des notables. Ces élections étaient prévues pour le 9 avril. Le 17 mars, le gouvernement, à la demande d’une délégation conduite par Blanqui, accepte un report dérisoire au 23 avril, le dimanche de Pâques.

Pour cette élection le vote fut effectué dans le cadre du département par listes de noms et le décompte des voix restant individuels. Le vote ne se faisait pas dans la commune mais au chef lieu de canton. Les résultats furent difficiles à interpréter parce qu’il n’y avait pas, à l’échelon de la France entière, de partis bien tranchés et que les élus de cette Assemblée nationale constituante seraient 900.

Les élections du 23 avril confirment les craintes des républicains populaires. Les élections mobilisent 84 % de l'électorat, qui doit souvent marcher longuement jusqu'au chef-lieu de canton dans ce qui est parfois une véritable procession civique guidée par des notables et parfois par le curé.

La nouvelle Assemblée élue est dominée par les républicains modérés (environ 500 élus). Mais les monarchistes, qui vont former le parti de l'ordre, représentent 200 députés. Le courant socialiste occupe alors moins du quart de l'Assemblée et ses  chefs ne sont pas élus, à l'exception de Barbès qui est élu dans l’Aude plus par notoriété familiale que pour ses idées. Les membres du gouvernement provisoire sont réinvestis, en particulier Lamartine qui recueille le plus de suffrages et qui est élu dans 17 départements. Il est suivi de ses collègues modérés,  devant Ledru-Rollin  puis les socialistes.

Avec ces élections universelles et libres, une légitimité républicaine étaient fondée. Aussi quand se réunissent à Paris le 4 mai, pour la première séance, les représentants élus, ils se croient tenus de proclamer à nouveau la République. Après ce moment d’émotion l’Assemblée a pour première tâche d’organiser et de rationaliser le pouvoir que le gouvernement provisoire a déposé entre ses mains. C’est l’occasion d’en finir avec la confusion de fonctionnement. On devait revenir au système de l’an III avec une présidence collégiale de cinq dirigeants et d’un gouvernement restreint. Dans cette nouvelle version les cinq formaient la Commission exécutive et il paraissait normal de les choisir parmi les membres du gouvernement provisoire. Bien qu’élus les républicains socialistes Louis Blanc et Albert étaient décrédités et Ledru Rollin posait problème. Mais Lamartine ne voulait pas s'en séparer. Ledru Rollin l'avait appuyé lors du 16 avril et avec lui une politique de conciliation pouvait être tentée. Il se montra inébranlable, au grand mécontentement du reste du gouvernement. Le départ de Lamartine, le mieux élu, eût déconcerté le pays. Il fallut de très mauvais gré en passer par où il voulait. La commission est composée d’Arago, Garnier-Pagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin par ordre de voix les soutenant lors du vote de l’Assemblée. Le ministère est composé ensuite avec Bastide aux Affaires étrangères, Recurt à l’Intérieur, Trelat aux Travaux Publics et surtout Cavaignac à la Guerre. Très vite des manifestations ouvrières se multiplient avec la peur de la suppression des ateliers nationaux. Ses manifestations qui, en quelque sorte, ne reconnaissent pas la légitimité de la l’Assemblée élue, sont durement matées et pour la première fois depuis février il y a des prisonniers politiques, d’extrême gauche, en prison. Mais l’effervescence sociale continuait et comme il y eut le 3 juin de nombreuses législatives partielles en raison d’inscriptions multiples dans plusieurs départements, et dans le cadre d’une plus faible participation ces nouvelles élections réussirent aux candidat très marqués qui obtinrent les voix populaires qui tenaient à conserver les ateliers nationaux. En profitèrent des socialistes, Proudhon et Leroux, des conservateurs comme Thiers et un certain Louis Napoléon Bonaparte.

La crise économique et politique perdurait et il fallait bien en finir et le 21 juin malgré des désaccords au sein de la Commission exécutive et les ministères, un décret décidait que les ouvriers de moins de 25 ans ne seraient plus soldés et qu’ils n’avaient qu’à s’engager dans l’armée. C’était en fait la dissolution des ateliers nationaux. La révolte ouvrière fut spontanée, mais sans vraie direction politique. On se battit durement dans Paris les 23, 24 et 25 juin : Armée et bourgeoisie contre prolétariat. Le premier rôle en revint au ministre de la Guerre, le général Cavaignac qui mata l’insurrection avec une froide résolution. Il avait reçu le feu vert démocratique de l’Assemblée alors que la Commission exécutive n’arrivait pas à se décider. Le 24 juin, journée la plus critique de la bataille, les cinq se retiraient du pouvoir et Cavaignac devenait chef du pouvoir exécutif.  

Républicain, Cavaignac fut un chef d’exécutif très déférent à l’égard des institutions, c'est-à-dire de la constituante, seule dépositaire de la volonté nationale définie par le suffrage populaire. Cavaignac tenait d’elle sa mission et le régime provisoire resta de juin à décembre nettement parlementaire, tel qu’il était affirmé en mai. Dès début juillet la dissolution des ateliers nationaux était prononcée, totale et sans réserve. Le gouvernement s’engagea aussi sur la voies de la restriction des libertés. Pour limiter la propagande, l’assemblée vote la première loi règlementant les clubs et entravant la presse populaire. Enfin une commission d’enquête sur les évènements du 15 mai et 23 juin entreprit de mettre en accusation les fauteurs de ces conspirations et révoltes. Albert, Blanqui et Raspail étaient déjà en prison mais d’autres devaient encore rendre des comptes, dont certains exilés. Ces diverses mesures se heurtèrent dans l’Assemblée à une résistance certaine. Il se dessine à son aile gauche une minorité d’opposants pour freiner la réaction. La liberté avait des défenseurs alors que le socialisme n’en avait plus guère.

L’Assemblée nationale constituante devait maintenant proposer la constitution de la République. Le texte semble avoir été adopté sans trop de difficulté. L’un des articles les plus importants, l’élection du président de la République par le peuple fut  adopté par 643 contre 158. Et l’ensemble de la Constitution fut adopté le 4 novembre par 739 voix contre 30.

L’assemblée nationale Constituante ayant fini son travail, il ne restait plus qu’à élire le Président de la République, pour un mandat unique de quatre ans. Cette élection se déroula le 10 décembre et le résultat fut annoncé le 20 décembre : Louis Napoléon Bonaparte avait obtenu plus de 5 400.000 voix contre 1 400 000 à Cavaignac, moins de 400 000 à Ledru-Rollin, 37 000 à Raspail et 8 000 à Lamartine.

La République avait vécu son apprentissage en cette année 1848, avec sa part de romantisme et sa part de drames.

Le reste de cette deuxième république sera une autre histoire. Victor Hugo notera que  huit jours plus tard (on est toujours en 1848)   le citoyen président est déjà appelé par ses commensaux, « Monseigneur » et parfois « votre Altesse »  

Le 2 décembre 1851 Louis Napoléon Bonaparte  fit un coup d’Etat pour rester au pouvoir.

Le 2 décembre 1852  Il devenait l’empereur Napoléon III. Les français devront attendre le 4 septembre 1870 pour retrouver la République.

Plus aucun président de la République ne fut élu au suffrage universel avant Charles De Gaulle. Il fut élu la première fois par les députés et sénateurs en congrès le 20 décembre 1958, puis après avoir fait accepter aux français par référendum le 28 octobre 1962 l'élection du président au suffrage universel direct, il fut choisi  le 19 décembre 1965 face à François Mitterrand ..... 114 ans après Louis Napoléon Bonaparte.

1/ Le roi Louis Philippe   2/ Guizot   3/ Lamartine   4/ Arago   5/ Dupont de l'Eure   6/ Ledru-Rollin  7/ Louis Blanc  8/ L'ouvrier Albert  9/ Blanqui   10/ Victor Schœlcher   11/ Cavaignac  12/ Le président  Louis Napoléon Bonaparte
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