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Ciné-cure.... Les plus belles musiques de film crées par Michel Legrand

3 Mars 2019 , Rédigé par niduab Publié dans #ciné-cure

Michel Legrand est mort le 26 janvier dernier à 86 ans ; je rassure immédiatement le lecteur je ne vais pas tracer une biographie du grand musicien dont je ne sais pas grand-chose, hormis quelques belles musiques de films, de jolies mélodies et chansons. Je vais me contenter d rappeler par ce billet l’impact qu’il eut dans le domaine du cinéma. Rappelons quand même que Michel  Legrand  a obtenu 3 Oscars pour 3 films différents, une prouesse qui n’a été réalisée que  par un autre français, Maurice Jarre, lui aussi pour des musiques de films.  Il y eut d’autres français ‘’Oscarisés’’ notamment des actrices : Simone Signoret, Juliette Binoche Marion Catillard, longtemps après Claudette Colbert etc…..  Et récemment, en 2011  un film, « The Artiste » de Michel Hazanavicius  a obtenu  cinq  Oscars dont celui du meilleur film, celui du meilleur réalisateur, du meilleur acteur (Jean Dujardin) et celui de la meilleur musique…. Encore l’école française  après : après Maurice Jarre, Michel Legrand, Georges Delerue, Francis Lai, Gabriel Yared, et Alexandre Desplat ce fut le tour de Ludovic Bource.

 

J’ai commencé à m’intéresser et apprécié à Michel Legrand par sa contribution musicale à de nombreuses chansons de Claude Nougaro dont « Les ''Don Juan''» et « Le cinéma » notamment. Ensuite  je l’ai surtout suivi par le cinéma et surtout par le cinéma américain.

 

Comme chaque année j’ai fait en cette période vaguement hivernale le grand ménage de ma mezzanine ; il y a tant de documents,  journaux à détruire, d’où l’intérêt d’avoir une cheminée, sans compter le délestage de livres périmés, de vêtements etc.…. qui sont destinés à Emaus ou le secoure populaire….Mais j’en reviens aux journaux : j’ai encore mis la main sur quelques hebdomadaires et mensuels dont des vieux « Studio Magazines » que je répugne à bruler et même jeter, alors je les feuillette et j’en sauve encore pour au moins une année de plus au cas ou…. Et c’est là que je suis tombé il y a une quinzaine de jours sur celui de mars 2001 avec six pages d’un article intitulé «  Michel Le grand A cappella ». La suite de ce billet sera du « copié-Collé », mais non intégral, d’une interview du musicien par Patrick Fabre mélangé à quelques extraits trouvés sur  Allo Ciné et Wikipedia.   

Le premier film que j’ai vu dont la musique était l’œuvre de Michel Legrand fut « L’affaire Thomas Crown ». Il est sorti en France à l’automne 1968 et comme  j’étais très fan de Steve Mc Queen je ne pouvais le louper et j’ai adoré….. Thomas Crown, un millionnaire qui trouve sa vie ennuyeuse organise un fabuleux braquage, qui laisse la police perplexe….. Mais l’enquêtrice de la compagnie d’assurance interprétée par Faye Dunaway n’abandonne pas la partie d’échec…même pour un long baiser. Des scènes magnifiques portées par une sublime musique. Il obtint l'Oscar et le Golden Globe pour la chanson « Les moulins de mon cœur » 

« Michel Legrand : Les deux premières années à Hollywood, je vivote. Et puis le réalisateur Norman Jewison m’appelle pour L’Affaire Thomas Crown. Je le rencontre avec son monteur Hal Asby, lors d’une première projection d’un bout à bout du film qui durait cinq heures ! Ils me disent qu’ils ne savent pas quoi faire de tout ce matériel ne sachant pas trop comment monter le film. Je leur propose de me laisser quelques semaines pour créer une heure et demie de musique, basée sur ce que j’ai retenu de cette projection. Je leur propose de se revoir dans un mois et qu’ensemble on fasse un montage du film à partir de la musique. Hal Ashby trouve ça génial, Jewison hésite un peu je lui propose alors que si ça ne marche pas, je refais tout et je paye tout. C’était la première fois qu’on travaillait comme ça à Hollywood. Et ça a marché  »

Trois ans plus tard en juin 1971 sortait «  Un été 42 » de Robert Mulligan un réalisateur que je suivais depuis quelques années : «  Une certaine rencontre » sorti en 1964 avec Steve Mc Queen et Natalie Wood,  «  Le sillage de la violence »  sorti en 1965 avec Steve Mc Queen et Lee Remick et Daisy Closer (de 1966 mais vu longtemps après en DVD).

« Un été 42 » un film beau et tendre avec Jennifer O’Neill et Gary Grimes.  Hermie se souvient avec nostalgie de cet été quarante-deux lorsqu'il avait quinze ans. Garçon timide et rêveur, il avait bien du mal à aborder les filles de son âge. Lorsqu’est apparue dans sa vie Dorothy, une jeune femme dont le mari était à la guerre. Il fut récompensé par un Oscar et un Bafta Awards (britannique) pour la meilleure musique de film. 

« Michel Legrand : Je me souviens d’avoir atterri un vendredi matin à Los Angeles, d’avoir filé à la projection et d’être sorti bouleversé. J’ai dit au producteur et à Mulligan que je trouvais le film formidable et que j’étais prêt à le faire ‘’ il vous faut la musique pour quand ?’’ ''Mercredi me répondent-ils !’’ Le lundi, tout était écrit. Le thème m’ai venu tout de suite. Il devait dormir en moi. Cela dit il n’y a que sept minutes de musique dans le film. Ce qui est drôle, c’est que la même année j’ai été nominé deux fois aux Oscars : pour Destination Zebra, un film de trois heures avec une partition énorme, enregistré par 100 musiciens, et Un été 42 et ses sept petites minutes de musique. Et c’est lui qui a reçu l’Oscar. »

Il y eut aussi « Yentl » pour lequel Michel Legrand  a reçu l’oscar de la meilleure musique. Ce film, sorti en 1983, est l’adaptation d’une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer  qui raconte comment au début du 20e siècle, une jeune femme Polonaise enfreint la Torah en se déguisant en homme pour étudier les textes sacrés. Barbara Streisand portait totalement ce film en tant que Réalisatrice, coscénariste et actrice principale. Le film fut récompensé non pas aux Oscars, mais aux Golden Globes comme meilleur film et meilleur réalisation et c'est Michel Legrand qui reçut un Oscar pour la meilleure adaptation musicale et meilleure chanson originale.

« J’ai connu Barbra Streisand dans les années 60, quand elle jouait Funny Girl  sur scène à Broadway. A l’époque elle voulait faire un album en français Je m’appelle Barbra et la Columbia m’a contacté pour l’aider. J’ai foncé à New York et pendant un mois nous avons travaillé sur ce projet ; on s’est beaucoup amusés et nous sommes restés amis. Aussi, quand elle a commencé Yentl, son mari de l’époque, le producteur Jon Peters m’a téléphoné. Et on s’est mis au boulot. C’était une période magnifique. J’ai une vraie passion pour Barbra. Quand elle, je me répand par terre. C’est une des rares personnes qui, quand elles interprètent mes chansons, les rendent plus belles » disait Michel Legrand.

 

En 1971 « Le messager » de Joseph Losey a reçu la Palme d'or au festival de Cannes. Ce film est l’adaptation du roman du même nom de Leslie Poles Hartley  écrit en 1953, avec  Julie Christie et Alan Bate dans les rôles principaux: « C'était mon quatrième film avec Losey et quand il m'a reçu pour visionner le film,  il mit un disque et me dit " c'est ce genre de musique que je voudrais". C'était un morceau avec saxo ténor et cordes derrières. Je lui rétorque : " je ne sais mais ce n'est sûrement pas çà." Après quoi, je compose une musique un p que je lui fais écouter : il déteste mais malgré ses protestation, j'enregistre tout. Une fois terminé, je lui dis : " Tu m'as demandé de faire la musique, la courtoisie voudrait que tu montes le film avec et qu'après on regarde ensemble et si ça ne va pas du tout on avisera et je pourrais faire autre chose..... J'attends un mois, deux mois....Pas de nouvelle..... Et un jour j'apprends que le film est retenu pour Cannes. Mais avec quelle musique ? Avec mon orgueil de con, je ne veux pas l'appeler pour lui demander. Le film remporte la Palme d'or... et je ne sais toujours pas. Ce n'est que le lendemain des prix que je reçois un télégramme de Losey disant : " C'est toi qui avait raison." »

Parmi les films faits hors de France il eut de nombreuses nominations soit pour la musique, soit pour une chanson originale. On peut citer Breezy de Clint Eastwood   « C'est un être très chaleureux Clint; on s'est très bien entendu » 

Pour les Oscars on peut compter cinq nominations, dont  la plupart ne seraient pas sortis en France dont  The Happy Ending un film de Richard Brook avec Jean Simmons en 1969 .  Il y en eut au total une dizaine de nominés aux Golden Gobes.... etc...

Et le cinéma français ? Michel Legrand fut nominé pour « Les demoiselles de Rochefort » en 1967, mais aux Oscars. Il est vrai que les Césars n'ont été créés qu'en 1976. La présence de Gene Kelly au générique a peut-être permis un bon accueil à ce film.  « Le plus marrant c'est qu'on a du doubler Gene Kelly, à cause de sa petite tessiture de voix, qui l'empêchait de chanter correctement mes chansons qui couvrent plusieurs octaves.... » 

Avant les "Demoiselles" Michel Legrand avait déjà travaillé avec Jacques Demi notamment pour « Lola » en 1961, Grand prix de l'académie du Cinéma. Puis il y eut « Les parapluies de Cherbourg », Prix Louis Delluc et Palme d'or au Festival de Cannes 1964. Jacques Demy tint à le recevoir avec Michel Legrand, indissociable du projet avec sa musique et ses dialogues intégralement chanté. « Un jour Jacques Demy me présente son projet; à la lecture du scénario, je vois un musical. Il trouve l'idée bonne et on s'enferme chez moi pour composer les chansons. On pensait alors que le film aurait des parties chantées et parlées. Au bout de 10 jours de travail on trouve que ce n'est pas terrible. Jacques commence à douter et moi aussi. Puis on comprend que ce qui nous gène c'est la transition parlé/chanté..... Quelques mois passent puis on se revoit et Jacques me dit : "puisque notre problème c'est la charnière pourquoi ne ferait-on pas tout chanté......  »

Finalement c’est pour un peu plus de 150 films longs métrages dont Michel Legrand à fait la musique. Du premier « les amants du Tage » d’Henri Verneuil en 1955 au dernier « Les Gardiennes » sorti en 2017 et dont j’ai fait un billet sur ce blog.

Michel Legrand fut peu reconnu par les Césars : Une nomination en 1981 pour le film de Louis Malle « Atlantic city », avec Burt Lancaster et Suzan Sarandon  par ailleurs Lion d'or à la Mostra de Venise.

Une autre en 1982, partagée avec Francis Lai pour la musique du film de Claude Lekoucu « Les uns et les autres »

Et une dernière nomination en 1985 pour la musique du film d'Elie Chouraqui « Paroles et musique » avec Catherine Deneuve, Christophe Lambert et Richard Anconina.

 

Enfin pour finir ce billet, une information trouvée dans la biographie de Michel Legrand de Wikipédia : 

Naturalisé américain vers la fin de sa vie, il renonce volontairement en 2011 à la nationalité française en demandant sa libération des liens d’allégeance à l'égard de la France.

 

Derniers ajouts de ce billet et dernières corrections le 6 mars 2019

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