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Ciné cure.................L'Impasse

6 Octobre 2007 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

 
La semaine dernière je cherchais le bouquin de Lionel Jospin « L’Impasse ». Ce livre qui a connu une très habile promotion dans la presse, les radios et télés, devait être en vente depuis lundi dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre, mais il faut bien reconnaître qu’il a mis un certain temps à parvenir dans les Deux Sèvres….Faut-il y voir des actes de résistance ou des mouvements de grèves de fidèles supporters de la Dame du Poitou ?
 
Mercredi à l’Espace Leclerc, on m’avait assuré qu’il serait là vendredi juste avant le week-end ; C’était promis, juré. Et bien non, l’objet de ma convoitise n’était toujours pas arrivé le jour dit. Pour me calmer et refouler mon dépit, je me suis quelque peu attardé dans le magasin. En état de manque il me fallait trouver quelque chose à acheter. J’ai fait d’abord le tour des polars, rien de nouveau chez mes auteurs favoris ; je suis passé aux livres d’histoire, de voyages : trop chers. Je suis ensuite allé aux rayons des CD, mais dans ce domaine il y a bien longtemps que…enfin bref. Je me suis finalement dirigé vers les DVD…..et c’est là que je suis tombé, par hasard, sur « L’Impasse ». Non, bien sûr, pas le livre attendu qui aurait été mal aiguillé mais le film de Brian de Palma en DVD. Faute d’Impasse je m’offrirais donc l’Impasse. C’est un peu comme du Prévert : Une idée fixe ça ne fait pas beaucoup avancer …mais ça pose.
 
Bien sûr j’avais vu ce film quand il est sorti en salles en mars/avril 1994 et je l’avais beaucoup aimé malgré des critiques assez réservées. Il faut dire que je suis un inconditionnel des bons thrillers et plus particulièrement ceux de type « italo-américain ». Du coup je me suis fendu de 9 euros et le soir c’est avec plaisir que je me suis replongé dans les problèmes de Carlito Brigante.
 

  C’est bien sûr un film de gangster, un film nostalgique à l’ancienne, un peu comme ceux avec Bogart. Un film sur l’honneur, l’amour, le rêve et le temps qui passe. 
  Après 5 ans de prison Carlito (Al Pacino) est libéré grâce à la persévérance de son avocat (Sean Penn) qui a fini par trouver des vices de forme dans le dossier d’instruction. Libéré, Carlito est sincèrement décidé à se ranger des voitures et son rêve est de se retirer aux Bahamas pour monter, justement, une affaire de location de voitures. Mais ça serait trop simple (et sans intérêt pour l’intrigue) car son avocat s’est mis dans un sale pétrin et, dette d’honneur oblige, Carlito devra l’aider en replongeant dans la criminalité. 
  « Il y a dans l’Impasse, selon le magazine Studio, des morceaux de bravoure d’anthologie et en même temps quelque chose d’un peu crépusculaire. Brian De Palma et Al Pacino, orchestrent une émouvante marche funèbre qui grâce à leur maestria, n’en est pourtant pas moins jubilatoire »

  
    La comparaison entre ce film et le livre de Jospin est très osée, sans doute même un peu provocatrice, et pourtant…..si on fait abstraction de l’histoire, du milieu dans un cas, ou la gauche dans l’autre, et si on analyse, hors intrigue, seulement les motivations et les sentiments …on peut y trouver comme un parallèle.
 
Carlito Brigante dans la 1ère partie du film, quand il prend en charge la gestion de la discothèque s’écrit «  Les temps ont changés…...il faut salement ramer quand on a paumé 5 ans. ». Voila un triste raccourci pour confirmer le parallèle.
 
Le film c’est finalement l’histoire d’un type qui veut tirer un trait sur son passé et qui n’y arrive pas…..et le livre ? 
      Le lendemain samedi en ville, j’ai fini par trouver le livre…enfin ! 140 pages que j’ai lues en quelques heures……Alors ?….et bien oui, ça peut se lire… mais ça pouvait aussi attendre une semaine sans se mettre en transes pour un petit retard de livraison.
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    C’est l’histoire d’un homme politique qui a, trop vite, tiré un trait sur l’avenir (même s’il devait, effectivement, endosser la responsabilité du séisme du
21 avril 2002) et qui se trouve ensuite empêtré, par ses contradictions, dans une impasse.
    Car elle est là l’Impasse : C’est quand Jospin a réalisé qu’il était, probablement le meilleur pour empêcher la victoire du mystificateur, futur candidat d’une droite dont le bilan était pourtant calamiteux.
    Selon lui pour gagner un candidat de gauche doit s’appuyer sur les fondamentaux et non en se fourvoyant dans une campagne d’apparence et de séduction éphémère.
    Le 1er problème de Jospin est qu’il ne revient guère sur son propre échec alors qu’il fut il y a 5 ans le premier gagnant-perdant.
   Le 2ème problème est que ce livre s’ajoute aux pamphlets polémologiques écrits par d’autres socialistes et que Jospin endosse ainsi lui aussi le costume du tonton flingueur et ça c’est bien dommage

    

   
  
    Je ne suis pas un jospinien «historique» mais j’ai toujours eu beaucoup de respect pour cet homme socialiste authentique mais ouvert et pragmatique et puis le personnage est sympa, c’est du moins ce que j’ai ressenti les très rares fois où je l’ai rencontré, ce qui tranche d’ailleurs avec les images quelque peu austères de ses passages à la télévision
La 1ère fois ce fut là l’occasion d’une visite à Niort en octobre 1990; il était alors Ministre de l’Education Nationale et était venu inaugurer le Carrefour Média Jeunesse. Il avait à cette époque quelques manifestations étudiantes lors de ses déplacements et c’est ce qui se passa ce jour là. Il fut accueilli par une petite troupe d’une dizaine de manifestants avec des pancartes « étudiants en colère » et en tête, ma fille Cécile. Il leur accorda un bref entretien et la petite troupe se dispersa. Quelques dizaines de minutes plus tard à la croisée de stands nous nous sommes retrouvés face à face. Cécile avait retiré sa pancarte revendicative mais Jospin l’a reconnue et, arborant un très chaleureux sourire, lui demanda « Alors mademoiselle, vous n’êtes plus en colère? »
Une autre fois, et là ce fut encore plus impromptu : A la suite d’une réunion du CN, fin juin 2000, nous avions été invités à une collation à l’hôtel de Lassais. Je me suis trouvé à un moment quelque peu esseulé, à me resservir au buffet (façon élégante de dire que je me goinfrais) lorsque Jospin arriva et vint se placer à mes côtés.
Un peu gauchement je lui tendis la main et je crus utile de me présenter « Bonjour, Daniel Baudin de Niort »,
et lui très gentiment moqueur (façon élégante de dire qu’il se foutait de moi) de me répondre «  Salut, Lionel Jospin de Matignon »
 
Pourquoi n’a-t-il pas su montrer cet humour et cette chaleur pendant la campagne de 2002. Contrairement à ce qu’il a pu dire un soir à la télé il n’a jamais fendu l’armure….et puis, après la défaite, pourquoi ne s’est-il pas remis en selle plus tôt ? En 2003, au pire 2004, que d’occasions manquées ! Pourquoi avoir attendu, en vain, une supplique des militants ; une supplique qui ne pouvait plus arriver parce que c’est lui qui avait mis le PS dans une impasse. Dans son livre, toutes ses récriminations contre Ségolène, je les ai peu ou prou partagées et formulées avant la campagne mais aujourd’hui à quoi cela sert-il ? De toute façon pour lui c’est trop tard et son livre a quelque chose d’un peu crépusculaire.
                                              Num--riser-copie-2.jpg                            
 


   De « L’invention du possible » publié fin 1991 à « l’Impasse » en 2007, 15 ans de vie politique dont 5 ans à la tête d’un gouvernement qui, à défaut d'une parfaite réussite dans tous les domaines, n'a pas, lui au moins, failli sur le plan macro-économique….Tout le monde ne peut pas en dire autant. 
 

 

 





(à suivre)
 

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SYLVAIN THERIZOLS 07/10/2007 12:01

Je considère que si Dominique Strauss Khan était resté au Gouvernement et n'avait pas connu l'affaire MNEF, Jospin n'aurait pas connu la fin qu'il a connue. Jospin aurait du partir lorsque Chirac le flinga le 14 juillet 2001 . Avec Mauroy, ce sont les meilleurs Premiers Minitres qu'a connus la Gauche.

SYLVAIN THERIZOLS 06/10/2007 16:37

Tu as en partie raison . Jospin est quelqu'un de bien mais qui paraît trop hostère . C ' est vrai qu'il aurait dur revenir plus tôt vers la grève conre le plan fillon .