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Touche pas à mon rugby .... Avant dernière avant crash et commotion.

3 Février 2019 , Rédigé par niduab Publié dans #Touche pas à mon rugby

Ce billet sera probablement l'un de mes derniers de cette rubrique « Touche pas à mon rugby » ; c'est le trentième de la catégorie sur une période de onze ans, je n'ai donc pas abusé mais je dois bien reconnaître que la plupart de mes billets sont très critiques quant à l'évolution de ce sport que j'ai tant aimé, du moins jusqu'à la fin du 20ème siècle. Aujourd'hui je ne reconnais plus vraiment mon rugby. Le professionnalisme et ses conséquences comme le trop plein de joueurs étrangers dans le Top 14 et la violence ont complètement dénaturé ce sport qui ne mérite même plus que je continue à  en parler, à le critiquer sur mon blog. Je suis aussi content que mes fils et mes petits-fils n'aient pas choisi ce sport, et même si je prends encore du plaisir lors de certains rares match et surtout à avoir découvert le rugby féminin et notamment son XV de France..... tant qu'il ne sera pas gangrené par les excès du fric. Il me faudra, bien sûr, intervenir lors de la coupe du monde qui se déroulera au Japon en septembre et octobre 2019.... mais j'ai du mal à imaginer aujourd'hui que l'équipe de France puis renouveler le parcours de 2011; mais  au moins qu'elle ne se ridiculise pas comme en 2015. J'ajoute que le pire pour moi serait que par miracle elle remporte le titre et qu'on nous gave ,façon Nagui et autres, avec des "On est champion" populistes façon football.   

Pour bien me faire comprendre je propose ci après un article de Pierre Villepreux publié dans " Midi Olympique " en octobre 2018. 

« Le rugby a mis plus de cent ans pour s'installer progressivement sur les bases réglementaires, tactiques-techniques, physiques et mentales dans le cadre d'une évolution continuelle et interactive. Le jeu qui en découle aujourd'hui devrait logiquement satisfaire ceux qui le pratiquent  et ceux qui le regardent. Dans ce cadre, les modifications et aménagements des règles se sont corrélativement toujours inscrits dans cet objectif à des fins de meilleure pratique, donc de meilleur spectacle ; ce dernier est indispensable pour entretenir l'attrait de ce sport auprès du public et des jeunes pratiquants. La recherche de performance a conduit à produire des joueurs toujours plus puissants que ceux du passé. Si l'on y greffe la valeur des enjeux qui ont progressivement gonflé, on peut comprendre que la manière de ''penser le jeu'' a significativement  évoluée. 

En conséquence, on doit bien admettre que la production du jeu n'est pas toujours en adéquation avec les attendus. La dominance dans l'affrontement a conduit à reléguer l'évitement à une place secondaire. La visibilité du haut niveau a conduit à des comportements et conduites du jeu qui se sont modelés en conséquence, à tous les niveaux.  La hausse du seuil de violence ''acceptable'' inquiète gouvernants et législateurs. Tout d'un coup, soucieux d'attirer des jeunes, ils se doivent de convaincre parents et enseignants de tous bords que la pratique du rugby est bien sécuritaire. Compte tenu des dangers malheureusement constatés au plus haut niveau cette préoccupation de sécurité du joueur figure au cœur des débats dans les instances tant internationales que nationales. Il devenait logique que les mesures réglementaires soient prises pour essayer de responsabiliser joueurs et encadrements afin de donner de la visibilité d'une pratique sportive socialement acceptable. Mais il 'y aura pas de remède - surtout en France - s'il n'y a pas la volonté de concevoir le jeu différemment. Il s'agit de donner un autre sens et de rendre sa vraie place au jeu de mouvement, dans sa gestion intelligente, avec des formes qui unissent de manière dialectique le jeu pénétrant, le jeu déployé et le jeu au pied. Alors, le jeu d'évitement en liaison avec des principes d'avancer et de pertinence de soutiens permettra de jouer debout, et de redonner aux rucks leurs significations premières à savoir ‘UN accident de jeu''. Il convient bien de mettre en lumière une autre image du rugby sans pour autant le dénaturer, ni l'aseptiser. Un jeu plus en mouvement où "l'évitement" prend sa vraie dimension avec plus de courses et de vitesse entraînera un engagement plus réfléchi dans les contacts. Le jeu actuel doit se détourner de l'énergie des muscles pour une meilleure sollicitation des neurones, seuls à même de préserver liberté d'initiative et intelligence en jeu. Le jeu et l'esprit accordé par la logique des règles fondamentales est intemporel, ce qui a changé c'est la manière de le jouer, celle d'un rugby trop programmé ne libérera la place qu'elle mérite à la créativité.

Puisque la FFR est lancée dans la course aux licenciés, cet enjeu pour un autre jeu baptisé « le rugby bien joué », il apparaît essentiel que nos compétitions d'élite puissent séduire les plus jeunes. Si ce spectacle au plus haut niveau surgit, il enchantera parce qu'il répondra aux motivations actuelles des plus jeunes de plus en plus intéressés par des activités sportives moins contraignantes et faciles d'accès.  Sincèrement, je ne pense pas qu'il y avait urgence de changer le règlement de manière drastique dans les écoles de rugby. Le risque, en privilégiant un jeu avec pas ou peu de contact, c'est de lui faire perdre son essence et sa richesse éducative. Les solutions étaient avant tout à trouver dans la formation des éducateurs. Fallait-il encore que la démarche d'enseignement ''apprendre à jouer en jouant ''  développée dans le précédent plan de formation fédérale soit bien assimilé par formateurs et formatés. Indispensable, si l'on veut inscrire un jeu culturel dans le cerveau de nos jeunes joueurs. Cette démarche est souvent mal interprétée, elle est donc défaillante. Bien comprise, elle pourra se décliner efficacement dans le perfectionnement de l'élite. »

Une enquête publiée cette semaine dans la Nouvelle République confirme cette analyse.  « Aux cours des deux dernières année le nombre de licenciés a fortement baissé (- 6.3% en 2018 et -7.3% en 2017) et cette tendance est encore plus nette dans les catégories de jeunes (- 9,6%). Cet effondrement de l'attractivité du rugby s'est encore accéléré depuis le début de la saison avec de trop nombreuses commotions et les décès de Nicolas Chauvin jeune joueur d'Aurillac et plus récemment celui de Nicolas Chauvin un rugbyman du Stade Français. ».Des accidents de ce type il y en avait de mon temps...... mais c'était vraiment des accidents alors que depuis au moins 20 ans ce sont des conséquences de l'évolution du jeu.

Je vais maintenant raconter une histoire qui m'est arrivé fin avril 1966. J'avais alors 19 ans j'étais encore étudiant et je jouais à l'ASV un club du Val de Marne qui avait alors quelques difficultés, en cette fin de saison à assurer son maintient en division "Honneur". La moyenne d'âge était assez élevée et il était urgent d'intégrer quelques juniors. Depuis mars nous étions quatre ou cinq joueurs à évoluer en équipe première : Jacky à l'aile, Chris comme talonneur ou 3ème ligne, Nine 3ème ligne, Jean en 2ème ligne et plus épisodiquement Fanfan ailier et moi à l'ouverture. Ce dimanche là, Fanfan et moi nous n'étions pas retenus pour l'équipe première et nous avons joué en matinée (à partir de 9h ou 9h30) avec l'équipe junior. Un match facile où je retrouvais mon poste de prédilection, à savoir arrière. Un sympathique balade, un entraînement, un jogging matinal.... Au point qu'une partie de l'équipe, décida de revenir au stade à 13 h pour renforcé les vieux de l'équipe réserve qui faisait un match d'ouverture plus ou moins amical avant le match très sérieux des équipes premières... et mon frère et moi et d'autres, nous avons commencé un second match....pour ce qui me concerne ça n'a pas duré longtemps.... Alain le capitaine de l'équipe première me demandait de retourner au vestiaire et à me préparer pour jouer en équipe première pour compenser l'absence de l'ouvreur titulaire absent. 

J'avais assez bien commencé ce match avec pas mal de réussite comme buteur..... sauf qu'un peu avant la mi-temps j'ai été séché par un placage à retardement ...... et que je me suis réveillé plus d'une heure plus tard à la clinique.... avec mon pote Fanfan à côté de moi qui me parlait gentiment. Un peu dans le coaltar j'ai encore fait quelques tests avec les médecins... et puis mon frère et quelques copains sont arrivés et m'annonçaient que mon équipe avait gagné le match galvanisé après mon K.O. Je ne pense pas que j'ai été victime de violence excessive, comme on en voit aujourd'hui mais que la fatigue du cumul de match a fait que je ne fus pas suffisamment vigilant après avoir lancé la ligne de trois-quarts. 

J'ai été interdit de match jusqu'à la fin de la saison et j'ai donc du faire autre chose de mes dimanches au cours des mois de mai et juin 1966 et c'est là que j'ai rencontré Pilou et qu'on est toujours ensemble plus de 53 ans plus tard. J'eusse aimé rencontrer un jour le 3ème ligne aile de l'équipe adverse qui m'a séché, pour le remercier.      

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Candice 09/02/2019 13:51

Très bel article, très intéressant et bien écrit. Je reviendrai me poser chez vous. A bientôt.