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Blog à part..... Naissance de l'écriture

10 Mai 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #Blog à part

 On entend souvent dire que la préhistoire s'est terminée avec la naissance de l'écriture. L'homme chasseur et cueilleur n'avait guère besoin de l'écriture. Des dessins dans les grottes pour décrire ses rêves, ses exploits, ses peurs ou ses désirs lui suffisaient. Mais ses dessins n'étaient vus que par la tribu, puis après par ses descendants. Quand l'homme devint agriculteur ou paysan et que naquit le troc puis le commerce il s'aperçut que la parole n'était pas suffisante, il fallait aussi laisser des traces d'accord. Les premières écritures allaient naître sous différentes formes ; d'abord en Mésopotamie vers 3500 av. J.-C., puis en Egypte sensiblement à la même époque à quelques décennies ou siècles près. Suivit l'écriture crétoise vers 2000 av. J.-C. puis l'alphabet phénicien ; Ces écritures étaient de formes différentes mais liées géographiquement certaines s'influencèrent et se complétèrent. Sur la carte qui suit sont évoquées aussi deux écritures primaires plus éloignées comme celle de Chine vers 1500 av. J.-C., voire sans lien géographique avec l'écriture Maya à partir de 300 après J.-C. 

Cette carte est intéressante pour montrer l'évolution des écritures au Moyen-orient et autour du bassin méditerranéen, mais ellz ne met pas assez en évidence la naissance écritures primaires. Les archéologues et historiens retiennent que l'écriture ne fut inventée qu'à quatre reprises sur la planète si on retient que le mot " inventée " signifie  création de quelque chose qui n'existait pas auparavant. C'était le cas au pays Sumer (dans le sud de l'Irak actuel) suivi de très près par l'Egypte avec un type d'écriture différent. Le tour de la Chine ne vint qu'au XIIIe siècle avant J.-C. et celui des Mayas du Yucatan au IVe avant J.-C. (source wikipedia ) On note quelques différences, incertitudes, de dates avec la carte.     

Le sumérien était une langue parlée dans l'Antiquité en pays Sumer, en basse Mésopotamie, entre deux fleuves, le Tigre et l'Euphrate ; c'était un isolat linguistique qui n'a pu être rattaché à d'autres langues du Proche-Orient ancien. Et c'est ce peuple sumérien  probablement peu nombreux qui a inventé une écriture de type cunéiforme qui s'est par la suite répandue dans tout le Proche-Orient ancien, avant de disparaître au début de notre ère, tout en survivant au peuple sumérien qui s'était éteint déjà depuis longtemps en se mélangeant avec les autres populations sémites de la région.  

Les premières tablettes d'argile sont datables de 3200 av. J.-C. Elles portent uniquement des signes numériques et pictographiques qui ne constituent pas une écriture à proprement parler, mais plutôt une association d'images. Les Sumériens firent un pas vers l'écriture en étendant la signification de certains signes. Différents pictogrammes furent combinés pour donner naissance à une nouvelle signification. L'évolution graphique de ces signes fut la deuxième étape du processus, les dessins se transformant en coins. Les premières tablettes documentant des variations de son du mot sont datées de 3000 av. J.-C. L'écriture évolua encore grâce aux Sémites. Ils avaient adopté, vers 2400 av. J.-C. le système graphique sumérien en l'adaptant à leur propre langue très différente et surtout plus flexionnelle. Cette différence créa le besoin de développer plus le côté phonétique. Dès lors l'écriture put représenter la langue telle qu'elle était parlée, dans toute sa richesse et ses nuance. (Source : Histoire & civilisations n°4, Les civilisations Mésopotamiennes. Extraits pages 35 à 39.)

Vers 3200 av. J.-C., à l'aube de la civilisation Egyptienne, un monarque, le pharaon, instaure un Etat fortement structuré qui a autorité sur la Haute et la Basse-Egypte réunies. Pour faciliter l'administration et transmettre les ordres, la nécessité se fait sentir de mettre au point un encodage graphique de la langue qui est devenue commune à tous les habitants de l'Egypte. Ainsi naît l'écriture hiéroglyphique, qui emprunte beaucoup de ses signes au monde animal et végétal du paysage égyptien. Le système hiéroglyphique est d'une grande subtilité : les signes sont écrits soit en tant qu'idéogrammes, soit en tant que phonogrammes. L'idéogramme sert à écrire le nom de l'objet ou de l'action qu'il représente : ainsi un plan de maison signifiera "maison", une voile de bateau gonflée , "vent". Le phonogramme intervient dans l'écriture des mots abstraits. Le signe est alors utilisé pour sa valeur phonétique, sans tenir compte de ce qu'il représente : ainsi le dessin de la bouche vue de face servira à noter le sens R. Enfin, pour différencier les homonymes et préciser le sens des mots, on les fait suivre de signes déterminatifs, qui indiquent à quelle catégorie sémantique ils appartiennent. Par exemple, toutes les actions du soleil, toutes les notions de temps et de durée seront déterminées par le signe de l'astre solaire. Vers 1900 av. J.-C., on compte environ 700  hiéroglyphes ; à l'époque gréco-romaine, les prêtres chargés de rédiger les textes sacrés en multiplient les formes et les valeurs, augmentant leur nombre jusqu'à 5000. (Source : Hors série Le Monde  2018. L'histoire du Moyen-Orient. L'Egypte pharaonique diffuse sa lumière Extraits pages 32 à 33.)

(Source : Histoire & civilisations n°2, L'Empire Egyptien.  Page 135.)

Voyons maintenant, plus sommairement, les deux autres zones de la planète où l'écriture fut inventée à savoir la Chine et le territoire Maya. En Chine l'écriture actuelle est un long prolongement des premiers "écrits". Chez les mayas les espagnols lors de la conquête ont fait table rase de tout ce qui était livres et écrits papiers. Seuls les écrits sur pierres ou poteries ont fait connaître cette écriture  qui n'a pu être décryptée. 

 

En Chine, après une période allant du XVe siècle av. J.-C. au Xe av. J.-C. où l'écriture sur os et 

écailles (des écailles de tortue) était utilisée à des fins divinatoires : une écriture sigillaire s'est développée à partir de ces formes archaïques.

Elle se développera, se transformera au fil des siècles. Pour exprimer les idées ou les pensées plus complexes, deux, trois ou plusieurs images simples sont réunies pour former un seul idéogramme. Elle est passée de 8000 caractères à la fin du 1er siècle de notre ère à 18.000 au 3e siècle, 48.000 au 18e siècle. Le 20e siècle compte près de 55.000 caractères, dont plus de 3000 d'usage courant. Sources : divers extraits par wikpedia

 

Si une écriture a bien été inventée sans modèle d'écriture c'est bien celle des  Mayas.

Quand les Espagnols conquièrent la péninsule du Yucatán, à partir de 1527, ils sont très surpris de voir que les indigènes de la région possèdent des « livres », ou « parchemins », dans lesquels ils consignent toutes les connaissances « mémorables de leur temps ». Ils n’ont rien vu de pareil chez les Aztèques, pas plus qu’ils ne le verront chez les Incas du Pérou après la conquête de Pizarro quelques années plus tard. Ces deux peuples ont une architecture et un art élaborés, ils vivent dans de grandes cités et administrent de très vastes empires, mais ils n’ont pas d’écriture. Dans l’Amérique précolombienne, seuls les Mayas ont développé un système d’écriture comparable à celui des grandes civilisations du Proche-Orient, comme l’Égypte ou la Mésopotamie. Il est difficile de savoir quand les Mayas ont commencé à écrire. Les plus anciens textes découverts, dans les hautes terres du Guatemala (comme la « stèle 1 » d’El Portón ou les murailles de San Bartolo), remontent au IIIe siècle av. J.-C. C’est à l’époque classique (vers 300 ou 900 après J.-C.) qu’ont été produits la plupart des textes parvenus jusqu’à nous. Ces derniers sont rédigés sur de nombreux supports : céramiques, stèles et linteaux, coquillages, os, obsidiennes ou jades, et même sur les parois de certains édifices et de grottes, lieux sacrés pour les Mayas. À l’arrivée des Espagnols, ces derniers n’écrivent plus sur la pierre, mais ils continuent à composer des livres, appelés aujourd’hui « codex ».

La conquête espagnole entraîne la perte de la tradition écrite. Les conquistadors, incapables de comprendre la signification de ces symboles complexes, considèrent que ce ne sont que « superstition et mensonges du démon », comme l’écrit l’évêque du Yucatán, Diego de Landa. À leurs yeux, les codex sont un obstacle évident à l’implantation de la nouvelle religion chrétienne chez les indigènes. C’est pourquoi tous ceux trouvés pendant la conquête sont brûlés. Les derniers dont nous ayons connaissance sont ceux découverts à la fin du XVIIe siècle à Tayasal, ville située sur le lac Petén Itzá, au Guatemala, dernière zone des terres mayas à être conquise. Dès lors, seule a survécu ce que l’on appelle la littérature maya coloniale, inspirée de la tradition orale et rédigée en alphabet latin, mais personne ne sait plus interpréter le sens des symboles de l’époque classique. […]

Source : texte de Juana Mateos de la Higuera Université Modelo, Merida (Yucatán), trouvé par internet.

Voyons maintenant l'évolution de l'écriture au Moyen-Orient et contour méditerranéen.

 

Entre 1700 et 1400 av. J.-C la Crête exerça une profonde influence sur les territoires insulaires et péninsulaires qui l'entouraient grâce à ses intenses relations commerciales et, probablement, à des opérations guerrières menées par la mer. Les marins crétois échangeaient des marchandises avec les cités égéennes y compris celle des Phrygiens, des Lydiens et des Hittites, en Asie mineure. Ils atteignirent aussi Chypre, les côtes de la Palestine et le nord de l'Égypte, où ils étaient appelés Keftiu, c'est à dire « Hommes des îles ».

 

En 1900, l'archéologue Arthur Ewans fit des fouilles dans le sud de l'île qui mirent à jour les ruines de Cnossos, vestiges d'une civilisation qui était restée ensevelie pendant plus de 3000 ans. Dans ces ruines il découvrit deux types d'écriture qu'il baptisa « linéaire A » et « Linéaire B » en raison de leurs tracés rectilignes. Le premier correspond à la langue crétoise, non encore déchiffrée à ce jour. Le second servit à représenter la langue grecque, plusieurs siècles avant l'adoption de l'alphabet. Son déchiffrement a permis de démontrer que l'écriture linéaire B était un système syllabique que les Mycénéens avaient emprunté aux Crétois. En 1909, toujours dans le sud de la Crête, fut trouvé le disque de Phaistos dont l'écriture hiéroglyphique n'a pas été déchiffrée.

source : Histoire & civilisation n°6 pages 20 et 34. 

 

Les phéniciens étaient originaires d'une région correspondant sensiblement au Liban actuel. Les racines de la civilisation phénicienne se trouvent dans les cultures de la façade méditerranéenne du Proche-Orient du IIe Millénaire av. J.-C. Toutes les villes de la future Phénicie existent déjà. Capitales de petits royaumes, ce sont des cités marchandes importantes, et elles partagent une culture dont les Phéniciens sont les héritiers directs. À la suite des bouleversements qui touchent le Moyen-Orient vers 1200 av J.-C., une nouvelle ère s'ouvre pour elles. Dégagées de la tutelle des anciennes puissances qui les dominaient ( Nouvel Empire égyptien, Empire hittite), elles disposent d'une période d'autonomie qui leur permet d'étendre considérablement leurs réseaux commerciaux, puis de se lancer dans un mouvement d'expansion sur les rives de la mer Méditerranée. Les Phéniciens émigrés fondent alors des cités sur différents sites de Chypre, de Sicile, de Sardaigne, de Corse, de la péninsule ibérique, de Grèce, Turquie actuelle et d'Afrique du nord, dont notamment Carthage.. L'accomplissement le plus connu de la civilisation phénicienne est la mise au point de l'alphabet phénicien, qui est sans doute à l'origine des alphabets les plus répandus dans le monde l'alphabet grec, duquel s'inspirent les Romains pour créer l'alphabet latin, l'alphabet araméen.... La civilisation phénicienne présente de nombreux points communs avec celles des populations qui l'ont précédée au Levant (qu'on regroupe souvent sous le terme de Cananéens), ce qui permet de mieux comprendre certains aspects de leurs institutions politiques et surtout de leurs croyances et pratiques religieuses. (sources : Divers wikipedia.)

Attesté à partir du IXe siècle av.J.-C. le système d'écriture phénicien se compose de 22 consonnes toujours énoncée dans le même ordre : alep, bet, gimel, dalet, etc... Un tel alphabet, dénué de voyelles et dit "consonantique", convient aux langues sémitiques, car les consonnes y jouent un rôle essentiel en formant les racines des mots. L'écriture phénicienne se propage en Méditerranée et deviendra à Carthage (fondée vers 820 av. J.-C.), l'écriture punique, dont les derniers vestiges datent du Ve siècle. Quant au phénicien, sorti de l'usage avant le début de l'ère chrétienne et ensuite oublié, il sera de nouveau déchiffré au XVIIIe siècle, sans difficulté en raison de sa parenté avec l'hébreu biblique.

 

Comme le phénicien, la plupart des langues sémitiques ont adopté un alphabet consonantique, avec de multiples variantes. L’alphabet sémitique du sud, attesté à partir du début du premier millénaire av. J.-C., s'appliquait aux langues sud arabiques dont le sabéen, parlé par la reine de Saba. Les alphabets sémitiques du nord se subdivisent en deux groupes : phénicien et araméen. Du premier relevait l'écriture paléohébraïque, délaissé par les Hébreux lors de leur exil à Babylone au profit de l'écriture araméenne, elle même muée en une "hébraïque carrée" en usage aujourd'hui en Israël. La descendance de l'alphabet araméen, attesté à partir du VIIIe av. J.-C. s'est révélée le plus pérenne : outre l'hébraïque, elle inclut l'écriture arabe dont la genèse demeure mal élucidée. On la discerne chez les Nabatéens qui avaient pour capitale Pétra, en actuelle Jordanie. De langue arabe, ils écrivaient en araméen et employaient à l'occasion une cursive, préfiguration probable de l'écriture arabe que nous connaissons.

Hérodote (Ve siècle av. J.-C.) nommait les lettres grecques "caractères phéniciens": on ne saurait être plus honnête ! Les circonstances de la transmission (première moitié du VIIIe siècle av. J.-C.) demeurent inconnues. Toujours est-il que les Grecs ont aussitôt innové en transformant en voyelle cinq consonnes phéniciennes dont ils n'avaient pas l'usage, à commencer par alep. Elles sont devenues alpha, epsillon, êta, iota, et omicron. La filiation conduisant à upsilon n'est pas directe. Quand à oméga, c'est une invention postérieure. De l'alphabet grec sont issus l'alphabet latin (dès le VIIe siècle av. J.-C. via l'alphabet étrusque), les alphabets arménien et géorgien (au Ve siècle) et l'alphabet cyrillique, mis au point en Bulgarie au IX siècle.

 

Source pour l'alphabet, Histoire & Civilisation n°6 Les origines de la Grèce. Page 105.

 

C'est en direction de l'Extrême-Orient que l'alphabet a connu sa plus étonnante aventure. Les Perses empruntent l'écriture araméenne pour transcrire leur langue, en particulier à l'époque sassanide (IIIe-VIIe siècles.). Ils sont en relation avec d'autres iraniens, les Sogdiens, qui habitent la Sogdiane (actuel Ouzbekistan) et commercent le long de la route de la soie.....etc... 

Source: Les textes en bleu sont tirés du chapitre « L'écriture alphabétique » pages 34 et 35 du Hors série du Monde (2018) L'histoire du Proche-Orient. 10 000 ans de civilisation. 

 

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Shana 12/05/2020 20:21

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.