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Presse aidant..... Hommage à Jean Daniel

10 Mars 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #Presse aidant

Il y a trois semaines de cela, alors que je travaillais sur mon premier des deux articles que je voulais consacrer aux romans et essais d’Albert Camus en m’appuyant notamment sur une interview de Jean Daniel dans un hors-série de l’Obs de septembre 2017, c’est alors que j’appris le décès du fondateur de cet hebdomadaire que je lis depuis le début des années 70.

Je ne pouvais pas ne pas faire, juste après les articles sur Camus, un article sur son ami Jean Daniel. …

Sauf que pour ce qui concerne le journaliste dont j’appréciais les éditoriaux je ne savais pas grand-chose et qu’il fallait que je m’instruise. Bien sûr je me suis jeté sur l’Obs du 27 février et de la cinquantaine de pages consacrées à Jean, l’âme, de l’Obs comme le dit si bien Dominique Nora, en éditorial introductif. Au file des pages de ce cahier spécial je me suis rendu compte que j’en savais plus que je ne le pensais sur le personnage…. Mais c’était trop riche pour moi….trop difficile à résumer de façon équilibré……. Aussi, et, je m’en excuse auprès de l’Obs, et des amis de Jean Daniel mais j’ai fait dans la facilité en reprenant en grande partie la belle et très instructive nécrologie du Monde de Frank Nouchi.

 

....[...].... Jean Daniel est mort mercredi 19 février, à l’âge de 99 ans. Il était né le 21 juillet 1920, à Blida, « la petite fleur du Sahel », à une cinquantaine de kilomètres d’Alger. « Je ne suis pas né comme Camus sur les rivages de la Méditerranée mais au pied d’une montagne, écrira-t-il plus tard. La mer était une promesse à quinze kilomètres. Il me reste l’odeur du chèvrefeuille, le braiment de l’âne attelé à une carriole devant notre porte. »

Blida, c’est aussi « la grande maison » dans laquelle, longtemps, il dormit dans la chambre de ses parents « Onzième enfant, on ne m’attendait pas », disait-il.  Plus tard, son père lui raconterait comment il avait enlevé sa mère, alors âgée de 15 ans. Pour la séduire, il lui avait dit que « l’eau de nos sources était plus limpide, les raisins plus doux, les figues plus pleines ». « Rien, écrit-il dans Le Temps qui reste, (Stock 1973) pas même le désir que j’avais de garder pour moi seul une mère que ce patriarche lointain ne songeait pas à me voler, ne nourrissait une révolte contre notre père.» Il ajoutait « L’Algérie de mon père, c’est évidemment la mienne, la seule.»

Ce père qu’il respectait et admirait tant présidait le Consistoire israélite de Blida. « Il a admis que six de ses huit garçons épousent des non-juives. Les enfants de ces couples ont été pour les uns juifs, pour les autres catholiques. » Quand il est mort, « il a en même temps emmené Dieu avec lui. J’ai été ensuite condamné à l’incroyance. Quand ma mère est morte, l’Algérie s’est arrachée de moi »

Jean Daniel s’est souvent exprimé sur sa judéité : « Je veux qu’on me laisse vivre mon judaïsme comme je l’entends. Je suis d’abord méditerranéen, ensuite français, ensuite juif. Ma composante juive passe après mon désir d’universalité. »

 

En classe de 3ème, au collège colonial de Blida, le jeune Jean fait un exposé sur Jean-Christophe, de Romain Rolland (prix Nobel de littérature en 1915) « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des marchands de canons. ». Dans cette petite ville de garnison où les fils d’officiers étaient nombreux, c’est un tollé. Première bagarre politique au jardin Bizot. « La France aux Français ! » crient ses « ennemis ».

A la même époque, il découvre Gide. Pages de Journal. « J’avais besoin d’une foi. Gide me la donnait. Le maître remplaçait Dieu (….) Le pays dont il écrivaitJe te salue de tout mon cœur, pays du premier matin du monde’’ ne pouvait être que ma terre promise, celle de Romain Rolland et d’Henri Barbusse – l’Union soviétique. »

A 15 ans, il lit le premier numéro de Vendredi avec toutes ses signatures prestigieuses : Aragon, Breton, Gide, Malraux, Nizan, Guilloux… L’avant-garde intellectuelle du Front populaire mais aussi, à la faveur du Retour de l’URSS de Gide, la prise de conscience que la Russie stalinienne n’était pas cette patrie d’élection à laquelle le jeune Jean avait rêvé. Nouveau choc.

Il est inscrit en licence de philosophie à Alger lorsque le décret Crémieux, qui, en 1870, donnait la citoyenneté française aux « israélites indigènes »d’Algérie, est aboli. C’est à cette époque que celui qui deviendra un grand résistant et un grand chirurgien, José Aboulker, lui dit ceci qui, toujours, comptera : « Je n’aime pas laisser à l’adversaire le soin de déterminer mon combat ou ma mort. Ils veulent que nous mourions simplement parce que nous sommes juifs. Je mourrai parce que je suis antinazi et comme je l’aurai voulu. »

Incorporé dans l’armée de Giraud, Jean Daniel déserte pour rejoindre la deuxième division blindée de Leclerc en Tripolitaine, près de Sabratha. Baptême du feu en Normandie. Démobilisé à Paris, il s’inscrit en Sorbonne pour finir sa licence. Lecture de Combats de et découverte de Camus, seul dans la presse française à protester contre la bombe d’Hiroshima., « Camus devenait mon héros Combat ma Bible… Vendredi c’était les intellectuels au pouvoir. Combats les philosophes jugeant l’histoire. »

 

1946 : à 25 ans, Jean Daniel devient la plume du président du conseil, Félix Gouin. « La grande comédie commençait.» Il rencontre Léon Blum – un génie. Refuse un poste de sous-préfet que lui propose Louis Joxe. Découvre le spectacle des phénomènes de cour, la servilité et la corruption de ceux qu’il côtoie.

1947 : avec des amis, il fonde la revue Caliban dont la formule consistait à publier, à la fin de chaque numéro, le texte intégral d’une œuvre méconnue ou injustement oubliée. Y collaboreront des écrivains comme André Chamson, Etiemble, Jules Roy ou Emmanuel Roblès, sans oublier certains proches parmi lesquels sa compagne d’alors, Marie Susini, et son cousin, Norbert Bensaïd.

 Après le sixième numéro, Jean Daniel reçoit un coup de téléphone.  Albert Camus se permet de lui faire une suggestion : pourquoi ne pas publier La Maison du peuple, de Louis Guilloux ? Jean Daniel accepte, mais à condition que Camus en écrive la préface. Rendez-vous est pris à la NRF. « Il me parut, ce jour-là, particulièrement beau : Humphrey Bogart jeune, avec un masque un peu plus japonais, et un goût de vivre plus expansif. »  Coup de foudre.

La préface de Camus déclenche une polémique à cause d’une phrase qui, dit Daniel, « impatienta tous les intellectuels de gauche » « Nous sommes quelques-uns à tolérer avec gêne qu’on puisse parler de la misère autrement qu’en connaissance de cause. »

 En 1951, après avoir atteint un tirage de 150 000 exemplaires, Caliban disparaît. Sans ressources, Jean Daniel trouve un emploi de professeur à Oran, au cours Descartes, que dirigeait un ami de Camus, André Bénichou. Deux ans plus tard, toujours grâce à Camus, il entre à la Société générale de presse où il couvre les affaires coloniales. Rencontre Pierre Viansson-Ponté et K.S. Karol. Fait la connaissance, à Paris, de Bourguiba. Houleux : « Vous voulez donc que ce soit un pays exsangue et décapité de ses élites qui obtienne l’indépendance ? Vous voulez donc toujours vous mêler de nos affaires, la droite pour nous exploiter, la gauche pour nous donner des leçons ? Qu’est-ce vous connaissez de nous ? (…) Vous savez ce qu’ils sont ces hommes de gauche. Eh bien, moi, Bourguiba, je vais vous le dire, ce sont des impérialistes idéologiques ! » Ce mot, Jean Daniel s’en souviendra toute sa vie

 

1 novembre 1954 : c’est le début de la guerre d’Algérie et le premier article signé Jean Daniel dans Le journal de Jean-Jacques Servan-Schreiber et, surtout, de Mendès France, cet autre héros de Jean Daniel (avec Camus et Malraux), dont il dira plus tard : « Il a anobli la politique, non pas par la grandeur, mais par la vertu. » L’Express, c’était aussi Françoise Giroud et « l’équipe des amis »– Léone Nora, Pierre Viansson-Ponté et K.S. Karol. Premiers reportages en Algérie, « l’occasion pour moi d’assouvir enfin et spontanément toutes ces velléités de “romancier du réel” que j’avais réprimées en renonçant à la littérature ».

 Le 6 février 1956, Robert Lacoste est nommé gouverneur général de l’Algérie par Guy Mollet, les ultras d’Alger triomphent. Lucide et accablé, pressentant le désastre à venir, Camus décide de ne plus écrire sur l’Algérie, ni à L’Express ni ailleurs.

 Devant Jean Daniel, à des étudiants algériens, il explique : La réparation qu’on vous doit est immense, considérable, peut-être surhumaine. Mais la solution passe aussi par les Français d’Algérie. Il y a une patrie algérienne et deux peuples qui y sont enracinés avec désormais la même intensité. Une Algérie exclusivement arabe sacrifierait l’un des deux peuples. Ce serait répondre à une injustice par une injustice. Il y a des hommes qui s’y résignent au nom de l’histoire. Je ne crois pas à la nécessaire coïncidence entre l’histoire et la justice. Eux non plus d’ailleurs. Mais, en ne le disant pas, ils abandonnent leur qualité d’intellectuels. » Daniel n’est pas d’accord. Pour lui, il faut traiter avec le FLN. « « Ce fut ma ligne. Et ce fut avec Camus une terrible rupture. »

Dans une lettre à Camus, Jean Daniel écrit : « Vous êtes la seule personne qui, ayant tort à mes yeux, me conduit à m’interroger sur la justification de ce que je pense. »  Camus répondra : L’important, c’est que vous soyez, comme moi, déchiré. » . « « S’il a tort, au fond de moi, je n’ai pas raison d’avoir raison. Il me met dans le malaise de me sentir en déséquilibre avec moi-même » écrira plus tard Jean Daniel.

Le FLN s’étant installé à Tunis, Jean Daniel s’y rend constamment. Haï à Alger, menacé de mort par l’OAS, il est à l’origine de presque toutes les saisies dont est victime l’Express…..[…]…..Le 20 juillet 1961 est journée de forte tension en Tunisie. Avec Charles Guetta, son compagnon d’armes de la division Leclerc, et Bechir Ben Yahmed, qui à l’époque dirigeait l’hebdomadaire Jean Daniel traverse Bizerte quand un petit avion les repère. Tirs nourris. Il est gravement touché. Sauvé par ses deux amis, Daniel est opéré à l’hôpital de Bizerte avant d’être évacué vers Tunis puis une clinique de Neuilly-sur-Seine. C’est là qu’il apprend la mort de sa mère, et que l’Algérie lui [devient] soudain étrangère

 

Le premier grand fait d’armes journalistique de Jean Daniel eut pour cadre Washington et La Havane. Son idée ? Faire dialoguer, par son truchement, Kennedy et Castro. Le 24 octobre 1963, avec l’aide de Ben Bradlee, qui devint par la suite le légendaire patron du Washington Post, il passa vingt-cinq minutes dans le bureau Ovale avec JFK. Un mois plus tard, il passa deux jours entiers dans la capitale cubaine à écouter Fidel Castro.

Coïncidence extraordinaire : Jean Daniel se trouvait avec le Lider Maximo lorsque Osvaldo Dorticos, le président de la République cubaine, lui annonça par téléphone la nouvelle de l’assassinat de Kennedy. « Como ? Un attentado ? ». Fidel ajouta « Es una mala noticia »: (« Voilà une mauvaise nouvelle »). La veille, il expliquait à Jean Daniel que « Kennedy était responsable de tout, mais que tout autre que lui aurait fait pire… » Dans L’Express du 6 décembre 1963, puis dans Le Temps qui reste, Jean Daniel raconte longuement ces entretiens qui lui valurent une certaine notoriété des deux côtés de l’Atlantique.

Cette célébrité soudaine n’est pas du goût de Jean-Jacques Servan-Schreiber. D’autant qu’à cette époque il projette de transformer L’Express en « vrai magazine d’information »sur le modèle de Time ou de Netsweek. Jean Daniel, qui n’est pas d’accord, quitte le journal avec quelques amis (K.S. Karol et Michel Bosquet….

Quelques mois plus tard, à l’automne 1964, Gilles Martinet annonce que France Observateur, l’hebdomadaire dont il est le directeur, devient Le Nouvel Observateur. Jean Daniel en sera le rédacteur en chef et Claude Perdriel, un jeune industriel roulant en Jaguar, l’actionnaire principal. Pierre Mendès France, qui s’est éloigné de L’Express, parraine le nouveau journal. Une augmentation de capital laisse 30 % des actions à l’ancienne équipe ; 30 % vont à Claude Perdriel, 8 % au groupe de Jean Daniel, les 32 % restants étant assurés par une souscription.

Le premier numéro sort le 19 novembre 1964, avec une contribution de Jean-Paul Sartre et une de Mendès. Dans son éditorial, Jean Daniel précise la ligne : « Si la gauche se cherche, notre simple ambition est de l’aider à se trouver en favorisant des débats, en ne refusant aucune analyse et aucune information gênante pour nos principes, en resituant les anciens problèmes dans le contexte moderne. C’est ainsi que nous pouvons le mieux, pensons-nous, réconcilier la gauche avec elle-même et lui donner les véritables armes de l’action. »

C’est le début d’une extraordinaire aventure de presse. Et pour Jean Daniel l’occasion d’exercer un magistère sur la gauche française et européenne. Hubert Beuve-Méry avait trouvé en de Gaulle un interlocuteur à sa mesure. « Vous êtes l’homme qui dit non » avait dit un jour le Général au fondateur du Monde. Ce reproche en forme de compliment, ni Mendès, évidemment, ni Rocard et Delors, qu’il soutint toujours, ni même Mitterrand, avec qui les relations furent parfois plus compliquées, ne l’adressèrent à Jean Daniel.

 

Outre la situation de la gauche française, Jean Daniel consacre nombre d’éditoriaux au Proche-Orient. Il en devient même très vite l’un des meilleurs spécialistes. Et l’un des acteurs. Ainsi, en juin 1970, dans le plus grand secret, il organise une rencontre entre Nahum Goldmann, le président du Congrès juif mondial, et le roi Hassan II du Maroc.

Deux ans plus tard, après l’attentat de l’aéroport de Lod-Tel-Aviv, il écrit un éditorial appelant à la « formation de deux Etats, l’un palestinien, l’autre israélien, qui coexisteront d’abord, coopéreront ensuite, fusionneront enfin. Cela deviendra une nécessité évidente le jour où les peuples en auront assez du malheur et de la mort ».

C’est peu de dire que les relations entre Jean Daniel et le Parti communiste français furent compliquées. La publication de L’Archipel du Goulag, l’ouvrage d’Alexandre Soljenitsyne, déclencha une polémique entre Georges Marchais, L’Humanité et Le Nouvel Observateur accusé d’être « un professionnel de la division de la gauche ». Alors premier secrétaire du Parti socialiste, Mitterrand tenta de calmer les choses. Sans grand succès… Même La Pravda y alla de ses accusations contre Daniel, « cet antisoviétique de gauche qui cherche à ébranler le régime politique des pays du socialisme en ayant recours aux services de dissidents ».

 

En 1981, Le Nouvel Observateur soutient sans réserve le candidat de l’union de la gauche. Une fois élu, Mitterrand confiera certaines missions diplomatiques à Jean Daniel, en Algérie ou au Portugal, par exemple. « Ce qui m’attache à François Mitterrand, disait Jean Daniel,  c’est qu’il me parle de la politique avec la distance d’un historien et de la littérature avec l’intimité d’un écrivain. » En 1988, il lui consacre un ouvrage, Les Religions d’un président (Grasset). Il prend sa défense au plus fort de l’affaire Bousquet, lorsque un autre éditorialiste du Nouvel Obs, Jacques Julliard, demande au chef de l’État d’avoir le courage de donner sa démission. d’un président Nouvel Obs « Jamais Pétain n’a été aussi solennellement condamné par un président de la République » réplique alors Jean Daniel.

Sans appartenir au premier cercle de la Mitterrandie, Jean Daniel est sous le charme du monarque républicain. « Il était difficile d’aimer cet homme, écrira-t-il, mais comme je l’ai aimé. » Autre formule, bien caractéristique du bonhomme : « Je ne voulais pas être ministre de Mitterrand, mais j’étais enchanté qu’il y pense. » D’une manière générale, Jean Daniel n’était pas insensible aux honneurs. Souvent moqué pour son narcissisme, il fut ainsi croqué par Bernard Frank dans Solde en 1980 : « Quand Jean Daniel admire, il importe que l’objet de son admiration se le tienne pour dit et ne s’avise pas de les compromettre, lui et son journal, par des fantaisies de langage intempestives. »

Dans un entretien accordé au Monde en mai 1995, Jean Daniel résumait sa pensée politique. De gauche : « Je partage aujourd’hui la position de Camus qui disait : malgré elle et malgré moi, je mourrai à gauche… » Il ajoutait « Il y a constamment une tension entre la volonté d’universalité, qui risque de porter à la dissolution de la nation dans le monde, et l’exigence de particularité, qui expose cette même nation au repli complaisant et stérile sur elle-même. »

Pointant le fait que la machine à intégrer ne fonctionne plus –« nous avons perdu les grands mécanismes intégrateurs qu’étaient l’armée, l’école, l’Église, les syndicats et le Parti communiste », il disait, un brin provocateur « Il n’est ni absurde ni révoltant de demander à une jeune fille ou à un jeune homme nés en France de parents étrangers de confirmer leur volonté de devenir français. Cela ne me choquerait aucunement d’avoir à faire cette confirmation moi-même. »

 

Avec Claude Perdriel, ses rapports furent à la fois complices et conflictuels. Leur pacte professionnel était clair : à Perdriel l’entreprise, à Daniel la rédaction. Il n’empêche : les scènes de ménage entre eux furent nombreuses. D’autant plus que leurs vies sentimentales s’entrecroisèrent parfois. Lors de la vente du Nouvel Observateur – qui n’allait pas tarder à devenir – aux actionnaires du Monde (Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse), Jean Daniel ne fut pas associé directement aux discussions.

 Sous son règne, Le Nouvel Observateur  demeura, vaille que vaille, le lieu des débats de la gauche française. Mendésiste et camusien, social-démocrate revendiqué, inlassable avocat de la paix entre Israéliens et Palestiniens, Jean Daniel fut un irremplaçable veilleur du monde.

 

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