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Trop poli-tique........................Mea culpa

11 Décembre 2007 , Rédigé par daniel Publié dans #trop poli-tique

Il est des fautes que l’on porte en soi et qui peuvent vous rester très longtemps en mémoire…..mais quand cette faute, légère au départ, une simple blague de potache, devient une faute politique majeure, dont les conséquences se font encore sentir plus de 12 ans après, et qu’elles ont concerné, au printemps dernier, des millions de personnes, alors c’est un vrai remord qui vous ronge, et j’en demande pardon par avance à tous ceux qui me liront, surtout s’ils sont des électeurs de gauche.  
    Tout a commencé le 11 décembre 1994, c’était même la saint Daniel et ce fut le jour où Jacques Delors, fervent catholique, refusa de descendre dans la fosse aux lions ; c’était à l’émission de télévision 7 sur 7. Pressé par Anne Sainclair de se déclarer, de dire s’il serait candidat pour les élections présidentielles de 1995, il annonça qu’il refusait de s’engager dans cette bataille pour de nombreuses raisons qu’il déclina en finissant par ce commentaire : « Les déceptions de demain seraient pires que les regrets d’aujourd’hui. »
 Quelques jours plus tôt au congrès de Liévin, le 1er secrétaire du Parti socialiste, Henri Emmanuelli, avait fait un vibrant appel à la candidature de Delors. Je ne me sentais pas trop concerné car moi j’avais choisi la minorité, une petite minorité de 8% qui cherchait à se faire une petite place au soleil en s’écartant de l’ombre des éléphants tous rassemblés, entassés même, dans la motion majoritaire. Eux disaient « être socialistes » alors que nous autres revendiquions la nécessité «d’agir en socialistes », déjà une nuance, un désir d’avenir, de rénovation. Avec mon copain Gérard nous avions pris la campagne locale en mains et nous réussissions un vrai hold-up en raflant dans notre département près de 30 % des suffrages militants et en apportant ainsi à Vincent Peillon, notre leader et ami, un petit « pactole » non négligeable pour dépasser la barre fatidique des 5%. Notre argument principal avait été le suivant : « De qui se moque t-on avec une majorité qui fait, par son texte, un virage à gauche toute, et qui demande en même temps à Delors d’être son candidat aux présidentielles. C’est une blague : un grand écart surréaliste ».
Jacques Delors a bien compris la manoeuvre et a intelligement refusé la geôle élyséenne.
 
    Ce congrès m’avait apporté mon bâton de maréchal de militant puisque j’entrais dans les instances nationales.
Dans la foulée j’eus, ensuite, le culot d’être candidat contre Ségolène pour essayer d'être le secrétaire  fédéral  79. Je fis un score,  honorable, du moins celui que j’attendais, avec un peu plus de  25%, et dans ma tête qui, à cette époque devenait sans doute un peu trop grosse, je revendiquais le rôle de leader de l’opposition interne à l’icône melloise. Notre madone qui avait été ministre du président Mitterrand et qui faisait même la couverture de journaux comme Paris-Match. Excusez  du peu.
   Qui plus est, Ségolène avait eu la subite envie de mettre la mairie de Niort dans son escarcelle. Que voulait venir faire chez nous cette « étrangère », de la circonscription voisine qui d’ailleurs vivait à Paris les trois quarts du temps ? Moi j’étais contre les parachutages, fussent-ils de proximité, même si je n’étais pas, loin s’en faut, un fan du maire en place « socialiste à l’ancienne » bien éloigné de mes envies rénovatrices.
 Le lundi matin 12 décembre j’étais en route, de bonne heure, pour aller auditer une centrale BPE à Montmorillon. En roulant j’écoutais à la radio les commentaires sur le forfait de Delors qui faisait suite à celui de Rocard quelques mois plus tôt. « Alors qui ? » se demandaient divers exégètes politologues. Tous les noms furent cités de Dumas à Badinter en passant par Emmanuelli, Fabius, Mauroy et même, pour l’un d’eux, Jospin…..mais personne n’évoquait notre Ségolène départementale. C’était vexant pour un Deux-Sévrien d’autant que si c’était elle notre candidate……..le simple leader très local de l’opposition interne que j’étais,  prendrait peut-être un peu de grade…….et surtout….une idée fabuleuse commençait à germer dans ma tête….. : «….et surtout si c’était-elle….elle nous foutrait, pour les municipales de juin 1995 une paix royale à Niort. ».
  
 Arrivé à Montmorillon j’appelais la NR où je connaissais, un peu, un journaliste qui avait un joli nom pour décembre, M. Bûche ….et en rigolant de ma trouvaille je lui balançais un communiqué. Il m’a fait parler et il m’a bien piégé, le fin limier. Le lendemain en lisant le journal je faisais moins le fier. L’article était, certes, sensiblement ce qu’il devait être et même ma perfide malice transpirait ……mais il y avait aussi le billet de Théophrasque :
 
En fait, ne m’y attendant pas du tout, je ne l’avais pas lu et c’est Gérard qui m’a appelé dans la matinée en se marrant……
« Alors du noc on se fait épingler par Théophrasque. Quel honneur, tu vas vraiment finir en star politicienne.»
 La claque ; là j’étais vraiment mal et tous mes camarades, même ceux qui étaient des amis (à ne pas confondre) se foutaient ouvertement de ma tronche. J’avais en plus des échos comme quoi, du côté de l’état major fédéral, c’était la franche rigolade…et même à la mairie de Niort, ils n’étaient pas mécontents. Je me sentais bien seul, terriblement seul. Il me fallait réagir, trouver une sortie honorable……
 J’ai cogité…..ça devait être sur le ton de l’humour…mais je ne trouvait vraiment pas….jusqu’au jour où…
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Le déclic est venu en faisant des achats pour Noël dans une grande surface. J’étais dans le rayons des livres, et je fus subitement attiré, on se demande bien pourquoi, par les livres de la collection Harlequin, et tout d’un coup, un titre me sauta aux yeux comme un coup de pied au …. « Au nom de la liberté ». Je fis ni une ni deux, j’achetais le bouquin, puis rentré à la maison je fis une gentille bafouille, j’enveloppais le tout dans du papier cadeau, avec un joli ruban et je portais le présent au secrétariat de la NR à l’attention de M. Bûche de Noël.
 Deux jours plus tard j’avais un bel article de ce journaliste fair-play. L’honneur était sauf.
Ce fut ma première incursion dans le domaine de la communication politique par des communiqués envoyés aux journaux et ce fut ma dernière.
Fin de l’histoire….encore que…les guerres picrocholines, depuis le séjour de Rabelais à l’Abbaye voisine de Maillezais, faisant partie de la culture locale……
 Mea culpa pour cette farce pas si drôle que ça avec du recul. La question que je me pose c’est son incidence : « Qui a eu cette idée folle, un jour d’inciter Ségol……… »
Ma modestie naturelle me freine à penser que ça serait de ma faute si……
Mais peut être que si je n’avais pas……elle n’y aurait pas pensé…….
Peut être qu’il n’y aurait pas eu……et qu’un éléphant du PS serait aujourd’hui président (je n’y crois pas une seconde) ; que le petit caporal serait au FMI  plutôt que de nous polluer la télévision par son omniprésence quotidienne; que Kouchner serait encore socialiste (Ah non pas ça) et Lang, Garde des sceaux ( !...comment ça s’écrit sceau ?).
Et puis et surtout Ségo et François seraient peut-être encore, ensemble, druckérisables.
 A défaut ça me fait une histoire peut être la plus belle du blog à ce jour. Tiens c’est un beau titre ça, façon Barbara, « ma plus belle histoire c’est vous…… ».
 Mais finalement je préfère, quand même, faire mon Mea culpa
 
(à suivre)

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