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Touche pas à mon rugby......Corsica Tour (suite)

21 Mai 2008 , Rédigé par daniel Publié dans #Touche pas à mon rugby

Samedi 27 mai 2006. La traversée par le col de Vergio et Brassens en polyphonie

 L'escalade de la tour de Turghio avait laissé des traces, aussi la ballade dans la vallée de Restonica et la marche jusqu'au lac de Melo, le programme concocté par Ricky ne faisait plus l'unanimité. On avait déjà enregistré la veille les forfaits de Nicole et Alain. El présidente et sa compagne avait fait le choix d'une grasse matinée, Fanfan et Michelle devaient aller les chercher en fin de matinée avant de nous rejoindre. Marie-Christine et Richard, jusqu'au-boutistes, tenaient à respecter le programme initial et, accompagnés de Ricky et Chris, se sont lancés dans cette nouvelle escalade. Valérie préférait rester sur sa belle victoire de l'Ascension, Jean était, lui, en plein mysticisme sudoku, et Pilou et moi, voyageurs au long cours, nous avons opté pour une journée de transition.
 Tous les quatre nous sommes descendus à Corte, ville historique. Au premier coup d'œil Corte semblait être un mélange anachronique de logements populaires, et de magasins pour touristes, en particulier dans la rue Feracci et sur la place Paoli. Cette ville fut la capitale du gouvernement de la nation Corse de Pascal Paoli (de 1755 à 1769) ; étonnant destin de cet émule des philosophes des lumières, qui voulut mettre en pratique les théories de Montesquieu sur la séparation des pouvoirs, trois décennies avant la prise de la Bastille. Nous avons fait des photos devant la statue de Paoli et la Fontaine des quatre canons. Cette ville a aussi une tradition universitaire. Ouverte en 1765 fermée en 1769 et rouverte en 1981.
 Le poids de l'histoire étant trop lourd, pour nos fragiles épaules de rugbymen vieillissants, nous décidâmes, après cette courte visite de rejoindre nos amis les intrépides alpinistes et nous prîmes la route du parc naturel régional par la vallée de la Restonica. Cette rivière prend sa source à 1710 m d'altitude dans le massif du Rotondo. 16 km de route étroite et sinueuse au gré des gorges au fond desquelles on aperçoit parfois la mince rivière. Tout au long de cette montée, où les croisements sont délicats, nous traversions les forêts de châtaigniers puis de pins et, enfin, à l'approche des Bergeries de Grotelle, les arbres disparaissent pour faire place à un paysage de montagnes, âpre mais grandiose. Sur le grand parking de fin de route (alt.1375m) nous avons repéré la décapotable rouge de Ricky. Les montagnards était là ; du moins là-haut. Prosaïquement, nous prenions table, et par compassion pour nos amis qui souffraient, nous commandions Orezza et Sérena pression.
 Valérie respirait l'air vivifiant des montagnes ; Jean reprenait ses grilles de sudoku, moi je sirotais ma Sérena. Je sentais que Pilou avait envie de marcher...elle aurait bien voulu suivre sa "cousine" de Santander..... elle se décida, elle s'élança. Moi, imperturbable, je restais scotché à ma bière persuadé qu'elle allait se dégonfler et que bientôt elle reviendrait....et bien non et 10 minutes plus tard, prenant mon courage comme je pus, je me lançais à sa poursuite....et oui pour le meilleur et pour le pire. 
Nous avons crapahuté durant 1 H 30 : 60 minutes de montée jusqu'au 1er relais et 30 minutes de retour....eh bien finalement ce ne fut pas si terrible. Bien sûr nous n'avons pas cherché à rejoindre les aventuriers de la longue marche, mais en redescendant nous 
avons été doublé par Ricky qui faisait des bons de cabri impressionnants.
 Jean n'avait pas perdu son temps car sur la table du camp de base, on trouva, au retour, saucisson et fromage corse. Un cadeau de randonneurs allemands. Il était bon pour le sponsoring le Dudule.
 Il était midi l'heure des braves. On nota l'arrivée, quasiment simultanée, des adeptes de la grimpette et ceux de la grasse matinée.
 On se mit alors en route pour redescendre la vallée. Halte buffet dans une auberge ombragée au bord de la Restonica située après de pont de Tragone.
 On y fut rejoint par la "grande" Martine une amie de longue date de Valérie, Jean et Ricky. Encore une émigrée du 94. On se demande bien pourquoi ? Martine gérait un camping dans les environs ; elle était d'une très agréable compagnie et la boîte à souvenirs s'ouvrit une nouvelle fois. Nostalgie mais sans refaire de match cette fois ci.
 Libre menu : moi je goûtais aux tripes à la mode corse, Pilou prit une truite et Richard, comme d'hab, un menu enfant. Après le dessert Richard, Jean et Ricky passèrent aux jeux d'enfants : Qui arrosait qui ? Ils furent trempés tous les trois. Moi je n'étais pas du genre à me mouiller. 
 
 Il fallut reprendre la route vers Piana ; Fanfan et Michelle nous accompagnaient. Richard et Marie Christine privés de Corte le matin, par devoir de randonneur, nous laissèrent partir et allèrent visiter la capitale de la nation corse.
 Nous prîmes la direction de la Scala di Santa Regina., l'escalier de la Sainte Reine. Selon la légende, Saint Martin y fut sauvé du diable par la Vierge. Avec toutes ces légendes corses je vais finir par faire une crise de foi(e) à moins que ce soit à cause du Patrimonio ? Le diable serait-il, donc, comme le prétend un autre dicton, dans les détails ?
 La route est taillée dans la paroi rocheuse et domine les gorges. Dans toute cette partie et jusqu'à Calacuccia le granit gris ressemble à celui du nord des Deux Sèvres, de type Diorite ou Rhyolite. Ce granit doit avoir une très grande dureté contrairement au granit porphyrique rose des calanche. Le changement de type de roche se voit à partir de Calacuccia.
 On s'est arrêté au barrage de Calacuccia ; ce barrage qui fournit de l'énergie pour toute la Corse est un ouvrage à contreforts comme ceux que j'ai faits en Afrique dans les années 70. Fanfan confirma : un de ses oncles a travaillé sur ce chantier vers 1962/1963 et la mise en eau date de 1968 noyant un village.
 On s'est dirigé ensuite vers le col de Vergio. On aperçut des remonte-pentes et on s'est arrêté au col pour admirer le panorama. La descente sur Evisa traverse la forêt d'Aitone. Virtuose du volant Jeannot évita de justesse les cochons corses (il ne faut pas gâcher) et les vaches imprévisibles. On arriva soudain sur Porto ; pour nous aussi ça sentait l'écurie ou du moins la buvette.

 Nous étions en train de prendre un pot sur le port quand Marie-Christine et Richard arrivèrent. Surprise : Richard se lança dans une distribution de cadeaux. C'était la vraie raison du détour par Corte. Chaque cadeau fut remis, accompagné d'un discours grandiloquent dans le plus pur style richardesque. Le plus beau cadeau de Richard fut naturellement pour Marie-Christine avec un petit âne qui disait « I love you ». Ça c'est tout Richard ; ce grand sentimental ; sauf qu'on eut pas droit au discours d'accompagnement, sans doute déclamé dans l'intimité ; nous autres, très people, on aurait bien aimé en savoir plus.
 Ensuite on se déplaça pour le dîner ; le choix se porte sur une «Paillote» côté marina. On passa par la passerelle :  Il suffit de passer le pont, c'est tout de suite l'aventure....,  le ton était donné, Chris repris et Fanfan itou : La soirée allait être Brassens. Ce fut pour moi, inconditionnel de tonton Georges, une vraie surprise de retrouver, plusieurs décennies après, deux copains exégètes du répertoire du poète sétois.
 Quelques chansons furent alors interprétées, nos préférences....mais ça tenait plus de la paghjella, chant à trois voix à capella, qu'aux choristes.
 Marie-Christine intervint « vous êtes gentils les copains mais on voudrait bien participer ; vous n'en avez pas de plus connues ?» Mais si, bien sûr ; Tonton Georges c'est avant tout du populaire et on entonna en chœur élargi : « Le Gorille, L'Auvergnat, La chasse aux papillons, Une jolie fleur, La mauvaise réputation, Je me suis fait tout petit, Les sabots d'Hélène, Le parapluie, etc .. ». Curieusement on oublia « Les copains d'abord ». Peut être parce qu'on devait faire du bateau le lendemain et qu'on ne voulait pas porter la poisse. 
 Le soleil se couchait sur la Méditerranée et nous pouvions admirer les jeux de couleurs. Nous avons dîné, je ne sais plus trop quoi, mais peu importe ce soir là c'était autre chose ...la paillote était à nous. Nous discutions, amusés ou sérieux à refaire le monde ou des matchs. On en revenait souvent au rugby. Il n'y a pas que ça dans la vie, mais ça a tellement compté pour nous.... et puis lorsque nous abordions des sujets plus graves nous étions heureux de constater que nous étions encore très proches quelques quarante années après.... Et ça, ce fut une vraie et belle surprise.
 Une longue journée fatigante, génialement fatigante...

 Dimanche 28 mai. Marie Christine capitaine courageux, histoire délice

  Ils nous dorlotaient nos Gentils Organisateurs Corses. Fanfan et Ricky étaient partis de bonne heure faire les emplettes pour le raid marin de ce jour le plus long. On allait embarquer, voguer dans le golfe de Porto, débarquer, repartir,....sur les flots je t'imagine... A cet instant j'étais encore assez zen ; il faisait beau et tant que j'avais les pieds au sec...et puis je ne pensais pas être sensible au mal de mer, ce qui n'était pas le cas de Jean, cœur sensible ; il cachait mal son inquiétude en se réfugiant dans ses méditations Sudoku.  
 Bataille navale ; à Porto il fallait choisir son rafiot : il y a 2 semi-rigides, un de 150 Cv pour 6 personnes et l'autre de 200 Cv pour 9 personnes. On avait 2 timoniers avec permis. Un grand timonier à livrée rouge et Marie-Christine, la décathlonienne, qui avouait, cependant, avoir peu de miles à son compteur marin. J'estimai, malgré tout, raisonnable de choisir la mère peinarde, qui, de plus, était toubib ...
La sortie du port me fit douter de la pertinence du choix: Au début notre capitaine, femme de barre, semblait crispée, je me cramponnais sur mon siège, près de Pilou. Sur le bateau amiral, à côté de Ricky, fier pilote, les passagers étaient manifestement en confiance, à l'instar du Minou debout, magnifique dans le style capitaine Troy.
 La mer était calme, et pourtant je trouvai, à la sortie du port, que c'était assez « tape cul » le rafiot semi rigide. Marie-Christine, prenait de l'assurance et commençait à manœuvrer en louve de mer. Tout allait bien : le ciel, le soleil, la mer .....et tout ce paysage côtier. J'en prenais plein les mirettes, malgré le manque de confort ; le classement UNESCO n'était pas usurpé ; je photographiais, mais ça bougeait trop pour le caméscope..... Nicole et Alain à l'arrière semblaient plus à l'aise que moi, alors que Richard jouait au moussaillon dévoué auprès de son capitaine préféré.

 Nous quittâmes l'Anse de Castagna, direction le golfe de Girolata ; notre bateau, la Niña, filait à son rythme, ce qui obligea, le vaisseau amiral (la Pinta, car c'était eux qui avaient le ravitaillement) à faire des pauses pour nous attendre. On longea la côte ; c'était magnifique ces falaises de feu aux étranges formes. Il fallait rester vigilant car il y avait aussi de très beaux et dangereux récifs à fleur d'eau. Marie-Christine était extrêmement attentive, un brin stressée. Le moussaillon était à l'affût du moindre rocher et la présence de la Pinta devant, ça aidait. C'était beau cet esprit d'équipe.
 Nous fîmes escale à Girolata accessible uniquement par bateaux ou sentiers de muletiers ; et pourtant il y avait du monde, trop...... On fit une pause casse croûte : saucisson, fromages et quelques  verres de Primario avant de rembarquer.
 Marie-Christine fit une manœuvre délicate, on toucha le fond. L'Amiral ne lui rendit pas service en démarrant en même temps et lui coupant la voie ; le Grand bleu, le bateau péniche de croisière pour touristes pusillanimes, ne lui facilita pas non plus la tâche ; Etait-ce un complot ? Mais elle s'en tira à merveille, notre capitaine courageux, avec le soutien moral de son équipage hardi.
 Nous reprîmes la route, cap au nord ; la rumeur évoquait Calvi ; l'aventurier, que je suis, scruta anxieux le ciel qui était lourdement chargé au nord. Et puis la mer était moins bleue et la houle devenait plus forte... ça ne présageait-il pas un Tsunami ça ? Je jetais un œil sur la Pinta, Jean toujours gaillard d'avant, de plus en plus capitaine Troy. On se rapprochait des falaises, on distinguait les oiseaux perchés sur les rochers. Nous passions par des endroits improbables ; Marie-Christine marquait Ricky à la culotte. Le ciel était de plus en plus bas, le gris sombre devenait couleur dominante. N'était-il pas plus sage de rentrer au port d'attache ?
 A l'approche du golfe Galéria, qui portait bien son nom, l'amiral fit bruquement demi tour ; on suivit tant bien que mal. Ça balançait pas mal pour nous ; Au niveau de Punta Palazzu, alors qu'on s'approchait de la Pinta pour parlementer, se rassurer sur les options à prendre, l'amiral s'élança à nouveau, et fila au large, à toute allure, en direction de Capo Rosso. Marie-Christine essayait de suivre mais c'était difficile ; et puis la houle c'est comme les routes d'Afrique, pour amortir les ondes de chocs il faut, soit aller tout doucement, soit très vite ; nouvelle version du « salaire de la peur ». Dans la brume qui s'abattait, on perdit de vue la Pinta ; alors on a ralenti, et on a recommencé, boum, boum, à s'envoyer en l'air. On croisa un dauphin, puis un gros poisson non identifié qui, bondissant hors d'eau, rata de peu notre bateau ; Le bob de Pilar s'envola ; bof, ce n'était pas grave, mais Richard, qui avait vu l'incident, exigea qu'on fasse demi tour pour récupérer la coiffe. Avec lui, rien ne se perd ; tel Ned Land avec son harpon il récupéra le calot. Nous reprîmes notre route, on cru percevoir un point puis une vague forme là-bas au loin dans la brume. A bâbord que la côte semblait lointaine ! On se rapprocha de la forme....et oui c'était bien un bateau, ....c'était nos copains ; ça allait mieux....et puis, tout compte fait.... ....avec un tel capitaine que craignait-on sur cette mare des canards ?
 On a rejoint la Pinta au capo Rosso sous la Tour de Turghio; on était, enfin, sorti des brumes et...ouf ! On était presque arrivé,....même pas peur....! Nous avons suivi la Pinta puis on accosta sur la plage d'Arone. Accostage ou échouage ?
 On repoussa les bateaux au large, Ptn qu'elle était froide la baille ; On les ancra mais c'était du provisoire, il ne fallait pas traîner ; on but un coup, on mangea un morceau sur le pouce, mais il est clair qu'il fallait vite repartir avant que la météo ne se dégrada un peu plus. On plia tout ; les capitaines allèrent, à la nage, rechercher les bateaux et revinrent récupérer les équipages. La Niña s'échoua à nouveau, et pour la pousser, nous dûmes à nouveau sauter à l'eau. Cette fois j'étais complètement dans le bain ; Bigre! Quel délice!

 On rentra sur Porto en cabotant et même en cabotinant maintenant que tout danger était écarté ; le ciel se dégageait soudain et tout redevenait beau, calme, merveilleux dans ces calanche. Châteaux fantasmagoriques de granit rouge plongeant dans une mer qui déclinait toutes les nuances du bleu. Le grand bleu.
 Que dire de ces formes rocheuses qui ont été modelées par l'érosion et constituent de singulières formations d'une beauté à couper le souffle. Cette lumière, surtout en fin d'après midi, quand le soleil baisse à l'ouest et baigne la côte d'une palette de rose, d'ocre et d'orange, était exceptionnelle.
Magique cette vue des calanche côté mer ;  j'oubliais le gris de la liaison entre Punta Palazzu et Capo Rosso ; et puis non..... il ne fallait rien oublier.
Poétique, reposant, sublime. Carpe Diem ; profitons du moment présent. Ca me rappelait un film génial «le cercle des poètes disparus »

 A peine débarqués Fanfan et Michelle devaient vite repartir vers Vénaco. Bises à tous... et à bientôt......
 Pilou et moi, nous étions chargés de mission à Porto ; Il n'était pas 17 H et la location courait jusqu'à 18 H ; un bateau devait rentrer, ce fut la Niña. La Pinta faisant un peu de rab. Marie-Christine et Richard passèrent au contrôle technique, pendant qu'on allait leur chercher, en secret, un cadeau ; c'était notre mission. Le contrôle technique ne fut pas un délice, car l'hélice avait frotté ; on allait être surtaxé. Il en fut de même pour le 2ème bateau. Certes on avait un peu touché mais pourquoi n'y avait-il pas eu de visite technique préalable ? Comment étaient-elles, avant d'embarquer, ces hélices ? Ricky dut une nouvelle fois jouer les négociateurs... avec un succès, plus mesuré.

 Pendant ce temps on avait trouvé les cadeaux. Une casquette de capitaine pour Marie-Christine et un calot de moussaillon pour Richard. Il me fallait dire quelque chose en les remettant. J'allais m'inspirer  du « cercle des poètes disparus. »
 Nos amis étaient rassemblés à la paillote. On les a rejoints et j'embrayai, illico, la remise de cadeaux. A Richard d'être surpris. Tendant le paquet à Marie-Christine, tel Robin Williams, je déclamai « Capitaine oh mon capitaine ». Elle ouvrit et manifestement on avait bien choisi. L'autre paquet pour Richard et là je modifiai la tirade : Moussaillon oh notre moussaillon. 
 
 Retour à Piana; on passa à l'hôtel, prendre une douche puis la petite troupe se rendit au bourg pour un « au revoir » chez les cousins de Ricky; on trinqua.
 On fila ensuite en direction du restaurant ; devant sa maison, un ami de Ricky nous surpris avec sa guitare : Sérénade à Laetitia ; C'est du Scotto et il y avait du Tino chez ce monsieur. Richard entraîna son capitaine sur une piste de danse improvisée et Laetitia m'invita à les rejoindre. Carpe Diem.
 On se rendit à pied au restaurant, le Capo Rosso, pour le repas de Gala ; nous passâmes devant une stèle dédiée à Napoléon III  ce qui incita Alain, à proposer une reconstitution de la charge de Reichshoffen. Judicieuse tactique, lui dis-je, mais prématurée, car elle était destinée à couvrir une retraite ; attendons, au moins, d'avoir mangé. Ces arguments massues ont convaincu el présidente et la charge fut reportée à une heure ultérieure.... au bout de la nuit.

 Lundi 29 mai. Fin de balade

 La reconstitution de la charge de Reichshoffen eut-t-elle lieu ? Je ne pense pas ou alors je ne m'en souviens plus. Que me reste t-il, comme souvenirs, de cette longue et belle soirée ? Un super resto, très classe, et voila t'y pas qu'on nous y accueille comme des stars. La direction accourut : «Ricky tu nous a promis E.S.V. mais Dudule est-il bien là ?». Jean, la moustache frémissante, s'approcha et distribua les bonjours et des bises. Il était connu comme le loup blanc le Jeannot et pourtant son dernier séjour, ça remontai à .... On nous installa sur la terrasse pour l'apéro : El présidente honora son pari et puis la direction nous offrit aussi une tournée, et encore une de la part du maître d'hôtel....ils jouaient la montre ou quoi ? Soit, ils connaissaient bien Ricky et Dudule, soit ils avaient eu vent du projet de reconstitution de la charge de Reichshoffen et ils souhaitaient que nous soyons seuls dans le resto à l'heure fatidique de cette commémoration.
 Je goûtai à un super cocktail « Le Maquis », nom corse par excellence.
 Madame le Maire de Piana et Conseillère régionale, s'il vous plait, vint nous souhaiter la bienvenue ; Ricky nous présenta. Le séjour confinait alors au voyage officiel. Il ajouta même en sa présence, une évidence, « elle est de gauche ! », alors là... ! Une précision toutefois, en aparté ; il s'agissait de la gauche émergée: Le grand soir n'était donc pas pour tout de suite ; d'ailleurs à cette époque de l'année les nuits étaient trop courtes. Merci beaucoup, Madame le Maire, pour cet accueil municipal sans chichi. Ce fut un réel plaisir.
 La suite fut forcément avec retenue....oh il y eut bien quelques chansons paillardes entre langoustes et poissons grillés mais nous étions alors les seuls occupants du restaurant. Bien joué la direction.
 Très tard ou plutôt très tôt le matin nous avons repris le chemin de l'hôtel, à pied, c'était préférable et l'air frais nous dégrisait.....mais point de charge dans mes souvenirs.....à moins que...
 La nuit fut très courte, le réveil incertain mais à l'heure prescrite, nous avions plié bagages et nous étions prêts à décamper. Chris eut le courage de se lever pour venir nous dire au revoir....casquette.

 Nous avons bâclé les dernières cartes postales ; plus d'une vingtaine à la famille et aux copains, postées de Corte ou Porto et, les dernières, le dernier jour à l'aéroport.
 On se mit en route pour Ajaccio, nous étions dans les temps et on pouvait, même, s'arrêter à Cargèse pour faire du shopping. Valérie et Pilou se mirent en quête de cadeaux souvenirs pour la famille.
 La fête était finie ; on arrivait à Campo dell Oro, on rendit la voiture, on enregistra les bagages. Nous prîmes un dernier verre avant d'embarquer et de s'envoler pour le continent.

  Cinq jours merveilleux, intenses, merveilleusement intenses : la découverte de la Corse et les amis retrouvés. Carpe Diem.

   (A suivre.)

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