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No pasaran .... Federico Garcia Lorca... Complaintes gitanes.

17 Décembre 2020 , Rédigé par niduab Publié dans #no pasaran

 

 

Ces Complaintes gitanes composées entre 1924 et 1927, sont l'œuvre la plus populaire de Garcia Lorca (1896/1936). Ce recueil associe de vieilles légendes, des récits fabuleux ou épique, puisées dans la tradition orale, au rythme des chansons andalouses.

Chaque complainte figure un petit drame, tantôt gracieux, tantôt érotique, tantôt sanglant. Mélange de veine populaire et d'écriture savante, véritables précipités de l'âme espagnole, ces brefs poèmes constituent un miracle d'équilibre et sont à juste titre tenus pour un des chefs-d’œuvre de la poésie du XXsiècle.

 

Editions Allia (2017) Traduit de l'espagnol par Line Amselem

 

 

ROMANCE DE LA LUNA, LUNA     .....................COMPLAINRE DE LA LUNE, LUNE

A Conchita Garcia Lorca

 

La luna vino à la fraga

Con  su  polison de nardos

El niño la mira mira

El niño la esta mirando

En el aire commovido

Mueve la luna sus brazos

Y enseña, lubrica y pura

Sus senos de duro estano

Huye luna, luna, luna

Si vinieranlos gitanos

harian con tu corazón

collares y anillos blancos.

Nino, dejame que baile

Cuando vengan los gitanos,

Te encontraran sobre el Yunque

con los ojillos cerrado.

Huye luna, luna, luna

que ya siento sus caballos.

Niño, dejame, no pises

Mi blancor addonado

 

El jinete se acercaba

Tocando el tambor del llano

Dentro de la fragua del niño,

Tiene los ojos cerrados.

Por el olivar venían,

Bronce y sueño, los gitanos.

Las cabezas levantadas

Y los ojos entornados.

 

Cómo canta la zumaya,

¡Ay cómo canta el árbol!

Por el cielo va la luna

Con un niño de la mano.

 

Dentro de la fragua lloran,

Dando gritos, los gitanos.

El aire la vela, vela.

El aire la está velando.

 

 

La lune vint à la forge

En jupe de tubéreuse

Et l’enfant ouvrit sur elle

Ouvrir, ouvrit ses grands yeux.

Dans l’air tout ému , la lune

bouge ses bras, ses mains,

en montrant, lubrique et pure

ses deux seins de dure étain.

Va-t-en lune, lune, lune.

S’ils arrivaient les Gitans

Feraient le ton cœur parure

D’anneaux et de colliers blancs.

Petit, laisse-moi danser

Lorsque les Gitans viendront

Tes jolis yeux seront clos,

Sur l’enclume ils te verront.

Va-t-en lune, lune, lune,

Je les entends galoper.

Petit ne marche pas sur

Ma blancheur amidonnée.

 

Le cavalier traversait

La plaine, tambourinaire,

et dans la forge l’enfant

avait fermé les paupières.

Au milieu des oliviers,

 les Gitans de bronze et rêve

ont la tête relevée

et leurs yeux sont entrouverts

 

Comme chante sur son arbre

oh, chante le chat-huant

dans le ciel passe la lune,

tenant la main d’un enfant.

 

Les Gitans dedans la forge

Pousse des cris en pleurant

Et le vent la veille, veille.

La veillent l’air et le vent.

 

 

LA MONJA GITANA ..............................LA NONNE GITANE.

A Jose Moreno Villa

 

Silencio de cal y mirto.

Malvas en las hierbas finas.

La monja borda alhelies

Sobre una tela pajiza.

Vuela en la araña gris,

Siete pájaros del prisma.

La iglesia gruñe a lo lejos

como un oso panza arriba.

¡Que bien borda! ¡ Con qué gracia!

Sobre la tela pajiza,

ella quisiera borda

flores de su fantasia.

¡Que girasol! ¡ que magnolia

de lentejuelas y cintas ¡

Que azafranes y que lunas,

en el mantel de la misa ¡

Cinco toronjas se endulzan

en la cercana cocina.

Las cinco llagas de Cristo

Cortadas en Almería.

Por los ojos de la monja

Galopan dos caballistas.

En rumor y sordo

La despega la camisa,

y al mirar nubes y montes

en las yertas lejanías

se quiebra su corazón

de azúcar y yerbaluisa.

¡Oh! qué llanuras empinada

con veinte soles arriba

¡Qué ríos puestos de pie

vislumbra su fantasía!

Pero sigue con sus flores,

mientras que de pie, en la brisa

la luz juega el ajedrez

alto de la celosía.

 

 

Silence de chaux et myrte

Giroflées dans les brins d’herbe .

La nonne brode des mauves

Sur sa toile jaune et fine..

Dans le gris du plafonnier,

Volent sept oiseaux du prisme.

Comme un gros ours sur le dos

Grogne à l’horizon l’église..

Qu’elle coud bien ! Que de grâce !

Sur sa toile jaune et fine,

Elle aimerait bien broder

D’autres fleurs qu’elle imagine.

Quels soleils et Magnolias

Fait de paillettes et frises !

Quelles lunes et safrans

Sur la nappe pour l’office !

Dans la cuisine, tout près,

cinq  pamplemousse  murissent.

Cueillis à Alméria,

Ce sont les cinq plaies du Christ

Les yeux de la nonne voient

Deux  écuyers qui défilent.

Une ultime rumeur sourde

lui décolle sa chemise,

et quand son regard se perd

sur des niées et des cimes,

au raide horizon, se fend

son cœur de sucre et mélisse.

 Oh ! Quelle plaine  escarpée

que vingt soleils illuminent

Que de fleuves relevés

sa fantaisie imagine !

Mais elle reprend ses fleurs,

la lumière, sous la brise,

joue debout sur l’échiquier 

de sa haute jalousie.

 

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