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A livre ouvert.... Le hussard sur le toit

3 Octobre 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #à livre ouvert

C'est par l'émission « La p'tite librairie » de Fr2  que j'ai eu l'envie de reprendre « Le hussard sur le toit » de Giono. Je m'étais procuré ce livre fin 1995, juste après avoir, après avoir vu le magnifique film de Jean Paul Ramponeau, avec Juliette Binoche et Olivier Martinez dans les rôles principaux... . Je me souviens avoir été quelque peu déçu par ce roman que je n'ai, alors, certainement pas terminé.... Mais la nouvelle présentation et sans doute le contexte de pandémie m'ont incité à le relire. En le feuilletant j'ai découvert ou redécouvert que ce livre de poche Folio-plus, publié chez Gallimard en mai 1995, comprenait les 500 pages du roman plus une soixantaine de pages de dossiers.... Et c'est par ces éléments que j'ai repris la lecture, ce qui m'a fait de mieux aborder, ensuite, le roman et ce d'autant plus que je n'ai jamais revu le film.......Du coup j’aborde cet article de la même manière : 

Le titre de ce long roman ne s'applique réellement qu'à la partie centrale assez brève (de la page 135 à la page 185, la plus grande partie du chapitre VI). 
Angelo est arrivée à Manosque pour retrouver son ami, frère de lait, Giuseppe, mais poursuivi par ceux qui l'accuse d'avoir empoisonné l'eau de la fontaine, il se réfugie dans une maison où il de cache dans une terrasse couverte du toit. : Il va passer plusieurs jours et plusieurs nuits à observer la ville d'en haut. Dans ce chapitre Jean Giono livre au lecteur un certain nombre d'informations sur son héros : la naissance d'Angelo, ses origines, sa jeunesse, son tempérament, etc...
Sur ce toit le héros est pris au piège, relativement immobilisé, ce qui contraste avec les chapitres précédents et ceux qui suivent où il est constamment en mouvement.
Cette composition en trois parties distinctes, introduit une symétrie dans un ensemble qui, au premier abord, peut sembler touffu, désordonné.

Voilà pour la structure du roman et pour compléter cette introduction, je vais, article par article, joindre quelques paragraphes qui sans tout dévoiler de l'histoire témoigneront de l'ambiance au fil du temps, des espaces et des personnages. Par contre, et à regret, je ne m’attarderai pas sur la description des paysages de Provence. Des descriptions magnifiques de Jean Giono que j’invite  les lecteurs de ce de ce blog à lire le roman.

Chapitre I (page 11 à 43) : Angelo se réveille et il doit reprendre son chemin. Il bouchonna son cheval avec une poignée de bruyère et roula son porte-manteau....... Malgré la chaleur déjà étouffante il avait très soif de quelque chose de chaud.... En descendant vers la plaine, il vit une métairie au bord de la route et, dans le pré, une femme qui ramassaient le linge ..... Il se dirigea vers elle et  lui demanda : « Pardon, madame, ne pourriez vous pas me donner un peu de café, en payant....» Elle le conduisit chez elle et lui servit un bol de café qu'il but. Elle lui demanda s'il était un monsieur du bureau. Angelo répondit négativement et le visage de la femme devint plus aimable. «Vous mangerez bien un œuf » dit-elle.... Il mangea un œuf et un morceau de lard avec quatre tranches d'un gros pain blanc.... Elle refusa d'être payée et même se mit à rire quand il insista. Elle lui indiqua la direction qu'il devait prendre pour se rendre à Banon. Angelo la remercia et mit son cheval au trot. 
Vers midi il estimait avoir parcouru au moins quatre lieues; il était temps qu'il trouve un peu d'eau pour le cheval. Il vit à trois cent pas devant lui une maison qui était manifestement une auberge. « Salut caporal, lui dit l'aubergiste, j'ai tout ce qu'il faut pour votre cheval mais pour vous ce sera plus difficile, à moins que vous vous contentiez de mon diner, et, clignant de l'œil, il souleva le couvercle d'une casserole où mitonnaient des cailles lardées sur un lit d'oignons et de tomates. A la fortune des bois....». Angelo partagea le repas de l'aubergiste tout en philosophant et partageant quelques bouteilles de vin avec son hôte un ancien sous-officier du 27e régiment d'infanterie. Au moment de régler la dépense, l'homme perdit toute philosophie et mendia littéralement quelques liards en accompagnant Angelo au montoir. Il était à peu près une heure de l'après midi et la chaleur était intense. « Ne passez pas au soleil » lui dit l'homme.... mais par où passer ? Il n'y avait pas beaucoup de zones ombragées.
Le chemin que suivait le cheval depuis des heures était difficile. Angelo sentit le changement de cadence dans le pas du cheval. Il s'éveilla et s'aperçu qu'il arrivait dans un village. Angelo mit pied à terre et tira le cheval vers l'église pour le mettre à l'ombre. Il vit de l'autre côté de la ruelle une maison avec une porte ouverte, il s’approcha pour demander de l'eau. La femme qui était dans la maison lui dit qu'il n'y avait plus d'eau, le peu qui restait dans la citerne était souillé par les pigeons. La femme avait des melons. Angelo en acheta trois et les mangea immédiatement en donnant les pelures au cheval. Elle avait aussi des tomates,  mais elle dit que ces légumes donnent la fièvre, qu'on ne pouvait les manger que cuits. Il ne s'en soucia guère et mangea une tomate crue. Sa soif commençait à s'apaiser. Il donna aussi trois tomates au cheval. La femme dit que c'était avec des bravades de ce genre que son mari d'était rendu malade et qu'il battait la fièvre depuis hier. Le malade était couché dans un lit, dans un coin de la pièce : son visage était violet. Après s'être reposé une petite heure Angelo se remit en route. La lumière et la chaleur étaient toujours là. On ne pouvait imaginer qu'il y aurait un soir..... Et pourtant il arriva à Banon vers huit heures où il trouva un hôtel cossu. Il commanda quatre litres de vin et une litre de cassonade et monta se coucher.

Chapitre II (pages 44 à 71) Angelo se réveilla à une heure avancée de la matinée sans pour autant se sentir reposé. Le cheval était beaucoup plus mal en point mais le garçon d'écurie s'engageait, pour deux sous, de le remettre rapidement sur pieds. Quelque peu inquiet l'homme demanda à Angelo s'il était malade. « Non !, répondit Angelo, pourquoi ? » L'homme lui dit qu'il y avait eu deux morts de plus, hier, à Banon. 
Angelo demanda quel était le meilleur chemin pour se rendre au Château de Ser. Le garçon d'écurie le renseigna tout en lui conseillant de partir vers quatre heures du matin afin d'arriver avant midi, pour ne pas trop souffrir de la chaleur. 
Angelo partit bien à quatre heures. Le chemin montait en pente douce sur le flan de la montagne en serpentant entre les bosquets d'arbres. Le cheval marchait gaiement et Angelo arriva au pas vers les neuf heures. En arrivant à Morgues il fut d'abord saisi par une odeur nauséabonde puis il trouva des maisons portes ouvertes envahies par des corbeaux. Angelo descendit de cheval pour s'approcher, mais en s'approchant trop, il fit fuir les corbeaux qui en s'envolant firent fuir le cheval « Me voilà frais.» se dit Angelo. Dans les quelques maisons visitées il n'y avait que des cadavres en putréfaction.... Un peu plus loin il y avait d'autres maisons et comme se il dirigeait vers elles il vit arriver un cavalier qui tenait par la bride un autre cheval qui semblait être le sien « Je vois que vous me ramenez mon cheval, je vous remercie » -- « Je n'espérais pas trouver son cavalier sur ses jambes » répondit le jeune homme. Angelo précisa qu'il était de passage pour se rendre au Château de Ser et qu'il était descendu de cheval quand il a vu les premiers cadavres. « Les avez vous touchez,  avez-vous froid aux jambes.... Je suis médecin » et puis le jeune homme dit à Angelo « Plus la peine d'aller au château de Ser, j'en arrive .... Ils sont tous morts » Le jeune médecin raconta aussi comment le choléra avait éclaté à Sisteron, et s’est répandu dans la vallée; c'est le choléra morbus, le plus beau débarquement de choléra asiatique qu'on ait jamais vu. Il précisa que les autorités ont été prévenues et que des soldats allaient arriver pour enterrer les morts. Il devait encore vérifier dans chaque maison s'il y avait des survivants ; un homme, très mal en point fut trouvé ; après l'avoir déshabillé les deux hommes tentèrent de lui frictionner les jambes et les cuisses avec de l'alcool pour le réchauffer.... En vain.... Les deux hommes se lavèrent les mains avec l'alcool. Ils s'écartèrent des habitations pour trouver un endroit où passer la nuit près d'un feu de camps.... Un gamin d'une dizaine d'années s'approcha ; il était manifestement touché mais le médecin espérait pouvoir le sauver. Il lui fit une piqure de morphine puis il le frictionna longuement avec l'aide d'Angelo.... mais sans succès. Le jeune médecin dit « Je n'en sauverai pas un.» Après s'être désinfectés ils essayèrent de dormir. 
Au petit matin quand il réveilla, Angelo, vit que le jeune médecin était à son tour malade. Celui ci lui dit d'une voix qu'il ne reconnaissait pas. « Foutez le camp » ... Angelo le déshabilla, le lava et fit tous les gestes qu'ils avaient fait ensemble la veille. Laissez, laissez, décampez, décampez... Angelo frotta les jambes du médecin malade pendant des heures. Il mourut vers le soir après avoir dit dans un dernier souffle « Désinfectez-vous. »

Chapitre III (pages 72 à 84) : Une douzaine de soldats arrivèrent dans la matinée et leur comportement quelque peu puéril indigna Angelo après les heures dramatiques qu'il avait subi. Il alla se plaindre auprès de leur capitaine. Celui-ci le prit très mal et se mit en tête de dresser Angelo : « Prends cette pioche et commence à creuser le trou si tu ne veux pas que je te botte les fesses. Les mains blanches je les emmerde et je vais te faire voir qui je suis. » Angelo lui répondit du tac au tac « Vous êtes un grossier personnage et je suis ravi que vous emmerdiez mes mains car je vais vous les mettre sur la gueule.». Le capitaine fit un pas de côté et tira son sabre. Angelo courut  aux faisceaux et prit un coupe-chou de soldat. L'arme était plus courte mais Angelo désarma très facilement le capitaine. Ensuite il remonta à son bivouac, il libéra le cheval du pauvre médecin, scella le sien puis s'en alla au petit trot... Il avait fait à peine une centaine de pas quand il comprit que les soldats lui tiraient dessus. Il lança son cheval au galop et il rejoignit la route. A la fin de la matinée il vit le château de Ser, il fit le tour du domaine mais il n'y avait plus personne. Il continua son chemin et en fin de journée il approchait de la grande vallée et vit que la route était barrée par des tonneaux pour faire barricade; il s'en approche progressivement jusqu'à ce qu'un homme armé lui demande de présenter la billette. Comme il ne comprenait pas ce que l'individu voulait celui-ci précisa sa demande « C'est pour certifier que tu n'es pas malade ». Devant la réponse négative le contrôleur, d'une voix basse demanda à Angelo «Tu as de quoi ? » Angelo restait bouche bée. «Tu es bien des montagnes!  Aurais tu au moins cent francs » Oui, dit Angelo. « Alors il m'en faut deux cents ! » Angelo s'écarta pour sortir son argent mais en détournant l'attention de l'individu il le désarma, le maîtrisa et lui dit : « Si tu as quelque chose à manger pour cent francs je te donne cette somme.» L'individu lui fit un casse-croute au saucisson. Angelo balança le fusil de l'autre côté de la barricade. L'homme courut le récupérer tandis qu’Angelo partait au galop. Il poursuit sa route et il rencontra un peu plus loin un homme chargé de garder actif un bucher où l'on brule les cadavres (83 sur la seule dernière journée). Angelo lui demanda s'il était sur la route de Marseille. « Non, c'est la route de Sisteron qui est interdite aux étrangers, par contre en prenant à droite par un bois vous pouvez retrouver la route de Château-Arnould où vous trouverez à deux lieues d'ici une autre barricade. » Angelo offrit en remerciement un cigare à cet homme qui malgré sa frousse du choléra poursuivait son travail.

Chapitre IV (pages 85 à 99) : Alors qu'il avançait dans les bois Angelo entendit un bruit furtif dans les buissons ; Il s'arrêta et il demanda à haute voix « Y a-t-il quelqu'un par ici ? Puis-je rendre service à quelqu'un ? ». Au bout d'un moment une voix de femme répondit « Oui, monsieur.» Angelo alluma son briquet et une femme avança. Elle tenait deux enfants par la main, un garçon de onze à douze ans et fille, sans doute sa sœur, à peine un peu plus jeune. La jeune femme expliqua qu'elle était préceptrice des deux enfants, qu'ils étaient arrivés de Paris, six jours plus tôt au château d'Aubignosc, précédent d'une semaine leurs parents. Mais les routes étant barrées la diligence n'avait pu atteindre le village Aubignocs par ailleurs touché par l'épidémie. En arrivant hier à Château-Arroux ils avaient été, avec d'autres personnes de diverses provenances refoulées dans le bois. « Eh bien dit Angelo nous allons traverser le bois pour dépasser la zone de la barrière ... et quand nous nous pourrons rejoindre la route les deux demoiselles monteront sur mon cheval que je mènerais par la bride.... et nous nous dirigerons vers Aix. .... Et rassurez vous, poursuivit-il, je suis colonel de hussards et l'on ne viendra pas facilement à bout de nous.»... Ils progressèrent dans la forêt puis à la tombée de la nuit ils se couchèrent pour dormir.... Au petit matin ils reprirent leur marche et en sortant de la foret.  Angelo vit une maison dont la cheminée fumait. « Restez là je vais chercher de quoi manger ; j'ai de l'argent.» L'affaire ne fut pas si simple, un homme parut à la fenêtre en braquant un fusil. Angelo demanda du pain et du fromage. L'homme exigeait un prix élevé. Angelo déposa la somme devant la porte; l'homme en voulut encore plus... Angelo sortit son pistolet... l'homme lui jeta le pain et le fromage....qu'Angelo ramassa.
Après avoir mangé Ils reprirent la marche et se retrouvèrent assez rapidement sur la grande route. Vers midi ils arrivèrent devant des barrières tenues cette fois-ci par des gendarmes. La jeune femme dit à Angelo qu'ils étaient sauvés car le père des enfants était un personnage très important dans la région et que, forcément, elle et les enfants seraient maintenant sous leur protection. C'est effectivement ce que lui dirent les gendarmes, mais en attendant l'arrivée de ce monsieur, qui sera prévenu, ils devront rester confinées dans une grange. Les gendarmes confisquèrent le cheval d'Angelot.
 Ils arrivèrent à la grange qui était pleine de gens dont certains étaient déjà malades. Angelo essaya de raisonner la jeune femme pour qu'elle et les enfants ne restent pas là. Elle refusa. Angelo décida alors de les quitter pour essayer de trouver un cabriolet et venir les chercher pour reprendre la route. Il fallait faire vite d'autant qu'avant son départ il dut sortir de la grange une personne qui était entrain de mourir. 

Chapitre V (pages 100 à 116) : Après avoir quitté la grange il s'en alla à travers champs pour essayer d'arriver à Peyruis. Après deux heures de marche il arriva à une auberge où régnait une ambiance de fête, ce qui le choqua. Dans l'auberge il y avait une vingtaine de personnes, homme et femmes tous ivres, qui faisaient une bringue d'enfer. Il commanda du vin et eut enfin l'occasion de parler avec l'aubergiste. Il lui raconta la situation de l'institutrice et des enfants et lui soumis son projet de louer un cabriolet comme il y en avait devant l'auberge pour mettre la dame et les enfants en sécurité. « C'est simplement une histoire d'argent.... dit l'homme mais jusqu'où voulez vous aller ? », « Avignon.».... l'aubergiste emmena Angelo dans l'étable ...« Voilà comment je vois l'affaire dit l'homme : on ne peut laisser la petite dame et les enfants dans cette histoire .... Vous avez vu la blonde qui perd ses bas en haut... Elle s'arrangera pour rentrer avec son ami... et moi je vous vends le bogey de la dame en toute propriété. C'est celui là et le beau cheval roux. De quoi allez à Avignon. Dix louis en toute propriété. Je m'arrangerai avec les parents de la fille.»
Angelo essaya de transiger à sept Louis, mais l'homme lui dit d'un ton paternel « On ne marchande pas la vie la vie de sa femme et de ses enfants » Et après accord l'homme ajouta « Vous allez vous perdre dans ces chemin de traverse je vais vous donner mon fils, il vous conduira et après vous n'aurez qu'à le laisser sur la route.» Après plus d'une heure de vadrouille dans les chemins de terre ils arrivèrent près de la grange. Angelo arrêta la voiture dans un bosquet. « Attends-moi ici lui dit-il et arrange-toi pour cette bête reste tranquille.»....Angelo se dirigea vers la grange; il fut surpris de ne pas voir de gardiens. Il avança à tâton entre les dormeurs mais aussi semble t-il des mourants et des morts..... Il trouva l'endroit où la famille s'était rassemblée : tous les trois étaient morts..... Il sorti et se dirigea vers le bosquet: le garçon et bogey n'étaient plus là ! l il remonta à l'auberge, où il arriva en même temps que le jour, mais il n'y avait plus personnes à part deux ou trois morts, mais pas l'aubergiste ni son fils. Tout à coup il entendit un cheval qui venait au trot. Angelo sorti son pistolet. Bientôt il put voir le cavalier qui arrivait. Il sauta sur la bride et força l'homme à descendre et lui grimpa sur le cheval. «Tu pourras te faire dédommager par l'aubergiste, je lui ai laissé l'argent. » Angelo arriva à Manosque à la tombée de la nuit.

Chapitre VI (pages 117 à 185) : Malgré les barricades Angelo réussit, en prenant des chemins de travers, à entrer dans Manosque. Il libéra son cheval puis voulut se laver à une fontaine. Il avait à peine trempé ses mains dans l'eau du bassin qu'il se sentit ceinturé par plusieurs individus : « En voila encore un » ce qui fait venir d'autres personnes pour l'immobiliser. Il y avait même des voix féminines : « C'est lui. Pendez-le. A mort, Pendez-le !», mais soudain un homme à la voix grave fit autorité. Il empoigna Angelo et  s'écartèrent de la foule. « Hâtons-nous, si vous ne voulez pas connaître le sort de l'autre. » Il fut conduit au corps de garde ; deux gendarmes se levèrent quand ils sont entrés. Celui qui l'avait traîné là se tenait droit dans une attitude militaire. Dehors le tumulte continuait ; on criait « A mort l'empoisonneur.» L'homme à la voix sombre l'interrogea : Avez-vous des papiers ? Non. Vous n'êtes pas français ? Non. Piémontais ? Oui. Réfugié politique ? Angelo ne répondit pas. Un garde avec cravate les rejoint : « Alors, que fait- on de lui ? », « On lui fait prendre la fille de l'air par la porte de derrière.» dit la voix sombre. Le garde accompagna Angelo jusqu'à la palissade. Il ouvrit la porte: « A droite vous allez en ville, à gauche vous allez en campagne. Bonsoir monsieur.» Il prit à droite car il lui fallait vite se mettre l'abri chez Giuseppe. Mais dans le quartier où vivait son ami, toutes les maisons étaient fermées. Il n'y avait qu'une boutique de vin ouverte, il y entra et se fit servir mais il constata que deux hommes le regardaient ... Il sortit de la boutique et se sauva en courant.... Les deux hommes le suivirent et d'autres les rejoignirent. Dans une petite rue sombre il se cacha dans une encoignure de porte ; par une petite ouverture il se faufila dans le bâtiment en enjambant le cadavre d'une femme. Il monta un escalier pour se cacher dans les étages... Ses poursuivants ont continué leur route puis ont fait demi-tour, mais ils n'ont pas osé pousser la porte. L'escalier montait haut et il arriva sur une terrasse couverte où il passa une nuit à penser: Accoutumé à obéir sans retenue à sa jeunesse, Angelo ne voyait pas que ces pensées étaient fausses. Il avait vingt-cinq ans, certes, mais à cet âge, combien déjà font des calculs ! Il était de ces hommes qui ont vingt-cinq ans pendant cinquante ans. Sa mère avait acheté son brevet de colonel. Il n'avait pas compris que sa position de fils naturel de la duchesse Ezzia Pardi, lui conférait le droit au mépris comme à tous ceux qui ont l'obligation d'être. « Est-ce que je me trompe si je me sens plus grand quand j'agis seul ? Pour ceux qui m'ont reproché ma désinvolture quand j'au tué le baron autrichien Swartz alors que l'ordre était de l'assassiner.». Mais il croyait à la sincérité des hommes qui faisaient partie de la même conspiration que lui, dont certains se cachaient dans le contrefort des Abruzzes, et d'autres avaient été fusillés.
Au petit matin de la terrasse où il avait passé la nuit Angelo pouvait observer la ville et notamment la place de la fontaine. Il vit d'abord que des gens qui sautaient sur place et il entendit des cris ; c'était un homme que la foule était entrain de tuer à coups de pied, à coup de talons même, car Il y avait beaucoup de femmes parmi ces gens. «Je suis prisonnier de ces toitures, se dit-il. Si je descends dans la rue, voilà le sort qui m'attend. ». Il avait toutefois un compagnon ; un chat gris. « Et manger ? Et boire ? Est-ce qu'ils font comme en Piémont, ici ? Il y a toujours une chambre de resserre presque sous les toits. Voila ce qu'il faut que je trouve.» Après de longues recherches, il trouva en bas de l'immeuble, dans une remise à bois ce qu'il cherchait: bouteilles de vins, fromages, charcuterie, pots de confiture... un trésor pour tenir plusieurs jours. Durant quatre jours il continua à chercher des passages entre habitations pour pouvoir repartir à la recherche de Giuseppe. Et puis il finit par arriver devant une porte qui s'ouvrit. C'était une très jeune femme qui tenait un chandelier. « Je suis un gentilhomme » dit bêtement Angelo. Il y eut un petit instant de silence et elle répondit « Je crois que c'est exactement ce qu'il fallait dire ». Pauline offrit un thé au timide Angelo et c'est ainsi que naquit une grande amitié.

Chapitre VII (pages 186 à 210) : Le lendemain, le jeune hussard atteint le clocher d'une église. Il regagne la terre et propose son aide à une nonne : rassembler les cadavres qui jonchent la ville et dispenser des soins aux survivants. Angelo apprendra que Guiseppe a quitté la ville et s'est installé sur une colline proche. 

Me voilà arrivé à la moitié du roman et comme d'habitude lorsque je fais un billet-résumé d'un roman (210 pages du livres résumées en 6 pages A4) je laisse les lecteurs intéressés se lancer à la lecture du roman. Angelo retrouvera Guiseppe et surtout il retrouvera Pauline. Bonne lecture ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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