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Invitée George Sand...... textes politiques choisis de 1848, au début de la IIème République

12 Juillet 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #L'invité

En février 1848, George Sand est appelé à Paris par ses amis républicains et socialistes, Armand Barbes, Etienne Arago, Ledru-Rollin et Louis Blanc. Elle collabore au Bulletin de la République organe de presse officiel de la République à peine proclamée, publie quelques brochures et fonde un journal, La cause du peuple, dans lequel elle défend la politique des nouveaux gouvernants. Il ne comptera que quatre numéros. Elle rentre à Nohant en mai, alors qu'elle juge perdues la République qu'elle avait rêvée.

« La révolution de Février a-t-elle été le résultat d'un combat qui eût été perdu pour la cause des peuples si l'armée eût protesté contre le vœu du peuple de Paris. Sophisme !  La révolution de février a été le résultat e'une expression spontanée de la souveraineté populaire manifestée par l'élan unanime. 

 [...] Ne vous effrayez pas, ne faites pas semblant de vous évanouir, ne dites pas que nous appelons à la guerre civile, et que, par d'odieuses provocations, le parti républicain réveille le souvenir de fructivor. Généreux patriotes, gardiens scrupuleux de nos libertés, on vous connait, daignez écouter jusqu'au bout. 

Il n'y aura pas d'émeutes, le peuple n'en veut plus. Il n'y aura pas de conspirations, le ruple les déjoue. Il n'y aura pas de sang versé, le peuple en a horreur. Il n'y aura pas de menaces, le peuple n'a pas besoin d'en faire. Le peuple n'entendez-vous, que vous insultez de vos terreurs et dont vous diriez volontiers, comme Louis-Philippe, les aimables faubourgs ; le peuple qui méprise vos haines, vos calomnies, vos intrigues, et vos tentatives pour l'égarer ; le peuple ne touchera pas un cheveu de vos précieux mandataires. Il ne leur dira pas : Mort aux bourgeois ! A la lanterne, vous et les vôtres ! Comme vous avez voulu lui faire dire : Mort aux socialistes ! A la lanterne les plus hardis d'entre vous ! La minorité égarée peut pousser de pareils cris. Si vous étiez encore plus riches et plus habiles, vous pourriez peut-être produire une apparence de majorité pour allumer la guerre civile. Eh bien, la guerre civile ne vous obéirait pas, elle vous emportait les premiers. 

Mais,  dans vos savants calculs, vous avez oublié la loi suprême, la grande puissance, la grande puissance, la grande voix de l'humanité. Elle viendra, et la pensée de guerre civile s'évanouira comme un mauvais rêve. Elle se sent, elle se connait maintenant, la voix unanime du peuple !  »

George Sand, « La majorité et l'unanimité », La Cause du peuple, 23 avril 1848 

 

Dans une lettre ouverte adressée aux membres du Comité central constitué de femme révoltées de n'avoir le droit de vote. George Sand explique les raisons pour lesquelles elle refuse de figurer sur la liste des candidats à la députation, « La femme étant sous la tutelle et dans la dépendance de l'homme par le mariage », elle juge prématurée sa participation à la vie politique. Avant de réclamer les droits politique, dont le droit de vote et celui d'occuper des fonctions politiques, il faut d'abord qu'elle obtienne des droits civils que le code civil de 1804 lui a refusés.

« Quand vous, les femmes, qui prétendez débuter par l'exercice des droits politiques, permettez-moi de vous dire encore que vous vous amusez à un enfantillage. Votre maison brûle, votre foyer domestique est en péril et vous voulez aller vous exposer aux railleries et aux affronts publics, quand il s'agirait de défendre votre intérieur et d'y relever vos pénates outragés ? Quelle bizarre caprice vous pousse aux luttes parlementaires, vous qui ne pouvez pas seulement y apporter l'exercice de votre indépendance personnelles ? Quoi, votre mari siégera sur un banc, votre amant peut-être sur cet autre, et vous prétendrez représenter quelque chose, quand vous n'êtes pas seulement la représentation de vous même ?  Une mauvaise loi fait de vous la moitié d'un homme, les mœurs pires que les lois en font très souvent la moitié d'un autre homme, et vous croyez pouvoir offrir une responsabilité quelconque à d'autres hommes ? A quelles ridicules attaques, à quels immondes scandales, peut-être, donnerait lieu une pareille innovation? Le bon sens la repousse, et la fierté que votre sexe devrait avoir, vous fait presque un crime de songer à en braver les outrages ? »

George Sand, « Correspondance, aux membres du Comité central. »  Mi avril 1848.

 

 Sources : Hors série Le Monde. Une vie une œuvre. (122 pages). Extraits pages 22 et 23.

Et pour comprendre pourquoi George Sand est déçue par cette nouvelle République dès mai 1848, le lecteur pourra se reporter à deux articles que j'ai faits en mai 2018. (Cliquer sur le titre.)

 

A livres ouverts…..1848, la révolution oubliée et l’apprentissage de la république

 

A livre ouvert......La Révolution de 1848 dans les Deux-Sèvres.

 

Et comment, après une révolution en février, l'apprentissage de la République et de la démocratie, par l'élection du 10 décembre 1848 du Président de la République au suffrage universel (masculin) c'est un quasi inconnu, au nom célèbre Louis Napoléon Bonaparte, qui débarque de l'étranger pour être élu président de la République..... Deux ans plus tard en décembre 1851 par un coup d'Etat il abolit la République et impose en décembre 1852 une dictature impériale. 

 

 

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