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Trop politique...... Extraits de Terre promise ... .Obama juge les dirigeants européens....

6 Février 2021 , Rédigé par niduab

 Courant décembre je me suis offert Une terre promise le livre de Barack Obama et je n'ai pas attendu Noel pour commencer à le lire. J'ai particulièrement apprécié la première partie intitulée « le pari » (pages 10 à 114). J'ai enchainé avec la deuxième partie « Yes you Can.» (Pages 115 à 270) avec le même enthousiasme en me disant qu'à ce rythme là j'aurai avalé les 810 pages du bouquin avant la fin de 2020.... Mais je m'égarai dans les trop longs portraits et trop souvent remerciements et hommages à ses nombreux collaborateurs dont je n'avais jamais entendu parler. Le récit devenait pesant et je devais m'accrocher pour ne pas lâcher prise, aux intéressantes bisbilles dans la famille démocrate, dont celles avec Hillary Clinton et même dans sa propre famille notamment avec Michelle, avant la victoire finale sur le républicain John Mc Cain. En attaquant la troisième partie du livre « Renegade » (pages 271 à 418) je suis d'abord étonné par le titre choisi : certes Renégade en anglais passe mieux que renégat ou rebelle en français (ou autre signification ?) En poursuivant la lecture, et une fois la passation de pouvoir, la composition du gouvernement et des équipes ministériel, on arrive aux premières promulgations de loi et on passe vite dans le concret : la récession économique qui suit la crise d'octobre 2008; Renegade traduit sans doute la prise en compte de la réalité et le report à plus tard de certaines promesses de campagne. Cette partie, du récit, de ces mémoires est passionnante. Et j'en arrive à la quatrième partie du livre intitulé « Le noble combat » (pages 419 à 531) : Je n'en fais pas un court résumé car je me suis arrêté vers la page 500. En début de ce noble combat Le président Obama participe à son premier G20 à Londres et il nous fait un les portraits de certains dirigeants européens notamment dans l'extrait qui suit ceux de Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, (pages 422 et 4245).  Un régal !

[....]..... Pendant mon premier mandat les dirigeants européens les plus importants étaient la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ... [...]... Dans l'ensemble, ils s'entendaient, même si leurs tempéraments n'auraient pu être plus différents. Angela Merkel, fille d'un pasteur luthérien, avait grandi dans l'Allemagne de l'Est communiste, fait, fait profil bas et décroché un doctorat en chimie quantique. Elle n'était entrée en politique qu'après la chute du rideau de fer, gravissant méthodiquement les échelons de l'Union chrétienne-démocrate, la CDU, de centre droit, grâce à un mélange de talent organisationnel, de flair stratégique et de patience inébranlable. Merkel avait de grands yeux bleu clair, dans lesquels on pouvait lire tour à tour de la frustration, de l'amusement, ou un soupçon de tristesse. Par ailleurs, son apparence impassible reflétait sa sensibilité pragmatique et analytique. Elle était réputée pour sa méfiance vis à vis des emportements émotifs et des propos hyperboliques, et son équipe avouerait par la suite qu'elle avait été initialement sceptique à mon sujet, en raison justement de mes talents oratoires. Je ne m'en suis pas formalisé, estimant qu'un dirigeant allemand avait toutes les raisons d'éprouver une légère méfiance à l'égard des tribuns. 
Sarkozy, en revanche, était tout en emportements émotifs et en propos hyperbolique. Avec sa peau mate, ses traits expressifs vaguement méditerranéens (son père était hongrois, son grand-père maternel juif grec), et de petite taille (il mesurait à peu prêt 1,66 mètre, mais portait des talonnettes pour se grandir). On aurait dit un personnage sorti d'un tableau de Toulouse-Lautrec. Bien qu'issu d'une famille aisée, il reconnaissait volontiers que ses ambitions étaient en partie alimentées par le sentiment d'avoir été toute sa vie un étranger. Comme Merkel, Sarkozy s'était fait un nom comme leader de centre droit, se faisant élire président sur un programme économique défendant le non interventionnisme, l'assouplissement du droit du travail, la baisse des impôts et la promesse d'un État-providence moins omni présent. Mais, contrairement à Merkel, dès lors qu'il s'agissait de stratégie, il n'hésitait pas à faire de grands écarts, poussé par des gros titres ou l'opportunisme politique. Lorsque nous sommes à Londres pour le G20, il dénonçait déjà haut et fort les excès du capitalisme mondial. Ce qui faisait défaut à Sarkozy en matière de cohérence idéologique, il le compensait par l'audace, le charme et une énergie frénétiques. Les discutions avec Sarkozy étaient ainsi tour à tour amusantes et exaspérantes, ses mains en mouvement perpétuel, sa poitrine bombée comme celle d'un coq nain, son interprète personnel (contrairement à Merkel il parlait un anglais limité) toujours à ses côtés, reflet exalté de chacun de ses gestes, de chacune de ses intonations, tandis que la conversation passait de la flatterie à la fanfaronnade, sans manquer d'une authentique perspicacité ni jamais s'éloigner de son intérêt premier, à peine déguisé, qui était de le trouver au cœur de l'action et de s'attribuer le mérite de tout ce qui valait qu'on s'en attribue le mérite. 

[....]... il n'était pas difficile de savoir lequel de mes deux partenaires européens se révèlerait le plus fiable. J'en suis néanmoins à considérer Merkel et Sarkozy comme utilement complémentaire : Sarkozy, respectueux de la prudence innée de Merkel, mais la poussant souvent à agir ; Merkel prête à oublier les manies de Sarkozy, mais d'une grande adresse pour canaliser ses propositions les plus impulsives. Chacun renforçait aussi les instincts pro-américains de l'autre, des instincts qui, en 2009, n'étaient pas toujours partagés par leurs électeurs.... [...] 

J'ai fait un break de plus de deux mois avec le livre d'Obama qui est quand même assez difficile à lire et j'avais d'autres intérêts pour nourrir mon blog.... Aujourd'hui, 9 avril 2021, je vais apporter quelques compléments: (pages 432 à 433). 

[...]....A la fin du sommet de Londres, le G20 avait réussi à trouver un accord en réponse à la crise financière internationale. Le communiqué final, diffusé conjointement par tous les les chefs d'Etats présents, comprenait les priorités américaines, comme l'implication accrue dans la politique de relance et le refus du protectionnisme, ainsi que des mesures visant à faire disparaître des paradis fiscaux et améliorer les outils de contrôle financiers, qui était importantes aux yeux des Européens... [....].... Dans un élan d'enthousiasme, Sarkozy nous a empoignés, Tim et moi, alors que nous sortions du bâtiment : « Cet accord est historique, Barack ! a-t-il lané. Ca a été possible grâce à vous... Non, non, c'est vrai. Et monsieur Geithner, là;.. il est formidable ! »  Sarkozy s'est alors mis à scander le nom de famille de mon secrétaire au Trésor comme un fan de football, suffisamment fort pour que plusieurs tête se tournent dans la salle. Je n'ai pu m'empêcher de rire, non seulement en constatant que Geithner se sentait un peu mal ç l'aise, mais aussi en découvrant l'expression d'Angela Merkel. Elle venait juste de terminer sa lecture du communiqué et regardait à présent Sarkozy comme une mère son enfant turbulent. 

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