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Trop poli-tique............Aux urnes camarades !

4 Novembre 2007 , Rédigé par daniel Publié dans #trop poli-tique

 La vie politique niortaise que je fréquente, assidûment, depuis plus de 20 ans est loin d’être un fleuve tranquille. Dans le cadre de ce blog « devoirs de mémoire » il me fallait bien, tôt ou tard, aborder le sujet…..Le plus simple, ou plutôt le moins compliqué, c’est bien de commencer par la situation actuelle même s’il va me falloir effectuer, comme au cinéma, quelques retours en arrière. Pour ce qui concerne le 7ème art je n’aime pas trop, en général, les films qui abusent de flash-back mais c’est parfois utile car un suivi chronologique trop pointilleux peut affadir une histoire, assoupir le spectateur et nuire à la bonne compréhension de l’intrigue. En sera-t-il de même pour ce nième na-art qui présente les meilleures recettes de cuisine politicienne ?

Pour cet article, de la rubrique "Trop poli-tique...", quelques rapides repères préalables sont nécessaires En mars 2001, aux élections municipales de Niort, la liste de gauche conduite par le maire sortant, Bernard Bellec, l’emportait avec 51% des voix face à la liste de droite. Bravo ….sauf qu’au 1er tour la liste de gauche frisait déja les 48 %, alors que la liste de droite stagnait à 38.5 % et que les 2 autres listes, en lice, celle du FN et celle d’extrême gauche faisaient respectivement 4.7% et 8.8%. On ne pouvait, donc, pas considérer cette très courte victoire, au second tour, comme un exploit au regard de l’enracinement culturel à gauche de la ville et du potentiel de voix du 1er tour. …….Et pourtant c’était bien une nouveauté puisque c'était la 1ère fois depuis 1989 que la liste de B. Bellec, pour la 3ème fois gagnante, passait enfin la barre symbolique de 50% au second tour . Cela peut paraître étonnant dans ce fief de gauche et ça confirme le désamour chronique de ce maire avec les citoyens de sa ville. (Geneviève Gaillard lors des dernières législatives a fait au 2ème tour 65% des voix sur la ville.)

Bernard Bellec avait succédé, en cours de mandat, à René Gaillard décédé subitement fin décembre 1985. En 1989, pour sa première tentative de renouvellement du mandat, la victoire se fit dans le cadre d’une triangulaire avec une liste divers gauches qui s’était maintenue au 2ème tour confisquant ainsi environ 15% des voix. 
 En 1993 Bernard Bellec eut la mauvaise idée de vouloir devenir député ; malheureusement ce fut l’année de la grande débâcle socialiste et non seulement il fit perdre au PS un fief historique mais, qui plus est, il fut très largement minoritaire sur la ville de Niort. (en population les 2/3 de la circonscription ). Cette défaite affola une bonne partie du microcosme socialiste, qui appela au secours Ségolène, la voisine de Melle. Celle-ci, dans un contexte que je raconterai dans un prochain billet, se lança dans une aventure à hauts risques…..ce qui conduisit à une compétition ubuesque opposant en juin 1995, au 2ème tour, 2 listes socialistes et 1 liste de droite. Ségolène avait eu l’investiture de la direction socialiste validée par le conseil national alors que B. Bellec se présentait, certes en dissidence, mais avec toutefois un vote favorable au niveau local, même si cet avantage avait été obtenu par délégation, dans des conditions particulières. Ces 2 listes arrivèrent au coude à coude au 1er tour avec environ 1/3 des suffrages, avec un léger avantage à la liste de Ségolène, et en devançant toutes les deux la liste de droite. Bellec refusant toute solution d’alliance se maintenait au second tour et remportait finalement la victoire avec 35% des voix devant la liste de droite et Ségolène qui rétrogradait en 3ème position sous le seuil des 30%.
Pour être complet il faut ajouter que cette histoire a fait beaucoup de mal et laissé des traces car des familles, des amis étaient divisés. Moi, non seulement j’ai refusé une proposition d'être sur la liste Bellec mais, en plus, j’ai toujours fait le mauvais choix en votant Bellec au 1er tour et Ségolène au second. Mauvaise pioche.
C’est à la suite de cette bataille électorale que j’ai vraiment compris comment fonctionnaient le maire et son entourage, son clan. A peine avaient-ils battu Ségolène, qu’ils se lançaient dans une chasse pour éliminer leurs futurs prochains ennemis intérieurs, comme aux plus sombres heures de la révolution française. En tête de liste Geneviève Gaillard, fille de René Gaillard, et future rivale.
Geneviève présentait l’inconvénient d’être très populaire, face à un maire qui avait, certes, sauvé son fauteuil, et qui était incontestablement en tant qu’ancien directeur de la MAIF, un gestionnaire, mais aussi, un maire qui donnait de plus en plus une image d’homme autoritaire et hautain, notamment avec le personnel municipal. Pilou, qui travaillait, alors, à la mairie de Niort dans un service jugé stratégique et sensible, et qui, de plus, était l’amie de Geneviève, fut placardisée dès l’automne 1995.Geneviève avait, entre temps, été désignée par les militants de la circonscription (Niort + périphérie) candidate socialiste pour les législatives de 1997. Elle récupéra, haut la main, cette circonscription perdue en 1993, accentuant le contraste de réussite et de popularité avec le maire de Niort. 
Devant ce constat de nombreux socialistes encouragèrent Geneviève Gaillard à poser sa candidature pour être tête de liste socialiste pour les élections municipales de 2001. La désignation de la tête de liste eut lieu le 30 mars 2000. Geneviève fut battue d’une vingtaine de voix sur environ 230 votants officiellement inscrits. Si je précise « officiellement inscrits » c’est pour mentionner qu’il y avait ce jour là 2 urnes. Les proches du maire eurent, en effet, la mauvaise surprise de découvrir, quelques semaines avant ce vote qu’une directive du bureau national du PS limitait la liste des inscrits autorisés à voter aux militants inscrits avant le 31 décembre 1999. Or en ce début d’année 2000, quelques semaines avant le vote, ils avaient, en urgence, fait adhérer « spontanément » 70 personnes (une augmentation des militants de la section de 30%). Ces néo-adhérents ne pouvaient donc pas voter, mais une seconde urne fut, malgré tout, installée pour que ces nouveaux militants n’aient pas le sentiment d’avoir adhéré pour rien et puis au cas ou…...c’était sécurisant et cela permettrait de gonfler les résultats transmis à la presse. Ce luxe de précautions était inutile car Geneviève fut battue régulièrement par les résultats de l’urne « officielle »  mais le plus cocasse c’est que dans la 2ème urne, elle n’eut aucune voix. Rien ; zéro.  Ils auraient pu faire un petit effort, 1 ou 2 voix pour camoufler la supercherie; mais même pas….. Bellec fut donc, et de façon incontestable, la tête de liste ce qui lui permit de remporter la victoire en mars 2001…avec un tout petit 51 %. 
La lune de miel ne dura, évidemment, pas bien longtemps, d’autant que depuis 2000 un nouveau chantier était en cours : La Communauté d’Agglomération Niortaise se construisait. Le maire de Niort  se mit à dos, très rapidement, l’ensemble des maires de la périphérie qu’ils soient de droite ou de gauche…..après une guéguerre digne d’un roman feuilleton il fut évincé de la présidence de la CAN et dans la foulée, en fin d'année 2002, il démissionna de son poste de maire de Niort.
Une nouvelle ère aurait pu s’ouvrir : Alain Baudin, fut désigné, par le conseil municipal comme nouveau maire. J’avais quelques sympathies pour Alain et pas seulement pour cause d’homonymie, mais il fut très décevant, refusant de couper le cordon ombilical avec son mentor. En endossant les habits défraîchis de l’ancien maire, en s’appuyant sur la fraction « Jurassic park » de l’équipe municipale et non sur les quelques tenants d’une « ouverture » (qui depuis se sont rapprochés de Geneviève) il s’est enfermé dans un remake bellecien-belliciste. Il apparut enfin qu’il était incapable de faire travailler les vieux dinosaures usés dont les défauts d’assiduité et de dynamisme nourrissaient des rumeurs qui circulaient en ville. Après 5 ans d’intérim les militants socialistes dans leur majorité ont jugé utile et nécessaire, le 29 septembre dernier, lors du vote d’investiture pour les élections de mars prochain de tourner enfin la page en changeant de leader. Geneviève fut désignée par les militants comme tête de liste par 163 voix contre 126 voix.
Fin de partie ? Malheureusement non. 
Une 1ère salve fut tirée dès le 25 octobre par le biais d’une interview de Gérard Doray secrétaire de section (encore quelqu’un pour qui j’avais, avant, de la sympathie mais…...) qui accompagnait, dans la Nouvelle République, l’annonce de sa démission de son poste de secrétaire de section  par des propos fielleux et surréalistes:
« ….Je m’en vais car j’ai été désavoué. Le vote des militants est en décalage avec l’organisation que j’avais prônée lors du rassemblement des socialistes…après les divisions du passé : Ce rassemblement s’est fait autour d’un accord tacite…..qui s’est transformé en marché de dupe…. » et de poursuivre par des propos déconcertants. …«  160 militants nous avaient assurés de leur soutien, on aurait dû gagner avec un écart de 40 voix…. C’est pour ça que nous étions sereins, mais certains n’ont pas respecté leur engagement. » et le journaliste de s’amuser en demandant au pauvre Gérard s’il n’y a pas eu des chantages à l’emploi sur des militants, et celui-ci d’ajouter «  Il y a eu des maladresses vis-à-vis de certaines personnes. Mais pas de chantage à l’emploi à ma connaissance….Certains s’étaient engagés jusqu’à la dernière minute à soutenir Alain Baudin et ils ne l’ont pas fait, ce qui pose un problème d’éthique. » Pauvre Gérard, pauvre misère, il ne se rend même pas compte de l’énormité de ce qu’il dit…Où est le problème d’éthique? Pourquoi mettre une urne et des isoloirs si les promesses de dons garantissent 160 voix. C’est de démocratie dont tu parles, pas du téléthon. En 2002, 2 urnes ! En 2007 une urne inutile ? En 2007 une seule urne mais de trop !. Et il accuse les proches de Geneviève d’avoir effectué un travail de sape de longue haleine : « Certains arguments ont même portés sur la capacité physique et intellectuelle du maire à mener son mandat. Il y a eu des arguments déloyaux, ça me révolte ». Je ne sais pas si cela fut pensé ou dit mais çà n’avait jamais été écrit dans un journal.
La suite est arrivée rapidement : le 27 octobre, Alain Baudin a annoncé qu’il présenterait une liste face à la liste socialiste, en candidat libre. : « …J’entends défendre un bilan, préparer l’avenir de la ville dans l’intérêt de tous les Niortais…..je me présenterai devant les électeurs. Eux seuls me jugeront. …le vote pour l’investiture au sein du PS qui a conduit à désigner Geneviève Gaillard est une mascarade…j’entends donner un sens d’honneur à ma démarche en faveur des Niortais, sans me préoccuper aujourd’hui de mon avenir au sein du PS…  ». Son avenir au sein du PS (et celui de ses futurs colistiers) n’existe plus s’il confirme sa dissidence….Il est loin le maire candidat qui avait déclaré publiquement le 26 septembre dernier, avant le vote d’investiture, mais assuré par ses proches d’au moins 40 voix d’avance, « …Que les choses soient claires ! Je m’engage comme je l’ai toujours fait à respecter le choix des militants….» 
Cochon qui s’en dédit. « A Niort la guerre est rallumée à gauche » titrait la Nouvelle République ? A voir, car combien de gens de gauche seront présents sur la liste du maire intérimaire sortant ? Quand on sait que son comité de soutien sera présidé par M. Lamarque, adjoint de l’équipe sortante, non encarté, représentant de la société civile, personnage que je ne connais pas vraiment, mais qui serait un tenant des idées les plus réactionnaires (que je n’ose, même pas mentionner....) selon le portrait qu’à tracé de lui le journal La Nouvelle République dans son édition de samedi 3 novembre. Je me demande ce que cette copie presque conforme de Jobert, ce Mathusalem des rangs conservateurs niortais, faisait depuis 12 ans sur une liste de gauche. Pauvre Alain, pauvre misère.
 
Alain, Gérard et autres ex-camarades ressaisissez vous, respectez le verdict des urnes. La ville ne vous appartient pas et vous salissez la démocratie.
 
(A suivre)

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