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Brèves de trêve .......Les poètes mis en chansons par Georges Brassens.

16 Mai 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #Brèves de trève

Georges Brassens est né à Sète en octobre 1921. Son père Jean-Louis était maçon ; Sa mère Elvira, d'origine italienne, était veuve de guerre et avait une fille, Simone, née de son premier mariage ; celle-ci était plus âgée que son frère de neuf ans. Georges eut une enfance heureuse baignant en quasi permanence dans une ambiance musicale grâce à sa mère qui chantait tout le temps, en préparant la cuisine, en lavant, en repassant. Elle apprenait les chansons qu'elle aimait après les avoir notées sur un cahier et en demandant à des amies de vérifier qu'il n'y avait pas d'erreur. A douze ans Georges commença les études secondaires au collège de Sète. Il se passionnait pour la littérature et la poésie avec le soutient d'un professeur, Monsieur Bonafé , qui appréciait cet élève qui disait vouloir être poète. Par contre Georges n'aimait pas beaucoup les autres matières, surtout celles qui l’ennuyaient, et ce au désespoir de sa mère qui espérait qu'il devienne fonctionnaire. Cette mère autoritaire qui pour le punir de ne pas travailler assez au collège lui supprima les cours de musique. Il ignorera donc tout du solfège. Il s’était aussi découvert une autre passion : les chansons de Charles Trenet qu'il entendait à la radio.

À 16 ans, au printemps 1938, les bêtises d'une petite bande de collégiens menèrent Georges et ses copains au poste de police pour quelques larcins dont les victimes étaient le plus souvent leurs proches, (Georges vola à sa sœur une bague et un collier). Mais toujours est-il que les gamins passèrent quelques heures en prison. Indulgent, son père ne lui adressa aucun reproche quand il alla le chercher. Pour saluer l’attitude de son père, il en fera, bien plus tard une chanson : Les Quatre Bacheliers. Devant le scandale le censeur du collège expulsa tous ces mauvais garçons... La scolarité était terminée pour Georges et il ne pouvait rester auprès de sa mère qu'il avait tant déçue. Ces parents trouvèrent la solution en l'envoyant à Paris, dans le 14e arrondissement, chez sa tante maternelle Antoinette. Chez elle, il y avait un piano. Il en profita pour apprendre à en jouer malgré sa méconnaissance du solfège. Pour ne pas vivre à ses dépens, comme promis, il chercha un emploi. Il fut manœuvre chez Renault, mais ça ne dura guère. Il y avait trop de livres à lire chez sa tante, il les dévora, s’instruisant en littérature, poésie et philosophie... et quand il eut tout lu il y avait encore la bibliothèque municipale à proximité. Une vie d'étudiant en lettres autodidacte.

En 1940 les allemands arrivaient à Paris, et Georges rentra chez lui à Sète. Mais quelques mois plus tard il fit le choix de retourner chez sa tante pour poursuivre ses chères études ; il publia même, en 1942, un recueil de poèmes, sans grand succès ! En 1943 il fut requis par le S.T.O. et le voila obligé d'aller travailler en usine à Berlin. Le soir il concoctait quelques chansonnettes pour ses copains de chambrée dont la chanson des remords Maman, Papa ..... Il eut, début 1944, une permission de quinze jours pour rentrer à Paris, mais il ne retourna pas en Allemagne. Pour ne pas se faire repérer par les Allemands, il s'installa impasse Florimond chez Marcel et la Jeanne qui était femme de ménage chez sa tante. Il reprit sa vie d'étudiant et de poète bohème écrivant des chansons dont certaines finirent par être entendues lors d'une audition chez Patachou le 6 mars 1952.

 

Entre 1952 et 1954 Brassens a enregistré au moins 24 chansons en divers formats de disques qui se faisaient à cette époque comme les 78 tours avec deux chansons, une par face, qui furent ensuite repris en deux albums 33 tours de douze chansons.

Sur ce premier album il y a 4 chansons construites sur un poème. Trois poèmes de Paul Fort : « Le petit Cheval »,  « La Marine » et « Comme hier » et un poème de François Villon « Ballades des dames du temps Jadis »

Sur le deuxième album on ne trouve qu’un poème de Louis Aragon « Il n’y a pas d’amour heureux. »,  

Sur le troisième album (1953/1956) : il y a 4 chansons tirées de poèmes : deux poèmes de Victor Hugo avec les magnifiques « Gastibelza » et  « La légende de la nonne. » ; il y a aussi un poème de Paul Verlaine  « Colombine.» et  un poème De Francis James. « La prière.»

Sur le quatrième album (1955-1957) il n'y a qu’un poème, « Philistins » de Jean Richepin.

Pour le cinquième  album (1956-1960) il n’y a pas de poème mis en chanson mais 12 très belles chansons 100% Brassens.

Pour le sixième album, (1960-1962) Georges a fait, d’un poème de Théodore de Banville « Le Verger du roi Louis », une très jolie chanson.

Septième album (1961-1966) il is en musique  « Si le bon dieu l’avait voulu », poème de Paul Fort  et « Marquise.», stances de Corneille, complétée par la conclusion de Tristan Bernard.

Huitième album (1965) sans poème mis en chanson, mais un hommage à Prévert dont je reparlerai plus loin.

Idem pour le neuvième album. (1966) mais avec un hommage appuyé à François Villon, mais j'y reviendrai. 

Dixième album (1969), avec le magnifique poème de Jean Richepin « Oiseaux de Passage. » si bien mis en musique. Mais aussi « Pensée des morts » un poème d’Alphonse Lamartine.

Pour le onzième album (1972), un seul poème, mais quel poème ! « Les passantes » d’Antoine Pol.

Douzième album (1976) sans poème mis en chanson, mais une révérence ironique à Paul Valéry et son cimetière marin avec la Supplique pour être enterré à la plage de Sète.

Novembre 1981. Décès de Georges Brassens

Treizième album (1982) : Un disque documents avec 2 poèmes de Gustave Nadeau « Carcassonne » et « Le roi Boiteux »  et deux poème d’Alfred Musset. « Balade à la Lune » et « A mon frère d’Italie ». Sur ce disque Brassens chante quelques chansons dont il n’a fait ni la musique ni les paroles dont 4 chansons d’Aristide Bruant,des chansons  que je ne connais pas.

Les albums XIV et XV ont été enregistré en 1982 par Jean Bertola. Tous les textes et musiques sont de Georges Brassens.

Un XVIe album de 1985 dont tous les textes sont de Brassens et les musiques signées Jean Bertola  qui a encore enregistré ces chansons.

 

Cliquer sur les titres pour écouter les chansons.

Paul Fort (1872-1960.) Brassens raconta avoir mis en musique en premier La Marine, mais officiellement, tout commence avec Le petit cheval qu'il enregistre, en mai 1952, sur son deuxième 78 tours, sans avoir pensé à demander l'autorisation de l'auteur. Mais il n'omet pas d'envoyer le disque à Paul Fort, lequel ravi du résultat, lui répond en substance : « Vous pouvez mettre en musique tous les poèmes de moi que vous voudrez, je sais que vous ne me trahirez pas.»

Les deux autres poèmes mis en musique et enregistrés par Brassens, Comme hier et si le bon Dieu l'avait voulu, proviennent du recueil de Paul Fort, Alouette, acquis par Brassens à Paris, rue de la convention, le 14 avril 1945. Georges conservait pieusement cet exemplaire annoté de sa main. 

En outre Brassens a dit trois poèmes de Paul fort (L'enterrement de Verlaine, Germaine Tourangelle, A Mireille dite "Petit Verglas")  sur le 45 tour Hommage à Paul Fort, paru en mai 1961... 

 

Victor Hugo  (1802.1885.)  Le titre original de Gastibelza, extrait du recueil le Rayons et les Ombres (1840) était Guitare. Sur les onze strophes, écrites en habile alternance de décasyllabes et de tétrasyllabes qui donnent au poème son rythme et sa vocation à être chanté, Brassens en a retenu sept. L'héroïne, cette Dona Sabine fille d'une vieille maugrabine nous renvoie au temps où l'Espagne était occupée par les Maures.

La légende de la nonne est extraite du recueil Odes et Ballades (1828) dont elle est la treizième ballade. Dans ce cas, de nouveau, à partir d'un poème bien long, 24 huitains en octosyllabes, le chanteur n'en a retenu que neuf, sacrifiant en partie le récit de la damnation en ironisant, comme déjà Hugo lui même, sur la leçon de morale qu'on était censé enseigner dans les couvent de jadis...Afin de préserver du vice les vierges qui font leur salut.

Brassens a aussi fait une chanson avec Altesse un autre poème de Victor Hugo mais il ne l'a pas enregistré et c'est la raison pour laquelle je ne l'ai pas mentionné en album. Il y eut cependant un enregistrement privé.

Brassens a aussi laissé un joli texte de chanson que son ami Jean Bertola a mis en musique et enregistré (Album XVI) dont le titre est Jeanne Martin et le refrain  « Et j'eus ma (1ère, puis 2ème et enfin 3ème) tristesse d'Olympio, déférence gardée envers le père Hugo. »

 

François Villon (1431? - 1463 ?). Beaucoup de mystères entourent la biographie de ce poète avec ses zones d'ombres concernant ses forfaits et ses repentir, ses condamnations et ses pardons et ce jusqu'à la et date et le lieu de sa mort. Tout est la mesure des énigmes que pose la lecture de son œuvre. Sa poésie est riche de clin d'œil, d'allusions politiques de l'époque à quoi s'ajoute la difficulté, pour les lecteurs de nos jours à saisir ce français médiéval à la fois truculent et savant. Avec Les dames du temps Jadis, Brassens fut sans doute captivé par l’évocation de ces héroïnes, célèbres comme Héloïse et Jeanne la bonne Lorraine ou obscures comme la royne blanche comme lys, voire mythiques comme Flora la belle Romaine

A défaut d'avoir mis un autre poème de Villon en musique, il lui rend hommage dans une autre très jolie chanson Le Moyenâgeux  (Album IX) : .... J'eusse aimé, toute honte bue, aller courir le cotillon sur les pas de François Villon..... Ma dernière parole soit quelques vers de Maître François et que j'emporte entre les dents un flocon des neiges d'antan.

 

Louis Aragon (1897-1982.) Entre l'ancien poète quasi officiel du Parti communiste français et un ancien chroniqueur du journal Libertaire, la rencontre pouvait paraître impossible. Mais Aragon est un maître du vers et surtout d'un vers qui appelle le chant. A la manière d'un Victor Hugo pour le XIXe siècle, Aragon est un poète dont l'œuvre épouse le siècle. Bref il est incontournable. Brassens a rendu célèbre, sous le titre Il n'y a pas d'amour heureux, un poème en Alexandrin extrait de La Diane française, recueil publié en 1944. Il a toutefois écarté la dernière strophe.

Francis James (1868-1938.) Entre ce poète pyrénéen militant catholique et le jeune mécréant de Sète on s'étonne du rapprochement qui a permis à Brassens de mettre en chanson le poème La Prière. Mais n'oublions pas que la mère de Georges avait élevé son jeune fils dans la foi catholique jusqu'à la communion. Avait-il envie de faire plaisir à sa mère ? Et en plus Brassens a une mélodie sous le coude en s'apercevant qu'il pouvait reprendre celle de Il n'y a pas d'amour heureux d'Aragon. Et peut-être que ça faisait plaisir à l'ancien libertaire de montrer qu'une même mélodie pouvait véhiculer et enrichir des idées différentes. Il semble que le chanteur aurait négligé de demander à Aragon l'autorisation d'utiliser pour Jammes la même mélodie et le froid entre eux serait venu de là.

 

Paul Verlaine (1844 -1896). Du recueil Les Fêtes galantes, Brassens, qui découvrit et apprit à aimer Verlaine dès le collège de Sète grâce à Mr. Bonafé, va extraire Colombine pour l'enregistrer. C'est la seule fois qu'il enregistre Verlaine ce qui est assez surprenant.

 

Jean Richepin (1849-1926). Brassens avait acquis en juin 1946 un recueil de poésies de Richepin intitulé La chanson des gueux. On sait que Georges à cette époque était un militant libertaire et ce recueil ne pouvait que l'intéresser. Richepin l'avait publié en 1881 en version remaniée après avoir vu une première version de 1876 censurée et une peine d'un mois de prison. Brassens a d'abord mis en musique et enregistré Philistins (titre original : Chanson des cloches de Baptême) qu'il a enregistré sur le cinquième album. Un autre poème Les oiseaux de passage sera enregistré plus tard en 1969. Selon certains cette chanson aurait servi de réponse de Brassens à ceux qui lui demandait d'écrire une chanson sur Mai 68.

 

Théodore de Banville (1823-1891) Célèbre auteur des Odelettes (1856) et des Odes Funambulesque était considéré comme l'un des plus éminents poète de son époque; il était surnommé le poète du bonheur. Chez Banville, Brassens à choisi Le verger du roi Louis

 

Pierre Corneille (1606-1684). Du grand dramaturge Brassens a choisi un poème en heptasyllabes, les stances de Marquise : Un homme vieillissant argumente pour séduire celle, à l'évidence plus jeune, qui repousse ses avances. Brassens eut le goût de ne garder que les trois premières stances et l'intelligence d'y ajouter comme chute la réponse géniale de l'humoriste Tristan Bernard. 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) Brassens à souvent parlé de la mort dans ces chansons mais le plus souvent de manière caustique en s'en amusant. L'une des chansons types me semble être Oncle Archibald. Il a attendu le dixième album de 1969 pour l'évoquer de façon tristement romantique en empruntant le très beau poème Pensées des morts de Lamartine. Il faut dire que Georges qui n'avait que 40 ans a perdu son père en 1962, puis sa mère en 1965. 

J'ai déjà fait un article sur ce blog où je parle de cette chanson; c'était pour la Toussaint 2007. J'y parle de la mort de Brassens pour la Toussaint 1981 et du décès de mon beau-père Luis trois semaines plus tard. J'ai aussi récité très partiellement ce poème lors des obsèques de ma mère fin octobre 2008. Merci Mr de Lamartine et merci à Georges. 

 

Antoine Pol (1888-1971). Grâce à Brassens et à sa mise en musique du merveilleux poème les passantes, en 1972 (soit un an après la disparition de Pol ), on peut dire qu'Antoine Pol est devenu le poète inconnu le plus célèbre ; tout au long d'une carrière professionnelle prenante, d'abord militaire puis ensuite industrielle, il sut consacrer du temps à sa passion, la poésie. On sait qu'il eut des correspondances entre eux notamment une lettre de décembre 1970 où Antoine Pol se disait flatté de l'intention du chanteur de mettre en musique Les Passantes. On sait aussi que les deux hommes étaient aux obsèques de leur ami commun Paul Fort à Montlhéry en avril 1960 ! Certes Antoine Pol a reconnu Brassens dans l'assistance mais il n'a pas osé l'aborder.

Le poème, à l'origine comprend neuf strophes, mais Brassens, pour les couplets de sa chanson en a écarté deux. Parmi les nombreux interprètes qui l'ont repris, seul Maxime Le Forestier a rétabli la deuxième. Je ne propose pas la version de Brassens, que tout le monde connait, mais celle de Le Forestier mais aussi celle que je préfère, celle de Francis Cabrel

 

Voici les chansons les moins connues, les chansons du treizième album, premier album posthume, mais le dernier avec toutes les chansons interprétées par Brassens. Seulement deux chansons qu'il a créées bien longtemps avant : Maman, Papa et Élégie pour un rat de cave et les quatre poèmes qui suivent qu'il a mis en musique.

 

Alfred de Musset (1810-1857). Chez Musset, plus que chez Hugo ou Lamartine, pour ne citer ces contemporains, Brassens a pu être séduit par la maîtrise du vers, indépendamment du contenu. A mon frère revenant d'Italie le moins méconnu des deux poèmes retenus est extrait du recueil Poésies nouvelles paru en 1850. De cet interminable poème de 32 strophes de 6 vers, Brassens est parvenu à tirer une chanson d'un peu moins  5 minutes, ce qui est déjà assez long. En conclusion Alfred Musset saluant le retour de son frère Paul lui demande de ne plus partir. Brassens le casanier approuve en remplaçant le mot frère par le mot ami : ami ne t'en vas plus si loin, d'un peu d'aide j'ai grand besoin...

Le second poème retenu Ballade à la lune provient des Contes d'Espagne et d'Italie (paru en 1829). De 34 strophes originales du prolixe poète, le chanteur en conserve douze. Une mise en musique qui est, à mon humble avis, le moins intéressant passage de poème en chanson. 

 

Gustave Nadaud (1820-1893). Ce poète était avant tout un auteur de chansons. Souvent pleines de drôleries, dans la veine burlesque ou satirique, ses chansons se moquent avec férocité des puissants de ce monde: les deux gendarmes et Pandore furent interdites sous le second Empire. Des censures qui, comme pour Richepin, ont sans doute permis à Brassens de connaître très tôt les œuvres de Nadaud. Et puis il s'aperçut que le texte de Carcassonne convenait musicalement à la musique du nombril des femmes d'agent. Il restait dans l'environnement de Nadaud. Une belle réussite qu'il compléta en adaptant un poème satyrique de Nadaud, Le roi Boiteux. 

 

Pour finir cet article je vais mentionner les poètes ou autres hommes ou femme(s) de lettres auxquels Brassens donne un petit coup de chapeau, ou une marque d'intérêt ironique ou pas à travers ses textes de chansons comme je l'ai déjà fait pour Villon et Hugo. En espérant n'oublier personne. 

Dans la chanson Le Mécréant il parle de son voisin du dessus, un certain Blaise Pascal qui lui a donné un conseil amical sur la façon de prier.

Dans La Guerre de 14/18 Brassens évoque très rapidement Homère. Ce n'est pas très important mais c'est toujours mieux que Bonaparte.

Il ne faut pas oublier Montaigne et La Boéti dans Les copains d'abord même si ils ne sont pas vraiment des amis.

Celle que je préfère je l'ai trouvé dans Le vingt deux Septembre : Que le brave Prévert et ses escargot veuillent bien se passer de moi pour enterre les feuilles.

Dans Le Pluriel, Brassens pense encore à Prévert avec, Pour un tel inventaire il faudrait un Prévert

Et bien sur La supplique pour être enterré à la plage de Sète avec la supplique de la supplique : Déférence gardée envers Paul Valéry, le bon maître me le pardonne et qu'au moins, si ses vers valent mieux que les miens, mon cimetière soit plus marin que le sien.

Misogynie à part on ne peut qu'être d'accord avec Georges quand il s'insurge, J'admets que ce Claudel soit un homme de génie, un poète immortel, je reconnais son prestige, mais qu'on aille chercher dans son œuvre pie un aphrodisiaque, non ça c'est de l'utopie. 

Brassens corrige le trait dès la chanson suivante de l'album, Bécassine qui a, à sa bouche, deux belles guignes, deux cerises tout à fait digne du panier de Madame de Sévigné.

Avec les ricochets Brassens nous balade de pont en ponts pour revenir, in fine, au pont Mirabeau pour un coup de chapeau à l'Apollinaire. Et sans oublier son arrivée à Paris en s'exclamant Que ton Rastignac n'ait cure Ô Balzac de ma concurrence !

Dans Don Juan Brassens embrasse un flic à sa façon : Gloire au flic qui barrait le passage des autos pour laisser traverser les chats de Léautaud. Il est vrai que Georges, comme l'écrivain misanthrope, aimait beaucoup les chats. 

 Je n'ose pas mentionner Benjamin Franklin que Brassens remercie dans la chanson L'Orage en tant qu'inventeur du paratonnerre et même si dans sa biographie il est mentionné comme écrivain et co-rédacteur de la déclaration d'Indépendance des États-Unis.

Je ne retiens pas non plus Hippocrate le médecin philosophe de permanence pour Le bulletin de santé de Georges.

En parcourant les albums de Bertola mais avec les textes de Brassens je me dois de mentionner son ami Jacques Brel dans Honte a qui peut chanter : Que faisiez vous mon cher au temps de l'Algérie quand Brel était vivant qu'il habitait Paris.

Et en vrac on peut on peut citer Voltaire dans Ceux qui ne pensent pas comme nous, Malraux dans Entre la rue Didot et la rue de Vanves, Cervantes et Dante dans Entre l'Espagne et l'Italie, Courteline dans Le Sceptique, Henri Barbuse dans Jeanne Martin, et une nouvelle fois Homère dans les châteaux de Sable.

 

Sources : Pour l'essentiel et ce sont les textes en bleu, des extraits de paragraphes provenant du magnifique livre "Brassens homme libre" de Jacques Vassal. édité au Cherche Midi en 2011. Ces emprunts venant principalement du chapitre S'instruire.  pages 183 à 215.

Et pour bien connaître les chansons :Brassens  "Poèmes et Chansons" Editions Musicales 57 de 1989. Plus les 12 premiers albums en CD + Maxime Le Forestier Cahier 1,4 CD et cahier 2 4 autres CD + Renaud, 1 CD, + Les Frères Jacques 1 CD + une vingtaine d'autres CD de divers chanteurs français ou étrangers où régionaux (comme Sam Alpha). par contre je n'en ai pas de Bertola, ni celui ou Brassens chante Bruant, Musset et Nadaud mais il y a internet pour y remédier. 

 

 

  

 

 

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