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Ciné cure........Carla's Song

3 Février 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #ciné-cure

Depuis que j’ai lancé cette rubrique Ciné cure j’attendais un prétexte pour pouvoir parler de l’un des mes réalisateurs préférés à savoir Ken Loach. Selon le parti pris des précédents billets de cette rubrique, j’essaye, après avoir vanté très sincèrement la qualité d’un film, de rebondir sur un thème politique. J’étais donc depuis les débuts de ce blog à l’affût de tout événement susceptible de coïncider de près ou du moins de pas trop loin avec un thème ou un titre d’un film de Loach.
La palme d’or 2006, « Le vent se lève » était, hors météo, difficile à exploiter. Allais-je évoquer l’inflation ou le pouvoir d’achat avec « Bread and roses » ? Non rien…. de bien porteur aussi je vais, finalement, sans humour et sans exploitation politique, évoquer Loach en parlant surtout de Carla’s song. Ce film n’a aucun rapport avec la chandeleur ou l’actualité du jour…. pas même avec la situation au Tchad, bien qu’il se déroule sur fond de guerre civile au Nicaragua….
Alors quoi ?…..aucun rapport apparent, non plus, avec le mariage du petit caporal. Pour une fois qu’il fait les choses dans la discrétion, et sans être ridicule, je ne vais quand même pas lui faire de la pub. Je me contenterai de lui souhaiter mes meilleurs vœux de bonheur et bon vent…..
 
Ken Loach est un réalisateur engagé, très engagé, presque enragé, trotskiste même, (lors des présidentielles il a apporté son soutien à Besancenot) mais j’adore son cinéma ; c’est du sérieux…. (Curieuse phrase qui laisserait à penser que ce n’est pas du cinoche). Dans une interview à Studio en 2006 Loach déclarait :
« Raconter une histoire ne suffit pas, il faut qu’elle ait un sens, une portée au-delà des simples faits qu’elle retrace »… « Je veux que mon film et mes personnages aient une vie indépendante. C’est pour cela que je ne donne pas le scénario intégral aux acteurs en amont du tournage, sinon ils risqueraient d’adopter des comportements qui au final, ne seraient pas logiques. Il m’est arrivé de changer une scène en cours de route parce que je me rendais compte que le comédien réagissait d’une façon à laquelle je ne m’attendais pas. En tournant mes films dans la continuité, je favorise l’instinct des acteurs…… »…. « J’aime traiter des moments où l’histoire aurait pu basculer dans une autre direction »….. «  Pour le vent se lève, les années 1919-1922 représentent une période clef entre l’Irlande et l’Angleterre. Avant l’Irlande était une colonie ; après cela ont émergé des problèmes que l’on connaît encore aujourd’hui. »….. » C’est à peu près la même chose que j’ai traité dans Land and Freedom. Pendant la guerre d’Espagne, Les Républicains avaient un programme pour une nouvelle politique. S’ils avaient vaincu les fascistes, cela aurait certainement changé la face du monde. »
 
Je n’ai pas eu un coup de foudre immédiat pour Ken Loach…..Les premiers films que j’ai vu au C.A.C. de Niort étaient bien entendus, impérialisme culturel des bobos impose, en version anglaise sous-titrée. La galère ! A dégoûter un cinéphile du cinéma. J’avais, malgré tout, suffisamment apprécié « Raining stones » pour aussi faire un effort pour « Riff Raff »….mais après j’ai laissé tomber. Je n’ai vu « Ladybird »(1994) et « My name is Joé » (1998) qu’en DVD et donc en version française, longtemps après la sortie en salle.
Et puis il y eut en 1996 « Land and Freedown » (César du meilleur film étranger) et là pour un film sur la guerre d’Espagne, Pilou et moi on ne pouvait passer à côté. (Lire no pasaran ! ….por desgracia pasaron. Grenade ou Santander ou l’auberge espagnole…etc…). Ce fut pour moi la vrai découverte de Loach. Bien sûr la plus grande partie du film, est en V.O. mais, cette fois c’est en espagnol….et pour moi ça changeait tout….

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  A la mort de son grand père une jeune femme en rangeant des papiers découvre l’engagement du défunt pendant la guerre d’Espagne.  Nous suivons, alors, le voyage en 1937, de ce chômeur de Liverpool qui s’engagea par idéal dans un conflit dont il ne savait pas grand-chose. Républicains contre fascistes mais aussi, en interne, communistes contre républicains. Un reportage, historique, politique mais aussi une grande fresque romanesque avec un mélange de sentiments, de situations : amour, amitié, trahison, oubli……déception pour tout un peuple qui devra ensuite s’enfuir ou supporter la dictature de Franco pendant 40 ans. Un très grand film.
 

 

  Avec Carla’s Song (1997) Ken Loach s’évade à nouveau de sa brumNum-riser.jpgeuse Albion, et c’est justement ce départ qui est le thème de ce film. De la vie banale de George (Robert Carlyle) jeune chauffeur de bus de Glasgow qui assiste, impuissant, aux dégâts de la politique de Madame Thatcher à sa participation inattendue au drame du Nicaragua, et assister à la lutte des sandinistes, il y a Carla.
Carla est une jeune femme émigrée en Ecosse, dont le George tombe amoureux, et qu’il sauve de justesse du suicide, avant de prendre la décision, pour la ramener à la vie, à l’espérance, de partir, d’abandonner son autobus pour la ramener chez elle au Nicaragua. Des peurs, des silences de Carla traumatisée et perdue à Glasgow à l’espoir des sandinistes, à la violence nicaraguayenne en passant par les remords d’un ancien agent de la CIA (Scott Glenn) 2 heures d’un film où le héros découvrira une autre vie, d’autres luttes avec le même ennemi, mais perdra son amour en la ramenant chez elle.

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  Avec « Bread and Roses » (2000), Ken Loach a tourné pour la 1ère fois aux USA à Los Angeles. Il dénonce l’exploitation des travailleurs clandestins venus du Mexique rejoindre l’Eldorado capitaliste. Cette fois la lutte est syndicale mais elle reste violente.

Ce film s’inscrit dans la lignée des précédents, finalement moins désespérés que les films sociaux 100 % britanniques. Le message est certes politique mais la romance et même une pointe d’humour fluidifient la trame…. et puis les acteurs sont formidables (Adrien Brody le pianiste de Polansky et Pilar Padilla)
 
 
 
 

   Je ne peux pas parler du dernier film de Ken Loach «  It’s a free world » (2007) ou quand les exploités deviennent des exploiteurs. Il est passé en décembre au CAC en version anglaise… j’attendrai donc qu’il sorte de DVD. D’ailleurs j’attends toujours la sortie en DVD de « Just a kiss » (2004) une histoire d’amour entre une anglaise et un pakistanais…. après les attentats, car celui-là aussi est sorti en salle en version originale : Ils font chier ces bobos cu-culturels. Pour un western du genre « Il était une fois dans l’Ouest » avec pour tout dialogue l’harmonica je veux bien…. mais des films politiques !. Après on s’étonnera que les classes populaires préfèrent TF1. 

    Parce que Ken Loach c’est du sérieux pas du cinoche… un peu comme le mariage de…. Chut ! Mais il y aura bien une photo dans Paris Match…. à la veille des municipales, pour ramener les plus de 60 ans, qui font, aujourd’hui la gueule dans les sondages, à de meilleurs sentiments….. C’est vrai que je suis dans le panel des sexagénaires…. alors c’est pas gagné pour Sarko… on n’est pas forcément plus nocs parce qu’on a plus de 60 ans….(Ken Loach lui est de 1936…. et toujours actif).

(A suivre)

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Bob Morane 04/02/2008 10:34

Bonne présentation de Ken Loach et bonne exploitation humoristique. Tu es trop gentil avec Sarkozy....pour toi il n'est pas ridicule...qu'est ce qu'il te faut.....;et puis tu ne peux pas exploiter le titre "Le vent se lève" .... attends quelques semaines ou mois et tu verras la tempète...