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Brèves Historiques ou mythologiques ....... Au choix, autour de Hermione ou plus......

27 Octobre 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #Brèves de trève

J'ai déjà fait, sur ce blog, 4 billets pour parler de l'Hermione ; le premier du 17 octobre 2010 est, malgré son titre naïf, le plus intéressant sur le plan historique et j'invite le lecteur à s'y rendre à l'adresse suivante « Hermione c'est loin l'Amérique? ». Je ne reprendrai pas, intégralement, dans ce nouvel article, le récit de cette seconde participation de La Fayette à la guerre d'indépendance de l'Amérique. Les trois autres billets sont plus sommaires et font suite à des visites de la réplique de l'Hermione en construction, et sont surtout des billets de photos : celui du 20 octobre 2010, puis celui du 11 juillet 2012, pour sa première sortie sur la Charente et enfin celui du 1er juin 2014 avec les derniers préparatifs.
 

Ce nouvel article, tournera surtout sur le nom Hermione, mais auparavant je dois rappeler le contexte et apporter quelques informations que je n'ai pas mentionné dans mon premier billet, concernant cette aventure qui fit de Gilbert Motier marquis de La Fayette un héros de l'Amérique et, à son retour, de la France. C'est le 7 décembre 1776 que le jeune homme (19 ans) signe son engagement, dans l'armée américaine comme major général, auprès du diplomate Silas Deane ; celui-ci était alors représentant à Paris des insurgés qui venaient de proclamé leur indépendance. Cinq mois plus tard, le 17 avril 1777 il embarquait à bord de la Victoire, une frégate affrétée à ses frais, grâce à une avance sur sa fortune. Lors de ce voyage il apportait aussi des armes aux insurgés. Il devint assez vite un proche collaborateur et ami du commandant en chef George Washington et participa courageusement et de façon décisive à de nombreuses batailles. En octobre 1778, il demanda la permission à George Washington et au Congrès de retourner en France. Il rentra en févier 1779 et à peine arrivé à Paris il plaidait la cause des insurgés. Le roi Louis XVI accédait à sa demande en décidant l'envoie d'un contingent de 6000 hommes qui seraient commandés par le général de Rochambeau, avec le concours de la flotte du chef d'escale de Grasse.... Ce n'était peut-être pas tout à fait ce que La Fayette attendait.... Mais il allait avoir la lourde tache de faire le lien entre l'armée américaine et l'armée française. Benjamin Franklin, l'un des pères fondateurs des États-Unis, alors diplomate pour l'Europe, conseilla à La Fayette d'accepter ce partage des tâches
 «...Toute l'année 79 et le printemps 80 passeront avant l'expédition .....[...]... On me trouvera, je pense trop jeune pour ce commandement, ce plaignait-il. Sur ce point on ne l’a pas contredit. Pendant tout l'hiver, il avait été le moustique de ce char de l'État qui marchait au pas des bœufs. Maurepas le ministre de la marine s'écriait : ce jeune homme serait capable de démeubler Versailles pour aider les américains. Il était à Paris quand un fils lui était donné la veille de Noël. Il l'avait aussitôt fait baptiser George-Washington, et avait continué à tarabuster Maurepas, non sans raison. » (Extraits du livre de Claude Manceron, Le vent d'Amérique pages 238 à 239)

C'est entre novembre et décembre 1778 dans l'Arsenal de Rochefort sur une cale de construction proche de la corderie royale que l'Hermione était mise en chantier. Trois autres frégates de même type, la Courageuse, la Concorde et La Fée furent réalisées quasi simultanément sous les directives des architectes, les frères Chevillard. Ces frégate sont des petits navires qui ne participent pas aux batailles, à la différence aux vaisseaux qui sont armés de canons de gros calibre. Les frégates effectuent des missions de reconnaissance ou de liaison, escortent des navires marchands, chassent les corsaires et attaquent également les navires de commerce des nations adverses. Elles sont dites « de douze », en référence au calibre de leurs vingt-six canons tirant des boulets de douze livres et disposés en batterie sur ses flancs. Des canons sont complétés par huit autres de six livres disposés sur les gaillards. Leur coque mesure 44,20 mètres de longueur pour 11,21 mètres de largeur et 5,68 mètres de profondeur. Elles sont équipées de trois mâts gréés par des voiles carrées, le plus grand mât faisant 56,50 mètres de hauteur. Ces navires embarquent trois cents hommes, dont deux cents pour la manœuvre.

Mais qu'est ce qui fait que La Fayette devenu Lafayette ait hérité de l'Hermione ? Peut-être que cette frégate fut prête la première. A cette époque il était très pris à débattre avec le roi et ses ministres, mais aussi avec Benjamin Franklin, sans oublier ceux qui vont l'accompagner, et ceux qui ne l'accompagneront pas, notamment sa femme et son fils nouveau né....il semble donc qu'il n'ait pas consacré beaucoup de temps à suivre la construction et les premières sorties en mer. Entre mai et novembre 1779, le navire est testé avec succès dans le golfe de Gascogne sous le commandement du jeune lieutenant de vaisseau (qui sera plus connu plus tard sous le nom de La Touche-Tréville quant il sera vice-amiral et commandant en chef de la marine de Napoléon). L’Hermione réalise alors une brillante campagne au large des côtes françaises et espagnoles, capturant avec audace trois corsaires anglais et trois navires marchands. Dans l'urgence de la préparation le nom de la frégate est probablement secondaire et peut-être que la Courageuse eut été plus symbolique. Lafayette embarque sur l'Hermione à Port des Barques le 10 mars 1780, en compagnie de deux officiers, de son secrétaire et de six domestiques. Le 14 mars, des passagers attendus par Lafayette embarquent en rade de La Rochelle et la frégate de la liberté met le cap à l'ouest. Cependant, la rupture de la grande vergue dès le lendemain contraint Latouche à revenir en rade de l'île d'Aix le 17 mars. Le départ définitif vers l'Amérique a lieu le 20 mars, après réparation. Après 38 jours de traversée, la frégate arrive à Boston le 28 avril 1780. Lafayette débarqua pour annoncer au général Washington l'arrivée des renforts français. Le 4 mai, le Congrès Américain était reçu à bord de l’Hermione. 
Après d'âpres combats, auxquels participe Lafayette à la tête d'une division, les insurgés américains remportent, 18 mois plus tard, dans la baie de la baie de Chesapeake sur mer, puis à Yorktown sur terre, les victoires décisives avec l'appui des troupes françaises conduite par Rochambeau et de Grasse. 
L'Hermione et Lafayette rentrèrent en France vers la fin de 1781... Le 25 février 1782, l’Hermione était de retour à Rochefort.
La frégate reprendra des missions d'escorte de navires marcha reprendre sa mission d’escorte de navires marchands notamment en Inde.
En 1793, 14 ans après sa construction, l’Hermione touche des hauts-fonds au large du Croisic (près de l’estuaire de la Loire). L'équipage et l’Hermione sombre quelques heures plus tard. 

Voila pour la partie historique de l'Hermione. J'ai trouvé la plupart de ces informations sur internet. J'ai bien sûr fait quelques modifications à ma façon et surtout allégé des paragraphes pour ne pas être trop long. Je vais faire de même avec l'approche mythologique d'Hermione mais je dois bien reconnaître que je vais être beaucoup moins sûr de mes sources; Prenons par exemple l'arbre généalogique d'Hermione : qui était son grand-père maternel, Tyndare le légendaire roi de Sparte, ou Zeus, ou Océan? La décision est délicate mais j'ai choisi Océan qui était un titan Fils d'Ouranos (le ciel) et de Gaïa (la terre) et qui, en plus était frère et époux de Thélys la déesse de la mer. Le choix me parut évident pour baptiser un navire Hermione. Ceci étant dit et sachant que les dieux et déesses ne pouvaient reconnaître des enfants mortels ; ils ont, comme les cigognes, refilé le bébé aux souverains de Sparte Tyndare et Léda. Le bébé en question était la future belle Hélène qui plus tard trompera son mari Ménélas, trahira sa patrie et provoquera la guerre de Troie. Avec un tel bilan pouvait-on alors décemment donner le nom d'Hélène à des navires de guerre ? Non bien sur ! Et les architectes philosophes ont choisi de sauter une génération en retenant, Hermione une jeune reine libre et aussi belle que sa mère Hélène. C'est du moins ce que j'ai cru comprendre en faisant mes recherches et en tombant sur le site « La symbolique des noms de navire dans la marine française (1661/1815). En page 50 on peut lire : Lors du renouvellement des effectifs permettant la mise sur pied la deuxième marine de Louis XIV apparaissent des noms mythologiques parmi lesquels, le dieu Mars, la terrible amazone, puis Diane, Médée et Hermione.» 
Et sur un autre site Hermione (navire) on constate qu'il n'y a pas eu qu'une seule Hermione : 
l'Hermione, une frégate de 30 canons lancée en 1699.
l'Hermione, une frégate de 34 canons lancée en 1706.
L’Hermione, une frégate de 23 canons lancée en 1750.
L’Hermione, une frégate de 22 canons lancée en 1754.
L’Hermione, une frégate de 32 canons lancée en 1779, celle de La Fayette.
L’Hermione, une frégate de 40 canons lancée en 1804.
L’Hermione, une frégate de 46 canons lancée en 1811.
L’Hermione, une frégate de 28 canons lancée en 1860.

Et grâce au magazine l'Histoire de mars 2019 concernant les héros de la Mythologie j'en sais un peu plus sur Hermione, jeune fille aimante où épouse jalouse ? (162 et 162) : «... Hermione vit dans l'insouciance de l'enfance dans le palais de son père Ménélas, roi de Sparte, lorsque Pâris enlève sa mère Hélène. Elle n'a alors que neuf ans. Ce rapt, à l'origine de la guerre de Troie, la prive pour de longues années de ses parents. Huit ans plus tard après la chute de Troie vient l'heure des retrouvailles ...[...]... Si on en croit l'Odyssée la jeune fille dont la beauté égale celle de sa mère aurait été promise par son père à Néoptolème, le fils d'Achille, pendant la guerre de Troie. Il s'agit là pour Ménélas de s'assurer de sa participation au conflit. Achille ayant trouvé la mort, son fils doit prendre la relève sur les champs de bataille...[...]... La guerre terminée en partie grâce à l'action décisive de Néoptolème, les soldats grecs s'en retourne vainqueurs chez eux. Ménélas honora son engagement et comme promis Hermione épousa Néoptolème....[...]... L'intrigue se complique lorsqu’apparaissent deux personnages : Oreste le fils d'Agamemnon, à qui Ménélas avait promis la main d'Hermione avant la guerre et avant de la donner à Néoptolème ; et Andromaque, l'épouse d'Hector, qui échoit comme butin de guerre au fils d'Achille. Bien qu'elle soit captive elle apparaît comme rivale d'Hermione.»  Je quitte le récit tiré de l'Odyssée pour finir cette histoire avec la tragédie de Racine qui reprenait d'ailleurs celle d'Euripide (-426 av. J.C.). C'est en 1667 que Racine à produit son Andromaque, soit deux ans avant que soit construite la première frégate Hermione, ce n'est peut-être pas une coïncidence. Dans cette tragédie, qui eut un très grand succès, tous les personnages brulent d'un amour passionné non partagé : Hermione pour Néoptolème (que Racine appelle Pyrrhus), Oreste pour Hermione, Pyrrhus-Néopylème pour Andromaque, Andromaque pour Hector qui fut tué à Troie par Achille le père de Pyrrhus- mais Andromaque accepte d'épouser Pyrrhus pour protéger Astyanax le fils qu'elle eut avec Hector. A l'annonce du mariage Hermione demande à Oreste de tuer Pyrrhus, et quand il s'exécute elle le renie et se suicide sur la dépouille de celui qu'elle aimait. Hermione avait vraiment une bonne image guerrière et méritait de laisser son nom à des frégates.

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