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Trop poli-tique.......dure, dure semaine.

22 Novembre 2007 , Rédigé par daniel Publié dans #trop poli-tique

Dimanche 9 décembre 2001 : Nous, nous retrouvions chez Geneviève, une dizaine de proches, pour préparer et organiser le scrutin du lendemain. On cassait une petite croûte tout en faisant le point, section par section :
«  A Vouillé untel ne sera pas là car il travaille sur Paris…idem pour la fille de machin à Aiffres elle sera à Poitiers et ne peut rentrer car elle a des partiels le lendemain. » « C’est pareil pour Marie et la plupart des étudiants seront dans ce cas…..» dit Geneviève. On va avoir des pertes de voix, ça va être très serré.
Le lendemain les militants socialistes de la circonscription devaient voter pour choisir leur candidat socialiste pour les élections législatives de juin 2002. Geneviève, députée depuis 1997, comptait renouveler son mandat ; elle était, naturellement, la favorite de la presse, mais nous savions bien que ce n’était pas gagné d’avance car nombreux étaient, à l’époque, ses partisans, soutiens, militants associatifs, qui avaient beaucoup de mal à franchir le pas de l’inscription au Parti Socialiste et ne pouvaient, donc, pas participer à la consultation. Dans un rapport de forces très équilibré nous estimions que ça serait ric-rac face à Françoise. Celle-ci devait disposer d’une très forte majorité dans la section municipale de Niort, la section de très loin la plus importante et où pesait fortement, l’influence de B. Bellec, maire de Niort, hostile à Geneviève, et même devenu très farouchement hostile depuis qu’elle avait eu, lors du vote interne de mars 2000, « l’outrecuidance » de s’afficher comme sa rivale pour la mairie. (Lire « aux urnes camarades »).
« Qu’en penses-tu » me demanda Geneviève ?
« Je te rappelle que pour les désignations nationales, si le vote des militants est, certes, très important, il reste indicatif car l’investiture est proposée par la direction nationale et doit être ratifiée par le Conseil national. Alors imaginons que tu sois battue de peu au vote global, mais que tu l’emportes dans 5 des 6 sections de la circonscription….je pense qu’avec ton bilan de députée sortante, travailleuse et très assidue, et le fait que tu aies regagné, brillamment en 1997, une circonscription perdue, tu devrais avoir, en commission des résolutions, de bonnes chances d’être investie…….. Tout dépend, quand même, si Françoise devait l'emporter, de l’écart de voix qu’il y aurait entre vous.»
 
Lundi 10 décembre 2001 
 Nous n’avons peut-être pas été très bons pour mobiliser car la participation en périphérie était moins bonne qu’en 1997 et c’est là que Geneviève devait faire la différence pour espérer l’emporter. Les résultats des sections périphériques et de Niort cantonale lui permettaient, partout, de virer en tête …..jusqu’à ce que le résultat de la grosse section niortaise arriva et que tout bascula : Le résultat global donnait Françoise gagnante avec un peu plus de 51% des voix. Le score de Françoise était massif à Niort communale et elle limitait les écarts dans les autres sections.
« Si il y a une leçon à tirer de ce vote c’est bien de réintégrer, dès que possible, la section communale, même si les provocations sont parfois difficiles à supporter. La politique de la chaise vide était une erreur » ai-je dit à Geneviève « mais aujourd’hui l’urgence c’est de préparer le dossier pour la commission des résolutions et, surtout, de ne pas se tromper d’arguments ».
 
Mardi 11 Décembre 2001. Geneviève a pris le train de 6 H 30 pour être à  l’Assemblée dès 9 heures. Le mardi et le mercredi sont des jours importants avec les questions au gouvernement.
Moi j’étais sur Bordeaux pour mon travail, un audit de centrale BPE. Le soir de retour j’appelai Geneviève : Elle sentait que sa défaite gênait l’état major du parti à la veille de la campagne présidentielle. Je comprenais ça car elle symbolisait mieux que quiconque la gauche plurielle, trait d’union avec les verts et l’aile gauche du parti. C’était peut être bon pour nous. Vision optimiste. J’appelais, ensuite, Vincent Peillon qui est notre grand copain ; il était aussi à cette époque le porte parole du PS. J’étais convaincu qu’il ferait son possible pour nous aider, mais il fallait lui donner du grain à moudre.
Il fut direct : « Penses tu que Françoise a une chance de remporter la circonscription ? »
Je lui répondis franchement «  Il n’y a aucun problème si Jospin gagne le scrutin présidentiel, état de grâce aidant,  mais si c’est Chirac je ne pense pas : il n’y a que Geneviève pour assurer la victoire. La candidature d’une niortaise adjointe du Maire de Niort serait probablement rejetée par une partie des citoyens de gauche, notamment en périphérie où la mise en place de la communauté d’agglomération, sauce Bellec, ne passe pas.»
« Tu n’es pas optimiste pour Jospin » me rétorqua Vincent….mais je compris à son intonation de voix que j’avais fait mouche avec cet argument.
 
Mercredi 12 Décembre 2001.
Sur le plan professionnel une journée de bureau plus cool pour moi. Le soir il y avait Conseil Fédéral pour confirmation et validation des votes dans les circonscriptions des Deux Sèvres : Geneviève était revenue de Paris et devait y retourner dès le lendemain matin  Nous avions prévenu Bernard C. que nous transmettions à la direction nationale une demande d’examen du dossier, sans pour autant contester les résultats. Pour notre circonscription la Fédération entérina et transmis les résultats bruts au national sans émettre d’avis particulier. J’avais eu un carton de délégué pour représenter le département, Françoise aussi, Bernard C. conservant le troisième.
 
Jeudi13 Décembre et vendredi 14 décembre 2001.
Je partis en voiture dès 6 h pour rejoindre ma société en vallée de Chevreuse ; il était prévu des stages de formation d’auditeurs de certification dont je devais assurer une partie importante; mission peu reposante, mais qui finalement m’a permis de faire un break avec le problème socialo niortais. Le soir Geneviève me téléphona : elle était plutôt optimiste car parmi les recours, le sien était un de ceux dont l’écart de voix était le moins important. De plus il se disait que Jospin tenait à conserver les nouveaux députés de 1997 qui avaient fait un travail exemplaire pendant la législature.
Vendredi soir j’ai passé une soirée au calme, chez mon fils Eric, avant d’affronter le stress du lendemain.
 
Samedi 15 décembre 2001.
La Convention Nationale se déroulait à la maison de la Chimie. A 10 h je retrouvai Geneviève qui était revenue à Paris par le 1er train. L’optimisme de la veille n’était plus trop de mise. Nous avons écouté tout le bla bla de la matinée d’une oreille distraite et nous attendions la réunion de la commission des résolutions. Nous savions maintenant qui la composait, et ça aurait pu être pire pour nous : elle se tint entre midi et 14 H. Geneviève et moi attendions dans le salon. Deux fois Vincent est sorti pour s’entretenir avec Geneviève. Je m’étais écarté lors de sa 1ère sortie mais je compris en les voyant de loin que tout n’allait pas, forcément , comme sur des roulettes. A la seconde sortie de Vincent, Geneviève lui dit de faire pour le mieux mais elle devait rentrer sur Niort : « J’ai le train à prendre dans 30 minutes à Montparnasse, vois avec Daniel ». Lourde responsabilité.
Vincent est ressorti une 3ème fois et vint me voir ; « Daniel nous avons obtenu, sans problème, l’investiture pour Geneviève mais il y a une condition et il me faut un engagement : Geneviève doit, absolument, prendre Françoise comme suppléante et tu dois t’engager pour elle et surtout la convaincre ». Je me suis engagé ; avais je un autre choix ?
 
Une heure plus tard François Hollande annonçait la liste des investitures : 1er circonscription des Deux Sèvres : Geneviève titulaire et Françoise suppléante. Bernard, Françoise et moi, nous avons ratifié cette décision lors du vote général.

 Fin de journée, fin d’une très dure semaine….pas tout à fait il me fallait encore rentrer à Niort et en voiture car j’étais monté depuis 3 jours et au départ pour raisons professionnelles : Environ 4 heures de route je n’y serai pas avant 21 h 30….et en arrivant je devais retrouver les amis pour raconter la journée, expliquer la décision….et ce n’était pas facile, surtout vis-à-vis d’Alain.
 
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    Entre cette journée du
15 décembre 2001 et le 9 juin 2002, 1er tour des élections législatives, il y eut un 21 avril de triste mémoire. Le séisme fut tel, que le PS national n’avait plus guère d’objection à faire aux candidats qui avaient des exigences.
Geneviève ne voulait pas d’un(e) suppléant(e) niortais(e),  de plus elle voulait former un ticket paritaire: Elle tenta de trouver un représentant de la gauche plurielle mais les verts présentaient un candidat ; finalement elle estima que le ticket avec Alain Mathieu, Maire d’Aiffres, était de loin le meilleur, le plus sécurisant et a donc décidé de passer outre la décision de la convention.
Personne ne discuta vraiment ce passage en force et Françoise eut même l’élégance d’accepter la décision et fit, en bonne militante, une campagne active de soutien . Moi, je savais bien que Geneviève avait raison car Alain était le bon choix mais j’étais embêté car je m’étais engagé ……. Vincent quand je lui en ai parlé s’est contenté de sourire.
 Il y eut bien une manoeuvre de dernière heure avec la candidature dissidente d’un jeune militant ; ultime peau de banane de la vieille garde pour essayer de faire perdre quelques points précieux à Geneviève. Rodolphe (2 % au 1er tour) l’a bien peu gênée, puis il a, logiquement, appelé ses électeurs à voter au 2ème tour pour la candidate investie par le PS.

  Geneviève retrouva, finalement, assez facilement son mandat de Députée dans un contexte national défavorable à la Gauche.
 
 
(à suivre)

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