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Histoire de rôles ... D'illustres personnes de couleur dans la France du XVIIIe siècle....Joseph Bologne, chevalier de Saint George

19 Juillet 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #Histoire de rôles

Joseph Bologne, chevalier de Saint George est né à la Guadeloupe le 12 janvier 1746. Son père, George descend d'une des plus riches familles de planteurs de l'île : il possède deux habitations (sucre et café) au nord de Basse-Terre, sur la paroisse Saint-Dominique du Baillif. Sa mère est une esclave créole, Nanon.

Il arrive très jeune à Bordeaux, en 1748. Le père y amène sa famille et ses esclaves, dont Nanon. Il s'installe à Paris, rue Saint-André-des arts, puis rue de Savoie, et occupe à la cour une place de gentilhomme ordinaire du roi. S'il laisse la gérance de ses propriétés antillaises à ses parents, il ne cesse toutefois de s'intéresser de près au commerce colonial. Ses relation d'affaires l'amène à s'associer avec des négociants anglais. Ce mode de vie est très répandu alors dans les milieux des planteurs antillais.

Joseph est mis en pension de 13 ans à 19 ans chez le célèbre maître d'armes La Boëssière. Outre Les arts martiaux, il apprend la musique et des rudiments d'éducation. En 1763, il achète un office d'écuyer, conseiller du roi, contrôleur ordinaire des guerres. Cet achat est pour l'époque, exceptionnel à double titre, puisqu'il concerne un bâtard et un mulâtre. Il occupe la charge pendant 11 ans et entre aux gendarmes de la garde du roi en 1764. Ses titres de noblesse, indispensables pour appartenir à ce corps d'élite, sont confirmés: il devient ainsi « Chevalier ».

Joseph de Bologne se fait alors un nom dans la bonne société parisienne, d'abord par sa maîtrise de l'escrime, et bientôt par ses talents de violoniste. Il est initié à la franc-maçonnerie, et son affiliation à la loge des Neuf Sœurs, dont le Grand Maître est le duc d'Orléans, est attestée. Il commence à publier ses œuvres musicales en 1771 et joue deux concertos de sa composition au Concert des Amateurs en 1772, date à laquelle il revend son office d'écuyer. Le Concert des Amateurs est un orchestre de 80 musiciens dirigés par François Gossec. Joseph va dès lors essentiellement vivre de la musique : lorsque Gossec est appelé à prendre la direction des Concert spirituel, il prend la direction des Amateurs.

Introduit dans l'entourage du duc d'Orléans et de Mme de Montesson, il acquiert le titre de capitaine des chasses et loge à la Chaussée d'Antin, à proximité de l'hôtel particulier du duc. Son père qui est retourné à la Guadeloupe, meurt au Baillif en 1775.

Le Concert des amateurs ayant fait faillite, le relais est pris par le Concert de la loge olympique, où Saint-George tient une place éminente à la tête d'un orchestre de 65 musiciens. Ses concertos pour violon connaissent un grand succès, à la différence de ses opéras, et il s'impose comme l'un des compositeurs français les plus éminents de cette fin du XVIIIe.

Personnage à la mode, distingué par sa haute taille (1,84 mètres), son élégance et son humour enjoué, il est accueilli à la cour de Versailles.

En 1784 il vient s'installer au Palais-Royal. Bien introduit dans la société des salons, il multiplie les aventures galantes et c'est sans doute à la suite de l'une d'entre elles qu'il abandonne Paris pour Londres. Là, adopté par la bonne société, il devient intime du prince de Galles.

C'est alors que se déroule le fameux assaut d'armes, mis en scène le 9 avril 1787, au cours duquel Saint George est confronté au célèbre chevalier d'Éon. Son portrait le plus connu date de cette époque: réalisé par le peintre Mather Brown. Il est représenté l'épée à la main. Suant-George est à son apogée lorsque survient la Révolution.

En 1790, le duc d'Orléans, le futur Philippe Philippe-Égalité, fils du protecteur de Saint George mort en 1784, vient à Londres, officiellement en mission diplomatique, en réalité pour prendre des distances à la suite des journées d'octobre, au cours desquelles les milieux de la cour l'accusent d'avoir joué un rôle déterminant. Son retour en France coïncide avec celui de Saint-George qui s'installe à Lille. En 1791, ce dernier est élu à l'état-major de la Garde nationale de la ville, en raison de son expérience passée dan l'administration de troupes royales. La même réputation militaire, ainsi que les relations entretenues avec les milieux orléaniste, le désignent pour prendre le commandement en septembre 1792, de la toute nouvelle Légion des Américains, une troupe levée parmi les hommes de couleur de la capitale. Mais rien n'indique que Saint-George a alors des liens quelconques avec des groupes politiques qui encadrent ces volontaires « américains », dont il déplore l'inexpérience.

La formation de la Légion, parfois appelée « Légion de Saint George », à Amiens, est difficile. En avril 1793, de concert avec Thomas Alexandre Dumas qui figure également dans son état major, il met en échec une tentative de Dumouriez pour soulever la garnison de Lille. Cette contribution décisive à la sauvegarde de la République ne le met cependant pas à l'abri de critiques virulentes et de déclarations. Marat voit dans les chefs des légions des éléments dangereux. Il est relayé par les éléments les plus patriotiques des soldats de couleur. Des dénonciations sur des détournements de chevaux, reprises par Dumas, coutent son commandement et bientôt sa liberté au chevalier. Il est arrêté en octobre 1793 et incarcéré au château d'Hondainville, près de Clermont-sur-Oise. Remis en liberté, il est blanchi en octobre 1794.

Dès lors, il s'efforce vainement de retrouver son grade et son commandement au 13ème régiment de chasseurs, dans lequel a été incorporé la Légion des Américains. Il est brièvement employé à l'escorte des déportés politiques mais la maladie le tient bientôt à l'écart de tout service actif. Contrairement à des rumeurs fantaisistes, il n'est jamais retourné à Saint-Domingue. Sa dernière apparition publique a lieu à Paris, le 10 juillet 1798, au bras d'« une jeune femme qui s'apprête à s'envoler en Ballon.». Miné par un ulcère de la vessie qui a dégénéré en gangrène, il s'éteint le 10 juin 1799 à son domicile de la rue de Turenne. Son décès est brièvement annoncé dans les journaux.

 

Sources et informations : C'est en parcourant un livret d'une petite cinquantaine de pages  que

j'ai ramené  du musée d'art et d'histoire de La Rochelle, il n'y a sans doute pas loin de dix ans. (J'étais déjà retraité). Ce fut lors d'une balade dans cette jolie ville, que nous fûmes, Pilou et moi (*), intéressés par le thème affiché. 

(*) 10 ans de vie en Afrique, et de nombreux voyages dans les départements ou territoires d'outre-mer. 

De ce livret je n'ai retenu pour cet article du Blog que les dix dernières pages avec les biographies du Chevalier de Saint-George que j'ai présenté aujourd'hui et la biographie de Thomas-Alexandre Dumas que je traiterai dans quelques jours, lors de mon prochain article. 

Ces deux biographies ont pour auteur Bernard Gainot, directeur de recherche en histoire moderne à l'Université Paris I Panthéon / Sorbonne.   

 

Voici en complément deux extraits intéressants de Wikipedia qui peuvent résumer le flamboyant personnage: : 

Joseph, Bologne de Saint-George plus connu sous le nom de « chevalier de Saint-George » fut musicien (compositeur, violoniste, chef d'orchestre) et escrimeur français. Militaire, il participa activement à la Révolution française  et s’engagea au sein de l'armée de la République. Désireux de « continuer et de s'immortaliser par sa valeur et son enthousiasme pour la liberté », il se mit à la tête de la Légion franche des Américain. Fréquentant les milieux, Saint-George fut par sa position sociale, une figure de l'émancipation des esclaves des empires coloniaux européens dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

 

Ce personnage, homme des Lumières eut un état civil des plus complexes, du fait qu'il est né esclave au milieu du XVIIIe siècle, dans l'île de la Guadeloupe, appartenant alors à l'Empire colonial français et que l'esclave n'a pas de patronyme, qu'il n'a de passé ni individuel ni collectif à l'époque de Saint-George, qu'il ne détient aucun patrimoine ni foncier, ni financier, ni culturel – à peine une famille.

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